CHAPITRE VIII.

_Des autoclaves et de la manière de les gouverner._

La plus grande partie des manipulations qui s'opèrent dans ma fabrique,

particulièrement l'extraction de la gélatine et la fonte des suifs, ne

s'obtenant qu'au moyen de l'_autoclave_, j'ai pensé qu'il serait utile à

l'intelligence de mes procédés d'entrer dans quelques détails au sujet

de cet appareil. C'est là uniquement le motif qui me détermine à en

parler, et je prie d'avance mes lecteurs d'être bien convaincus que je

n'ai ni la prétention, ni les connaissances suffisantes pour traiter cet

article sous le point de vue scientifique. Simple praticien, je ne me

propose d'autre but que de consigner ici ce qu'une longue expérience m'a

appris touchant la manière de gouverner un appareil, jusqu'à présent

trop redouté, et avec lequel le temps et l'habitude m'ont, pour ainsi

dire, identifié.

Le digesteur de Papin, dont l'autoclave n'est qu'une modification, est

connu en Europe depuis plus d'un siècle; l'apparition de ce terrible

appareil causa, parmi les savans de l'époque, un étonnement mêlé

d'effroi. Tout en payant à l'auteur le juste tribut d'éloges dû à son

génie, on évita autant qu'on le put de faire l'application de sa

machine, tant on en redoutait les effets. Les expériences furent peu

nombreuses et dirigées par un sentiment de crainte qui en paralysa les

résultats, de telle sorte qu'une invention précieuse, qui, de nos jours,

devait prêter aux arts un si puissant appui, fut presque entièrement

délaissée dès son origine, et ne parut avoir fixé l'attention

universelle que pour un moment.

Quelques savans laborieux firent néanmoins de l'appareil de Papin

l'objet de leurs méditations; ils recherchèrent les moyens de le

modifier, et s'appliquèrent, autant qu'ils le purent, à prévenir les

accidens que son usage pouvait faire appréhender; mais toujours dominés

par la crainte, et reculant devant la terrible responsabilité qu'ils

craignaient d'assumer sur eux, ils n'osèrent en recommander l'emploi,

tout en reconnaissant les avantages qui en résulteraient pour nos

usines, et l'essor prodigieux qu'en recevraient plusieurs branches de

notre industrie.

Ce ne fut qu'après un long intervalle, et avec beaucoup d'hésitation,

qu'on se décida enfin à faire quelques timides essais de la machine de

Papin; mais ce fut avec de telles modifications qu'il n'en restait, on

peut le dire, que le principe, les appareils étant absolument différens

et ne présentant plus que d'imparfaits résultats. On se familiarisa

insensiblement avec ces nouveaux appareils; on reconnut la possibilité

de s'en servir sans danger en observant certaines précautions; on

augmenta progressivement leur puissance, et on arriva à les appliquer

avec succès à un grand nombre de machines.

Le digesteur de Papin ainsi défiguré et tout-à-fait détourné de son

usage primitif, était entièrement négligé[61], quand M. le docteur

Lemare, après plus d'un siècle, l'exhuma, pour ainsi dire, de l'oubli,

par l'invention de son autoclave, de toutes les modifications du

digesteur, celle qui conserve le plus de rapport avec lui, et dans la

forme et dans les résultats.

[61] L'usage primitif du digesteur de Papin était d'amollir les os, et

de faire en très-peu de temps la cuisson des viandes, de toute espèce

de légumes, de fruits, etc.

Malheureusement trop préoccupé de l'utilité de son autoclave et des

avantages infinis qu'on en devait attendre, M. le docteur Lemare ne

réfléchit pas assez aux nombreux accidens qui pouvaient résulter de son

application aux usages domestiques. En généralisant trop l'emploi de la

marmite, en confiant le soin de la diriger à des cuisinières aussi

négligentes que maladroites, et surtout en omettant de publier une

instruction précise sur la manière de la gouverner, il commit une fatale

imprudence qui eut bientôt les suites les plus déplorables.

