VOLAILLE.

_Poulets._

Il y en a de quatre sortes: 1º. le poulet commun, qui s’emploie

généralement en fricassée, et dont on lève les chairs pour faire des

farces de diverses sortes.

2º. Le poulet demi-gras, dont on se sert pour les marinades à cru, les

karis et différentes entrées qui n’exigent pas de très-gros poulets.

3º. Le poulet à la reine, qui est le plus délicat, et qui sert aussi

pour entrée et pour rôt.

4º. Le gros poulet gras, dont on fait plus communément usage pour la

broche que pour toute autre chose.

C’est vers la fin d’avril que l’on commence à avoir les poulets

nouveaux; on les reconnaît facilement à la blancheur de leur peau;

ils sont ordinairement couverts de petits tuyaux, comme s’ils étaient

mal épluchés; leurs pattes sont plus unies que celles des vieux, plus

douces au toucher, et d’un bleu tirant sur l’ardoise. Les vieilles

poules et les vieux coqs ne sont bons qu’à corser les bouillons ou les

consommés; les chairs en sont dures et sèches, et d’un mauvais manger.

Après les poulets viennent les poulardes et les chapons.

_Fricassée de Poulets._

Ayez deux poulets, flambez-les; refaites les pattes, épluchez-les,

coupez les ongles; videz ces poulets et ôtez-en la poche (soit dit une

fois pour toutes); dépecez-les, en commençant par lever les cuisses;

séparez les pattes des cuisses; cassez l’os de la cuisse, à-peu-près

vers le milieu; supprimez la moitié de cet os; coupez le petit bout du

moignon; séparez les ailerons des ailes; coupez-en la pointe, ce qu’on

appelle le fouet; levez vos ailes dans la jointure; ménagez l’estomac,

séparez-le des reins; parez-le des deux bouts et des deux côtés;

coupez le rein en deux; parez le croupion, coupez-en la petite pointe;

supprimez le boyau adhérent au croupion; parez ce rein et ôtez-en les

poumons; mettez dans une casserole une chopine d’eau, un oignon coupé

en tranches, quatre branches de persil, un peu de sel, et vos morceaux

de poulets; faites-les blanchir, c’est-à-dire, faites jeter un bouillon

à cette eau; retirez-les, égouttez-les sur un linge blanc; parez-les,

essuyez-les; passez votre eau à travers un tamis de soie; mettez dans

une casserole un quarteron et demi de beurre; joignez-y vos poulets,

faites-les revenir légérement; singez-les avec une pincée de farine

de froment; sautez-les pour bien mêler votre farine; mouillez-les peu

à peu, en les délayant avec votre eau de poulet; ajoutez-y un bouquet

de persil et ciboules, garni d’une demi-feuille de laurier, d’un clou

de girofle et de champignons tournés (voyez l’article GARNITURES);

faites cuire votre fricassée, dégraissez-la: sa cuisson faite, si la

sauce se trouve être trop longue, versez-en une partie ou le tout dans

une autre casserole, et faites-la réduire à consistance de sauce;

remettez-la sur vos membres de poulets; faites une liaison de trois

jaunes d’œufs, avec un peu de crême ou de lait; faites bouillir votre

fricassée; retirez-la du feu, liez-la; remettez-la sur le feu, sans

la faire bouillir, pour achever de la lier; sachez si elle est d’un

bon goût; finissez-la avec un demi-pain de beurre, un jus de citron ou

un filet de verjus; dressez-la, en commençant par mettre les pattes

au fond du plat, les reins dessus, ainsi que les estomacs; et rangez

par-dessus, en les entremêlant, les cuisses et les ailes; saucez et

servez.

Vous pouvez faire la fricassée de poulets à chaud et à froid, de la

même manière qu’il est énoncé à l’article _Salmi de Perdreaux chaud ou

froid_, lorsque vous aurez lié votre fricassée de poulets, qu’elle sera

un peu froide, ajoutez de la gelée à la sauce; faites-la prendre de la

même manière qu’il est expliqué pour les perdreaux: n’employez point

de croûtons.

_Fricassée de Poulets à la Chevalière._

Préparez deux beaux poulets gras, et faites-les cuire de la même

manière qu’il a été expliqué, excepté qu’il faut mettre de côté les

ailes, que vous piquez avec du menu lard; supprimez la peau; ôtez la

chair du bout de l’os, et grattez-le; si c’est la saison, vous piquerez

deux de ces ailes avec des truffes; faites fondre du beurre dans une

tourtière; arrangez-y vos quatre ailes, saupoudrez-les d’un peu de sel

fin, couvrez-les d’un papier beurré; mettez-les cuire dans un four ou

sous un four de campagne; votre fricassée étant finie, comme il est dit

à la précédente, dressez-la, saucez-la, décorez-la de ces quatre ailes,

mises en croix, que vous aurez glacées, avec lesquelles vous mêlerez

quatre belles écrevisses; vous mettrez une grosse truffe au-dessus,

comme pour couronner votre entrée et vous servirez.

_Kari._

Dépecez deux poulets, comme il est indiqué à l’article _Fricassée

de Poulets_; mettez dans une casserole un quarteron de beurre, une

même quantité de petit lard et les membres de vos poulets; passez

le tout; singez-le avec une cuiller à bouché, pleine de farine de

froment; sautez ce kari, mouillez-le peu à peu avec du bouillon;

assaisonnez-le d’un bouquet de persil et ciboules, d’une poignée de

champignons, de sel et d’une cuillerée à café de poudre de kari (voyez

l’article _Poudre de Kari_); laissez cuire votre kari; sa cuisson

faite, dressez-le dans un vase creux; servez-le avec du riz, que vous

préparerez ainsi:

Faites blanchir et crever votre riz avec un peu de sel et presque sans

mouillement; beurrez un vase et remplissez-le de ce riz qui doit être

bien entier, de façon à en former un pain; tenez-le chaudement sur

une cendre rouge; à l’instant de servir, retournez-le sur un plat; si

la poudre de kari n’avait pas donné assez de couleur à votre ragoût,

faites infuser dans un peu d’eau une pincée de safran du Gâtinais;

exprimez-le sur votre kari, mêlez-le bien; goûtez s’il est d’un bon

goût, s’il est assez pimenté. Vous pouvez faire, si vous le voulez,

procédant de la manière énoncée, un kari de lapereaux, de veau, de

pigeons, etc.

_Poulets en Entrée de Broche._

Ayez deux poulets gras, bien blancs, d’égale grosseur et sans taches:

après en avoir plumé les ailerons, flambez-les légérement; prenez garde

d’en roidir la peau: épluchez-les, rompez-leur le brichet, videz-les

par la poche; ayez soin d’en extraire tous les intestins; servez-vous,

pour cela, du crochet d’une cuiller à dégraisser, et prenez garde de

crever l’amer; mettez dans une casserole environ trois quarterons de

beurre, un peu de sel, un jus de citron et un peu de muscade râpée:

mêlez le tout à froid avec une cuiller de bois; remplissez-en vos

poulets également; retroussez-les en poulets d’entrée, c’est-à-dire,

les pattes en dehors; passez-leur une ficelle dans les ailes, et

qui fixe la peau de la poche le long du rein; pelez jusqu’au vif un

citron, coupez-le en deux, frottez-en l’estomac de vos poulets et

le dessus, afin qu’ils soient très-blancs; exprimez le jus de votre

citron; foncez une casserole de bardes de lard; posez-y vos poulets;

joignez-y une carotte, un oignon piqué de deux clous de girofle, un

bouquet de persil et ciboules, une demi-feuille de laurier, la moitié

d’une gousse d’ail, une lame de jambon, et quelques petits morceaux

de veau: levez la peau d’un citron, coupez-le en tranches, ôtez-en

les pepins, et mettez ces tranches sur l’estomac de vos poulets;

couvrez-les de bardes de lard; mouillez-les avec une cuiller à pot

de bouillon ou d’une poêle, et, faute de cette dernière, mettez

avec le bouillon un demi-verre de vin blanc; couvrez-les d’un rond

de papier et d’un couvercle; faites-les partir; posez-les sur une

paillasse, avec feu modéré dessus et dessous: leur cuisson achevée,

égouttez-les, débridez-les, faites-en sortir le beurre; dressez-les et

servez dessous, soit une sauce aux truffes, une espagnole très-corsée,

une sauce tomate, une sauce à l’estragon, un aspic, un ragoût de

champignons ou un ragoût mêlé, etc.

