OBSERVATION.

J'ai vendu cette gelée à raison de 7 francs la bouteille, contenant

cinquante bouillons. Ainsi le bouillon n'est revenu qu'à 14 cent.; et si

l'opération qui n'a eu lieu que pour quinze bouteilles, eût été faite en

grand, et dans des vases de quatre ou six pintes de capacité, le

bouillon ne serait revenu qu'à 10 centimes, tout au plus, y compris 25

pour 100 de bénéfice pour le fabricant.

D'après cette expérience, que tout le monde peut répéter, il est facile

d'apprécier les avantages d'opérer d'après cette méthode, non seulement

en petit, mais en grand, particulièrement sur les points de la France où

les viandes et les volailles sont abondantes, et par conséquent à bon

compte.

De quelle importance ne deviendra pas cette méthode pour le Nord et les

colonies espagnoles, où les bœufs sont d'une telle abondance, qu'on ne

les tue que pour en avoir la peau, et où les restes sont enfouis dans la

terre.

On a tenté en vain de conserver les viandes en les faisant sécher au

soleil; les résultats n'ont produit que de la fibre privée de tout son

suc, et semblable à un morceau de bois. J'ai été invité à une

dégustation de ces viandes, qui s'est faite dans les bureaux de la

marine, il y a vingt ans environ. Ces viandes avaient été envoyées

d'Espagne au ministre; il fut préparé un pot-au-feu et un miroton; ni

l'un ni l'autre n'étaient supportables, comme on peut bien le penser.

_Riz au gras._

Après avoir nettoyé, lavé et fait crever le riz, je l'ai fait cuire à

moitié avec du bon bouillon; je l'ai mouillé ensuite avec de la gelée

préparée comme la précédente, et lorsqu'il a été bien cuit, réduit en

pâte assez liquide et assez refroidi pour pouvoir être mis en

bouteilles, je les ai bouchées, etc., et lui ai donné un quart-d'heure

d'ébullition au bain-marie.

Six mois après, ce riz a été trouvé tel qu'il était le jour où je

l'avais préparé.

Le riz au maigre se conserve également.

_Julienne._

J'ai composé une julienne de carottes, poireaux, navets, céleri,

oseille, haricots verts, petits pois, etc., que j'ai préparés par les

procédés d'usage, qui consistent à couper en petits morceaux, soit en

rond, soit en long, les carottes, navets, poireaux, haricots verts et

céleri. Après les avoir bien épluchés et lavés, j'ai mis ces légumes

dans une casserole sur le feu, avec un bon morceau de beurre frais; je

les ai laissé cuire ainsi à moitié, après quoi, j'ai ajouté l'oseille et

les petits pois: lorsque tout a été cuit et réduit, j'ai mouillé ces

légumes avec du bon consommé que j'avais préparé exprès avec de la bonne

viande et de la volaille. J'ai laissé bouillir le tout une demi-heure;

ensuite j'ai retiré du feu pour laisser refroidir; j'ai mis en

bouteilles, bouché, etc., pour donner à ma julienne une demi-heure de

bouillon au bain-marie.

La julienne au maigre se compose de même, excepté qu'au lieu de

consommé, je mouille mes légumes, lorsqu'ils sont bien cuits, avec une

purée claire, soit de haricots blancs, soit de lentilles ou gros pois

verts, que j'ai conservés, et je lui donne également une demi-heure de

bouillon au bain-marie.

_Coulis de racines._

J'ai composé et préparé un coulis de racines par les procédés

ordinaires; il a été foncé de manière qu'une bouteille de pinte pût

faire un potage pour douze personnes, en y ajoutant deux pintes d'eau

avant de le faire chauffer pour en faire usage.

Lorsqu'il a été refroidi, je l'ai mis en bouteilles, pour lui donner une

demi-heure de bouillon au bain-marie.

Le livre de tous les ménages ou l'art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales · 第 25 / 161 题