Exoriare aliquis nostris ex ossibas _hoeres!_

En attendant, je vais ouvrir la carrière; car un article sur l'obésité

est de rigueur dans un ouvrage qui a pour objet l'homme en tant qu'il se

repaît.

J'entends par _obésité_ cet état de congestion graisseuse où, sans que

l'individu soit malade, les membres augmentent peu à peu en volume, et

perdent leur forme et leur harmonie primitives.

Il est une sorte d'obésité qui se borne au ventre; je ne l'ai jamais

observée chez les femmes: comme elles ont généralement la fibre plus

molle, quand l'obésité les attaque, elle n'épargne rien. J'appelle cette

variété _gastrophorie_, et _gastrophores_ ceux qui en sont atteints. Je

suis même de ce nombre; mais, quoique porteur d'un ventre assez

proéminent, j'ai encore le bas de la jambe sec, et le nerf détaché comme

un cheval arabe.

[Illustration]

Je n'en ai pas moins toujours regardé mon ventre comme un ennemi

redoutable; je l'ai vaincu et fixé au majestueux; mais pour le vaincre,

il fallait le combattre: c'est à une lutte de trente ans que je dois ce

qu'il y a de bon dans cet essai.

Je commence par un extrait de plus de cinq cents dialogues que j'ai eus

autrefois avec mes voisins de table menacés ou affligés de l'obésité.

L'OBÈSE.--Dieu! quel pain délicieux. Où le prenez-vous donc?

MOI.--Chez M. Limet, rue de Richelieu: il est le boulanger de LL. AA.

RR. le duc d'Orléans et le prince de Condé; je l'ai pris parce qu'il est

mon voisin, et je le garde parce que je l'ai proclamé le premier

panificateur du monde.

L'OBÈSE.--J'en prends note; je mange beaucoup de pain, et avec de

pareilles flûtes je me passerais de tout le reste.

AUTRE OBÈSE.--Mais que faites-vous donc là? Vous recueillez le bouillon

de votre potage, et vous laissez ce beau riz de la Caroline.

MOI.--C'est un régime particulier que je me suis fait.

L'OBÈSE.--Mauvais régime, le riz fait mes délices ainsi que les fécules,

les pâtes et autres pareilles: rien ne nourrit mieux, à meilleur marché,

et avec moins de peine.

UN OBÈSE _renforcé_.--Faites-moi, monsieur, le plaisir de me passer les

pommes de terre qui sont devant vous. Au train dont on va, j'ai peur de

ne pas y être à temps.

MOI.--Monsieur, les voilà à votre portée.

L'OBÈSE.--Mais vous allez sans doute vous servir? il y en a assez pour

nous deux, et après nous le déluge.

MOI.--Je n'en prendrai pas; je n'estime la pomme de terre que comme

préservatif contre la famine; à cela près, je ne trouve rien de plus

éminemment fade.

L'OBÈSE.--Hérésie gastronomique! rien n'est meilleur que les pommes de

terre; j'en mange de toutes les manières; et s'il en paraît au second

service, soit à la lyonnaise, soit au soufflé, je fais ici mes

protestations pour la conservation de mes droits.

UNE DAME OBÈSE.--Vous seriez bien bon si vous envoyiez chercher pour moi

de ces haricots de Soissons que j'aperçois au bout de la table.

MOI, _après avoir exécuté l'ordre en chantant tout bas bas un air

connu_:

Les Sossonnais sont heureux,

Les haricots sont chez eux...

L'OBÈSE.--Ne plaisantez pas; c'est un vrai trésor pour ce pays-là. Paris

en tire pour des sommes considérables. Je vous demande grâce aussi pour

les petites fèves de marais, qu'on appelle _fèves anglaises_; quand

elles sont encore vertes, c'est un manger des dieux.

MOI.--Anathème aux haricots! anathème aux fèves de marais.

L'OBÈSE, _d'un air résolu_.--Je me moque de votre anathème; ne dirait-on

pas que vous êtes à vous seul tout un concile?

