TRUFFES.

Après avoir bien lavé et brossé les truffes pour en ôter toute la terre,

j'en fais enlever légèrement la superficie avec le couteau. J'ai

l'attention d'en séparer les blanches, les musquées, les véreuses, ainsi

que celles attaquées de la gelée. Ensuite, selon le diamètre ou

l'ouverture de l'embouchure des vases, je les mets en bouteilles,

entières ou coupées par morceaux: les résidus sont mis en bouteilles à

part; le tout bien bouché, etc., je les mets au bain-marie, pour

recevoir une heure de bouillon, etc. (Il n'est pas besoin de recommander

que les truffes soient bien saines et des plus récentes.)

Les truffes ont l'inconvénient de fondre au bain-marie. Les vases sont

quelquefois à moitié vides après l'opération, surtout ceux qui en

contiennent de grosses. Afin d'obvier à cet inconvénient, j'ai pris le

parti de donner aux truffes un degré de cuisson avant de les renfermer

dans les bocaux ou boîtes. Voici la description de l'appareil (Pl. 4,

_fig._ 3) dont je me sers:

_a_, appareil en forme de manchon, de cuivre rouge, bien brasé et étamé

dans l'intérieur;

_b_, ouverture cylindrique à jour, de trois pouces de diamètre;

_c_, entrée, de trois pouces de diamètre, par laquelle on introduit les

truffes grosses et petites, parées et non parées, après les avoir bien

nettoyées et disposées comme nous l'avons dit plus haut.

Lorsque l'appareil est plus ou moins garni de truffes (car il n'est pas

nécessaire qu'il soit plein), je ferme bien exactement l'entrée avec le

couvercle _d_, et je lute avec du papier et de la colle ordinaire.

Le tout étant ainsi disposé, je porte l'appareil au bain-marie par les

anneaux _e e_, et je le place sur un faux-fond percé de trous. J'ai soin

qu'il ne baigne dans l'eau que jusqu'à sept ou huit pouces de hauteur,

et que le lut ne soit point mouillé. Je maintiens l'appareil debout dans

le bain-marie, en mettant dessus un poids suffisant.

Après avoir donné une heure de bouillon, je retire les truffes, que je

laisse refroidir. Je les place sur un tamis posé sur une terrine;

lorsqu'elles sont bien égouttées, je sépare les grosses d'avec les

petites et les parées d'avec les non parées, et je les mets dans les

vases disposés à l'avance. Le jus qui reste dans la terrine est

distribué dans les bouteilles et les boîtes, suivant la quantité de

truffes qui y sont renfermées. Après avoir bien bouché, fermé, etc., je

mets au bain-marie, pour donner une demi-heure de bouillon.

C'est ainsi que je suis parvenu à obtenir des vases pleins de truffes

entières, conservées avec tout leur parfum.

De quelque manière que les truffes soient préparées, pourvu qu'elles

soient bien fraîches, elles se conserveront parfaitement deux ans, trois

ans, et tant qu'on voudra.

Le livre de tous les ménages ou l'art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales · 第 74 / 161 题