J'ai préparé une autre livre de café que j'ai divisée dans quatre
bouteilles de demi-pinte; je les ai remplies, toujours à trois pouces de
la cordeline, avec le café que j'ai extrait de la deuxième expérience,
mêlé avec la décoction du marc qui en provenait; et les ayant soumises
au bain-marie jusqu'à deux bouillons, je les ai, comme les précédentes,
laissé refroidir et retirées pour les laisser reposer pendant dix jours;
et les ayant tirées au clair, dans trois bouteilles que j'ai bien
bouchées, etc., je leur ai donné un bouillon au bain-marie, etc. J'ai
gardé ainsi conditionnées ces trois bouteilles dans ma cave pendant sept
mois.
Cet extrait s'est trouvé parfaitement conservé et plein; deux à trois
cuillerées à café suffisaient, avec l'eau nécessaire, pour procurer la
meilleure tasse de café avec tout l'arome possible.
On voit par ces expériences, que si on les poussait plus loin, on
pourrait avoir un extrait tel, qu'une cuillerée à café serait suffisante
pour en faire une tasse, ce qui deviendrait extrêmement commode dans des
voyages de long cours[44].
[44] On doit faire usage de cet extrait sans le faire chauffer, ce qui
diminuerait sa qualité sans être d'ailleurs nécessaire, puisque l'eau
ou le lait auquel on l'ajoute, a le degré de chaleur qui lui convient
pour être pris.
J'ajouterai qu'une personne qui en fait usage m'a assuré qu'il y avait
un grand tiers d'économie, et que le café pris de cette manière prête
plus à l'insomnie que tout autre, ce qui prouve évidemment sa force,
qu'on pourra réduire en diminuant la quantité.