MOI, _à une autre_.--Je vous félicite sur votre belle santé; il me

semble, madame, que vous avez un peu engraissé depuis la dernière fois

que j'ai eu l'honneur de vous voir.

L'OBÈSE.--Je le dois probablement à mon nouveau régime.

MOI.--Comment donc?

L'OBÈSE.--Depuis quelque temps je déjeune avec une bonne soupe grasse,

un bowl comme pour deux et quelle soupe encore! la cuiller y tiendrait

droite.

MOI, _à une autre_.--Madame, si vos yeux ne me trompent pas, vous

accepterez un morceau de cette charlotte? et je vais l'attaquer en votre

faveur.

L'OBÈSE.--Eh bien! monsieur, mes yeux vous trompent: j'ai ici deux

objets de prédilection, et ils sont tous du genre masculin: c'est ce

gâteau de riz à côtes dorées, et ce gigantesque biscuit de Savoie; car

vous saurez pour votre règle que je raffole des pâtisseries sucrées.

MOI, _à une autre_.--Pendant qu'on politique là-bas, voulez-vous,

madame, que j'interroge pour vous cette tourte à la frangipane?

L'OBÈSE.--Très volontiers: rien ne me va mieux, que la pâtisserie. Nous

avons un pâtissier pour locataire; et, entre ma fille et moi, je crois

bien que nous absorbons le prix de la location, et peut-être au-delà.

MOI, _après avoir regardé la jeune personne_.--Ce régime vous profite à

merveille; mademoiselle votre fille est une très belle personne, armée

de toutes pièces.

L'OBÈSE.--Eh bien! croiriez-vous que ses compagnes lui disent

quelquefois qu'elle est trop grasse?

MOI.--C'est peut-être par envie...

L'OBÈSE.--Cela pourrait bien être. Au surplus, je la marie, et le

premier enfant arrangera tout cela.

[Illustration]

C'est par des discours semblables que j'éclaircissais une théorie dont

j'avais pris les éléments hors de l'espèce humaine; savoir que la

corpulence graisseuse a toujours pour principale cause une diète trop

chargée d'éléments féculents et farineux, et que je m'assurais que le

même régime est toujours suivi du même effet:

Effectivement, les animaux carnivores ne s'engraissent jamais (voyez les

loups, les chacals, les oiseaux de proie, le corbeau, etc.).

Les herbivores s'engraissent peu, du moins tant que l'âge ne les a pas

réduits au repos; et au contraire ils s'engraissant vite et en tout

temps, aussitôt qu'on leur a fait manger des pommes de terre, des grains

et des farines de toute espèce.

L'obésité ne se trouve jamais ni chez les sauvages, ni dans les classes

de la société où on travaille pour manger et où on ne mange que pour

vivre.

=Causes de l'obésité.=

100.--D'après les observations qui précèdent, et dont chacun peut

vérifier l'exactitude, il est facile d'assigner les principales causes

de l'obésité. La première est la disposition naturelle de l'individu.

Presque tous les hommes naissent avec certaines prédispositions dont

leur physionomie porte l'empreinte. Sur cent personnes qui meurent de la

poitrine, quatre-vingt-dix ont les cheveux bruns, le visage long et le

nez pointu. Sur cent obèses, quatre-vingt-dix ont le visage court, les

yeux ronds et le nez obtus.

Il est donc vrai qu'il existe des personnes prédestinées en quelque

sorte pour l'obésité, et dont, toutes choses égales, les puissances

digestives élaborent une plus grande quantité de graisse.

Cette vérité physique, dont je suis profondément convaincu, influe d'une

manière fâcheuse sur ma manière de voir en certaines occasions.