_Poulets à l’Ivoire._

Préparez et poêlez deux poulets, comme il est dit ci-dessus, excepté

qu’il en faut supprimer les pattes; coupez les bouts des moignons;

grattez-en les os: leur cuisson faite, égouttez-les, dressez-les et

saucez-les avec une sauce à l’ivoire. (Voyez cet article.)

_Poulets, Sauce aux Huîtres._

Préparez deux poulets comme ceux en entrée de broche; faites-les cuire

de même, égouttez-les et dressez-les; prenez six douzaines d’huîtres,

ôtez-les de leurs coquilles, mettez-les dans une casserole, sans autre

mouillement que leur eau; faites-les roidir; mettez dans une casserole

quatre cuillerées à dégraisser de velouté réduit; égouttez vos huîtres

et jetez-les dans ce velouté; faites-leur jeter un bouillon; ajoutez-y

une pincée de persil haché et blanchi, un pain de beurre et une pincée

de gros poivre: au moment de servir, exprimez dans cette sauce le jus

d’un citron; sachez si elle est d’un bon goût, versez-la dessus vos

poulets, et servez.

_Poulets, Sauce aux Truffes._

Ayez deux poulets, préparez-les comme ci-dessus, et poêlez-les de même:

leur cuisson achevée, égouttez-les, dressez-les, et mettez dessus une

sauce aux truffes. (Voyez cet article.)

_Poulets à la Sauce Tomate._

Préparez deux poulets de la même manière que ci-dessus, et poêlez-les:

leur cuisson faite, après les avoir égouttés, dressez-les et servez-les

avec une sauce tomate. (Voyez cet article.)

_Poulets à l’Estragon._

Préparez deux poulets, comme il est indiqué ci-dessus; poêlez-les de

même, et leur cuisson faite, égouttez-les, dressez-les, et saucez-les

avec une sauce à l’estragon. (Voyez cet article.)

_Poulets bouillis à l’Anglaise._

Flambez et troussez deux poulets, comme ceux d’entrées de broche:

mettez de l’eau dans une casserole assez grande, pour qu’ils y soient

à l’aise; faites-la bouillir; ajoutez-y une pincée de sel; mettez-y vos

poulets; faites qu’ils bouillent toujours, sans aller trop vite: leur

cuisson achevée, égouttez-les, dressez-les, saucez, et masquez-les avec

une sauce à l’anglaise. (Voyez cet article.)

_Poulets en Lézard._

Videz et flambez deux beaux poulets; supprimez-en les pattes ainsi que

les ailerons, et conservez-en la peau jusqu’à la tête; ouvrez-les par

le dos, jusqu’au croupion; désossez-les entièrement, étendez-les sur

un linge blanc, garnissez-les en dedans d’une farce cuite de volaille,

coulez-les, et donnez-leur la forme d’un lézard, en procédant ainsi:

de la peau du cou farcie formez-en la queue du lézard, des cuisses

faites-en les jambes de derrière, et des deux bouts des ailes les

jambes de devant; de l’estomac le dos, et pour en faire la tête,

prenez une truffe, à laquelle vous donnerez la forme de celle du

lézard: si vous n’avez pas de truffe, servez-vous d’un navet, que vous

introduirez dans le corps de cette espèce de lézard; relâchez un peu

de farce cuite, avec un peu de velouté; étendez-en une légère couche

sur le dos de vos lézards; décorez-les de diverses couleurs avec des

petites omelettes, coloriées de blanc, de vert, de rouge et de jaune;

enfin imitez en tout la richesse de la peau du lézard (voyez l’article

_Petites Omelettes_): cela fait, foncez une casserole ovale de bardes

de lard; posez-y vos lézards; ayez soin qu’ils conservent leur forme;

poêlez-les comme les poulets en entrée de broche; couvrez-les d’un fort

papier et d’un couvercle; faites-les partir; mettez-les cuire avec

peu de feu dessus, pour ne pas altérer leur décoration: la cuisson

faite, égouttez-les, dressez-les, et servez dessous une ravigote ou une

hollandaise verte. (Voyez l’article SAUCES.)

_Poulets aux Pois._

Prenez une demi-livre de lard de poitrine; coupez-le en gros dés;

supprimez-en la couenne, faites-le blanchir, égouttez-le; mettez

dans une casserole un quarteron de beurre; faites un petit roux

(voyez l’article _Roux_); passez-y votre lard, et faites-le roussir

légérement: lorsqu’il sera d’un beau blond, joignez-y deux jeunes

poulets dépecés, comme pour la fricassée; mouillez-les avec une cuiller

à pot de bouillon; délayez bien le tout, que vous assaisonnerez d’un

bouquet de persil et ciboules, et où vous aurez mis une demi-feuille

de laurier et un clou de girofle; faites bouillir votre fricassée;

mettez-y un litron de pois très-fins; faites aller à grand feu, sans

la couvrir; dégraissez-la: sa cuisson faite, dressez vos membres de

poulets, faites-en réduire la sauce, si elle est trop longue; goûtez si

elle est d’un bon goût, masquez-en ces membres, et servez.

_Autre Façon de fricasser des Poulets aux Pois et au Blanc._

Ayez deux jeunes poulets, flambez-les, dépecez-les, comme pour la

fricassée; mettez un morceau de beurre dans une casserole; jetez-y vos

poulets avec un bouquet de persil et ciboules; assaisonnez d’un peu de

sel fin et de deux moyens oignons; sautez le tout; faites revenir vos

poulets, couvrez-les et laissez-les cuire doucement, avec feu dessus

et dessous; à moitié de leur cuisson, mettez-y un litron de pois fins,

que vous aurez manié dans de l’eau et du beurre, gros comme une noix;

égouttez-les dans une passoire; laissez suer et cuire le tout, en le

sautant de temps en temps: la cuisson achevée, ôtez les oignons et le

bouquet; liez votre fricassée avec une cuillerée à dégraisser pleine de

bon velouté réduit: si vous n’avez pas de velouté, maniez un pain de

beurre avec un peu de farine de froment, et servez-vous-en pour opérer

cette liaison: dressez votre fricassée comme la précédente, et servez.

_Poulets au Beurre d’Écrevisses._

Préparez et faites cuire ces poulets, comme il est indiqué aux poulets

en entrée de broche (voyez cet article); égouttez-les; mettez dans

une casserole quatre cuillerées à dégraisser de velouté réduit et

du beurre d’écrevisses gros comme un œuf (voyez l’article _Beurre

d’Écrevisses_); passez le tout, travaillez bien votre sauce, mettez-la

dans le fond de votre plat, et dressez vos poulets dessus.

_Poulets à la Broche pour Rôt._

Ayez deux beaux poulets gras, ou trois petits à la reine; préparez-les

comme la poularde (voyez cet article); piquez-en un des deux,

s’ils sont gras, et un ou deux, s’ils sont à la reine; bardez-les,

embrochez-les, enveloppez-les de papier et faites-les cuire: aux trois

quarts de leur cuisson, déballez-les pour achever de les cuire et

faire sécher le lard: laissez-les prendre une belle couleur dorée; si

vous avez de la glace, mettez-en légérement avec un pinceau sur le

lard de vos poulets, dressez-les sur un lit de cresson, assaisonné

convenablement d’un peu de sel et de vinaigre, et servez.

_Poulets à la Hollandaise._

Apprêtez et faites cuire deux poulets, comme pour entrée de broche

(voyez l’article _Poulets en Entrée de Broche_); égouttez-les; mettez

dans une casserole quatre cuillerées à dégraisser pleines de velouté

réduit, de la glace gros comme le pouce, ou de la réduction de veau,

du vert d’épinards gros comme une noix; sautez et vannez votre sauce:

au moment de servir, exprimez le jus d’un citron, en supprimant les

pepins: mettez-la dans le fond de votre plat; dressez dessus vos

poulets; faites en sorte qu’ils soient très-blancs, et servez.

_Poulets à la Tartare._

Nettoyez et préparez deux poulets; troussez-les en poule, c’est-à-dire,

les pattes en dedans; fendez-en les reins et aplatissez-les; cassez les

os des cuisses; mettez un morceau de beurre dans une casserole, avec

sel et gros poivre; faites-y revenir et cuire ensuite vos poulets, avec

feu dessous et dessus: un quart d’heure avant de servir, passez-les,

mettez-les sur le gril à un feu doux; ayez soin de les retourner deux

ou trois fois, pour qu’ils prennent une belle couleur, et servez

dessous une sauce à la Tartare. (Voyez cette sauce.)