Un accident affreux qui jeta la consternation dans Paris, la mort de

l'infortuné Naldi, en glaçant chacun d'effroi, réveilla toutes les

anciennes préventions contre le digesteur. Les personnes qui s'étaient

munies d'autoclaves se hâtèrent de s'en défaire, et l'utile invention de

M. Lemare fut frappée de l'anathème universel.

Cependant, si l'on peut accuser ce savant de quelque imprévoyance pour

avoir négligé de publier une instruction que recommandait la prudence,

il y aurait la plus grande injustice à considérer cet oubli comme la

cause du malheur arrivé à M. Naldi, dont la précipitation seule causa la

mort.

Quelque douloureux que soit pour nous le souvenir de cette effroyable

catastrophe, nous croyons devoir en rapporter les détails, afin d'en

prévenir le retour et de faire connaître en même temps les nouvelles

précautions auxquelles elle a fait recourir.

Les premiers autoclaves qui parurent n'excédaient pas la capacité de

quatre à douze litres, et étaient spécialement destinés au service

domestique; leur forme était celle qu'ils ont encore aujourd'hui,

seulement il existait dans la fermeture une imperfection que l'on a fait

disparaître. La barre horizontale, qui tient la vis d'appel servant à

fermer le couvercle de l'appareil, était simplement posée sur deux

montans ou oreilles en fer, placés de chaque côté de la marmite, et

entaillés de l'épaisseur de cette barre; de manière que dans le cas où,

par l'adhérence de la soupape, le couvercle aurait sauté, cette barre,

qui n'était aucunement retenue, devait sauter en même temps: c'est ce

qui arriva dans la malheureuse circonstance que nous retraçons. Si

dès-lors on eût, ainsi qu'on le devait, prévu la possibilité de cet

accident, et si l'on eût fixé la barre horizontale, ainsi qu'on le fait

à présent, et comme nous l'indiquerons plus bas, M. Naldi n'eût

probablement pas même été blessé.

Appréciant tout le mérite de la nouvelle découverte, il fut un des

premiers à se procurer un autoclave: il s'en servit long-temps avec

succès. Enthousiaste, comme tous les artistes, il préconisait partout

son appareil, et exhortait toutes ses connaissances à s'en munir. Des

amis auxquels il en avait particulièrement recommandé l'usage, lui

témoignèrent le désir d'en faire l'essai. M. Naldi accepta cette

proposition avec joie, s'engagea à faire transporter la marmite chez

eux, et à faire lui-même le _pot-au-feu_.

On se rassembla au jour convenu: la réunion était nombreuse, la gaieté

animait tous les convives, curieux de voir commencer une expérience dont

personne ne prévoyait l'affreux résultat.

M. Naldi avait annoncé que son pot-au-feu serait cuit en 30 ou 40

minutes; mais il n'avait pas considéré que la disposition du foyer

devait considérablement retarder son opération. Au lieu du fourneau

économique dont il se servait habituellement chez lui, il était obligé

d'employer le feu de la cheminée qui, n'échauffant la marmite que d'un

seul côté, ne pouvait la pousser aussi promptement à l'ébullition. Ce

contre-temps, qu'il eût dû prévoir, le contraria beaucoup, et il essaya

vainement de le surmonter en augmentant l'intensité du feu; l'appareil

mal chauffé résista à tous ses efforts. Quelques plaisanteries qui lui

furent adressées le piquèrent au point de lui faire oublier toute

prudence; et voulant absolument obtenir les résultats qu'il avait

annoncés, il chargea la soupape de tous ses poids pour accélérer

l'ébullition, et comme elle tardait encore à se manifester, par une

inconcevable témérité il appuya fortement dessus avec une pince. Le

calorique porté par ce surcroît de charge au plus haut degré

d'expansion, déchira l'appareil, dont le couvercle sauta avec une

horrible détonation, et fracassa la tête du trop imprudent Naldi.