Quand on rencontre dans la société une demoiselle bien vive, bien rosée,

au nez fripon, aux formes arrondies, aux mains rondelettes, aux pieds

courts et grassouillets, tout le monde est ravi et la trouve charmante,

tandis que, instruit par l'expérience, je jette sur elle des regards

postérieurs de dix ans, je vois les ravages que l'obésité aura faits sur

ces charmes si frais, et je gémis sur des maux qui n'existent pas

encore. Cette compassion anticipée est un sentiment pénible, et fournit

une preuve entre mille autres, que l'homme serait plus malheureux s'il

pouvait prévoir l'avenir.

La seconde des principales causes de l'obésité est dans les farines et

fécules dont l'homme fait la base de sa nourriture journalière. Nous

l'avons déjà dit, tous les animaux qui vivent de farineux s'engraissent

de gré ou de force; l'homme suit la loi commune.

La fécule produit plus vite et plus sûrement son effet quand elle est

unie au sucre: le sucre et la graisse contiennent l'hydrogène, principe

qui leur est commun; l'un et l'autre sont inflammables. Avec cet

amalgame, elle est d'autant plus active qu'elle flatte plus le goût et

qu'on ne mange guère les entremets sucrés que quand l'appétit naturel

est déjà satisfait, et qu'il ne reste plus alors que cet autre appétit

de luxe qu'on est obligé de solliciter par tout ce que l'art a de plus

raffiné et le changement de plus tentatif.

La fécule n'est pas moins incrassante quand elle est charroyée par les

boissons, comme dans la bière et autres de la même espèce. Les peuples

qui en boivent habituellement sont aussi ceux où on trouve les ventres

les plus merveilleux, et quelques familles parisiennes qui, en 1817,

burent de la bière par économie, parce que le vin était fort cher, en

ont été récompensées par un embonpoint dont elles ne savent plus que

faire.

=Suite=.

101.--Une double cause d'obésité résulte de la prolongation du sommeil

et du défaut d'exercice.

Le corps humain répare beaucoup pendant le sommeil; et dans le même

temps il perd peu, puisque l'action musculeuse est suspendue. Il

faudrait donc que le superflu acquis fut évaporé par l'exercice; mais,

par cela même qu'on dort beaucoup, on limite d'autant le temps ou l'on

pourrait agir.

Par une autre conséquence, les grands dormeurs se refusent à tout ce qui

leur présente jusqu'à l'ombre d'une fatigue; l'excédant de

l'assimilation est donc emporté par le torrent de la circulation; il s'y

charge, par une opération dont la nature s'est réservé le secret; de

quelques centièmes additionnels d'hydrogène, et la graisse se trouve

formée, pour être déposée par le même mouvement dans les capsules du

tissu cellulaire.

=Suite=.

102.--Une dernière cause d'obésité consiste dans l'excès du manger et du

boire.

On a eu raison de dire qu'un des privilèges de l'espèce humaine est de

manger sans avoir faim et de boire sans avoir soif; et, en effet, il ne

peut appartenir aux bêtes; car il naît de la réflexion sur le plaisir de

la table et du désir d'en prolonger la durée.

On a trouvé ce double penchant partout où l'on a trouvé des hommes; et

on sait que les sauvages mangent avec excès et s'enivrent jusqu'à

l'abrutissement, toutes les fois qu'ils en trouvent l'occasion.

Quant à nous, citoyens des deux mondes, qui croyons être à l'apogée de

la civilisation, il est certain que nous mangeons trop.

Je ne dis pas cela pour le petit nombre de ceux qui, serrés par

l'avarice ou l'impuissance, vivent seuls et à l'écart: les premiers,

réjouis de sentir qu'ils amassent; les autres, gémissant de ne pouvoir

mieux faire; mais je le dis avec affirmation pour tous ceux qui,

circulant autour de nous, sont tour-à-tour amphitryons ou convives,

offrent avec politesse ou acceptent avec complaisance; qui, n'ayant déjà

plus de besoin, mangent d'un mets parce qu'il est attrayant, et boivent

d'un vin parce qu'il est étranger; je le dis, soit qu'ils siègent chaque

jour dans un salon, soit qu'ils fêtent seulement le dimanche et

quelquefois le lundi; dans chaque majorité immense, tous mangent et

boivent trop, et des poids énormes en comestibles sont chaque jour

absorbés sans besoin.

