DIRE, v. a. Demander. _Dis à Joseph s'il peut venir me parler.
Dites au fermier s'il pourrait nous fournir quelques
artichauts._ Locution méridionale.
DIRE, v. a. Se vanter, se donner du jabot. _Ce n'est pas pour
dire, mais je saurais en faire autant que toi._ Expression
française populaire.
† DIRE À QUELQU'UN. _Ce meunier qui passe, comment lui dit-on?
Cette femme que nous avons rencontrée hier, comment lui dit-on?_
Expression qui équivaut à: «Comment l'appelle-t-on? Quel est son
nom?»
DISCREUSAGE, s. m. Terme d'art. Décreusage.
DISCREUSER, v. a. Décreuser.
DISPARAT (UN). _Un disparat choquant._ Ce mot est féminin, et il
s'écrit avec un _e_ final: Disparate. «Disparate choquante.»
DISPARUTION, s. f. Disparition.
DISSIPÉ, s. m. _Un jeune dissipé._ Selon les dictionnaires, ce mot
n'est pas substantif.
DISTAC, s. m. Terme de tir. Prix supplémentaire donné par des
amateurs. _Mettre un distac, remporter un distac, faire
plusieurs distacs._
DISTINCTÉMENT, adv. «J'ai reconnu _distinctément_ ces ardoises.»
[DE SAUSSURE, _Voyage dans les Alpes_, t. I, p. 504.] «Je ne
voyais pas _distinctément_.» [_Ibid._, p. 288.] Écrivez et
prononcez «Distinctement.»
DISTRAIRE, v. a. Ce verbe, et ceux qui viennent de «traire,» comme
«soustraire» et «extraire,» sont d'une conjugaison difficile.
Nous disons: _Vous me distraisez; ces enfants me distraisaient,
ils me distraisent; je n'aime pas qu'on me distraise_. «Trop
d'autres goûts me _distraisent_. L'exercice... me _distraisant_
sur mon état.» [J.-J. ROUSSEAU, _Confessions_, livres I et VI.]
Il faut dire: Vous me distrayez, ils me distrayaient, ils me
distraient, distrayant.
DIVISER, v. n. Deviser, causer, jaser. Le mot «Deviser» vient de
_devis_, qui, en vieux français, signifiait: Discours, entretien
familier, conversation.
DIX-HEURES (LES), s. m. pl. L'heure sèche, petit repas sec, petite
collation qui se fait à _dix heures_ du matin. _Faire les
dix-heures._ On dit aussi au singulier: _Faire le dix-heures;
faire un dix-heures_.
DIZEURER, v. n. Se dit quelquefois pour signifier: Faire le repas
de _dix heures_.
† DOBLIGÉ, DOBLIGÉE, part. Obligé, forcé, contraint. _L'incendie
éclata dans le cabaret, et les buveurs furent dobligés de se
sauver par la fenêtre._ On dit aussi, sous forme de
remerciement: _Je vous suis bien dobligé_.
DODO, s. m. Terme enfantin. Lit, couchette. Français populaire.
DOGUIN, DOGUINE, s. Terme d'écolier. Se dit de certains objets, et
signifie: Gros, grosse. _Quel doguin de mâpis! Venez tous voir
le doguin de poisson que j'ai pris._
DOIGT, s. m. Nous disons proverbialement: _Se mettre le doigt dans
l'œil_, ou, _Se mettre du doigt dans l'œil_, pour signifier:
Faire une fausse spéculation, faire un faux calcul. _En vendant
sa campagne pour acheter des rentes de France, il s'est mis le
doigt dans l'œil._
DÔLE (LA). Nom propre de montagne. Nous disons proverbialement
d'une chose qu'on nous représente comme remarquable,
prodigieuse, extraordinaire, et sur laquelle nous portons un
jugement moins favorable: _Ce n'est pas la Dôle. Traverser le
lac à la nage?... Ce n'est pas la Dôle. Faire à pied quatorze
lieues par jour?... Ce n'est pas la Dôle_; c'est-à-dire: Ce
n'est pas merveille. _As-tu lu le nouveau poëme de Z. Z**?--Oui,
je l'ai lu; ce n'est pas la Dôle._
DOMESTIQUE, s. m. Ne dites pas: _Un domestique en homme_; dites
tout court: Un domestique.
