=Traitement préservatif ou curatif de l'Obésité=.[41]
[Note 41: Il y a environ vingt ans que j'avais entrepris un traité
_ex professo_ sur l'obésité. Mes lecteurs doivent surtout en regretter
la préface: elle avait la forme dramatique, et j'y prouvais à un médecin
que la fièvre est bien moins dangereuse qu'un procès, car ce dernier,
après avoir fait courir, attendre, mentir, pester le plaideur, après
l'avoir indéfiniment privé de repos, de joie et d'argent, finissait
encore par le rendre malade et le faire mourir de malemort: vérité tout
aussi bonne à propager qu'aucune autre.]
106.--Je commence par un fait qui prouve qu'il faut du courage, soit
pour se préserver, soit pour se guérir de l'obésité.
M. Louis Greffulhe, que sa majesté honora plus tard du titré de comte,
vint me voir un matin, et me dit qu'il avait appris que je m'étais
occupé de l'obésité; qu'il en était fortement menacé, et qu'il venait me
demander des conseils.
«Monsieur, lui dis-je, n'étant pas docteur à diplôme, je suis maître de
vous refuser; cependant je suis à vos ordres, mais à une condition:
c'est que vous donnerez votre parole d'honneur de suivre, pendant un
mois, avec une exactitude rigoureuse, la règle de conduite que je vous
donnerai.»
M. Greffulhe fit la promesse exigée, en me prenant la main, et dès le
lendemain je lui délivrai mon fetva, dont le premier article était de se
peser au commencement et à la fin du traitement, à l'effet d'avoir une
base mathématique pour en vérifier le résultat.
À un mois de là, M. Greffulhe revint me voir, et me parla à peu près en
ces termes:
«Monsieur, dit-il, j'ai suivi votre prescription comme si ma vie en
avait dépendu, et j'ai vérifié que dans le mois, le poids de mon corps a
diminué de trois livres, même un peu plus. Mais, pour parvenir à ce
résultat, j'ai été obligé de faire à tous mes goûts, à toutes mes
habitudes, une telle violence, en un mot, j'ai tant souffert, qu'en vous
faisant tous mes remerciements de vos bons conseils, je renonce au bien
qui peut m'en provenir, et m'abandonne pour l'avenir à ce que la
Providence en ordonnera.»
Après cette résolution, que je n'entendis pas sans peine, l'événement
fut ce qu'il devait être; M. Greffulhe devint de plus en plus corpulent,
fut sujet aux inconvénients dé l'extrême obésité, et, à peine âgé de
quarante ans, mourut des suites d'une maladie suffocatoire à laquelle il
était devenu sujet.
=Généralités.=
107.--Toute cure de l'obésité doit commencer par ces trois préceptes de
théorie absolue: discrétion dans le manger, modération dans le sommeil,
exercice à pied ou à cheval.
Ce sont les premières ressources que nous présente la science: cependant
j'y compte peu, parce que je connais les hommes et les choses, et que
toute prescription qui n'est pas exécutée à la lettre ne peut pas
produire d'effet.
Or, 1° il faut beaucoup de caractère pour sortir de table avec appétit;
tant que ce besoin dure, un morceau appelle l'autre avec un attrait
irrésistible; et en général on mange tant qu'on a faim, en dépit des
docteurs, et même à l'exemple des docteurs.
2° Proposer à des obèses de se lever matin, c'est leur percer le coeur:
ils vous diront que leur santé s'y oppose; que quand ils se sont levés
matin, ils ne sont bons à rien toute la journée; les femmes se
plaindront d'avoir les yeux battus; tous consentiront à veiller tard,
mais il se réserveront de dormir la grasse matinée; et voilà une
ressource qui échappe.
3° Monter à cheval est un remède cher, qui ne convient ni à toutes les
fortunes, ni à toutes les positions.
Proposez à une jolie obèse de monter à cheval, elle y consentira avec
joie, mais à trois conditions: la première, qu'elle aura à la fois un
beau cheval, vif et doux; la seconde, qu'elle aura un habit d'amazone
frais et coupé dans le dernier goût; la troisième, qu'elle aura un
écuyer d'accompagnement complaisant et beau garçon. Il est assez rare
que tout cela se trouve, et on n'équite pas.
