PERDRIX ROUGES.

On en distingue de deux espèces; l’une est la bortavelle, et l’autre

celle d’Europe; la dernière a douze pouces de longueur, le bec et

l’iris des pieds rouges, le fond d’un gris-brun, et la tête d’un beau

roux, barrée de taches noires obliques sur les plumes de l’occiput; la

gorge d’un blanc pur, encadré de noir; une bande blanche au-dessus des

yeux; le dessus du col et les côtés cendrés, avec deux taches noires

au-dessus du dos. Le mâle se distingue de la femelle par un tubercule

sur chaque pied; on connaît les jeunes à la forme pointue de la

première penne de l’aile, et à une petite pointe blanche qui se trouve

à l’extrémité.

_Perdreaux Rouges à la Périgueux._

Ayez trois de ces perdreaux; plumez-les, videz-les par la poche,

flambez-les légérement et sans en roidir la peau; ne leur refaites

point les pattes, et coupez-leur le bout des ergots; râpez une

demi-livre de lard; lavez, brossez, épluchez une livre de truffes; si

elles sont grosses, coupez-les en deux ou en quatre; arrondissez-les

en forme de petites truffes, et hachez-en les parures; passez-les

dans votre lard râpé, comme il est dit à l’article du _Faisan à la

Périgueux_; remplissez-en le corps de vos perdreaux; cousez la poche,

retroussez-leur les pattes en dehors avec une aiguille à brider;

donnez-leur une belle forme; que l’estomac soit comme un peu aplati;

foncez une casserole, qui puisse contenir vos perdreaux sans les gêner,

avec des bardes de lard, une ou deux lames de jambon, un peu de rouelle

de veau, une carotte, un oignon, un bouquet assaisonné, un demi-verre

de vin blanc, une cuillerée de consommé et un peu de sel; posez sur

ce fond vos perdreaux, mettez-leur sur l’estomac quelques tranches de

citron, dont vous aurez supprimé la peau et les pépins; couvrez-les

de bardes de lard, et faites-les partir; mettez-les cuire sur la

paillasse, avec feu dessous et dessus environ trois quarts d’heure;

égouttez-les, dressez-les, saucez-les avec la sauce à la Périgueux, et

servez. (Voyez l’article _Sauce aux Truffes_ ou _à la Périgueux_.)

_Perdreaux Rouges ou Gris à l’Espagnole._

Ayez trois perdreaux; plumez-les, videz-les, flambez-les; faites-les

revenir dans une casserole sur un feu doux, avec un morceau de beurre,

et sans leur donner de couleur; mouillez-les d’un verre de vin blanc,

deux cuillerées à dégraisser de consommé et quatre d’espagnole réduite;

laissez-les cuire et mijoter à-peu-près trois quarts d’heure; retirez

la majeure partie de la sauce, faites-la réduire, dégraissez-la; au

moment de servir, dressez vos perdreaux sur le plat, mettez un pain de

beurre dans votre sauce, passez-la et vannez-la; saucez vos perdreaux

et servez.

Si vous n’avez point d’espagnole, mouillez vos perdreaux avec du

consommé et un verre de vin blanc; ajoutez à cela deux lames de jambon,

une ou deux tranches de veau, un bouquet de persil et ciboules, un

oignon piqué d’un clou de girofle, une carotte coupée en quatre, et la

moitié d’une feuille de laurier; durant la cuisson de vos perdreaux

faites un petit roux; leur cuisson presqu’achevée, passez la majeure

partie de leur fond au travers d’un tamis de soie, délayez-en votre

roux; faites cuire votre sauce, dégraissez-la, faites-la réduire,

tordez-la dans une étamine; achevez la cuisson de vos perdreaux dans

cette sauce, et finissez-la comme la précédente.

_Perdreaux ou Entrée de Broche._

Prenez trois perdreaux; videz-les, flambez-les sans les roidir;

bridez-les, embrochez-les sur un hatelet; couvrez-leur l’estomac de

tranches de citrons, desquels vous aurez ôté les pépins et la peau;

couvrez-les de bardes de lard, enveloppez-les de papier; fixez les

bouts de votre papier sur l’hatelet avec de la ficelle attachée sur la

broche; faites cuire trois quarts d’heure vos perdreaux, déballez-les;

au moment de servir, égouttez-les, dressez-les en chevrette sur votre

plat; saucez-les avec un jus clair, dans lequel vous aurez mis une

pincée de gros poivre; exprimez le jus d’une ou deux bigarades, et

servez.