DOMMAGER, s. m. Causer du dommage, gâter, prodiguer. _Dommager du
pain_, signifie: Le perdre, le jeter sans profit pour personne,
le gaspiller. _Ne dommagez pas ces restes de viande: ils feront
plaisir à un mendiant._ Terme suisse-roman. Le _Complément_ du
dictionnaire de l'Académie donne le verbe _dommager_ comme hors
d'usage: c'est possible. A Genève il est d'un emploi journalier.
On disait en vieux français: _Damager_. R. _dam_. [Voyez
ROQUEFORT, _Glossaire roman_.]
DONDAINE, s. f. Dondon, femme ou fille grasse et d'un solide
embonpoint. _Quelle dondaine! Quelle puissante dondaine!_ Terme
lorrain, etc.
DONNE, s. f. Dans la commune de Meyrin et lieux avoisinants ce mot
signifie: «Belle-mère.» Dans le canton de Vaud il signifie:
_mère_, et dans le vieux français il se disait pour «Dame, femme
noble.» R. latin, _domina_; italien, _donna_.
DON-NE, s. f. Ce terme, fort connu dans les communes réunies, se
dit plus particulièrement d'une distribution de pain à tous les
pauvres de la paroisse après un enterrement. _Faire une don-ne._
Terme vaudois, savoisien, dauphinois, languedocien et vieux
français.
DONNER, v. neutre. Se dit principalement des vaches et signifie:
Frapper de la corne. _Prenez garde, Madame, notre vache donne._
En Languedoc et en Dauphiné, _donner_, v. n., se dit des mules,
et signifie: «Ruer.» _Votre mule donne-t-elle?_
DONNER, v. neutre. Nous disons: _Ce vin donne à la tête_. Les
dictionnaires disent: «Ce vin porte à la tête,» ou, «Ce vin
donne dans la tête.»
DONNER, v. neutre. Nous disons: _L'odeur du musc donne sur les
nerfs_. Les dictionnaires disent: «Porte sur les nerfs.»
DONNER DU PIED CONTRE. Nous disons figurément: _Un tel ne donne
pas du pied contre cette proposition, contre ce projet_, pour
signifier: Un tel ne s'oppose pas à cette proposition, à ce
projet.
DONNER LE TOUR. Faire un circuit, faire le tour. _Qui est-ce qui
frappe là-bas?--C'est moi, père.--Eh bien, donne le tour par la
maison de Trimolet._
DONNER LE TOUR. Signifie, au sens figuré: Avoir de quoi suffire
aux dépenses de l'année; gagner de quoi faire face à tous les
besoins journaliers. _Nous ne mettons rien de côté, nous autres,
mais nous donnons le tour._
DONNER UN COURS. _Mr N**, licencié en philosophie, donnera cet
hiver un cours de dialectique. TABLEAU des cours qui seront
donnés, l'hiver prochain, par les professeurs de l'Académie de
Genève._ Terme consacré chez nous, utile en beaucoup de cas,
mais inconnu aux dictionnaires. On dit en France: _Faire un
cours, faire des cours_.
DONNER (SE), v. pron. _Votre ami Z** est un honnête homme, mais il
se donne un peu trop à la boisson._ Dites: Mais il s'adonne un
peu trop à la boisson.
DONNER PEUR (SE). S'effrayer, prendre de l'épouvante. _Se voyant
seule dans un chemin écarté, Alexandrine se donna peur._
Expression fort usitée.
DONT AUQUEL. Sorte d'adjectif des 2 genres qui signifie: «Bien né,
bien élevé, riche, et qui a de bonnes manières.» _Un jeune
homme dont auquel; une jeune personne dont auquel._ En français,
cette expression se prend toujours en mauvaise part.