OSEILLE.

Je fais cueillir oseille, belle-dame, laitue, poirée, cerfeuil, ciboule,

etc., en proportion convenable. Lorsque le tout est bien épluché, lavé,

égoutté, haché, je fais cuire le tout ensemble dans un vase de cuivre

bien étamé. Ces légumes doivent être bien cuits comme pour l'usage

journalier, et non pas desséchés, et souvent brûlés, comme cela se

pratique dans les ménages lorsqu'on veut les conserver. Ce degré de

cuisson est le plus convenable. Lorsque mes herbes sont ainsi préparées,

je les mets refroidir dans des vases de faïence ou de grès; ensuite je

les mets en boîtes ou en bouteilles d'embouchure un peu grande, je

bouche, etc., et je mets au bain-marie, pour donner à mon oseille un

quart d'heure de bouillon seulement. Ce temps suffit pour la conserver

dix ans intacte et aussi fraîche que si elle sortait du jardin. Cette

manière est sans contredit la meilleure et la plus économique pour les

ménages, les hospices civils et militaires. Elle est surtout la plus

avantageuse pour la marine; car on pourra rapporter, des grandes Indes,

l'oseille ainsi préparée, aussi fraîche et aussi savoureuse que cuite du

jour.

C'est bien à tort que dans les ménages et dans les administrations, l'on

attend jusqu'au mois d'octobre et plus tard encore, si le temps le

permet, pour conserver l'oseille. Alors ce légume a perdu de ses

précieuses qualités, et il ne lui reste plus qu'un acide âcre et peu

supportable, surtout après avoir subi une cuisson trop prolongée, qui ne

l'empêche pas de contracter, au bout de quelques mois, un goût de moisi.

Que de pertes n'éprouve-t-on pas par cette mauvaise méthode? C'est en

juin que l'on doit préparer et conserver l'oseille. A cette époque elle

est meilleure, et l'on se procure facilement toutes les herbes que l'on

doit ajouter pour la bonifier, et modifier son acide, avantage difficile

à obtenir en octobre.

Le livre de tous les ménages ou l'art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales · 第 49 / 161 题