_Poulets, Sauce au Pauvre Homme, et diverses autres._

Préparez vos poulets comme il est dit ci-dessus; supprimez-en les cous

et les pattes, fendez-en les dos et aplatissez-les; faites-les cuire à

moitié dans le beurre, avec sel et poivre; achevez, sans les passer,

leur cuisson sur le gril, et servez dessous une sauce au pauvre homme,

à l’estragon ou tomate, ou toute autre que vous voudrez. (Voyez ces

Sauces.)

_Poulets à la Périgueux._

Choisissez deux beaux poulets gras, bien blancs: après les avoir

épluchés et vidés par la poche (voyez l’article _Poulets en Entrée de

Broche_) (vous aurez brossé et lavé deux livres de truffes, desquelles

vous supprimerez la peau des grosses; vous en ferez des petites aussi

égales que possible); mettez une livre de lard râpé dans une casserole;

ajoutez-y vos truffes et leurs parures, que vous aurez hachées;

assaisonnez-les de sel, gros poivre, une pincée d’épices fines, un peu

de muscade râpée et une feuille de laurier, que vous ôterez à la fin;

faites-les mijoter sur un feu doux l’espace d’une demi-heure, en les

remuant avec soin; retirez-les du feu; laissez-les refroidir; mettez

vos poulets sur un linge blanc; remplissez-les également, par la poche,

de votre appareil de truffes; retroussez-les en poulets d’entrée;

embrochez-les avec un hatelet; couvrez-les de bardes de lard, de deux

ou trois feuilles de papier; posez-les sur une broche, faites-les

cuire environ cinq quarts d’heure; leur cuisson faite, déballez-les,

égouttez-les, dressez-les, et servez dessus une sauce à la Périgueux.

(Voyez cette sauce.)

_Poulet à la Mayonnaise._

Prenez un poulet cuit à la broche; procédez, à l’égard de cette

mayonnaise, comme pour les perdreaux. (Voyez l’article _Perdreaux à la

Mayonnaise_.)

_Salade de Poulets._

Prenez deux poulets rôtis et froids, ou de desserte; coupez-les,

dépecez-les par membres, comme pour la mayonnaise; mettez-les dans un

vase de terre; assaisonnez-les de même qu’une salade; ajoutez-y câpres

entières, anchois et cornichons coupés en filets, de la fourniture

hachée; sautez le tout, dressez-le sur le plat, comme une fricassée de

poulets, sans y comprendre les anchois, les cornichons et les câpres;

garnissez le bord du plat de laitues fraîches, coupées par quartiers,

et d’œufs durs, coupés de même; décorez votre salade des filets

d’anchois et des câpres; saucez-la avec son assaisonnement, et servez.

_Poulets à la Crême._

Ayez deux poulets froids, cuits à la broche; levez-en les estomacs

jusqu’aux cuisses, os et chairs; supprimez-en les poumons; faites une

farce avec les chairs des estomacs, en procédant ainsi: levez ces

chairs ou blancs de poulets; après en avoir ôté les peaux, hachez-les

très-menu, et pilez-les ensuite; parez et pilez également une tetine

de veau, cuite dans la grande marmite: si vous n’aviez pas de tetine,

employez du lard râpé ou du beurre; prenez la mie d’un pain à potage;

faites-la tremper et dessécher dans de la crême double; mettez par

portions égales ces trois substances; pilez le tout ensemble; ajoutez-y

cinq jaunes d’œufs, un peu de muscade râpée, et du sel ce qu’il en

faut: essayez votre farce, goûtez si elle est d’un bon goût, ôtez votre

pilon; incorporez légérement, au fur et à mesure, et en la remuant

avec une cuiller de bois, trois blancs d’œufs fouettés; mettez-y deux

échalotes hachées très-fin, lavées et passées dans un linge blanc,

et, si vous le voulez, un peu de persil haché; mêlez bien le tout;

retirez-le du mortier; mettez deux bardes de lard sur une tourtière;

remplissez vos poulets de cette farce; unissez-la avec votre couteau

trempé dans une omelette; donnez à cette farce la forme de l’estomac

de vos poulets; dorez-la, et faites dessus le dessin qui vous plaira;

entourez ces poulets de papier beurré, assez haut pour contenir la

farce; fixez-le autour avec une ficelle; posez vos poulets sur votre

tourtière; trois quarts d’heure avant de servir, mettez-les dans le

four, faites-leur prendre une belle couleur: leur cuisson faite,

dressez-les et servez dessous une italienne blanche, ou une sauce au

suprême ou une à l’ivoire. (Voyez l’article SAUCES.)

_Poulets en Friteau._

Dépecez deux poulets, comme pour en faire une fricassée; mettez-les

dans un vase de terre, avec des tranches d’oignons, persil en branche,

sel, gros poivre et le jus de deux ou trois citrons; laissez-les

mariner une heure; égouttez-les; mettez-les dans un linge, avec une

poignée de farine; sassez-les et posez-les sur un couvercle; vous aurez

mis votre friture sur le feu; lorsqu’elle sera à son degré, mettez-y

d’abord les cuisses de vos poulets, peu après les estomacs, ensuite les

ailes, les reins, ainsi de suite pour le reste: votre friture cuite et

d’une belle couleur, égouttez-la, et, après l’avoir dressée, servez-la,

si vous le voulez, avec six œufs frais frits; arrangez dessus, et

servez avec une sauce poivrade. (Voyez l’article _Sauce Poivrade_.)

_Marinade de Poulets._

Dépecez deux poulets cuits à la broche; faites-les mariner une

demi-heure avant de les servir (voyez l’article _Marinade cuite_);

égouttez-les; trempez leurs membres dans une pâte à frire, légère,

c’est-à-dire, dans laquelle vous aurez mis des blancs d’œufs fouettés;

faites frire votre marinade, en procédant comme ci-dessus; quand elle

sera cuite et d’une belle couleur, égouttez-la sur un linge blanc;

dressez-la, et servez-la avec du persil frit que vous mettrez dessous,

ou seulement avec une pincée dessus.

_Rissoles de Volaille._

Prenez des rognures de feuilletage (voyez _Feuilletage_, article

PATISSERIE); abaissez-les en long, de l’épaisseur d’une pièce de

quarante sous, et plus mince, s’il est possible; mouillez le bord de

votre abaisse avec un doroir trempé dans de l’eau; couchez de la farce

cuite de volaille, par parties et d’espace en espace, de la grosseur

d’un grain de verjus; repliez cette abaisse sur ces parcelles de farce;

donnez-leur la forme de petits chaussons: à cet effet, coupez-les

en demi-lune, avec un coupe-pâte goudronné, ou avec votre couteau;

ayez soin que la jointure de vos pâtes soit bien soudée; farinez un

couvercle; arrangez vos rissoles dessus; quand vous serez sur le point

de servir, faites-les frire, qu’elles prennent une belle couleur;

dressez-les et servez.

_Poulet en Capilotade._

Dépecez un poulet cuit à la broche; mettez dans une casserole trois

cuillerées à dégraisser pleines d’italienne; à défaut de laquelle vous

employerez de la sauce hachée, et, à défaut de cette dernière, une

sauce au pauvre homme (voyez article SAUCES): faites mijoter votre

poulet dans une de ces sauces; un quart d’heure avant de servir,

dressez-le; ajoutez à votre sauce quelques cornichons coupés en liards

ou en filets; saucez et servez.