_Perdreaux Grillés._

Ayez deux ou trois perdreaux; plumez-les, videz-les, flambez-les,

épluchez-les, retroussez les pattes en poule, fendez-les en deux par

les reins, aplatissez-les légérement sur la table; mettez dans une

casserole un morceau de beurre avec vos perdreaux; assaisonnez-les de

sel, de gros poivre et faites-les revenir des deux côtés; posez-les

sur le gril, et faites-les cuire à un feu doux; leur cuisson faite,

dressez-les, et servez-les avec une sauce au pauvre homme. (Voy.

_Sauce au Pauvre homme_, article SAUCES.)

_Perdreaux à l’Anglaise._

Faites une farce avec les foies de trois perdreaux, un peu de beurre,

du gros poivre et du sel en suffisante quantité; farcissez-en vos

perdreaux; mettez-les à la broche sans les barder; enveloppez-les de

papier et faites-les cuire aux trois quarts; ensuite mettez-les dans

une casserole, après leur avoir lavé les membres, sans les séparer du

corps, et mettez-leur entre chaque membre un peu de beurre manié avec

de la mie de pain, de l’échalote, du persil, de la ciboule hachée, du

sel, du gros poivre et un peu de muscade; mouillez vos perdreaux avec

un bon verre de vin de Champagne et deux cuillerées à dégraisser de

consommé; faites-les bouillir doucement jusqu’à parfaite cuisson, sans

les couvrir, afin que la sauce puisse se réduire; finissez avec le jus

d’une ou deux bigarades, un peu de leur zeste râpé, et servez.

_Salmi de Perdreaux._

Préparez trois perdreaux; bardez-les et faites-les cuire à la broche

(il faut qu’ils soient un peu verts cuits): laissez-les refroidir,

levez-en les membres, ôtez-en la peau, parez-les, rangez-les dans une

casserole, avec un peu de consommé, posez-les sur une cendre chaude,

faites qu’ils ne bouillent point de suite; coupez six échalotes, un

peu de zeste de citron, mettez-les dans une casserole avec un peu

de vin de Champagne et faites bouillir; concassez vos carcasses de

perdreaux; mettez-les dans votre casserole; ajoutez-y quatre cuillerées

à dégraisser d’espagnole réduite; faites réduire le tout à moitié;

passez cette sauce à l’étamine; égouttez vos membres de perdreaux,

dressez-les, mettez entre ces membres des croûtons de pain passés dans

du beurre; saucez vos perdreaux, en ajoutant à leur sauce un jus de

citron, si vous le voulez, et servez.

_Salmi chaud ou froid._

Préparez votre salmi comme il est indiqué à l’article précédent;

finissez-le un quart d’heure avant de servir; mettez les membres de

vos perdreaux à part; ajoutez à votre sauce une bonne cuillerée à

dégraisser de gelée ou d’aspic; posez votre casserole sur la glace

ou sur de l’eau sortant du puits; remuez bien cette sauce jusqu’à

ce qu’elle prenne: une fois à son degré, trempez-y ces membres de

perdreaux, les uns après les autres; dressez-les sur votre plat de

service; couvrez-les du restant de la sauce; garnissez votre entrée de

croûtons passés dans du beurre; décorez-la tout autour de gelée taillée

en diamans, et servez.

_Perdreaux à la Vopallière._

A l’égard de ces perdreaux, procédez comme pour les faisans de ce nom.

(Voyez l’article _Faisans à la Vopallière_.)

_Salmi de Chasseur._

Faites cuire deux ou trois perdreaux à la broche, et coupez-les par

membres; vous aurez mis dans une casserole trois cuillerées à bouche

d’huile, un demi-verre de vin rouge, un peu de sel fin, du gros poivre,

un jus de citron et un peu de zeste; sautez vos membres de perdreaux

dans cette sauce; dressez-les, saucez-les et servez.

