EMBOUTI, s. m. Sorte d'étoffe piquée. _Une jupe d'embouti._

EMBOUYONNER, v. n. Tremper la lessive. Terme des campagnards. R.

_bouïe_, lessive.

EMBRELICOCAGE, s. m. Confusion, brouillamini, quiproquo. _Il y a

là-dessous un embrelicocage auquel je ne comprends rien._

EMBRELICOQUER, v. a. Emberlucoquer, troubler, embarrasser.

S'emploie surtout au réfléchi: _S'embrelicoquer._ R. _brelue_,

berlue.

EMBRELIFICOTER (S'), v. pron. S'emberlucoquer, s'embrouiller.

Terme suisse-roman et français populaire. Nous disons aussi:

_S'embrelificoquer_ et _s'emberlificoquer_: toutes expressions

qui appartiennent au français populaire.

EMBRESAILLE, s. f. Sorte d'arbrisseau. Voy. AMBRESAILLE.

EMBRINGUER (S'), v. pron. Se mettre dans l'embarras, être dans

l'embarras. _Cette maison de commerce est, dit-on, un peu

embringuée._ R. _En bringues_.

EMBRONCHE, adj. Sombre, soucieux, inquiet, de mauvaise humeur. _Un

air embronche. Un visage embronche. Vous me semblez embronche,

Monsieur Nicolas._ Dans le vieux français on dit: _Embronché_,

terme connu en Suisse, et recueilli par plusieurs dictionnaires

modernes.

EMBROUILLAGE, s. m. Embrouillement, confusion, mic-mac. Terme

méridional.

EMBROUILLAMINI, s. m. Brouillamini.

EMBROUILLE, s. f. Embrouillement, confusion, gâchis.

EMBROUILLER, v. a. Brouiller, mêler. _Embrouiller du fil. Écheveau

embrouillé; ficelle embrouillée._ Ce sens du verbe «Embrouiller»

manque dans les dictionnaires.

EMBUMANTER, v. a. Mettre de l'engrais, mettre du fumier.

ÉMINE, s. f. Mouture, salaire du meunier. Voyez le mot suivant.

ÉMINER, v. a. et n. Terme de meunier. Prendre une certaine

quantité de farine ou de grains pour se payer quand la personne

qui a donné à moudre n'a pas d'argent. [P. G.]

EMME, ÉME, ou EIME, s. m. Esprit, intelligence, jugement. _Il n'a

point d'eime._ Terme jurassien, dauphinois et vieux français. R.

_anima_?

ÉMOTTER, v. a. Émonder. _Émotter un ormeau._ C'est le mot patois

_émotà_.

ÉMOURGER (S'), v. pron. S'animer, se réveiller, se donner de la

peine. _Courage, Adolphe, émourge-toi. C'est aujourd'hui qu'il

faut s'émourger._ A l'actif, _émourger_, mettre en train.

EMPAFFER (S'), v. pron. Signifie: 1º S'empiffrer, se gorger de

nourriture; 2º Faire excès de vin ou de liqueurs. Terme français

populaire.

EMPARE, s. f. Marge, champ. (fig.) _Prendre de l'empare_ (prendre

de la marge); _avoir de l'empare_ (avoir de la marge). _En

évaluant à 25,000 francs nos frais d'établissement, nous avons

de l'empare._ En vieux français, _emparer_ signifie: Prendre,

saisir.

EMPARER, v. a. Soutenir le parti de quelqu'un. _Emparer quelqu'un;

emparer une gageure._ En vieux français, _emparer_ signifie:

Protéger, fortifier; _emparement_, protection.

EMPÂTIÈRE, s. f. Huche, pétrin, pétrissoire. Dans notre patois,

_patîre_ a le même sens.

EMPATOUFFLER (S'), v. pron. Se couvrir, se remplir

involontairement les mains ou le visage d'une matière gluante ou

épaisse. _S'empatouffler de miel; s'empatouffler de suif;

s'empatouffler de beurre. L'enfant niait avoir visité l'armoire

des provisions; mais son visage empatoufflé de confitures le

trahissait._ R. _patte_?

EMPÊCHER À QUELQU'UN DE. Dites: Empêcher quelqu'un de. _Je lui

empêcherai bien d'entrer. Empêche-leur de se battre. Notre plus

belle vache a une maladie qui empêche au lait de sortir._

EMPÉGÉ, ÉE, adj. et part. Embarrassé, empêtré, pris, arrêté. _Nous

fûmes accostés et empégés par ton babillard de cousin._ En

provençal, _empeiga_ signifie: Enduire de poix, coller. R.