L'exercice à pied donne lieu à bien d'autres objections: il est fatigant
à mourir, on transpire et on s'expose à une fausse pleurésie; la
poussière abîme les bas, les pierres percent les petits souliers, et il
n'y a pas moyen de persister. Enfin si, pendant ces diverses tentatives,
il survient le plus léger accès de migraine, si un bouton gros comme la
tête d'une épingle perce la peau, on le met sur le compte du régime, on
l'abandonne, et le docteur enrage.
Ainsi, restant convenu que toute personne qui désire voir diminuer son
embonpoint doit manger modérément, peu dormir, et faire autant
d'exercice qu'il lui est possible, il faut cependant chercher une autre
voie pour arriver au but. Or, il est une méthode infaillible pour
empêcher la corpulence de devenir excessive, ou pour la diminuer, quand
elle en est venue à ce point. Cette méthode, qui est fondée sur tout ce
que la physique et la chimie ont de plus certain, consiste dans un
régime diététique approprié à l'effet qu'on veut obtenir.
De toutes les puissances médicales, le régime est la première, parce
qu'il agit sans cesse, le jour, la nuit, pendant la veille, pendant le
sommeil; que l'effet s'en rafraîchit à chaque repas, et qu'il finit par
subjuguer toutes les parties de l'individu. Or, le régime antiobésique
est indiqué par la cause la plus commune et la plus active de l'obésité,
et puisqu'il est démontré que ce n'est qu'à force de farines et de
fécules que les congestions graisseuses se forment, tant chez l'homme
que chez les animaux; puisque, à l'égard de ces derniers, cet effet se
produit chaque jour sous nos yeux, et donne lieu au commerce des animaux
engraissés, on peut en déduire, comme conséquence exacte, qu'une
abstinence plus ou moins rigide de tout ce qui est farineux ou féculent
conduit à la diminution de l'embonpoint.
«Ô mon Dieu! allez-vous tous vous écrier, lecteurs et lectrices, ô mon
Dieu! mais voyez donc comme le professeur est barbare! voilà que d'un
seul mot il proscrit tout ce que nous aimons, ces pains si blancs de
Limet, ces biscuits d'Achard, ces galettes de... et tant de bonnes
choses qui se font avec des farines et du beurre, avec des farines et du
sucre, avec des farines, du sucre et des oeufs! Il ne fait grâce ni aux
pommes de terre, ni aux macaronis! Aurait-on dû s'attendre à cela d'un
amateur qui paraissait si bon?
«Qu'est-ce que j'entends là? ai-je répondu en prenant ma physionomie
sévère, que je ne mets qu'une fois l'an; eh bien! mangez, engraissez;
devenez laids, pesants, asthmatiques, et mourez de gras-fondu; je suis
là pour en prendre note, et vous figurerez dans ma seconde édition...
Mais que vois-je? une seule phrase vous a vaincus; vous avez peur, et
vous priez pour suspendre la foudre... Rassurez-vous; je vais tracer
votre régime, et vous prouver que quelques délices vous attendent encore
sur cette terre où l'on vit pour manger.
«Vous aimez le pain: eh bien, vous mangerez du pain de seigle:
l'estimable Cadet de Vaux en a depuis longtemps préconisé les vertus; il
est moins nourrissant, et surtout il est moins agréable: ce qui rend le
précepte plus facile à remplir. Car pour être sûr de soi, il faut
surtout fuir la tentation. Retenez bien ceci, c'est de la morale.
«Vous aimez le potage, ayez-le à la julienne, aux légumes verts, aux
choux, aux racines; je vous interdis pain, pâtes et purées.»
«Au premier service, tout est à votre usage, à peu d'exceptions près:
comme le riz aux volailles et la croûte des pâtés chauds. Travaillez,
mais soyez circonspects, pour ne pas satisfaire plus tard un besoin qui
n'existera plus.»
«Le second service va paraître, et vous aurez besoin de philosophie.
Fuyez les farineux, sous quelque forme qu'ils se présentent; ne vous
reste-t-il pas le rôti, la salade, les légumes herbacés? et puisqu'il
faut vous passer quelques sucreries, préférez la crème au chocolat et
les gelées au punch, à l'orange et autres pareilles.»
