Vaugelas trouve ce _de_ «bien étrange, mais bien françois.»

«Et puis, à l’aide d’une échelle

«Qu’un _maraud de valet_ lui tint.»

(VERGIER. _Le Rossignol._)

«_Un saint homme de chat_, bien fourré, gros et gras.»

(LA FONT. _Fables._ VII. 16.)

--DE, représentant _que le_:

C’est un étrange fait _du_ soin que vous prenez

A me venir toujours jeter mon âge au nez.

(_Éc. des mar._ I. 1.)

Chose étrange _d’_aimer!

(_Éc. des fem._ V. 4.)

Chose étrange _que le_ soin... _que_ l’aimer! l’infinitif pris

substantivement.

_Chose étrange de voir_ comme avec passion

Un chacun est coiffé de son opinion!

(_Éc. des fem._ I. 1.)

La construction grammaticale est: la chose d’aimer,... la chose de

voir,... le fait du soin... est étrange. Les infinitifs _voir_,

_aimer_, sont ici de véritables substantifs; et cette façon d’employer

_de_ rentre dans l’article précédent, où l’on voit _de_ entre deux

substantifs, servant à qualifier le premier par le second.

(Voyez DU.)

--DE, remplaçant _à_ entre deux verbes:

La crainte fait en moi l’office du zèle..., et me _réduit

d’applaudir_ bien souvent à ce que mon âme déteste.

(_D. J._ I. 1.)

Ah! _je vous apprendrai de me traiter_ ainsi!

(_Amph._ III. 4.)

Molière prend cette tournure pour fuir l’hiatus: me réduit _à

app_laudir.--Je vous _apprendrai à_... Il dit de même _commencer

de_... _obliger de_... _chercher de_. (Voyez ces mots.)

Une galère turque où on les avoit _invités d’entrer_.

(_Scapin._ III. 3.)

Cet amas d’actions indignes dont on a peine _d’adoucir_ le

mauvais visage.

(_D. J._ IV. 6.)

_Peine à adoucir_ serait insupportable.

«Il exhorta le poëte _de_ ne plus faire de vers la nuit.»

(SCARRON. _Rom. com._, 1re part., ch. 12.)

Le XVIIe siècle employait sans difficulté _de_ pour _à_, comme aussi

_devant_ pour _avant_.

Voyez CHERCHER DE,--COMMENCER DE,--CONCLURE DE,--FEINDRE DE et

FEINDRE A.

--DE, et non _des_, devant un adjectif que l’on traite aujourd’hui

comme incorporé au substantif:

Et dans tous ses propos

On voit qu’il se travaille à dire _de bons mots_.

(_Mis._ II. 5.)

On dirait aujourd’hui, sans scrupule, _des bons mots_.--_Bon mot_

n’étant considéré que pour un substantif, comme _jeune homme_.

--DE, entre deux substantifs, marquant le sens actif du premier sur le

second:

Chez les Latins, _amor patris_ signifiait aussi bien la tendresse du

père au fils que celle du fils au père; c’était au reste de la phrase

à déterminer l’acception active ou passive. Molière a dit de même,

_la contrainte des parents_, pour exprimer, non la contrainte qu’ils

subissent, mais celle qu’ils imposent:

Il y en a d’aucunes qui prennent des maris seulement pour se

tirer de _la contrainte de leurs parents_.

(_Mal. im._ II. 7.)

(Voyez aux mots CHOIX, CHOSE, HYMEN.)

--DE; _supprimé_ après _aimer mieux...._ suivi d’un infinitif:

Et j’ai bien _mieux aimé_ me voir aux mains d’un autre,

_Que ne pas mériter_ un cœur comme le vôtre.

(_Éc. des mar._ III. 10.)

_J’aimerois mieux_ mourir _que la voir_ abusée.

(_Éc. des fem._ V. 2)

--Après _à moins que_, suivi d’un infinitif:

Et l’on ne doit jamais souffrir, sans dire un mot,

De semblables affronts, _à moins qu’être_ un vrai sot.

(_Sgan._ 17.)

--Après _avant que_, suivi d’un infinitif:

Laisse-m’en rire encore _avant que te le dire_.

(_L’Ét._ II. 13.)

Mais _avant que passer_, Frosine, à ce discours....

(_Dép. am._ II. 1.)

J’ai voulu qu’il sortît _avant que vous parler_.

(_Fâcheux._ III. 3.)

_Avant que nous lier_, il faut nous mieux connoître.

(_Mis._ I. 2.)

Pour la forme, il faudra, s’il vous plaît, qu’on m’apporte,

_Avant que se coucher_, les clefs de votre porte.

(_Tart._ V. 4.)

--Après _plutôt que_, suivi d’un infinitif:

...................................................

Que son cœur tout à moi d’un tel projet s’offense,

Qu’elle mourroit _plutôt qu’en souffrir l’insolence_.

(_Éc. des mar._ II. 13.)

Cela paraît une concession à la mesure, car ailleurs Molière exprime le

_de_:

Sinon faites état de m’arracher le jour,

_Plutôt que de m’ôter_ l’objet de mon amour.

(_Éc. des mar._ III. 8.)

--Après _valoir mieux que_, suivi d’un infinitif:

_Il vaut mieux_, quand on craint ces malheurs éclatants,

En mourir tout d’un coup _que traîner_ si longtemps.

(_Mélicerte._ II. 5.)

--Après _quelque chose_:

Je crains fort pour mon fait _quelque chose approchant_.

(_Amph._ II. 1.)

--Dans cette locution, _rien de tel_:

Il n’est _rien tel_ en ce monde que de se contenter.

(_D. J._ I. 2.)

«Il n’est _rien tel_ que les jésuites.»

(PASCAL. 3e _Prov._)

--Après _vous plaît-il_, suivi d’un infinitif:

_Vous plaît-il_, don Juan, _nous éclaircir_ ces beaux mystères.

(_D. J._ I. 3.)

--DE, _surabondant_, après _valoir mieux_:

Il leur _vaudroit bien mieux_, les pauvres animaux, _de_

travailler beaucoup et _de_ manger de même.

(_L’Av._ III. 5.)

_Il vaut bien mieux_ pour vous _de_ prendre un vieux mari qui

vous donne beaucoup de bien.

(_Ibid._ III. 8.)

_Il me vaudroit bien mieux d’être_ au diable que d’être à lui.

(_D. J._ I. 1.)

Après _prétendre_:

C’est en vain que tu _prétendrois de_ me le déguiser.

(_Ibid._ V. 3.)

--Surabondant avec _dont_ et _en_:

Ce n’est pas _de_ ces sortes de respects _dont_ je vous parle.

(_G. D._ II. 3.)

Ce n’est pas _de vous_, madame, _dont_ il est amoureux.

(_Am. magn._ II. 3.)

Mais _de vous_, cher compère, il _en_ est autrement!

(_Éc. des fem._ I. 1.)

(Voyez A _répété surabondamment_.)

--Devant _besoin_; IL EST DE BESOIN:

Lexique comparé de la langue de Molière et des écrivains du XVIIe siècle · 第 141 / 467 题