_Poulets à la Saint-Cloud._

Préparez deux poulets comme ceux pour entrée de broche; prenez deux

ou trois truffes bien noires, formez-en des petits clous; décorez-en

vos poulets, ce qui consiste seulement à mettre chacun de ces clous

dans les trous que vous faites, à l’estomac de vos poulets, avec une

petite lardoire; il faut que ces trous soient également espacés; foncez

une casserole de bardes de lard; mettez-y un oignon piqué d’un clou

de girofle, une carotte tournée, un bouquet de persil et ciboules;

saupoudrez l’estomac de vos poulets de sel fin; exprimez aussi dessus

un jus de citron; couvrez-les de bardes de lard et d’un rond de

papier; mouillez-les avec une poêle, ou employez un verre de consommé

ou de bouillon; joignez-y un verre de vin blanc, une demi-feuille de

laurier et une lame de jambon; trois quarts d’heure avant de servir

vos poulets, faites-les partir; posez-les sur la paillasse, avec feu

dessus et dessous: leur cuisson achevée, égouttez-les, dressez-les,

et servez dessous une sauce aux truffes (voyez l’article _Sauce

aux Truffes à la Saint-Cloud ou en petit Deuil_). Si vous n’avez

point de velouté, passez-le fond de vos poulets; mettez-y un pain de

beurre, manié dans une demi-cuillerée de farine; faites bouillir votre

sauce; dégraissez-la, et l’ayant fait réduire, passez-la à l’étamine;

ajoutez-y vos petits dés de truffes (dont il sera question à la Sauce

en petit Deuil) passés dans du beurre, et finissez avec un demi-pain de

beurre.

_Poulets à la Ravigote._

Préparez deux poulets, comme pour entrée de broche; leur cuisson faite,

égouttez-les et servez dessous une sauce à la ravigote (voyez l’article

_Sauce Ravigote_).

_Poulets à la Paysanne ou à la Démidoff._

Ayez deux poulets; dépecez-les comme pour une fricassée; mettez dans

une casserole du beurre gros comme un œuf, quatre cuillerées à bouche

d’huile d’olive; passez votre casserole sur un fourneau ardent; faites

revenir vos membres de poulets; qu’ils prennent une belle couleur;

assaisonnez-les de sel et gros poivre; lorsqu’ils seront à moitié

cuits, joignez-y deux carottes coupées en liards, quatre oignons

coupés en anneaux et une pincée de persil en branche; passez le tout

ensemble; quand les racines seront colorées, mouillez votre paysanne

avec six cuillerées à dégraisser pleines d’espagnole; remuez-la,

couvrez votre fourneau avec de la cendre, et faites doucement mijoter

dessus, environ un quart d’heure, votre paysanne; ayez soin qu’elle ne

s’attache pas; dressez-la et servez.

_Poulets à la Reine, sauce à la Pluche._

Préparez et poêlez trois de ces poulets: leur cuisson faite, égouttez,

dressez, marquez-les avec une sauce à la pluche verte, et servez.

(Voyez l’article _Sauce à la Pluche verte_.)

_Poulets à la Provençale._

Prenez deux poulets que vous couperez comme pour une fricassée; ayez

une douzaine d’oignons blancs; coupez-les en demi-anneaux, avec un

peu de persil; mettez vos oignons dans une casserole ou sauteuse,

dans laquelle vous ferez un lit de vos oignons et un des membres de

votre volaille, et recouvrez le tout avec un autre lit d’oignons et

de persil; ajoutez un verre d’huile, une ou deux feuilles de laurier

et du sel en suffisante quantité; mettez-les au feu, et, lorsqu’ils

seront partis, vous les laisserez aller doucement: leur cuisson faite,

glacez-les; dressez-les, en mettant vos oignons au milieu et un peu

d’espagnole pour les saucer; ensuite servez.

_Chapon au Gros Sel._

Ayez un chapon; après l’avoir vidé, flambé et épluché, troussez-lui

les pattes en dedans; bridez-le, bardez-le et mettez-le cuire dans la

marmite, dans le consommé, ou dans une casserole, avec du bouillon;

vous vous assurerez de sa cuisson, si, en lui pinçant l’aileron avec

les doigts, il ne résiste pas; égouttez-le; dressez-le, et mettez-lui

sur l’estomac une pincée de gros sel, et saucez-le avec un jus de bœuf

réduit.

_Chapon au Riz._

Préparez votre chapon comme le précédent; faites blanchir environ trois

quarterons de riz; égouttez-le, mettez-le dans une marmite qui puisse

aussi contenir votre chapon, que vous posez du côté de l’estomac;

mouillez le tout avec deux bonnes cuillerées à pot de consommé ou de

bouillon; faites partir votre marmite; couvrez-la; mettez-la mijoter

sur la paillasse; ayez soin de remuer de temps en temps votre riz;

sondez votre chapon, pour vous assurer s’il est cuit: sa cuisson

faite, dressez-le; dégraissez votre riz; finissez-le avec un morceau

de beurre, en y mettant sel, gros poivre, un peu de réduction, si vous

en avez, et masquez-en votre chapon: si votre riz était trop épais,

relâchez-le avec un peu de bon bouillon.

_Chapon aux Truffes._

Préparez ce chapon comme le précédent; videz-le par la poche;

servez-vous à cet effet du crochet d’une cuiller à dégraisser: prenez

garde de crever l’amer du foie.

Vous aurez brossé et épluché environ deux livres de bonnes truffes;

hachez-en quelques-unes des plus défectueuses; coupez par dés, et

pilez environ une livre de lard gras; mettez-le dans une casserole,

avec vos truffes, du sel, du poivre, un peu de muscade râpée et des

fines épices; faites mijoter le tout à un feu très-doux, environ une

demi-heure; laissez-le refroidir; remplissez-en votre chapon jusqu’à la

poche, et cousez-la; bridez-le, les pattes en long; conservez-le, si

vous pouvez l’attendre, deux ou trois jours; bardez-le, embrochez-le,

après l’avoir enveloppé de papier; faites-le cuire à-peu-près une heure

et demie; déballez-le: si vous l’employez pour relevé, supprimez la

barde; servez-le à la peau de goret, et mettez dessous une sauce aux

truffes. (Voyez l’article _Sauce aux Truffes_.)

_Poularde en Entrée de Broche._

Plumez les ailerons et la queue de cette pièce; flambez-la,

refaites-lui les pattes; prenez garde d’en rider la peau; épluchez-la,

supprimez-en le brichet; videz-la par la poche, et prenez garde d’en

crever l’amer; maniez dans une casserole avec une cuiller de bois un

morceau de beurre; assaisonnez-le du jus d’un citron et d’un peu de

sel; remplissez-en le corps de votre poularde; retroussez-lui les

pattes en dehors; bridez-en les ailes; embrochez-la sur un hatelet;

frottez-lui l’estomac d’un citron, saupoudrez-la d’un peu de sel;

couvrez-la de tranches de citron, desquelles vous aurez ôté les pepins;

enveloppez-la de bardes de lard, de plusieurs feuilles de papier, liées

sur vos hatelets par les deux bouts; posez-la sur la broche, du côté du

dos; faites-la cuire environ une heure, déballez-la, égouttez-la, et

servez-la avec la sauce que vous jugerez convenable.

_Poularde aux Truffes._

(Voyez ci-dessus, _Chapon aux Truffes_).

_Poularde à la Maréchale._

Épluchez et flambez une belle poularde; videz-la par la poche; ôtez-lui

le brichet; remplissez-le de beurre, manié avec du sel et le jus d’un

citron; retroussez-lui les pattes en dehors; piquez-lui l’estomac de

menu lard; donnez-lui le plus de largeur possible, et faites en sorte

que votre poularde ait une belle forme; marquez-la dans une casserole,

comme les poulets en entrée de broche (voyez cet article); excepté

pourtant qu’il ne la faut couvrir qu’avec un rond de papier beurré,

afin qu’elle prenne une belle couleur; faites-la partir et cuire avec

feu dessous et dessus: sa cuisson faite, égouttez-la, glacez-la, et

servez dessous un ragoût à la financière. (Voyez cet article.)

_Poularde à la Saint-Cloud._

Préparez cette poularde comme celle à la maréchale, avec cette

différence qu’au lieu de la piquer de lard, il faut la piquer avec des

clous de truffes (voyez l’article _Poulets à la Saint-Cloud_).