_pége_. Voyez ce mot.

EMPELOTONNER, v. a. Pelotonner.

EMPESTIFÉRÉ, ÉE, adj. et part. _Une chambre empestiférée._ Dites:

Une chambre empuantie, empestée, puante.

EMPLÂTRE (UNE). Ce mot est masculin; mais il était encore féminin

au dix-septième siècle, et il l'est encore dans plusieurs

dialectes populaires de France.

EMPLÂTRE, s. m. (fig.) Coup bien appliqué, horion, soufflet.

_Donner un emplâtre. Si tu répliques un seul mot, tu as un

emplâtre._ Terme méridional.

EMPLÂTRER, v. a. (fig.) Choyer, dorloter, traiter avec une

délicatesse outrée. _Emplâtrer un enfant. Eugénie est emplâtrée

par sa mère._ Au réfléchi, _s'emplâtrer_ signifie: Se dorloter,

se choyer. «Emplâtre,» s. m., homme mou, femme sans vigueur, est

français.

EMPLÂTRER (S'), v. pron. Se salir, se couvrir les mains de

matières sales ou glutineuses. _Je voulus prendre le coquemar et

je m'emplâtrai._ Terme méridional. Ce sens manque dans les

dictionnaires.

EMPLÉTER, v. a. Faire emplette. _Empléter une robe; empléter du

sucre et du café._ Terme suisse-roman et savoisien.

EMPLETTE, s. f. Nous disons: _J'ai fait l'emplette d'une table.

J'ai fait l'emplette d'un canapé_, etc. On doit retrancher

l'article et dire: J'ai fait emplette d'une table, j'ai fait

emplette d'un canapé.

EMPOIGNÉE, s. f. Lutte, conflit. _Ils se rencontrèrent et eurent

ensemble une rude empoignée._

EMPOIS, s. f. _Empois blanche; empois cuite_, etc. Ce mot est

masculin: Empois blanc, empois cuit.

EMPOISONNER, v. actif. Puer, communiquer une mauvaise odeur.

_Recule-toi, tu empoisonnes la pipe. Cette vieille mendiante

empoisonnait l'eau-de-vie. Votre chambre empoisonne le brûle._

EMPOISONNER, v. a. (fig.) Infecter, infester. _Votre prairie est

empoisonnée de mauvaises herbes; ce champ est empoisonné de rats

et de sauterelles. La France nous empoisonne de mauvais romans._

Ces diverses significations du mot «Empoisonner» manquent dans

les dictionnaires.

EMPOUTOUILLE, s. f. Terme des campagnards. Brouillamini, discours

confus et embrouillé, bagout inintelligible. _Quelle

empoutouille tu nous fais là!_

EMPOUTOUILLER, v. a. Embrouiller (au sens propre et au sens

figuré). _Échevette empoutouillée._

EMPRÔGER, v. n. Voyez AMPRÔGER.

EMPUANTER, v. a. Empuantir, infecter.

EN, prép. Pour. _Une tailleuse en hommes._ Dites: Une tailleuse

pour hommes. Dans une comédie de LE SAGE, intitulée: _Les trois

Commères_ (acte I, scène 9), on trouve cette phrase: «Je suis

cordonnier POUR femmes.»

EN, prép. À (avec mouvement devant un nom de ville). _Aller en

Carouge, aller en Seyssel_, etc. Expression de nos campagnards,

fort usitée en Savoie, à Lyon et dans le Midi. Un guide de

Chamouny me disait: _Je pris ces deux Anglais à La Roche, je

passai avec eux le Petit-Bornand, et je les conduisis jusqu'en

Thônes_. «Un tel fut conduit captif _en_ Alger,» est une phrase

que chacun de nous a rencontrée dans les vieux romans.

EN, prép. À la (avec mouvement). _Aller en Diète. Ils quittèrent

la campagne le 15 septembre et ils rentrèrent en ville._ Phrases

incorrectes.

EN, prép. Est retranché à tort dans l'expression suivante: _Il ne

fit ni un ni deux et lui appliqua un soufflet_. Dites: Il n'EN

fit ni un ni deux. [ACAD.]

† EN, prép. Est inutile et vicieux dans les phrases suivantes:

_Cela ne fait en rien; cela ne signifie en rien_.

EN AGIR. _En agir bien, en agir mal, en agir librement_, etc., ne

sont pas des expressions avouées par les grammairiens. Il faut

dire: Agir bien, agir mal, agir librement; ou: En user bien, en

user mal, en user librement.