_Perdreaux à la Monglat ou Salpicon en Cuvette._

Retroussez trois perdreaux en poule; bardez-les, faites-les cuire à

la broche, laissez-les refroidir, levez-en les estomacs, de manière

à en former une cuvette; coupez-les en petits dés; faites chauffer

vos perdreaux dans un peu de consommé, et tenez-les chauds jusqu’au

moment de servir; mettez dans une casserole un morceau de beurre;

coupez six ou huit truffes crues comme le sont vos estomacs, et autant

de champignons; passez-les dans ce beurre, en y joignant un peu de

persil, de ciboules et d’échalotes hachées; mouillez le tout d’un bon

verre de vin de Champagne et de six cuillerées à dégraisser d’espagnole

travaillée; faites cuire et réduire votre sauce, ayant soin de la

dégraisser; coupez deux ou trois foies gras ainsi que vos chairs;

mettez-les dans votre sauce, avec sel et gros poivre; faites-lui

jeter deux ou trois bouillons, joignez-y ces chairs énoncées; faites

chauffer le tout sans qu’il bouille; dressez vos perdreaux sur le plat,

remplissez-les de votre salpicon et dessous un fumet, et servez. (Voyez

_Fumet_, article LAPEREAU.)

_Perdrix aux Choux._

Ayez trois vieilles perdrix; après les avoir appropriées, troussez-les

en poule; lardez-les de gros lardons, assaisonnés de sel, poivre,

épices fines, aromates pilés et passés au tamis, persil et ciboules

hachés; foncez une casserole de quelques débris de veau, deux carottes,

deux oignons et une demi-gousse d’ail; posez vos perdrix dessus,

couvrez-les de bardes de lard; mouillez-les avec quelques bons fonds,

ou avec du bouillon et du consommé; posez votre casserole sur le feu,

faites-la partir; couvrez-la d’un rond de papier beurré, ainsi que

de son couvercle; déposez-la sur la paillasse, avec feu dessous et

cendre chaude dessus; laissez cuire une heure ou cinq quarts d’heure;

de suite préparez des choux, comme il est énoncé à l’article de _la

Pièce de Bœuf aux Choux_, dans lesquels vous ferez cuire un cervelas

et un morceau de petit lard; tournez trente carottes rouges, autant

de navets; donnez-leur le diamètre d’une pièce d’un franc (il faut

que leur longueur soit de la hauteur du moule dont je vais parler);

faites blanchir ces légumes; égouttez-les et faites-les cuire dans

du consommé, avec une pincée de sucre pour en ôter l’âcreté; ayant

fait refroidir votre cervelas et votre petit lard, ayez un moule;

beurrez-le; mettez dans le fond un rond de papier blanc et une bande de

papier autour de votre moule en dedans et de sa hauteur; coupez votre

cervelas en liards et votre petit lard par tranches, de l’épaisseur de

votre cervelas; posez au centre de ce moule un morceau de cervelas;

rangez autour des tranches de votre petit lard, et garnissez ainsi le

fond de votre moule de cercles de petit lard et de vos morceaux de

cervelas; dressez autour de votre moule vos bâtons de carottes et de

navets, en les entremêlant et les serrant les uns contre les autres;

pressez vos choux, garnissez-en le fond de votre moule, et continuez

d’en garnir les bords comme une espèce de contre-mur, si je puis

m’exprimer ainsi; laissez un vide au milieu pour y placer vos perdrix;

posez-leur l’estomac sur le fond; remplissez votre moule de choux, en

coupant tout ce qui pourrait le déborder, et pressez-les, de manière

à leur donner une assez ferme consistance, pour qu’en renversant vos

perdrix, votre décor ne se dérange point; mettez un couvercle sur ce

moule, et tenez vos perdrix chaudement au bain-marie; passez leur fond

à travers un tamis de soie; joignez-y trois cuillerées à dégraisser

d’espagnole travaillée, comme il est énoncé ci-après; laissez cuire

votre sauce, dégraissez-la, faites-la réduire à consistance de

demi-glace; retournez votre chartreuse sur votre plat, enlevez-en le

papier, égouttez-la avec attention, épongez-en le mouillement, le

mieux possible, avec le coin d’un linge blanc; saucez-la avec votre

réduction, et servez.

_Autre manière de dresser les Perdrix aux Choux._

Posez vos perdrix sur le plat; pressez vos choux dans un linge;

coupez-les en bâtons; dressez-les debout autour de vos perdrix;

garnissez-les de cervelas coupés en rond, de petit lard en tranches,

de saucisses à la chipolata; saucez-les avec la réduction énoncée

ci-dessus, et servez.

