Masques, où courez-vous? Le pourroit-on apprendre?
Trufaldin, ouvrez-leur pour _jouer un momon_.
(_L’Ét._ III. 11.)
Trévoux, et d’après lui le supplément du Dictionnaire de l’Académie,
définissent le _momon_: «Défi d’un coup de dez qu’on fait quand on est
en masque.» Cette définition ne s’applique pas au passage précédent ni
au suivant:
Est-ce un _momon_ que vous allez _porter_?
(_B. gent._ V. 1.)
Le momon pouvait donc être joué et porté. L’explication de Borel paraît
lever toute difficulté. Le momon, selon lui, était une sorte de pelote
énorme que l’on portait dans les mascarades notables, comme si c’eût
été une grosse bourse enflée contenant des enjeux.
Périzonius dérive _momon_ du grec μομμω; Ménage, de _Momus_, le bouffon
des dieux; Nicot, de _mon mon_, espèce de gromellement que font
entendre les masques, dit-il; d’autres, du sicilien _momar_, un fou.
Personne n’a songé à l’allemand _mumme_, un masque; _mummerey_,
mascarade; d’où en français _momerie_.
MON ESTIME, au sens passif:
Et qu’il eût mieux valu pour moi, pour _mon estime_,
Suivre les mouvements d’une peur légitime.
(_Dép. am._ III. 3.)
C’est-à-dire, pour l’estime qu’on fera de moi, dans l’intérêt de ma
réputation. _Mon estime_ est ici comme _mon honneur_.