«Voilà le dessert. Nouveau danger: mais si jusque-là vous vous êtes bien
conduits, votre sagesse ira toujours croissant. Défiez-vous des bouts de
table (ce sont toujours des brioches plus ou moins parées); ne regardez
ni aux biscuits ni aux macarons; il vous reste des fruits de toute
espèce, des confitures, et bien des choses que vous saurez choisir si
vous adoptez mes principes.»
«Après dîner, je vous ordonne le café, vous permets la liqueur, et vous
conseille le thé et le punch dans l'occasion.»
«Au déjeuner, le pain de seigle de rigueur, le chocolat plutôt que le
café. Cependant je permets le café au lait un peu fort; point d'oeufs;
tout le reste à volonté. Mais on ne saurait déjeuner de trop bonne
heure. Quand on déjeune tard, le dîner vient avant que la digestion soit
faite; on n'en mange pas moins; et cette mangerie sans appétit est une
cause de l'obésité très active, parce qu'elle a lieu souvent.»
=Suite du régime=.
108.--Jusqu'ici je vous ai tracé, en père tendre et un peu complaisant,
les limites d'un régime qui repousse l'obésité qui vous menace:
ajoutons-y encore quelques préceptes contre celle qui vous a atteints.
Buvez, chaque été, trente bouteilles d'eau de Seltz, un très grand verre
le matin, deux avant le déjeuner, et autant en vous couchant. Ayez à
l'ordinaire des vins blancs, légers et acidulés, comme ceux d'Anjou.
Fuyez la bière comme la peste, demandez souvent des radis, des
artichauts à la poivrade, des asperges, du céleri, des cardons. Parmi
les viandes, préférez le veau et la volaille; du pain, ne mangez que la
croûte; dans le cas douteux, laissez-vous guider par un docteur qui
adopte mes principes; et quel que soit le moment où vous aurez commencé
à les suivre, vous serez avant peu frais, jolis, lestes, bien portants
et propres à tout.
Après vous avoir ainsi placés sur votre terrain, je dois aussi vous en
montrer les écueils, de peur que, emportés par un zèle obésifuge, vous
n'outrepassiez le but.
L'écueil que je veux signaler est l'usage habituel des acides que des
ignorants conseillent quelquefois, et dont l'expérience a toujours
démontré les mauvais effets.
=Dangers des acides=.
109.--Il circule parmi les femmes une doctrine funeste, et qui fait
périr chaque année bien des jeunes personnes, savoir: que les acides, et
surtout le vinaigre, sont des préservatifs contre l'obésité.
Sans doute l'usage continu des acides fait maigrir, mais c'est en
détruisant la fraîcheur, la santé et la vie; et quoique la limonade soit
le plus doux d'entre eux, il est peu d'estomacs qui y résistent
longtemps.
La vérité que je viens d'énoncer ne saurait être rendue trop publique;
il est peu de mes lecteurs qui ne pussent me fournir quelque observation
pour l'appuyer, et dans le nombre je préfère la suivante qui m'est en
quelque sorte personnelle.
En 1776, j'habitais Dijon; j'y faisais un cours de droit en la faculté;
un cours de chimie sous M. Guyton de Morveau, pour lors avocat-général,
et un cours de médecine domestique sous M. Maret, secrétaire perpétuel
de l'Académie, et père de M. le duc de Bassano.
J'avais une sympathie d'amitié pour une des plus jolies personnes dont
ma mémoire ait conservé le souvenir. Je dis _sympathie d'amitié_, ce qui
est rigoureusement vrai et en même temps bien surprenant, car j'étais
alors grandement en fonds pour des affinités bien autrement exigeantes.
Cette amitié, qu'il faut prendre pour ce qu'elle a été et non pour ce
qu'elle aurait pu devenir, avait pour caractère une familiarité qui
était devenue, dès le premier jour, une confiance qui nous paraissait
toute naturelle, et des chuchotements à ne plus finir, dont la maman ne
s'alarmait point, parce qu'ils avaient un caractère d'innocence digne
des premiers âges. Louise était donc très jolie, et avait surtout, dans
une juste proportion, cet embonpoint classique qui fait le charme des
yeux et la gloire des arts d'imitation.