_Mayonnaise de Perdreaux._

Faites cuire trois perdreaux à la broche; laissez-les refroidir;

coupez-les par membres; parez-les; mettez-les dans un vase avec

quatre échalotes, un peu d’estragon et de pimprenelle hachés, quatre

cuillerées d’huile, trois cuillerées à dégraisser de gelée concassée,

un peu de gros poivre, une pincée de sel fin et une cuillerée à

dégraisser de vinaigre à l’estragon; sautez bien le tout ensemble;

dressez sur votre plat vos perdreaux, en mettant au fond les estomacs

et les reins, et rangeant vos membres autour; masquez le tout avec

votre mayonnaise, et servez.

Vous pouvez décorer le bord de votre plat avec quelques festons de

gelée.

_Perdreaux à la Cussy._

Ayez trois perdreaux rouges, bien frais; habillez-les, désossez-les

entièrement par les reins, excepté le dernier os de la cuisse;

laissez-leur les pattes; étendez-les sur un linge blanc; couvrez les

chairs d’une légère couche de farce cuite, faite de perdreaux. Vous

aurez fait et laissé refroidir un salpicon, composé de gorges de ris de

veau, de truffes, de champignons et de crêtes de coqs, le tout coupé en

petits dés et par proportion égale, c’est-à-dire, ayant employé autant

de l’un que de l’autre (voyez _Manière de faire le Salpicon_, à son

article); remplissez le corps de vos perdreaux de ce salpicon, pour

les faire bien dodus; cousez-les et donnez-leur alors leur première

forme; bridez-leur les pattes en dehors; mettez-les dans une casserole,

et faites-en roidir l’estomac dans un peu de beurre; laissez-les se

refroidir, et piquez-leur l’estomac d’une deuxième; concassez leurs

débris; mettez-les dans une casserole avec une lame de jambon, deux

petits oignons, une carotte coupée en quatre, un bouquet de persil et

ciboules assaisonné d’une demi-feuille de laurier et un peu de massif;

joignez à cela un demi-verre de vin blanc, un petit bacha de consommé

et un peu de lard râpé; posez vos perdreaux dans une casserole et

couvrez-les d’un double rond de papier beurré; une demi-heure avant

de servir, faites-les partir; couvrez-les, faites-les cuire avec feu

dessous et dessus; ayez soin que leurs estomacs prennent couleur,

comme si vous les faisiez cuire à la broche; égouttez-les, glacez-les

légérement, dressez-les, saucez-les d’un fumet de gibier. (Voyez

_Fumet de Gibier_, article _Sauté de Lapereaux_.)

Si vous n’avez point de foncé, passez le fond de vos perdreaux à

travers un tamis de soie; faites-le réduire avec deux cuillerées à

dégraisser d’espagnole à consistance de demi-glace, et saucez-les.

_Sauté de Filets de Perdreaux._

Dépouillez quatre perdreaux, levez-en les filets, supprimez-en les

peaux nerveuses, comme il est dit article _Faisans à la Vopallière_;

mettez un quarteron de bon beurre dans une sauteuse; faites-le fondre,

trempez-y vos filets, et arrangez-les l’un après l’autre dans votre

sauteuse; saupoudrez-les d’un peu de sel; couvrez-les d’un rond de

papier: vous aurez fait un fumet avec leurs carcasses (voyez _Fumet_,

article _Sauté de Lapereaux_); ajoutez à votre fumet réduit quatre

cuillerées à dégraisser d’espagnole; faites-le réduire, dégraissez-le

au moment de servir; sautez vos filets, retournez-les: vous jugerez

qu’ils sont cuits s’ils résistent au toucher; égouttez-les; dressez-les

en couronne autour de votre plat, en mettant entre chaque un croûton

de pain en cœur, passé dans du beurre, et glacé; finissez votre sauce

avec un pain de beurre de Vembre; arrosez-en ces croûtons; saucez vos

filets, et servez: vous pouvez les servir aux truffes.

_Purée de Perdreaux._

(Voyez _Purée de Gibier_).