EN BAS, prép. _En bas la Tour de Bois; en bas la rue Verdaine; en

bas Coutance; en bas Chevelu._ «En bas» n'est pas une

préposition, c'est un adverbe. Pour être correct il faut dire:

En bas DE la rue Verdaine, en bas DE Coutance, en bas DE

Chevelu; ou mieux encore: Au bas de la rue Verdaine, au bas de

Coutance, etc.

EN BONNE FOI, loc. adv. De bonne foi, sincèrement.

EN-ÇÀ, adv. Çà, ici. _Joson, mon ami, viens en-çà, et salue toute

la companie._ Dites: Joson, mon ami, viens çà, viens ici.

ENCABOURNER (S'), v. pron. Se tenir enfermé, se tenir caché chez

soi. _Il reste tout le jour encabourné._ Terme neuchâtelois et

languedocien. Dans le dialecte vaudois on dit: _S'encabiborner_.

R. _cabourne_. Voyez ce mot.

EN CAMPE. En course, en campagne. _Être en campe_, être sur pied,

courir çà et là. _Mettre en campe_, mettre en campagne, envoyer

à la découverte. _Toute la gendarmerie est en campe._

ENCANTER, v. a. Acheter à l'encan.

ENCAVAGE, s. m. Encavement, action d'encaver.

ENCHEBROTTER ou ENCHEVROTTER, v. a. Bredouiller, parler dans un

langage confus et embrouillé. _Qu'est-ce que tu nous

enchebrottes là? Qu'as-tu tant à enchebrotter?_ On dit aussi:

_Lanchebrotter_.

ENCHENAILLER, v. a. Terme de charpentier, qui signifie: 1º Ajuster

le tenon dans la mortaise; 2º Lier fortement.

ENCHEVALER, v. a. Ranger des colis les uns sur les autres, les

mettre, pour ainsi dire, _à cheval_ les uns au-dessus des

autres.

ENCLINTE, adj. fém. Encline. _Votre tante Judith a le visage bien

échauffé; ne serait-elle point enclinte à la boisson?_

† ENCOMPAGNER, v. a. Accompagner. _Allez dire à la Mariette

qu'elle nous encompagne._

ENCOQUER, v. a. Terme de pêcheur. Étourdir le poisson ou l'enivrer

au moyen de la coque du Levant. Terme méridional.

ENCORE PASSE. _Faire un tel voyage à pied!... Encore passe, si

nous étions dans la belle saison._ Dites: Passe encore, si, etc.

ENCOUBLE, s. f. Signifie: 1º Entraves, liens dont on embarrasse

les pieds d'un cheval; 2º Obstacle, empêchement, embarras. _Ces

deux cousines, qui arrivent la veille de notre déménagement,

sont une fière encouble._ Terme provençal. R. _couble_, tresses

de paille qui servent d'entraves aux pieds des chevaux.

ENCOUBLER, v. a. Gêner, embarrasser. _Un paillasson troué

m'encoubla. La jeune fille s'encoubla dans sa robe et tomba._

ENCOURAGER (S'), v. pron. _S'encourager à l'ouvrage_, signifie,

dans notre dialecte: Travailler avec ardeur. _Encourage-toi,

Justine, si tu veux nous faire plaisir._ «S'encourager» est un

verbe réciproque.

† ENCRE, s. masc. _De l'encre épais._ Ce solécisme est une

tradition du vieux français. Dites: «De l'encre épaisse.»

ENCRE À LA CHINE, s. f. Encre de Chine.

ENCROIRE (FAIRE). _T'imagines-tu me faire encroire une semblable

bêtise?_ Terme méridional. Dites: T'imagines-tu me faire

accroire? etc.

EN CROIRE (S'). S'en faire accroire, être glorieux, se pavaner,

faire le faraud. _Voyez donc comme il s'en croit! Tu t'en crois,

toi, parce que tu as un paletot neuf._ Terme méridional.

ENCROTTER, v. a. Enfouir, enterrer. _Encrotter un chien, encrotter

un cheval._ Terme suisse-roman, savoisien, berrichon, etc. Nos

campagnards disent aussi: _Encrotter un tison dans les cendres_.

En vieux français, _crot_ signifie: «Creux.»

ENCUCHER, v. a. Terme rural. Envélioter, mettre le foin en

véliotes. Voyez CUCHET.

EN DERNIER, loc. adv. Voyez DERNIER.

EN DESSUS DE, prép. Au-dessus de. _Le village de Gingins est à une

lieue en dessus de Nyon._

Nouveau Glossaire Genevois, tome 1/2 · 第 52 / 74 题