Je n'avais pas été des moins empressés à me procurer un autoclave. Celui

que j'avais acheté était de la plus grande capacité (de 12 litres). Les

expériences auxquelles je l'employai réussirent si complètement, que je

me hâtai d'en commander un second de 300 litres, qui fut établi avec le

plus grand soin par l'ouvrier même de M. Lemare; c'était le premier

qu'il eût fabriqué d'une aussi grande dimension; et tel était l'effroi

que lui causait son propre ouvrage, qu'après l'avoir essayé à une

pression de 15 livres, il me recommanda avec les plus vives instances de

ne charger la soupape, pendant mes opérations, que de neuf livres de

poids.

Je fis immédiatement l'essai de ce nouvel appareil sur des os dont je

voulais extraire la gélatine, et je reconnus que la pression de 15

livres était insuffisante pour obtenir ce résultat. Je répétai plusieurs

épreuves en augmentant progressivement la charge de la soupape jusqu'au

poids de 22 livres, qui me donna le degré de pression nécessaire à

l'entière extraction de la gélatine.

J'aurais dû prudemment m'en tenir à ce résultat, mais je dois confesser

que je ne le fis pas: désirant purger radicalement les os de leur

gélatine, j'employai jusqu'à 27 livres de poids. Cette trop grande

surcharge fit contracter un degré d'amertume à la gélatine, ce qui me

détermina à m'arrêter au poids de 22 livres, et à ne plus l'excéder.

Dans ces entrefaites, et pendant que je me familiarisais, dans le secret

de mon laboratoire, avec mes nouveaux appareils, arriva le triste

événement que je viens de rapporter. Mes amis justement effrayés me

conjurèrent de renoncer à mes autoclaves; la terreur exagérait le danger

au point, que des personnes d'un mérite distingué, partageant l'effroi

général, allèrent même jusqu'à me dire que je pouvais avec mes

chaudières faire sauter ma maison et tout mon quartier.

Sans partager entièrement l'inquiétude commune, je sentis le besoin

d'obvier aux inconvéniens que présentait la fermeture de mes chaudières.

Je fis fixer solidement la barre horizontale au moyen de deux crampons

contrariés, qui furent substitués aux simples montans entaillés sur

lesquels elle reposait.

Entièrement tranquillisé par cette précaution, je m'appliquai à donner

la plus grande extension à mes opérations; dans ce dessein je fis

construire deux nouvelles marmites de la contenance chacune de 400

litres, et dont voici la description:

_Description d'un autoclave de la capacité de_ 400 _litres._ (Pl. 2,

_fig._ 3).

Cette marmite _a_ est fabriquée en cuivre rouge de deux lignes

d'épaisseur, d'un planage soigné, assez ductile pour ne pas laisser

appréhender de rupture ou de déchirement, et bien étamé. Sa profondeur

est de 29 pouces, sur un diamètre de 31 pouces pris à la carre dans

œuvre. Cette carre _d_ (_fig._ 3) est arrondie et garnie de deux

oreilles _ff_ en fer élevées de 5 pouces, placées parallèlement et

formant crochets contrariés. L'ouverture de la marmite est ovale, et

porte 18 pouces 1/2 sur 17 pouces. Son couvercle _g_ (_fig._ 4) a 20

pouces 1/2 sur 19 pouces; la portion de la circonférence de ce couvercle

excédant celle de l'ouverture, est garnie d'un limbe ou cercle en fort

carton _h_, de deux lignes d'épaisseur sur un pouce de large, servant à

clore exactement l'ouverture, et à empêcher la déperdition du calorique.

Le couvercle est armé d'une soupape de sûreté, consistant dans une

broche de cuivre _l_ (_fig._ 5) de 7 lignes 1/2 de diamètre, longue de 6

à 7 pouces, et destinée à recevoir les poids _m_. L'extrémité de cette

broche a la forme d'un cône renversé _n_, et sa partie inférieure a 7

lignes 1/2 de diamètre; c'est cette partie conique qui s'ajuste dans le

boisseau _k_ (_fig._ 4) pratiqué dans l'épaisseur du couvercle pour

donner passage à l'excédant de la vapeur. La base de ce cône est

terminée par une brochette en fer _o_, de la longueur de 3 pouces 1/2,

destinée à maintenir la soupape dans la ligne perpendiculaire; il existe

à cet effet, dans l'intérieur du couvercle, un petit crampon ou étrier

en fer percé d'un trou dans lequel est fixée cette brochette. La

solidité de la soupape est calculée pour supporter une pesanteur de 22

livres, dont on la charge progressivement dans l'opération, au moyen de

six poids en plomb _m_ percés à jour, que l'on enfile dans la broche

supérieure.

