C’est ainsi que Molière écrit, et non _prêtre Jean_, personnage qui est
appelé, dans les chroniques latines, _presbyter Joannes_, et _pretiosus
Joannes_. J. Scaliger était pour le dernier.
Ce qui s’agite dans les conseils du _prête-Jean_ ou du Grand
Mogol.
(_Comtesse d’Escarb._ 1.)
«On appela d’abord _prêtre Jean_ un prince tartare qui combattit
Gengis. Des religieux envoyés auprès de lui prétendirent qu’ils
l’avaient converti, l’avaient nommé _Jean_ au baptême, et même lui
avaient conféré le sacerdoce: de là cette qualification de _prêtre
Jean_, qui est devenue depuis, _on ne sait pourquoi_, celle d’un prince
nègre, moitié chrétien schismatique et moitié juif. C’est de ce dernier
qu’il est question ici.» (M. AUGER.)
Voici à présent l’explication de Trévoux:
«_Prestre Jean._ On appelle ainsi l’empereur des Abyssins, parce que
autrefois les princes de ce pays étoient réellement prestres, et que le
mot _Jean_, en leur langue, veut dire _Roi_.
«..... Le nom de _prestre Jean_ est tout à fait inconnu en Éthiopie; et
cette erreur vient de ce que ceux d’une province où ce prince réside
souvent, quand ils lui veulent demander quelque chose, crient _Jean
coi_, c’est-à-dire, _mon roi_.»
C’est le cas de s’écrier aussi, avec le bonhomme Trufaldin:
Oh! oh! qui des deux croire?
Ce discours au premier est fort contradictoire.
Ceux qui voudront en lire davantage sur le _prêtre_ ou _prête Jean_,
peuvent consulter Du Cange au mot _Presbyter Joannes_.