«Poste aussi, avec une diction possessive (un pronom possessif),
signifie _façon_, _manière_, _volonté_, _guise_, comme: Il est fait _à
ma poste_; il luy a aposté ou baillé des tesmoins faits _à sa poste_.
«Et quand il n’est joinct à telles particules possessives, il signifie
_pourpensé_, _attiltré_, comme: cela est faict _à poste_.»
(NICOT.)
TOINETTE. J’avois songé en moi-même que ç’auroit été une bonne
affaire de pouvoir introduire ici un médecin _à notre poste_,
pour le dégoûter de son monsieur Purgon.
(_Mal. im._ III. 2.)
«Que Martial retrousse Venus _à sa poste_, il n’arrive pas à la
faire paroistre si entiere.»
(MONTAIGNE. III. 5.)
«Un valet qui les escrivit soubs moy pensa faire un grand butin
de m’en desrober plusieurs pieces choisies _à sa poste_.»
(Id. II. 37.)
«Dieu fasse paix au gentil Arioste,
«Et daigne aussi mettre en lieu de repos
«Jean la Fontaine, auteur fait _à la poste_
«Du Ferrarois, adoptant ses bons mots.»
(SENECÉ. _Camille._)
A la guise, sur le modèle, dans le goût de l’Arioste.
Les Italiens disent aussi _a mia posta_, et, sans pronom possessif,
_alla posta_, _apposta_:
«Ha la bocca fatta _apposta_
«Pel servizio della posta.»
(_Duo de Guglielmi._)
Il a la bouche faite _à poste_ pour le service de la poste.
On pourrait croire que nous leur avons emprunté cette expression; mais
elle existait dans notre langue depuis un temps bien reculé, avec des
acceptions diverses. _Posta_, dans les actes du moyen âge, signifie une
station, un lieu désigné, _un poste_, et _volonté_, _gré_, _convenance_.
Dans les ordonnances du roi Jean (1355), on trouve _faire fausse
poste_, pour _aposter_, qui alors n’était pas encore créé. Il s’agit
des revues de troupes, où l’on faisait figurer de faux soldats, des
hommes _apostés_, des soldats _postiches_:
«Nous avons ordené et ordenons que nul _ne face fausse poste_, sur
peine de perdre chevaux et hernois..... avons ordené et ordenons, pour
eschiver les _fausses postes_.....»
(_Ap._ CANG. in _Posta_.)
_Postiquer_, _postiqueur_, c’était, au sens propre, courir la poste,
postillon; au figuré, fourber, intriguer; un intrigant.
_Le poste_ d’un couvent, d’un collége, était le coureur, le messager de
la maison.
De cette famille il nous reste _la poste_; _poster_, _aposter_; et
_postiche_.
POSTURE (position), soit en bonne, soit en mauvaise part:
C’est un placet, monsieur, que je voudrois vous lire,
Et que, dans la _posture_ où vous met votre emploi,
J’ose vous conjurer de présenter au roi.
(_Fâcheux._ II. 2.)
Un duel met les gens en mauvaise _posture_.
(_Ibid._ II. 10.)
Mes affaires y sont en fort bonne _posture_.
(_Éc. des fem._ I. 6.)