Le couvercle de l'autoclave est garni d'un autre appareil destiné à le

mouvoir et consistant dans une barre de fer _p_ (_fig._ 3) placée

horizontalement, et fortement retenue dans les deux crochets _ff_ dont

on a parlé. Cette barre sert à fixer la vis d'appel _r_ à l'aide de

laquelle se lève et se baisse le couvercle. Comme l'action de la vapeur

tend continuellement à le soulever, on a, pour résister à cette action,

donné plus de circonférence à ce couvercle qu'à l'ouverture qu'il est

destiné à fermer, et on lui a affecté la forme ovale qui permet de

l'enfoncer dans la marmite d'où on le fait remonter pour fermer, avec la

vis d'appel.

Ce couvercle, qui est très-lourd, ne peut se lever qu'au moyen d'une

corde _s_ (_fig._ 2) attachée à la vis, et d'une poulie _t_ fixée au

plafond[62].

[62] Je n'ai fait mention, dans la description du couvercle de mon

autoclave, ni de la double soupape de sûreté, ni des rondelles

fusibles qui doivent y être adaptées, par la raison que je n'en ai

jamais fait usage. La grande habitude que j'ai d'appareils que je

gouverne moi-même m'a dispensé de recourir à ces moyens de prudence

dont je reconnais néanmoins toute l'efficacité, et que je crois devoir

recommander comme essentiels.

L'appareil, ainsi établi, est monté sur un fourneau économique,

construit de manière que la flamme et la fumée qui tournent autour de la

chaudière ne montent pas à plus de 4 pouces de la hausse; le surplus de

la chaudière, moins 4 pouces qui s'élèvent au-dessus du niveau du

fourneau, doit être entièrement engagé dans la maçonnerie.

La prudence ne m'a pas permis de placer des robinets de vidanges à mes

chaudières; elles se vident à l'aide d'une pompe foulante et aspirante

en fer-blanc, Pl. 3, _fig._ 2.

_Manière de gouverner l'autoclave._

Les soins les plus importans et qui réclament toute la sollicitude du

manipulateur se bornent à deux points: bien gouverner le feu pendant

l'opération, et veiller attentivement à ce que la soupape _l_, Pl. 2,

_fig._ 5, ne contracte aucune adhérence avec le boisseau _k_, _fig._ 4.

L'autoclave chargé, n'importe de quelle substance, puisque toutes se

traitent de même, au degré de pression près, on place le feu dessous;

pendant qu'il s'allume on ferme le couvercle; on augmente alors le feu

que l'on pousse avec activité. Après environ trois quarts d'heure,

l'ébullition se manifeste par une légère vapeur que laisse échapper le

boisseau _k_, on y introduit aussitôt la soupape _l_, en observant que

la brochette inférieure _o_ entre bien dans le trou du crampon placé à

l'intérieur du couvercle. On tourne fréquemment la soupape _l_; au

moment où elle se soulève et laisse de nouveau s'échapper la vapeur on

la charge d'un premier poids _m_, et on augmente le feu; on continue à

tourner légèrement la soupape _l_; à mesure qu'elle se soulève on ajoute

un second poids _m_ et successivement jusqu'à un sixième qui est

ordinairement le dernier. A l'instant où on le place, il faut diminuer

le feu et toujours tourner la soupape jusqu'à ce que l'action de la

vapeur la soulève chargée de tous les poids; le feu doit être aussitôt

retiré de dessous l'appareil avec la plus grande célérité, et il ne

doit rester que très-peu de braise dans un des coins du fourneau. Si

après avoir bien fermé toutes les ouvertures du fourneau on voit encore

sortir de la vapeur par la soupape, on ajoute un septième poids _m_ aux

précédents[63].