Quoique je ne fusse que son ami, j'étais bien loin d'être aveugle sur
les attraits qu'elle laissait voir ou soupçonner, et peut-être
ajoutaient-ils, sans que je pusse m'en douter, au chaste sentiment qui
m'attachait à elle. Quoi qu'il en soit, un soir que j'avais considéré
Louise avec plus d'attention qu'à l'ordinaire: «Chère amie, lui dis-je,
vous êtes malade; il me semble que vous avez maigri.--Oh! non, me
répondit-elle avec un sourire qui avait quelque chose de mélancolique,
je me porte bien; et si j'ai un peu maigri, je puis, sous ce rapport,
perdre un peu sans m'appauvrir.--Perdre, lui répliquai-je avec feu; vous
n'avez besoin ni de perdre ni d'acquérir; restez comme vous êtes,
charmante à croquer;» et autres phrases pareilles qu'un ami de vingt ans
à toujours à commandement.
Depuis cette conversation, j'observai cette jeune fille avec un intérêt
mêlé d'inquiétude, et bientôt je vis son teint pâlir, ses joues se
creuser, ses appas se flétrir... Oh! comme la beauté est une chose
fragile et fugitive! Enfin je la joignis au bal où elle allait encore
comme à l'ordinaire; j'obtins d'elle qu'elle se reposerait pendant deux
contredanses; et mettant ce temps à profit, j'en reçus l'aveu que,
fatiguée des plaisanteries de quelques-unes de ses amies qui lui
annonçaient qu'avant deux ans elle serait aussi grosse que saint
Christophe, et aidée par les conseils de quelques autres, elle avait
cherché à maigrir, et, dans cette vue, avait bu pendant un mois un verre
de vinaigre chaque matin; elle ajouta que jusqu'alors elle n'avait fait
à personne confidence de cet essai.
Je frémis à cette confession: je sentis toute l'étendue du danger, et
j'en fis part dès le lendemain à la mère de Louise, qui ne fut pas moins
alarmée que moi; car elle adorait sa fille. On ne perdit pas de temps;
on s'assembla, on consulta, on médicamenta. Peines inutiles! les sources
de la vie étaient irrémédiablement attaquées; et au moment où on
commençait à soupçonner le danger, il ne restait déjà plus d'espérance.
Ainsi, pour avoir suivi d'imprudents conseils, l'aimable Louise, réduite
à l'état affreux qui accompagne le marasme, s'endormit pour toujours,
qu'elle avait à peine dix-huit ans.
Elle s'éteignit en jetant des regards douloureux vers un avenir qui ne
devait pas exister pour elle; et l'idée d'avoir, quoique
involontairement, attenté à sa vie, rendit sa fin plus douloureuse et
plus prompte.
C'est la première personne que j'aie vue mourir; car elle rendit le
dernier soupir dans mes bras, au moment où, suivant son désir, je la
soulevais pour lui faire voir le jour. Huit heures environ après sa
mort, sa mère désolée me pria de l'accompagner dans une dernière visite
qu'elle voulait faire à ce qui restait de sa fille; et nous observâmes
avec surprise que l'ensemble de sa physionomie avait pris quelque chose
de radieux et d'extatique qui n'y paraissait point auparavant. Je m'en
étonnai: la maman en tira un augure consolateur. Mais ce cas n'est pas
rare. Lavater en fait mention dans son _Traité de la physionomie_.
=Ceinture antiobésique=.
110.--Tout régime antiobésique doit être accompagné d'une précaution que
j'avais oubliée, et par laquelle j'aurais dû commencer: elle consiste à
porter jour et nuit une ceinture qui contienne le ventre, en le serrant
modérément.