_Soufflé de Perdreaux._

Prenez deux perdreaux cuits à la broche; levez-en les chairs;

supprimez-en les peaux et les nerfs; hachez ces chairs; pilez-les,

en y joignant les foies que vous aurez fait blanchir, et desquels

vous aurez ôté l’amer; retirez le tout du mortier, mettez-le dans une

casserole, avec environ quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole

réduite; chauffez le tout sans le faire bouillir; passez-le à l’étamine

à force de bras; ramassez avec le dos de votre couteau ce qui peut

être resté au dehors de cette étamine; déposez-le dans un vase; mettez

dans une casserole quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole et deux

de consommé; concassez vos carcasses; joignez-les à votre espagnole;

faites-les cuire, dégraissez-les, passez-en la sauce à l’étamine,

faites-la réduire; mettez-y gros comme le pouce de glace ou de

réduction de veau; faites-la réduire de nouveau plus qu’à demi-glace;

retirez du feu votre casserole; mettez votre purée, mêlez le tout;

ajoutez-y gros comme un œuf d’excellent beurre, un peu de muscade

râpée, et incorporez-y quatre jaunes d’œufs frais, desquels vous aurez

mis les blancs à part; fouettez ces blancs comme pour un biscuit;

incorporez-les petit à petit dans votre purée, quoique chaude, le

tout bien mêlé; versez-le dans une casserole d’argent ou une caisse

de papier, ronde ou carrée; mettez-le dans un four ou sous un four de

campagne, avec un feu doux dessous et dessus: lorsque votre soufflé

sera bien monté, vous appuierez légérement les doigts dessus; s’il

résiste moyennement au toucher, c’est qu’il est à son degré: servez-le

aussitôt, de crainte qu’il ne retombe.

_Perdrix à la Purée, en Terrine ou Entrée._

Ayez trois perdrix; lardez-les de gros lardons; assaisonnez comme il

est dit à l’article _Perdrix aux Choux_; faites-les cuire dans le même

assaisonnement; servez-les avec la purée qu’il vous plaira, telle que

de pois, lentilles dites provençales, etc.; garnissez-les de saucisses

et de petit lard, ainsi que de petits croûtons en liards, passés au

beurre.

_Hachis de Perdreaux._

Ayez deux ou trois perdreaux cuits à la broche; levez-en les chairs;

supprimez-en les peaux et les nerfs; hachez ces chairs très-fin;

concassez tous les débris de vos perdreaux; mettez-les dans une

casserole avec quatre cuillerées à dégraisser d’espagnole, et deux

de consommé; faites cuire ce fumet; passez cette sauce à l’étamine;

faites-la réduire; dégraissez-la; réduite à demi-glace, retirez votre

casserole du feu (mettez à part un peu de votre sauce, qui vous servira

à glacer votre hachis à l’instant de servir); mettez dans cette sauce

vos chairs, avec une pincée de mignonnette, un peu de muscade râpée et

deux petits pains de beurre; mêlez bien votre hachis; dressez-le sur

le plat; garnissez-le autour de croûtons passés dans du beurre; mettez

dessus des œufs pochés, et servez-le.

Vous pouvez garnir avec des filets en sautoir, entre chaque œuf ou

langue à l’écarlate en crête.

_Salmi de Perdreaux à la d’Artois._

Ayez trois perdreaux cuits à la broche, sans avoir été piqués; levez-en

les membres, parez-les; supprimez les peaux; arrangez ces membres dans

une petite casserole, et mettez-les chauffer sans bouillir, avec un

peu de consommé; mettez les reins et les parures de ces perdreaux dans

un mortier; pilez-les, versez dans une casserole un bon verre de vin

de Madère; mettez-y trois échalotes coupées, trois branches de persil,

et un peu de zeste de bigarade; faites jeter un bouillon, et joignez

à cela cinq cuillerées à dégraisser d’espagnole; laissez bouillir le

tout dix minutes sur un bon feu; retirez la casserole du fourneau;

mêlez à votre sauce vos carcasses pilées, délayez-les, passez-les à

l’étamine; ramassez bien tout ce qui est au dehors de l’étamine; mettez

cette purée ou salmi dans une petite casserole; faites-la chauffer au

bain-marie; égouttez vos membres de perdreaux, dressez-les sur votre

plat, en les entremêlant de quelques croûtons passés au beurre: vous

aurez fait un bord à votre plat avec des petits croûtons passés à

l’huile; retirez votre sauce du bain-marie, ajoutez-y le jus d’une ou

deux bigarades, un peu de mignonnette et la moitié d’un pain de beurre;

passez-la bien et saucez votre salmi.

