Un cerf, broute l'herbe par delà la montagne,
un jour il broute, le suivant il se sent mal,
et le troisième il commence à gémir.
Du milieu des rochers la Vila lui demande:
«O cerf, bête des bois et des monts,
quelle si grande douleur est la tienne,
que, paissant l'herbe au bas de la montagne,
un jour tu paisses, le suivant tu te sentes mal,
et le troisième tu exhales tes plaintes?»
Le cerf à la Vila répond d'une voix douce:
«Vila de la montagne, ma soeur!
ma douleur est grande,
j'avais avec moi ma biche,
qui s'en est allée dans la montagne vers la fontaine,
s'en est allée, et ne revient pas;
ou elle s'est égarée en quelque endroit,
ou les chasseurs l'ont prise,
ou bien elle m'a abandonné tout à fait,
et s'est éprise d'un autre cerf.
Si elle a perdu le chemin,
fasse Dieu qu'elle me retrouve bientôt!
si les chasseurs l'ont prise;
que Dieu leur donne un sort pareil au mien!
mais si elle m'a abandonné,
et s'est éprise d'un autre cerf,
fasse Dieu que les chasseurs la prennent!»