_Poulardes à la Bigarrure._

Prenez deux moyennes poulardes; après les avoir épluchées et flambées,

levez-en les ailes, ôtez-en les filets mignons, supprimez les ailerons

et les peaux nerveuses des ailes; piquez deux de ces ailes d’une

deuxième, et les deux autres de petits lardons de truffes, cuits à

moitié; marquez ces quatre ailes dans une casserole foncée de bardes

de lard, avec une carotte, un bouquet de persil et de ciboules, et

deux moyens oignons, dans l’un desquels vous aurez mis un clou de

girofle; mouillez vos ailes avec un peu de consommé: ayez soin que

ce mouillement n’atteigne point le lard piqué de vos poulardes, et

couvrez-les d’un rond de papier; un quart d’heure avant de servir

faites-les partir, avec feu dessous et dessus; désossez entièrement les

quatre cuisses, et remplissez-les d’un salpicon, composé de truffes et

de foies gras (voyez l’article _Salpicon_); cousez-en les peaux, et

donnez aux cuisses la forme d’une figue aplatie; coupez les pattes en

deux; supprimez-en le haut, et mettez le bas dans la cuisse, en sorte

qu’on ne voie que la moitié de cette patte; piquez deux de ces cuisses

de clous de truffes, en forme de rosettes, les deux autres devant

rester blanches; frottez-les de citron; marquez ces quatre cuisses dans

une casserole, entre des bardes de lard; assaisonnez-les comme les

ailes; faites-les cuire à un feu doux environ trois quarts d’heure: au

moment de servir, égouttez-les, ôtez-en les fils; égouttez aussi vos

ailes; ôtez le nerf des filets mignons; faites-leur des entailles de

distance en distance, et mettez-y des petites crêtes de truffes, de

la largeur de ces filets; donnez-leur une forme cintrée; sautez-les

dans du beurre fondu et un grain de sel; après égouttez-les; glacez

les ailes piquées; dressez-les toutes les quatre en croix, et posez

entre chacune d’elles vos cuisses de poulardes, en mettant dessus, en

forme de couronne, les petits filets; saucez votre entrée avec une

espagnole réduite et travaillée avec le consommé que vous aurez fait

des carcasses de vos poulardes.

_Poularde Sauce Tomate._

Préparez cette poularde comme il est indiqué à l’article _Poularde en

Entrée de Broche_, et servez dessous une sauce tomate. (Voyez cette

Sauce.)

_Poularde à la Broche pour Rôt._

Videz, flambez, épluchez et refaites une belle poularde; bridez-la, en

lui laissant les pattes en long; bardez-la ou piquez-la, embrochez-la,

enveloppez-la de papier et faites-la cuire: sa cuisson faite aux trois

quarts, déballez-la, achevez sa cuisson et faites-lui prendre une

belle couleur; mettez sur votre plat un lit de cresson, assaisonné

convenablement de sel et vinaigre; posez dessus votre poularde, et

servez.

_Poularde en Entrée de Broche, à la Hollandaise._

Procédez pour cette poularde comme pour celle en entrée de broche, et

servez dessous une sauce hollandaise. (Voyez cette Sauce.)

_Poularde en Entrée de Broche._

Poêlez ou mettez cette poularde à la broche, et, pour la servir,

mettez une sauce au beurre d’écrevisses, ou toute autre sauce. (Voyez

l’article _Sauce au Beurre d’Écrevisses_.)

_Poularde en Entrée de Broche, à la Ravigote._

Procédez pour cette poularde comme il est indiqué à l’article _Poulets

à la Ravigote_.

_Poularde à l’Ivoire._

Préparez cette poularde comme il est énoncé à l’article _Poulets à

l’Ivoire_.

_Poularde aux Huîtres._

Vous préparez votre poularde ainsi qu’il est dit à l’article _Poulets

aux Huîtres_.

_Poularde, sauce à l’Estragon._

Préparez votre poularde comme les précédentes, poêlée ou à la

broche: sa cuisson faite, égouttez-la, et servez-la avec une sauce à

l’estragon, claire ou liée. (Voyez l’article _Sauce à l’Estragon_.)

_Poularde bouillie à l’Anglaise._

(Voyez l’article _Poulets bouillis à l’Anglaise_).

_Poularde au Beurre d’Écrevisses._

(Voyez l’article _Poulets au Beurre d’Écrevisses_).

_Poularde à la Tartare._

(Voyez l’article _Poulets à la Tartare_).

_Poularde, sauce au Pauvre Homme._

(Voyez l’article _Poulets, sauce au Pauvre Homme_).

_Poularde à la Périgueux._

(Voyez l’article _Poulets à la Périgueux_).

_Mayonnaise de Poularde._

(Voyez l’article _Mayonnaise de Poulets_).

_Poularde à la Crême._

(Voyez l’article _Poulets à la Crême_).

_Marinade de Poulardes._

(Voyez l’article _Marinade de Poulets_).

_Filets de Poulardes au Suprême._

Levez les filets de trois moyennes poulardes, posez ces filets sur la

table, et levez-en les petites peaux le plus mince possible; trempez

dans l’eau le manche de votre couteau, et battez-les légérement;

parez-les; faites fondre dans une sauteuse une suffisante quantité

de beurre; arrangez-y vos filets, en les trempant des deux côtés;

saupoudrez-les d’un peu de sel, couvrez-les d’un rond de papier; levez

avec soin les six cuisses pour vous en faire une entrée, soit pour le

jour ou le lendemain: vous leur conserverez la totalité de la peau,

pour former de ces cuisses des petits canetons ou des ballons; faites

un consommé des carcasses; faites-le réduire presque en glace, sans lui

donner de couleur; ajoutez-y six cuillerées à dégraisser pleines de

velouté réduit, et deux pains de beurre; salez et vannez votre sauce;

sautez vos filets en les retournant; faites qu’ils soient bien blancs;

assurez-vous qu’ils sont bien cuits, en appuyant le doigt dessus: s’ils

résistent, c’est qu’ils le sont; vous aurez passé six croûtons de mie

de pain à potage, auxquels vous aurez donné la forme et l’épaisseur

de vos filets; dressez ces filets en couronne, et mettez un croûton

entre chacun d’eux; travaillez votre sauce, et saucez en marquant votre

entrée: si vous voulez ces filets aux truffes, coupez des truffes en

liards; faites-les cuire dans du beurre et un grain de sel; mettez-les

dans une partie de votre sauce au suprême, et versez-les dans le puits

de vos filets.

_Émincée de Filets de Poulardes aux Concombres._

Prenez l’estomac d’une ou deux poulardes rôties et froides; levez-en

les chairs; supprimez-en les peaux et les nerfs; émincez ces chairs;

faites un ragoût de concombres, soit au blanc, soit au roux (voyez ces

Ragoûts, à leur article): votre ragoût réduit et prêt à servir, mêlez-y

vos blancs de poulardes, sans les laisser bouillir: si c’est au blanc,

ajoutez-y une liaison de deux jaunes d’œufs, du beurre gros comme une

noix, un peu de muscade râpée, et servez.

_Ailes de Poulardes à la Maréchale._

Prenez trois belles poulardes, levez-en les ailes, supprimez-en les

ailerons, ne conservez que les deux moignons; levez-en la petite peau,

en posant votre aile sur la table, et faisant glisser votre couteau,

comme si vous leviez une barde de lard; prenez garde d’endommager les

chairs; piquez vos six ailes d’une deuxième, et marquez-les dans une

casserole, comme il est indiqué à l’article _Poulardes en Bigarrures_:

vos ailes cuites, égouttez-les sur un couvercle; glacez-les: qu’elles

soient d’un beau blond; dressez dans votre plat une bonne chicorée

réduite (voyez l’article _Chicorée au Blanc_); dressez vos six ailes

dessus la pointe, au centre du plat, pour former une rosette; mettez,

si vous le voulez, une belle truffe au milieu, et servez.

_Poularde en Galantine._

Ayez une belle poularde; après l’avoir épluchée, flambée et vidée,

désossez-la par le dos, étendez-la sur un linge blanc; couvrez les

chairs d’une farce cuite de volaille, à-peu-près de l’épaisseur

d’un travers de doigt (voy. l’article _Farce cuite_); faites des

gros lardons de lard, assaisonnez-les de sel, poivre, fines épices,

aromates pilés et passés au tamis, persil et ciboules hachés; ayez

du jambon cuit, faites-en des lardons aussi gros et aussi longs

que ceux de lard; posez sur votre farce ces lardons de distance en

distance; ajoutez-y, si c’est la saison, des truffes coupées en

filets, de la grosseur de vos lardons, et entremêlez-les, pour que

votre pièce soit bien marbrée; recouvrez ces lardons d’un autre lit

de farce, et continuez de remettre ainsi farce et lardons, jusqu’à ce

que votre volaille soit remplie; rapprochez les peaux, cousez-les;

tâchez de donner à votre poularde sa forme première; entourez-la de

bardes de lard, enveloppez-la d’un morceau d’étamine neuve; cousez

cette étamine, attachez-en les deux bouts avec des ficelles: foncez

une braisière avec quelques carottes, oignons, deux clous de girofle,

deux feuilles de laurier, deux ou trois lames de jambon, un jarret

de veau, et les carcasses de votre poularde coupées par morceaux:

