Laissez-moi: j’aurai soin
De vous encourager, s’_il en est de besoin_.
(_Fem. sav._ V. 2.)
--Devant _certains_:
Il y a _de certains_ impertinents au monde qui viennent prendre
les gens pour ce qu’ils ne sont pas.
(_Méd. m. lui_ II. 9.)
--Devant _aucuns_:
Il y en a d’_aucunes_ qui prennent des maris seulement pour se
tirer de la contrainte de leurs parents.
(_Mal. im._ II. 7.)
(Voyez D euphonique.)
--Devant _coutume_ dans cette locution, _avoir de coutume_:
... Pour vous ôter l’envie de nous faire courir toutes les
nuits, comme vous _aviez de coutume_.
(_Scapin._ II. 5.)
--Après _à quoi bon_, suivi d’un infinitif:
Ah j’enrage!--_A quoi bon de te cacher_ de moi?
(_Fâch._ III. 4.)
_A quoi bon de dissimuler?_
(_Le Sicilien._ 7.)
--DÉ, particule inséparable en composition:
Et l’on me _désosie_ enfin,
Comme on vous _désamphitryonne_.
(_Amph._ III. 8.)
_De_ avait en latin la même valeur, et Lucile, par le même procédé que
Molière, avait forgé _deargenture_, _depeculare_ et _depoculare_, voler
de l’argent, des coupes:
«Depeculassere[48] aliqua, sperans me ac deargentassere.»
(LUCIL. ap NON. 2. 218.)
[48] Ou _depoculassere_.
«Me impune irrisum depeculatumque eis.»
(PLAUT. _Epidic._ IV. 1. 18.)
(Voyez DÉSATTRISTER, DÉSENAMOURER, DÉSUISSER.)
DÉ, TENIR LE DÉ, par métaphore empruntée au jeu, où le dé passe de main
en main:
_A vous le dé_, monsieur.
(_Mis._ V. 4.)
--TENIR LE DÉ A (un infinitif):
Car madame _à jaser tient le dé tout le jour_.
(_Tart._ I. 1.)
DÉBATTU, pour _contesté_:
Ce titre par aucun ne leur est _débattu_.
(_Tartufe._ I. 6.)
DE BOUT EN BOUT, d’un bout à l’autre, complétement:
Vous saurez tout cela tantôt _de bout en bout_.
(_Mélicerte._ II. 7.)
DÉBUTER A QUELQU’UN, avec quelqu’un:
Par où _lui débuter_?
(_Dép. am._ III. 4.)
_Par où lui débuter_, signifie _que lui dire d’abord_. _Lui_ est donc
aussi recevable dans une locution que dans l’autre; il n’y a que la
différence de l’usage.
DE CE QUE, dans le sens de _parce que_:
Ce n’est pas tant la peur de la mort qui me fait fuir, que _de
ce qu’il_ est fâcheux à un gentilhomme d’être pendu.
(_Pourc._ III. 2.)
DÉCHANTER; FAIRE DÉCHANTER; métaphoriquement troubler, déranger dans
ses entreprises:
Tu vois qu’à chaque instant _il te fait déchanter_.
(_L’Ét._ III. 1.)
Il te fait sortir du ton et perdre la mesure.
DÉCHARPIR, séparer des combattants acharnés l’un contre l’autre:
Andrès et Trufaldin, à l’éclat du murmure,
Ainsi que force monde accourus d’aventure,
Ont à les _décharpir_ eu de la peine assez;
Tant leurs esprits étoient par la fureur poussés.
(_L’Ét._ V. 14.)
Nicot, et Trévoux après lui, donnent le verbe _charpir_; _charpir de
la laine_, _carpere lanam_; et par composition, _décharpir_, _charpir_
entièrement, comme _définir_, de _finir_.
Il nous reste encore le substantif _charpie_.
_Décharpir_ les combattants, est regrettable comme terme expressif;
_séparer_ est loin d’atteindre à la même énergie.