FILET DE BOEUF, DE MOUTON, VOLAILLE ET PERDREAUX.

J'ai disposé tous ces objets comme pour l'usage journalier, mais cuits

seulement aux trois quarts, ainsi que des perdreaux rôtis. Lorsque tout

a été refroidi, j'ai mis ces objets séparément dans des bocaux de

grandeur suffisante; après avoir bien bouché, luté, ficelé et mis en

sacs, j'ai placé le tout au bain-marie pour donner une demi-heure de

bouillon, etc. Ces objets ont été expédiés pour Brest, où ils ont été

mis en mer pendant quatre mois et dix jours, avec des végétaux, du

consommé et du lait conservé, le tout bien emballé dans une caisse. A

l'ouverture qu'on en a faite, on a dégusté tous ces objets, au nombre de

dix-huit. Toutes ces substances ont été trouvées dans toute leur

fraîcheur, et pas un seul vase n'a éprouvé la moindre altération en mer.

(Voyez _le procès-verbal de Brest aux pièces justificatives_.)

A ces quatre expériences, je puis en ajouter deux autres que j'ai

faites, l'une sur une fricassée de poulets, et l'autre sur une matelotte

d'anguilles, de carpes et brochets, garnie de ris de veau, de

champignons, d'ognons, de beurre, d'anchois, le tout cuit au vin blanc.

La fricassée de poulets et la matelotte se sont parfaitement conservées.

Je préparai un hachis de blanc de volaille, de mouton, et viande fraîche

de porc, j'y joignis des champignons, des truffes, du lard fondu et

beurre frais, et après y avoir mis les assaisonnemens convenables, je le

fis cuire aux trois quarts; dès qu'il fut refroidi, je le mis en

bouteilles, etc., je lui donnai un quart d'heure de bouillon au

bain-marie.

Cette substance était aussi fraîche six mois après, que le jour de sa

préparation.

Le livre de tous les ménages ou l'art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales · 第 28 / 161 题