Pour en bien sentir la nécessité, il faut considérer que la colonne
vertébrale, qui forme une des parois de la caisse intestinale, est ferme
et inflexible: d'où il suit que tout l'excédant de poids que les
intestins acquièrent, au moment où l'obésité les fait dévier de la ligne
verticale, s'appuie sur les diverses enveloppes qui composent la peau du
ventre, et celles-ci, pouvant se distendre presque indéfiniment[42],
pourraient bien n'avoir pas assez de ressort pour se retraire quand cet
effort diminue, si on ne leur donnait pas un aide mécanique qui, ayant
son point d'appui sur la colonne dorsale elle-même, devînt son
antagoniste et rétablit l'équilibre. Ainsi, cette ceinture produit le
double effet d'empêcher le ventre de céder ultérieurement au poids
actuel des intestins, et de lui donner la force nécessaire pour se
rétrécir quand ce poids diminue. On ne doit jamais la quitter; autrement
le bien produit pendant le jour serait détruit par l'abandon de la nuit;
mais elle est peu gênante, et on s'y accoutume bien vite.
[Note 42: Mirabeau disait d'un homme excessivement gros, que Dieu ne
l'avait créé que pour montrer jusqu'à quel point la peau humaine pouvait
s'étendre sans rompre.]
La ceinture, qui sert aussi de moniteur pour indiquer qu'on est
suffisamment repu, doit être faite avec quelque soin, sa pression doit
être à la fois modérée et toujours la même, c'est-à-dire qu'elle doit
être faite de manière à se resserrer à mesure que l'embonpoint diminue.
On n'est point condamné à la porter toute la vie; on peut la quitter
sans inconvénient quand on est revenu au point désiré, et qu'on y a
demeuré stationnaire pendant quelques semaines. Bien entendu qu'on
observera une diète convenable. Il y a au moins six ans que je n'en
porte plus.
=Du Quinquina=.
111.--Il existe une substance que je crois activement antiobésique;
plusieurs observations m'ont conduit à le croire; cependant, je permets
encore de douter, et j'appelle les docteurs à expérimenter.
Cette substance doit être le quinquina.
Dix ou douze personnes de ma connaissance ont eu de longues fièvres
intermittentes; quelques-unes se sont guéries par des remèdes de bonne
femme, des poudres, etc.; d'autres par l'usage continu du quinquina, qui
ne manque jamais son effet.
Tous les individus de la première catégorie, qui étaient obèses, ont
repris leur ancienne corpulence; tous ceux de la seconde sont restés
dégagés du superflu de leur embonpoint: ce qui me donne le droit de
penser que c'est le quinquina qui a produit ce dernier effet, car il n'y
a eu de différence entre eux que le mode de guérison.
La théorie rationnelle ne s'oppose point à cette conséquence; car, d'une
part, le quinquina, élevant toutes les puissances vitales, peut bien
donner à la circulation une activité qui trouble et dissipe les gaz
destinés à devenir de la graisse; et, d'autre part, il est prouvé qu'il
y a dans le quinquina une partie de tannin qui peut fermer les capsules
destinées, dans les cas ordinaires, à recevoir des congestions
graisseuses. Il est même probable que ces deux effets concourent et se
renforcent l'un l'autre.
C'est d'après ces données, dont chacun peut apprécier la justesse, que
je crois pouvoir conseiller l'usage du quinquina à tous ceux qui
désirent se débarrasser d'un embonpoint devenu incommode. Ainsi,
_dummodo annuerint in omni medicationis genere doctissimi Facultatis
professores_, je pense qu'après le premier mois d'un régime approprié,
celui ou celle qui désire se dégraisser fera bien de prendre pendant un
mois, de deux jours l'un, à sept heures du matin, deux heures avant le
déjeuner, un verre de vin blanc sec, dans lequel on aura délayé environ
une cuillerée à café de bon quinquina rouge, et qu'on en éprouvera de
bons effets. Tels sont les moyens que je propose pour combattre une
incommodité aussi fâcheuse que commune. Je les ai accommodés à la
faiblesse humaine, modifiée par l'état de société dans lequel nous
vivons.
Je me suis pour cela appuyé sur cette vérité expérimentale que, plus un
régime est rigoureux, moins il produit d'effet, parce qu'on le suit mal
ou qu'on ne le suit pas du tout.
Les grands efforts sont rares; et si on veut être suivi, il ne faut
proposer aux hommes que ce qui leur est facile, et même, quand on le
peut, ce qui leur est agréable.