posez, du côté du dos, votre pièce sur ce fond; appuyez un peu la

main sur son estomac, afin de l’aplatir: couvrez votre galantine de

bardes de lard; mouillez-la avec du bouillon (il faut qu’elle baigne

dans son assaisonnement); couvrez-la de papier, faites-la partir,

après lui avoir mis son couvercle; posez-la sur la paillasse, avec

feu dessous et dessus; laissez-la cuire une heure et demie ou deux

heures: sa cuisson faite, retirez-la du feu, laissez-la dans son

assaisonnement une demi-heure, retirez-la, pressez-la légérement,

aplatissez-lui de nouveau l’estomac, autant que possible, afin d’avoir

la facilité de la garnir de gelée; passez le fond de votre galantine

au travers d’une serviette mouillée à cet effet: si ce fond n’était

pas assez ambré, mêlez-y un peu de jus de bœuf ou de blond de veau;

faites-en l’essai. Si ce fond ou plutôt cette gelée se trouvait trop

délicate, faites-la réduire; cassez deux œufs entiers, jaunes, blancs

et coquilles; mettez-les dans votre gelée; fouettez-la avec un fouet

de buis, mettez-la sur le feu, ayez soin de la remuer: lorsqu’elle

commencera à bouillir, retirez-la sur le bord du fourneau; mettez sur

votre casserole un couvercle, avec quelques charbons ardens dessus;

laissez ainsi votre gelée se clarifier environ une demi-heure ou trois

quarts d’heure; passez-la dans une serviette, comme il est indiqué à

l’article _Grand Aspic_: laissez votre gelée se refroidir; déballez

votre galantine, ratissez le gras qui est autour, dressez-la sur une

serviette; garnissez-la de gelée, soit coupée en lames, en diamans, ou

hachée, ou les trois ensemble, et servez.

_Filets de Poulardes à la Béchamelle._

Faites cuire deux poulardes à la broche, laissez-les refroidir,

levez-en les blancs, et supprimez-en les peaux et les nerfs; émincez

ces blancs également; mettez dans une casserole cinq cuillerées à

dégraisser de béchamelle, et deux de consommé, ainsi qu’un peu de

muscade râpée (voyez l’article _Sauce à la Béchamelle_); faites

bouillir, et délayez bien votre sauce; prenez garde qu’elle ne

s’attache: au moment de servir, jetez vos filets dedans, retournez-les

légérement, de crainte de les rompre; dressez-les sur votre plat

garni d’une bordure; sinon entourez votre entrée, soit de fleurons

de feuilletage, soit de croûtons; ou servez-les dans un vol-au-vent.

(Voyez _Vol-au-Vent_, article PATISSERIE.)

_Soufflé de Poularde._

Procédez pour ce soufflé comme il est énoncé au soufflé de Perdreaux.

(Voyez cet article.)

_Hachis de Poularde à la Reine._

Prenez des blancs de poulardes ou de poulets, hachez-les bien menu;

mettez dans une casserole de la béchamelle ainsi que du consommé,

en raison de la quantité de vos chairs; faites bouillir, et délayez

votre sauce: au moment de servir, mêlez-y votre hachis sans le laisser

bouillir; finissez-le avec un peu de beurre et un peu de muscade râpée;

prenez garde qu’il ne soit ni trop épais ni trop clair. Ce hachis se

sert aussi dans des grands ou petits vols-au-vent.

_Croquettes de Poularde._

Prenez une poularde froide, de desserte ou non; levez-en les chairs,

supprimez-en les peaux et les nerfs; coupez ces chairs en petits dés,

quelques foies gras, ainsi que des champignons et des truffes, si c’est

la saison (il faut que ces objets soient coupés de même grosseur);

mettez dans une casserole du velouté en raison de votre appareil et

faites-le réduire à demi-glace; sa réduction faite, tirez-le du feu,

liez-le avec trois jaunes d’œufs, jetez-y vos dés, ajoutez-y un peu

d’excellent beurre; mêlez bien le tout, et mettez-le sur un couvercle

bien étamé; laissez ainsi refroidir votre appareil, séparez-le par

portions égales, de la grosseur que vous voulez faire vos croquettes;

donnez-leur la forme que vous jugerez convenable: ayez de la mie de

pain, posez-la sur la table, roulez-y vos croquettes; ayez quelques

œufs cassés en omelette; trempez-les dedans; repassez-les et achevez de

perfectionner la forme que vous leur avez donnée d’abord. Au moment de

servir, jetez-les dans de la friture un peu chaude, afin qu’elles ne se

crèvent pas: aussitôt qu’elles auront une belle couleur, égouttez-les

sur un linge blanc, dressez-les, mettez dessus un bouquet de persil, et

servez.

_Côtelettes de Poulardes ou de Poulets._

Procédez, à l’égard de ces côtelettes, comme pour celles de perdreaux,

énoncées à l’article _Gibier_.

_Blanquette de Poularde._

Ayez une poularde froide, ou des débris; levez-en les chairs;

supprimez-en les peaux et les nerfs; émincez ces chairs; mettez dans

une casserole du velouté; faites-le réduire et dégraissez-le; au moment

de servir, jetez votre émincée; ne le laissez pas bouillir; faites

une liaison délayée avec un peu de crême ou de lait; finissez votre

blanquette avec un petit morceau de beurre et le jus d’un citron. (Il

faut qu’elle ne soit ni trop liée, ni trop claire.)

_Filets de Poularde à la Chingara._

Ayez trois poulardes, levez-en les filets comme il est indiqué

à l’article _Filets de Poularde_ au suprême: faites fondre du

beurre dans une sauteuse; trempez-y vos filets en les y arrangeant;

saupoudrez-les d’un peu de sel fin; couvrez-les d’un rond de papier;

prenez une langue de bœuf à l’écarlate; levez-en six morceaux, de la

grandeur et de l’épaisseur de vos filets, ainsi que de leur forme;

mettez-les dans une casserole avec un peu de bouillon; tenez-les

chaudement sans les faire bouillir; sautez vos filets comme il est dit

au _Suprême_, énoncé ci-dessus. Leur cuisson faite, égouttez-les;

dressez-les sur votre plat, et mettez entre chacun d’eux un morceau de

langue: si vous voulez votre entrée plus forte, ajoutez-y des croûtons

entremêlés de même; saucez votre entrée avec une sauce au suprême, et

servez. (Voyez _Sauce au Suprême_.)

_Cuisses de Poularde en Canetons ou en petits Oignons._

Quand vous aurez levé les filets de trois belles poulardes, comme à

l’article précédent, en ménageant les peaux des cuisses, désossez-les

jusqu’à la moitié de l’os qui tient à la patte; supprimez les trois

quarts de chaque patte; étendez vos cuisses sur un linge blanc;

remplissez-les d’un salpicon, composé de foies gras, de truffes et de

champignons: cousez les peaux de ces cuisses, et donnez-leur une forme

alongée comme le cou d’un cygne ou d’un canard; il faut que le moignon

de la cuisse forme le col de votre oiseau, et que la patte forme le

bec. Fixez ces pattes avec un fil, de manière à leur conserver la grâce

qu’a le col d’un cygne; faites deux incisions au reste de la patte,

l’une sensée derrière la tête de l’oiseau, et l’autre sur le haut du

bec, pour qu’il forme la protubérance qui est sur le haut du bec du

cygne: ayez six belles écrevisses, dont les pattes soient égales;

faites-les cuire dans du bouillon; ôtez-leur les douze grosses pattes;

formez-en les ailes de vos cygnes, en les enfonçant dans la chair par

le bout qui tenait au corps de l’écrevisse; foncez une casserole de

bardes de lard; rangez-y vos petits cygnes comme s’ils étaient sur

l’eau; mettez sur chaque une tranche de citron, afin qu’ils soient

bien blancs; mouillez-les avec une poêle (voyez article _Poêle_);

couvrez-les de bardes de lard et d’un rond de papier; trois quarts

d’heure avant de servir, faites-les partir et cuire doucement sur la

paillasse, avec peu de feu dessus: leur cuisson faite, égouttez-les,

ôtez-en les fils; dressez-les et servez dessous une sauce hollandaise

verte, ou une sauce au beurre d’écrevisses. (Voyez l’article SAUCES.)

