XIX

Dans la prairie est dressée une blanche tente,

sous la tente (abonde) l'herbe fine et verte,

sur l'herbe (est étendu) un tapis soyeux,

avec des coussins de velours bleu,

sur lesquels est assis le noble bey Iergetch.

Par là passe une fille giaour (allant) à l'eau,

et le noble bey Iergetch lui dit:

«Ne va pas, fille giaour, de si bonne heure à l'eau.»

--«C'est ma vieille mère qui m'ordonne

de me lever chaque matin pour en aller chercher.»

Le lendemain quand elle passa encore,

le noble bey Iergetch l'arrêta:

«Reste donc, fille giaour,

que je voie tes yeux noirs (comme) les prunelles sauvages,

que je baise ton blanc visage, pareil au soleil,

que je discoure avec ta bouche de miel.--

Mais la jeune infidèle lui réplique:

«Où sont mes neuf jeunes frères

pour qu'ils saisissent le noble bey Iergetch,

et qu'ils lui mettent de lourds fers aux pieds?

et s'ils ont pitié de lui, parce qu'il est jeune,

qu'ils me le livrent à moi, fillette,

je le jetterai dans de cruelles chaînes, dans mes bras.»

Poésies populaires Serbes Traduites sur les originaux avec une introduction et des notes · 第 131 / 205 题