ACARRER (S'), v. pron. Se blottir, se serrer contre. [P. G.]

† À CAUSE? adv. Pourquoi? _Mama, la Betsi m'a battue.--Et à

cause?--À cause de rien; à cause que c'est une méchante._

ACCOMPARER, v. a. Comparer.

ACCORDER, v. n. _Accorder une démission, accorder à un

fonctionnaire public sa démission_, ne sont pas des expressions

françaises; il faut dire: Recevoir une démission, ou Accepter

une démission. «Le gouvernement a accepté la démission de M. le

professeur N***.»

† ACCOURAGER, v. a. Encourager. _Accourage-toi, mon valet, tu

auras une bonne dimanche._ En vieux français, _acorager_.

ACCOURCIR, v. n. _Les jours commencent d'accourcir._ Dites: Les

jours commencent de s'accourcir.

ACCOURIR (S'), v. pron. Se pourvoir de denrées et autres objets de

consommation, en attendant le moment, peu éloigné, où se fera la

provision. _As-tu assez de gros bois et de fascines pour

t'accourir? Notre chariot de pommes de terre n'arrivera que dans

quinze jours, Lisette: va donc en acheter une corbeille pour

nous accourir. Le dîné sera sans doute retardé, et je vais

prendre un bouillon pour m'accourir. Mon bon Monsieur, c'est

aujourd'hui le premier du mois; je viens recevoir ma petite

rente.--Aujourd'hui, Madame Pignolet, cela ne m'est pas

possible, mais revenez dans cinq jours.--Eh bien, Monsieur,

donnez-moi, s'il vous plaît, dix francs pour m'accourir_;

c'est-à-dire, Pour que je puisse suffire pendant ce temps à mes

dépenses ordinaires. Dans certains cas on peut employer ce verbe

à l'actif, et dire, par exemple: _Prêtez-moi un quarteron de

paille pour accourir mes bêtes jusqu'à la moisson._

ACCOUTUMER, v. a. Nous disons: _Accoutumer une chose. Accoutumer

une place. J'ai accoutumé cette promenade, cette église, etc._

Dites: Je suis accoutumé à cette place; je suis accoutumé à

cette église, etc.; ou trouvez un équivalent meilleur.

ACCOUVASSER, v. n. Se dit des poules et signifie: Couver, cacher,

mettre à l'abri, chercher à couver. Dans le vieux français,

_accouveter_ a presque le même sens.

ACCROCHER, v. a. (fig.) Gagner, attraper, saisir. _Hier, en

patinant, j'ai accroché un gros rhume. Tiens, accroche ce bâton.

Il lui appliqua un soufflet et lui dit: Accroche!_ Terme

français populaire.

ACCULER, v. a. _Acculer un soulier; souliers acculés._ Terme

français populaire et vieux français. Dites: Éculer; souliers

éculés.

ACCUSER, v. a. Terme de certains jeux de cartes. Annoncer.

_J'accuse un mariage en carreau. J'accuse vingt en trèfle._

ACCUSER À. Dénoncer à. _Finis, Antoine, ou bien je t'accuse; je

t'accuse à M'sieu._

ACCUSEUR, s. m. Rapporteur, écolier qui se plaît à dénoncer ses

camarades. Terme vieux français.

ACENSER, v. a. Prendre à cens ou à ferme, affermer. Ce terme, peu

connu en France, et qui n'est pas dans le dictionnaire de

l'Académie, doit s'écrire «Accenser.»

ACHAPER (S'), v. pron. Terme des campagnards. S'accrocher à, se

cramponner à, s'attacher à. _S'achaper au cou de quelqu'un._ [P.

G.]

ACHATIR, v. a. Voyez ASSATIR.

ACHOUTER (S'), v. pron. _Le temps s'achoute_, signifie: Le temps

commence à s'éclaircir, le temps s'amende et devient meilleur.

Voyez les mots SIOUTE OU CHOUTE.

ACOI ou ACOUÉ, s. m. Puissance, courage, force physique, audace.

_Tu n'as pas l'acoi._ Terme vaudois. Dans le patois de Neuchâtel

on dit _acout_. Voyez le _Glossaire neuchâtelois_ de M. le

professeur Guillebert, 2e édition, p. 74.

À CRA ou À CRAS, loc. adv. _Être à cra_, signifie: N'en pouvoir

plus, être rendu, être aux derniers expédients, être aux abois.