_Sauté de Perdreaux aux Truffes._

Levez les filets de quatre perdreaux, parez-les; mettez fondre du

beurre dans une sauteuse, posez-y vos filets; faites-les roidir des

deux côtés, égouttez-les, posez-les sur votre table; coupez-les en

huître, par petits morceaux d’égale grandeur; parez-les; donnez-leur

une forme ronde; faites un fumet de carcasses, comme il est indiqué

à l’article _Sauté de Lapereaux_; passez-le; faites-le réduire;

ajoutez-y trois cuillerées d’espagnole travaillée; faites réduire à

consistance de demi-glace; mettez-y vos filets, ne les faites point

bouillir; joignez-y une demi-livre de truffes coupées en liards, tels

que sont vos filets, et que vous aurez fait cuire dans le beurre où

vous aurez sauté ces filets: mêlez bien le tout ensemble; que votre

sauce ne soit pas trop longue; finissez-la avec un petit pain de

beurre; dressez votre ragoût, en rocher, sur un plat, où vous aurez un

bord de petits croûtons soudés, et servez.

_Semelles de Perdreaux à la Chingara._

Levez les filets de trois perdreaux, parez-les; faites fondre du beurre

dans une sauteuse; mettez et retournez vos filets dans ce beurre;

couvrez-les d’un rond de papier; ayez une belle langue de veau à

l’écarlate, qui ne soit pas trop salée, et dont vous aurez coupé six

morceaux; donnez-leur la grandeur et la forme de vos filets; mettez-les

chauffer dans une casserole, avec un peu de consommé; prenez les

parures et le tendre, excepté les peaux, de cette langue; hachez-les

bien fin; ayant fait une sauce, comme il est indiqué à l’article

ci-dessus, sautez vos filets; dressez-les en couronne, avec un morceau

de langue entre chaque; saucez-les avec une partie de votre sauce;

mettez votre hachis dans le reste de cette sauce; incorporez bien le

tout; goûtez-le; s’il se trouvait salé, adoucissez-le avec un morceau

d’excellent beurre; mettez ce hachis dans le puits de vos filets, et

servez.

_Côtelettes de Perdreaux._

Prenez six perdreaux, levez-en les filets; supprimez-en les peaux

nerveuses; battez-les légérement avec le manche de votre couteau;

prenez l’os le plus faible des ailerons de vos perdreaux; ratissez-le;

enfoncez-le suffisamment dans la pointe de chaque filet, afin qu’il

y tienne; faites fondre du beurre dans une sauteuse, en suffisante

quantité; posez-y vos filets; saupoudrez-les d’un peu de sel fin;

faites-les roidir légérement; égouttez-les; laissez refroidir un peu

leur beurre; lorsqu’il sera tiède, mettez-y deux jaunes d’œufs, pour

le lier; trempez-y vos côtelettes; panez-les; posez-les sur un gril

propre; mettez-les sur une cendre rouge; faites-leur prendre une belle

couleur des deux côtés, dressez-les en couronne; servez dessus un fumet

clair et réduit (voyez _Fumet_, article SAUTÉ) que vous aurez fait

avec leurs carcasses; mettez-y une pincée de gros poivre, le jus d’une

ou de deux oranges, et servez.

_Perdreaux, Entrée de broche à l’Italienne._

Appropriez trois ou quatre perdreaux; flambez-les légérement, et

videz-les par la poche; maniez du beurre avec un grain de sel fin;

remplissez-en le corps de vos perdreaux; laissez-leur les pattes en

dehors; bridez-les; embrochez-les avec un hatelet entre l’aile et la

cuisse; enveloppez-les de bardes de lard et de deux feuilles de papier;

attachez cet hatelet des deux bouts sur une broche; faites cuire ces

perdreaux une demi-heure ou trois quarts d’heure, ce qui suffit pour

leur cuisson; déballez-les, laissez-les égoutter sur votre papier;

dressez-les; saucez-les avec une bonne italienne rousse réduite (voyez

_Sauce Italienne_, à son article): si vous voulez, ajoutez-y des

truffes hachées, ce qui vous fera une fausse Périgueux.

_Pâtés froids de Perdreaux._

(Voyez article _Pâtés_).

_Remarque._ Je n’ai point fait mention des perdreaux gris, en parlant

des rouges, parce que les procédés en fait de cuisine sont les mêmes

pour les deux espèces.

L'Art du Cuisinier, Volume 1 · 第 64 / 113 题