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Conclusions présentées au parlement par les orfévres contre

les fermiers de l’impôt sur la mercerie, pour faire déclarer

exempts de l’impôt un certain nombre d’articles qui font partie

à la fois du commerce des orfévres et de celui des merciers.

XIVe siècle.

Ce sont les choses que les orfevres de Paris dient contre les fermiers

de l’imposition des merciers disans que à l’imposition des orfevres

appartient à paier des choses qui s’ensuivent IIII d. pour livre et non

pas ausd. fermiers de l’imposition desd. merciers.

1. _Item_ à ce que il demandent l’imposicion de toutes manieres de

patenostres, respondent les d. orfevres que de celles d’or et d’argent

ne doivent point avoir d’imposition, car c’est orfavrerie et toute

orfavrerie appartient à l’imposition des d. orfevres de toutes manieres

de genz qui les vendent en la ville de Paris et es forbours.

2. _Item_ à ce qu’il demandent or et argent fillé de Lucques, de Paris

et d’ailleurs et de tout or et argent en feuille et or soudé, combien

qu’il l’appellent orpel et argent pel, respondent les orfevres que

c’est orfavrerie, car il passe par le martel et par la forge et ne le

font pas les merciers, mès le font les orfevres et, puis que c’est

orfavrerie, aus d. orfevres appartient et non à euls...

3. _Item_ à ce que il demandent imposition de toutes gibecieres et de

toutes bourses, respondent les d. orfevres que là où il auroit or,

argent et pelles et perrerie que c’est orfavrerie...

4. _Item_ à ce que il demandent l’imposicion de touz aguilliers de

soie, d’or et d’argent, respondent les d. orfevres que se la couverture

de l’aguillier estoit d’or ou d’argent ou garni de perrerie, que c’est

orfavrerie et les font les orfevres et non pas les merciers......

5. _Item_ à ce que il demandent l’imposition de toute maniere de

brouderie, respondent les d. orfevres que une mittre et toute autre

chose où il auroit orfavrerie, pelles et pierres, que aus d. orfevres

appartient et non aus d. fermiers, car il pourroit avoir en une mitre

mil livres que d’or, d’argent, de pelles et de perrerie et la brouderie

ne cousteroit pas c. solz et par consequent des autres brouderies.

6. _Item_ à ce que il demandent l’imposition de toutes tassetes,

respondent les d. orfevres que là où il auroit or, argent, pelles et

pierres, soit sur cuir ou sur soie, que c’est orfavrerie et les font

les orfevres et non pas les merciers.

7. A ce que il demandent l’imposicion de toutes ceintures, respondent

les d. orfevres que de toutes ceintures sur soie ou sur cuir où il a

or, argent, pelles et perrerie que c’est orfavrerie.

8. A ce que il demandent l’imposicion de touz chapiaus sur bissete

et sur soie, respondent les d. orfevres que toute bisete où il a or,

argent, pelles ou pierres, est orfavrerie et le font les orfevres.....

9. A ce que il demandent l’imposition de toutes espingles, respondent

les d. orfevres que là où il seroient d’or et d’argent ou à pelles et

pierres, que c’est orfavrerie...

10..... de toute bouclerie, de touz coutiaus, de tous escrins, de

toutes escriptoueres et cornèz et mirouers, boutons d’or et d’argent,

de pelles et de perrerie, respondent les d. orfevres que là où il

auroit es choses dessusd. or et argent ou pelles ou perrerie, que c’est

orfavrerie.....

11..... de touz chapiaus à pelles d’or et d’argent et de toutes pelles

et perres en œuvre et hors œuvre, respondent les d. orfevres que c’est

orfavrerie.

12. Dient les d. orfevres que il sont en saisine... de si lonc temps

qu’il n’est memoire du contraire de prendre par toute la ville de Paris

soient chiés merciers, orfevres ou autres, toutes les œuvres, quelesque

elles soient, d’or ou d’argent assis sur soie ou ailleurs, et de garder

et examiner se le d. or ou argent est bon et, s’il est mauvais, de

toute l’euvre depecier et corrigier par les maistres et gardes dud.

mestier... et de ce ont il bonne lettre du Roi, par quoy il peut

clerement apparoir que c’est orfavrerie et non mie mercerie.

13. Que autre fois les d. fermiers ont gagié aucuns de l’orfavrerie

pour la d. imposition, li quelz se sont opposéz, les d. fermiers voians

qu’il n’avoient une bonne cause leur ont leurs d. gaiges rendus.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

L’autre raison, quar selon toute raison, chascune chose où il a

diverses œuvres doit estre denommée ou jugée de la plus noble, plus

grant, plus vaillant partie et doit le plus enporter le mains, or est

il ainsint que l’euvre d’argent, d’or, de perrerie, de pelles est plus

vaillant, plus noble, plus riche et plus precieuse sans conpareison que

l’euvre de mercerie sur quoy elle est assise. . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Le Roy tient en sa main et à son profit l’imposition du mestier

d’orfavrerie, et l’inposition de la mercerie est baillié à ferme... et

ainsi, se les fermiers avoient l’inposition des œuvres dessus d., le

Roy y seroit trop griefment bleciéz et dommagiés. . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Supposé, sans prejudice, que en teles œuvres vendues par les merciers

les d. fermiers deussent prenre l’imposition, toutesvoies pour teles

œuvres vendues par les orfevres qui lad. œuvre font, raison ne peut

souffrir que il en lievent imposition....

Si concluent les d. orfeivres et les maistres du mestier afin que

leurs gaiges qui pris ont esté par les fermiers de l’imposition de

la mercerie leur soient renduz... et que il soit esclarci que les

œuvres dessus especefiés ne sont ne ne doivent estre conprinses sous

l’inposition de la mercerie et, ou cas où la chose prendroit delay,

requierent que leurs gaiges leur soient rendus par recreance et pendant

le plait soit levée l’imposition des d. œuvres par la main du Roy...

(Arch. nat. K 1033-34.)

Études sur l'industrie et la classe industrielle à Paris au XIIIe et au XIVe siècle · 第 138 / 199 题