_Cuisses de Poulardes en Ballon._

Désossez six ou huit cuisses de poulardes; supprimez à-peu-près les

trois quarts de chaque patte; mettez ces cuisses sur un linge blanc;

étalez-les, remplissez-les d’un salpicon; cousez-les comme celles des

poulardes en bigarrure; marquez-les dans une casserole foncée de bardes

de lard; mouillez-les avec une poêle; faites-les cuire environ trois

quarts d’heure: leur cuisson faite, égouttez, dressez et saucez-les

avec une bonne italienne rousse, et servez. (Voyez l’article _Sauce

Italienne Rousse_.)

_Cuisses de Poulardes à la Bayonnaise._

Prenez trois culottes de poulardes; partagez-en la peau en deux

jusqu’au croupion; levez les cuisses avec cette peau; désossez-les

entièrement, néanmoins en leur laissant le bout de l’os adhérant

aux pattes: cela fait, marinez-les avec du jus de citron, sel, gros

poivre et une feuille de laurier cassée en morceaux; laissez mariner

ces cuisses deux ou trois heures: au moment de servir, égouttez-les,

farinez-les, faites-les frire dans du lard râpé; coupez quatre oignons

en anneaux; ôtez-en le cœur; faites aussi frire ces oignons; ayez soin

qu’ils aient, ainsi que les cuisses, une belle couleur: dressez ces

cuisses sur votre plat; mettez dessus vos anneaux frits, et servez

dessous une sauce poivrade. (Voyez l’article _Sauce Poivrade_.)

_Cuisses de Poulardes à la Livernois._

Levez les cuisses de trois poulardes; supprimez la moitié de l’os

de la cuisse; parez-les; foncez une casserole de quelques carottes

coupées en lames, de deux oignons, d’un bouquet de persil et ciboules,

assaisonné de ces aromates et d’une lame de jambon; posez ces cuisses

dessus; mouillez-les avec une cuillerée à pot de bouillon: couvrez-les

de quelques bardes de lard et d’un rond de papier; tournez des petites

carottes, soit en bâtonnets, soit en champignons; mettez-les blanchir;

égouttez-les; faites-les cuire dans du bouillon et tomber à glace;

mettez-y un petit morceau de sucre pour en ôter l’âcreté; versez

dans une casserole quatre à cinq cuillerées à dégraisser pleines

d’espagnole; ajoutez-y vos carottes tombées à glace; faites-les

bouillir et dégraissez-les; égouttez les cuisses de poulardes, et

dressez-les: ajoutez un demi-pain de beurre à votre ragoût; sautez-le;

masquez-en votre entrée, et servez.

_Cuisses de Poulardes aux Truffes._

Désossez six cuisses de poulardes, comme il est indiqué à l’article

_Cuisses en Ballon_; farcissez-les d’un salpicon, composé de truffes

et de foies gras: cousez ces cuisses; marquez-les dans une casserole,

comme il est dit aux cuisses précédentes: faites-les cuire de même;

égouttez-les; ôtez-en les fils, et servez dessous un ragoût de truffes.

(Voyez l’article _Ragoût aux Truffes_.)

_Quenelles de Poulardes._

Procédez, pour ces quenelles, de même qu’il est indiqué à l’article

_Quenelles de Volailles_.

_Ailerons de Poulardes en Haricots Vierges._

Ayez vingt ailerons de poulardes; échaudez-les, épluchez-les;

désossez-les jusqu’à la moitié de la première jointure; flambez-les,

parez-les; essuyez-les avec un linge blanc; foncez une casserole de

bardes de lard; rangez-les dedans; mouillez-les d’une poêle ou avec

du bouillon sans couleur: si vous n’avez point de poêle, alors mettez

quelques tranches de citron, dont vous aurez ôté la peau et les

pepins, avec un bouquet de persil et ciboules, une carotte tournée,

deux oignons, dont un piqué d’un clou de girofle et une demi-feuille

de laurier; couvrez le tout de bardes de lard et d’un rond de papier;

faites partir et cuire sur la paillasse, avec feu dessous et dessus:

vous aurez tourné des navets en petits bâtonnets, en gousses d’ail ou

en champignons; faites blanchir ces navets, égouttez-les; mettez-les

dans une casserole avec du bouillon qui ne soit point coloré; ajoutez-y

un petit morceau de sucre; faites cuire à petit feu; mettez dans une

autre casserole quatre cuillerées à dégraisser pleines de velouté;

faites-le réduire; vous aurez fait bouillir une chopine de crême,

et vous la verserez petit à petit dans votre sauce, en la tournant

toujours, jusqu’à ce qu’elle ait acquis la consistance d’une bouillie

claire: sa réduction faite, égouttez vos navets; mettez-les dans votre

sauce; ajoutez-y un peu de muscade râpée, un demi-pain de beurre, et

sautez-les: égouttez vos ailerons; dressez-les sur un plat auquel vous

aurez fait un bord de citron; masquez ces ailerons avec vos navets et

servez.

_Ailerons de Poulardes en Haricots._

Préparez ces ailerons comme il est indiqué à l’article précédent;

tournez vos navets de même; faites-les roussir dans du beurre, de

manière qu’ils aient une belle couleur; égouttez-les; mettez dans

une casserole une cuillerée à pot d’espagnole; faites-la bouillir,

jetez-y vos navets, laissez-les mijoter et cuire; dressez vos ailerons,

et masquez-les avec vos navets, faute d’espagnole; quand vos navets

seront passés et d’une belle couleur, égouttez-les; faites un petit

roux, en mettant une cuillerée à bouche de farine dans le beurre de

vos navets (voyez _Roux_, article SAUCES); mouillez ce roux avec le

fond de vos ailerons; faites bouillir votre sauce; passez-la dans une

casserole au travers d’une étamine; ajoutez-y vos navets; laissez-les

cuire, dégraissez-les, jetez-y un petit morceau de sucre; goûtez si

votre sauce est d’un bon goût, et servez-vous-en comme il est expliqué

ci-dessus.

_Ailerons de Poulardes à la Purée._

Marquez ces ailerons comme les précédens: leur cuisson faite,

égouttez-les, dressez-les et masquez-les d’une purée à votre choix.

(Voyez _Purées d’Entrées_, article SAUCES.)

_Ailerons de Poulardes au Soleil._

Préparez et faites cuire quinze ailerons comme les précédens: leur

cuisson faite, égouttez-les; trempez-les dans une légère pâte,

faites-les frire; qu’ils soient d’une belle couleur; et servez-les avec

une pincée de persil frit.

_Terrine d’Ailerons de Poulardes._

Prenez une quantité d’ailerons proportionnée à la grandeur de votre

terrine; préparez-les comme ci-dessus; faites cuire du petit lard en

raison de la quantité de vos ailerons, et procédez en tout, pour cette

terrine, ainsi qu’il est énoncé à l’article _Mouton_ dit _Terrine_.

(Voyez cet article.)

_Ailerons de Poulardes piqués et glacés._

Ayez douze ou quinze de ces ailerons: après les avoir épluchés et

flambés, désossez-les comme il est indiqué précédemment; faites-les

légérement blanchir; piquez-les d’une deuxième: cela fait, foncez une

casserole avec un peu de rouelle de veau, une lame ou deux de jambon,

un oignon piqué d’un clou de girofle, une carotte tournée, un bouquet

de persil et ciboules; rangez vos ailerons sur ce fond, de manière

que le lard ne se touche point; mouillez-les avec du bon bouillon;

couvrez-les d’un rond de papier beurré; faites-les partir et cuire sur

la paillasse, avec un feu vif dessous et dessus, afin qu’ils prennent

une belle couleur: leur cuisson faite, passez leur fond au travers d’un

tamis de soie; faites-le réduire presque à glace dans une sauteuse,

laquelle doit avoir assez d’étendue pour les contenir sans être les

uns sur les autres: rangez-les sens dessus dessous dans cette sauteuse,

c’est-à-dire que le côté piqué doit tremper dans la glace; posez cette

sauteuse sur une cendre chaude; laissez mijoter ainsi vos ailerons:

quand ils seront glacés, prenez-les avec une fourchette, dressez-les

sur votre plat, le côté glacé en dessus; mettez dans le restant de

votre glace une cuillerée à dégraisser pleine d’espagnole et une de

consommé; faites bouillir le tout; détachez bien votre glace; saucez

vos ailerons avec cette sauce, et servez.