[63] Outre ceux nécessaires à la charge entière de la soupape, ce

septième poids doit toujours être tenu en réserve pour s'en servir au

besoin.

L'opération ainsi terminée, il faut attendre pour découvrir l'appareil

que la chaleur soit diminuée de manière à pouvoir ôter les poids, ce qui

n'a lieu qu'au bout d'environ quatre heures.

On décharge la soupape _l_ de tous ses poids, que l'on retire les uns

après les autres et à mesure que la vapeur cesse de sortir par le

boisseau _k_; lorsqu'elle ne fait plus entendre aucun bruit, on enlève

la soupape _l_, que l'on essuie bien ainsi que le boisseau _k_, et l'on

découvre l'appareil de la manière suivante: on détourne la vis d'appel

_r_, _fig._ 3, et l'on fait descendre le couvercle de 2 à 3 pouces dans

l'intérieur de la chaudière; avec les deux mains on saisit les

extrémités de la barre horizontale _p_ que l'on dégage des deux crochets

_ff_ dans lesquels elle est fixée, on fait faire au couvercle un

demi-tour et on l'enlève au moyen de la poulie. Il faut avoir soin que

son extrémité, qui pendant cette manœuvre plonge dans la chaudière, ne

touche pas à la préparation qu'elle contient pour ne pas fatiguer le

limbe, ce qui arriverait s'il trempait dans le liquide. Après avoir

enlevé le couvercle, dont on essuie le dessous, on le place à côté de

l'autoclave, sur une planche destinée à le recevoir. Avec la pompe on

décharge la chaudière; on la nettoie, et on la recharge de nouveau si le

besoin l'exige.

On voit par ces détails combien la conduite de l'autoclave est facile et

quel peu de danger il présente, cet appareil n'exigeant pendant la durée

de l'opération que deux heures au plus d'une rigoureuse surveillance.

J'opère journellement avec trois autoclaves montés comme celui que je

viens de décrire, et les résultats que j'en obtiens ne demandent pas

plus de temps que si je n'en gouvernais qu'un seul, ce qui peut paraître

étonnant; mais j'ai reconnu par ma longue pratique qu'une personne

chargée de la direction de ces appareils, et ayant sous ses ordres le

nombre d'ouvriers nécessaire pour le service accessoire, peut,

rigoureusement, en conduire seule jusqu'à douze à la fois; pour cela il

lui suffit d'avoir beaucoup d'activité et de sang-froid, d'être bien

familiarisé avec les autoclaves, et de ne pas se laisser effrayer par le

bruit; car celui qui est occasionné par le dégagement de la vapeur est

quelquefois si fort, qu'il intimide les ouvriers les plus aguerris,

lorsqu'il devrait au contraire les rassurer, puisqu'il indique que la

soupape n'a contracté aucune adhérence.

Ce qu'on vient de lire est suffisant, je crois, pour l'intelligence de

toutes les indications que je donne relativement aux différentes

manipulations que je décris dans le cours de cet ouvrage. Sans doute

l'article serait très-incomplet, si je m'étais proposé de traiter mon

sujet sous le point de vue scientifique; mais je le répète, je n'ai

jamais eu une aussi haute prétention. Peut-être ce peu de lignes

servira-t-il plus à déraciner les vieux préjugés qui existent encore

contre l'autoclave, que ne l'aurait pu faire une dissertation plus

approfondie. C'est dans l'intérêt de l'industrie, et pour une classe

plus laborieuse que savante, que j'écris; j'ai dû me borner à mettre

sous ses yeux le résultat de mon expérience, dominé par la pensée qu'une

description simple, mais exacte, de mes appareils et de mes procédés,

serait plus utile à son instruction que tout le luxe des plus brillantes

théories.

Le livre de tous les ménages ou l'art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales · 第 125 / 161 题