† ACRASER, v. a. Écraser. _En remuant ce gros poutre, le

charpentier vient de s'acraser le gros arteuil._

AD HOC POUR CELA. _Il est venu ad hoc pour cela._ Dites: Il est

venu ad hoc; ou, Il est venu pour cela; car les mots _ad hoc_ et

les mots _pour cela_ ont exactement le même sens. Si vous les

employez ensemble, vous dites deux fois la même chose; une fois

en latin, et une fois en français.

ADIEU. A Genève, à Lausanne, à Neuchâtel, à Chambéry et dans le

midi de la France on dit _adieu_ à une personne que l'on aborde

et qu'on est dans l'usage de tutoyer. _Adieu, cousin, comment te

va? Adieu, ma sœur, viens-tu dîner avec nous?_ Il faut dire:

«Bonjour,» et réserver le terme d'_adieu_ pour le moment où l'on

se sépare. «Il se fait tard; adieu, Messieurs; adieu, Mesdames.»

ADIEU, JE T'AI VU! Sorte d'exclamation facétieuse, à l'occasion

d'une mésaventure, d'une perte, d'une espérance trompée. _Le

canari s'envola, et adieu, je t'ai vu! La diligence était

partie, et adieu, je t'ai vu!_

ADMONESTER, v. a. Admonéter, faire une réprimande. _Admonester_

appartient au vieux français.

ADOMÉCHER, v. a. Apprivoiser. _Adomécher un chamois._ Terme vieux

français. Dans les Alpes on dit: _Adometzi_. R. _domus_ ou

_domo_.

† ADOPTER, v. a. Adapter. _Adopter une console, adopter une

polie._ Terme des ouvriers.

AFFAIRE, s. m. Objet, ustensile, chose. _Un gros affaire en bois._

Solécisme universellement répandu, et qui vient du vieux

français. Ce mot est aujourd'hui féminin.

AFFAIRE, s. m. Nous disons dérisoirement d'un homme ou d'un jeune

garçon petit et chétif: _Ce petit affaire. Voyez ce petit

affaire, qui n'a que huit ans et qui veut conduire un cheval._

AFFAIRE, s. f. _Il y a l'affaire de trois mois_, signifie: Il y a

environ trois mois. _Il y a une affaire de deux ans que je ne

l'ai vu_, signifie: Il y a environ deux ans que je ne l'ai vu.

AFFANER, v. a. Gagner avec peine, se tourmenter de travail,

obtenir à la sueur de son front. _J'ai bien affané cet argent.

Ces ouvriers ont bien affané un pauvre écu._ Terme suisse-roman.

_Affaner_ est l'ancien verbe _ahaner_, qui signifiait:

Travailler avec fatigue, comme le bûcheron qui soupire, et

laisse entendre, à chaque coup de hache, le son _ahan_. Selon

le dictionnaire de Roquefort, le vieux mot _affan_ est synonyme

des mots Travail, peine, effort. Dans le dialecte languedocien,

_s'afana_ veut dire: S'empresser à faire quelque chose.

AFFAUTIR, v. a. Priver de nourriture. S'emploie surtout au passif.

_Un enfant affauti_ est celui à qui la nourriture a manqué.

_Allons, camarades, encore un morceau; il ne faut pas se laisser

affautir._ Se dit aussi des animaux et des plantes. Terme

suisse. Dans le dialecte lorrain, _affautrir_ signifie: Rendre

maigre.

AFFITS, AFFITIAUX, s. m. pl. Affiquets, petits ajustements d'une

femme, surcharge d'ornements sans goût, colifichets. «Affûtiaux»

est français, mais n'a pas le sens de notre mot _affitiaux_.

AFFRANCHISSAGE, s. m. _L'affranchissage d'une lettre, d'un paquet,

etc._ Terme français populaire. On doit dire:

«Affranchissement.»

AFFRE, s. f. Grande peur, effroi. _Je me fais une affre de cette

entrevue. Ce jeune étudiant se faisait une affre de son examen

d'Algèbre. Ne vous faites pas une affre de si peu de chose._ En

français, _affre_ ne s'emploie qu'au pluriel et dans cette seule

locution: Les affres de la mort. A Genève, _affre_, au

singulier, est une expression fort répandue.

AFFÛTER, v. n. Être à l'affût, se poster pour attendre le gibier.

Terme connu dans le Berry et sans doute ailleurs. Dans le vieux

français on disait: _S'affûter_.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 1/2 · 第 27 / 74 题