_Ailerons de Poulardes à la Chicorée._

Préparez vos ailerons comme les précédens, faites-les cuire de

même, dressez-les sur une bonne chicorée blanche, et servez. (Voyez

_Chicorée blanche_, article RAGOUTS.)

_Ailerons de Poulardes à la Pluche verte._

Ayez une quinzaine d’ailerons: après les avoir préparés, comme il est

indiqué ci-dessus, formez une casserole de quelques tranches de veau et

de lames de jambon; joignez-y une douzaine de queues de champignons,

une demi-gousse d’ail, une demi-feuille de laurier et une pincée de

basilic; rangez vos ailerons sur ce fond; coupez deux carottes en lames

et deux oignons en tranches, couvrez-en vos ailerons, mouillez-les avec

du bouillon ou du consommé; faites-les partir; mettez-les cuire sur

la paillasse, avec feu dessous et dessus: leur cuisson faite, passez

votre fond dans une casserole à travers un tamis de soie; ajoutez à

ce fond un petit pain de beurre, manié dans de la farine; faites lier

votre fond, en la tournant; laissez-la réduire jusqu’à consistance de

sauce; ajoutez-y une pincée de feuilles de persil, que vous aurez fait

blanchir; dressez vos ailerons; mettez le jus d’un citron dans votre

sauce, avec un peu de gros poivre; goûtez si elle est d’un bon sel,

masquez-en vos ailerons, et servez.

_Ailerons de Poulardes à la Villeroi._

Prenez douze ou quinze ailerons, flambez, épluchez, désossez-les

jusqu’à la première jointure; remplissez-les d’une farce cuite de

volailles (voyez, à l’article FARCES, celle cuite _de Volailles_);

marquez-les dans une casserole, comme les ailerons piqués et glacés

(voyez cet article), et faites-les cuire de même: leur cuisson

achevée, égouttez-les, posez-les sur une tourtière, couvrez-les d’une

Sainte-Menéhould (voyez l’article de cette sauce); panez-les avec

moitié mie de pain et moitié fromage de Parmesan, mêlés ensemble:

faites prendre une belle couleur à vos ailerons, soit au four ou sous

un four de campagne, dressez-les, et servez.

_Crêtes et Rognons au Velouté._

Préparez et faites cuire dans un blanc ces crêtes et rognons: leur

cuisson faite, égouttez-les; mettez dans une casserole du velouté

réduit en suffisante quantité; jetez-y vos crêtes et vos rognons;

faites-les mijoter un demi-quart d’heure; liez votre ragoût;

finissez-le avec la moitié d’un pain de beurre et un jus de citron,

dressez et servez.

_Grand Aspic de Crêtes et Rognons._

Prenez un moule à aspic, ou, faute de ce moule, une casserole

proportionnée à la grandeur de votre plat; posez-la dans un autre vase

rempli de glace pilée; coulez dans ce moule de l’aspic, de l’épaisseur

d’un travers de doigt; décorez-le d’un dessin à votre fantaisie: à cet

effet, servez-vous de truffes, de blancs d’œufs durs, de cornichons,

de queues et d’œufs d’écrevisses, et de rognons de coqs: votre décor

achevé, coulez-le légérement sur votre aspic; prenez garde de le

déranger: cet aspic pris, remplissez votre moule de crêtes et rognons

de coqs, en laissant un espace de deux travers de doigt tout autour;

remplissez d’aspic cet intervalle, ainsi que le moule, pour que le tout

ensemble ne forme qu’un pain: au moment de servir, trempez votre moule

dans de l’eau tiède; renversez-le sur un couvercle; coulez votre aspic

sur le plat sans ôter le moule: lorsqu’il sera bien placé, enlevez-en

le moule avec dextérité; remuez la gelée qui se trouverait fondue, au

moyen d’un chalumeau de paille; essuyez votre plat, et servez.

Vous pouvez vous servir du même procédé pour faire des aspics de blancs

de poulardes, de filets de lapereaux et de perdreaux; et si votre

moule se trouvait faire un puits, remplissez-le d’une mayonnaise ou

d’une ravigote à la gelée.

_Petits Aspics de Crêtes et de Rognons._

Procédez, pour ces petits aspics, comme il est énoncé ci-dessus

pour le grand aspic, soit pour leur dessin, soit pour les remplir

convenablement: faites-en sept ou neuf.

_Foies gras à la Périgueux._

Prenez sept foies de poulardes qui soient bien gras; ôtez-en l’amer

et la partie du foie qui le touche; piquez-les de clous de truffes;

marquez-les dans une casserole foncée de bardes de lard; mouillez-les

avec une bonne mirepoix (voyez, à l’article SAUCES, celle de

_Mirepoix_): faute de mirepoix, mettez un verre de vin blanc et un de

consommé, avec un peu de sel, une carotte tournée, deux moyens oignons,

dont un piqué d’un clou de girofle, un bouquet de persil et ciboules,

une demi-feuille de laurier et la moitié d’une gousse d’ail: couvrez

alors ces foies de bardes de lard et d’un rond de papier; faites partir

et cuire un quart d’heure et demi sur la paillasse, avec feu dessus et

dessous; égouttez-les, dressez-les sur le plat, et saucez-les avec une

sauce à la Périgueux (voyez cet article): vous pouvez servir entre vos

foies des crêtes de pain passées dans le beurre, avec une belle truffe

au milieu.

_Foies gras au Gratin._

Prenez un plat d’argent, ou tout autre qui puisse aller au feu;

mettez dans le fond l’épaisseur d’un travers de doigt de gratin (voyez

_Gratin_, article FARCES); ayez six ou sept beaux foies de poulardes

bien blancs, appropriez-les, comme il est dit à l’article précédent;

arrangez-les sur votre plat, en laissant un puits au milieu (à ce

sujet, voyez l’article _Mauviettes au Gratin_); remplissez tous les

intervalles de vos foies, en sorte que le tout ne forme qu’un pain:

ayant uni votre gratin entièrement avec votre couteau, couvrez-le d’un

papier beurré, mettez-le dans le four ou sous le four de campagne: sa

cuisson faite, retirez-le, ôtez-en le papier beurré, débouchez-en le

puits, saucez-le avec une espagnole réduite ou une italienne rousse, et

servez.

_Foies gras en Matelote._

Préparez six foies gras, ainsi qu’il est expliqué ci-dessus; faites-les

blanchir et cuire comme ceux à la Périgueux (voyez cet article);

égouttez-les; dressez-les sur votre plat; saucez-les d’une sauce à la

matelote (voyez l’article _Sauce à la Matelote_); ajoutez-y des cœurs

de pain passés dans le beurre, des truffes, si vous voulez, et servez.

_Foies gras en Caisse._

Faites une caisse ronde ou carrée, de la hauteur de deux pouces et

demi environ; huilez-la en dehors; étendez dans le fond du gratin,

de l’épaisseur d’un travers de doigt: ayant préparé six foies gras,

mettez-les dans une casserole avec un morceau de beurre, du persil,

ciboules, champignons hachés, sel, poivre et fines épices, le tout

en suffisante quantité; passez ainsi ces foies: mettez votre caisse

sur le gril; arrangez vos foies dans cette caisse, avec les fines

herbes; posez sur un feu doux; laissez-les cuire, et, leur cuisson

faite, dressez votre caisse sur le plat; saucez-la d’une bonne

espagnole réduite, dans laquelle vous aurez exprimé le jus d’un citron;

dégraissez-les en cas qu’il y surnage du beurre.

_Hatelettes de Foies gras._

(Voyez l’article _Hatelettes de Ris de Veau_). Au lieu de ris de veau,

vous employez ici des foies gras.

_Coquilles de Foies gras._

Faites blanchir de ces foies, en raison de la quantité de coquilles

que vous voulez servir; coupez-les par lames, ainsi que des truffes

et des champignons: ajoutez-y persil et ciboules hachés, sel, gros

poivre, un peu d’épices fines et un morceau de beurre; mettez le tout

dans une casserole, et passez-le sur le feu; mouillez-le avec un peu

de vin de Champagne et d’espagnole; faites réduire ce ragoût à courte

sauce, mettez-le dans des coquilles (nommées communément pélerines);

panez-les; faites-leur prendre une belle couleur au four ou sous un

four de campagne, et servez.

L'Art du Cuisinier, Volume 1 · 第 72 / 113 题