Cette cause, presque toujours présente, agit différemment suivant la

constitution des individus; et pour ceux qui ont l'estomac mauvais, elle

a pour effet non l'obésité, mais l'indigestion.

=Anecdote=.

103.--Nous en avons sous les yeux un exemple que la moitié de Paris a pu

connaître.

M. Lang avait une des maisons les plus brillantes de cette ville; sa

table surtout était excellente, mais son estomac était aussi mauvais que

sa gourmandise était grande. Il faisait parfaitement les honneurs, et

mangeait surtout avec un courage digne d'un meilleur sort.

Tout se passait bien jusqu'au café inclusivement; mais bientôt l'estomac

se refusait au travail qu'on lui avait imposé, les douleurs

commençaient, et le malheureux gastronome était obligé de se jeter sur

un canapé, où il restait jusqu'au lendemain à expier dans de longues

angoisses le court plaisir qu'il avait goûté.

Ce qu'il y a de très remarquable, c'est qu'il ne s'est jamais corrigé;

tant qu'il a vécu, il s'est soumis à cette étrange alternative, et les

souffrances de la veille n'ont jamais influé sur le repas du lendemain.

Chez les individus qui ont l'estomac actif, l'excès de nutrition agit

comme dans l'article précédent. Tout est digéré, et ce qui n'est pas

nécessaire pour la réparation du corps se fixe et se tourne en graisse.

Chez les autres, il y a indigestion perpétuelle: les aliments défilent

sans faire profit, et ceux qui n'en connaissent pas la cause s'étonnent

que tant de bonnes choses ne produisent pas un meilleur résultat.

On doit bien s'apercevoir que je n'épuise point minutieusement la

matière; car il est une foule de causes secondaires qui naissent de nos

habitudes, de l'état embrassé, de nos manies, de nos plaisirs, qui

secondent et activent celles que je viens d'indiquer.

Je lègue tout cela au successeur que j'ai planté en commençant ce

chapitre, et me contente de préliber, ce qui est le droit du premier

venu en toute matière.

Il y a longtemps que l'intempérance a fixé les regards des observateurs.

Les philosophes ont vanté la tempérance; les princes ont fait des lois

somptuaires, la religion a moralisé la gourmandise; hélas! on n'en a pas

mangé une bouchée de moins, et l'art de trop manger devient chaque jour

plus florissant.

Je serai peut-être plus heureux en prenant une route nouvelle,

j'exposerai les inconvénients physiques de l'obésité; le soin de

soi-même (_self-preservation_) sera peut-être plus influent que la

morale, plus persuasif que les sermons, plus puissant que les lois, et

je crois le beau sexe tout disposé à ouvrir les yeux à la lumière.

=Inconvénients de l'obésité=.

104.--L'obésité a une influence fâcheuse sur les deux sexes en ce

qu'elle nuit à la force et à la beauté.

Elle nuit à la force, parce qu'en augmentant le poids de la masse à

mouvoir, elle n'augmente pas la puissance motrice; elle y nuit encore en

gênant la respiration, ce qui rend impossible tout travail qui exige un

emploi prolongé de la force musculaire.

[Illustration: L'OBÉSITÉ ET LA MAIGREUR.]

L'obésité nuit à la beauté en détruisant l'harmonie de proportion

primitivement établie; parce que toutes les parties ne grossissent pas

d'une manière égale.

Elle y nuit encore en remplissant des cavités que la nature avait

destinées à faire ombre: aussi, rien n'est si commun que de rencontrer

des physionomies jadis très piquantes et que l'obésité à rendues à peu

près insignifiantes.

Le chef du dernier gouvernement n'avait pas échappé à cette loi. Il

avait fort engraissé dans ses dernières campagnes, de pâle il était

devenu blafard, et ses yeux avaient perdu une partie de leur fierté.

L'obésité entraîne avec elle le dégoût pour la danse, la promenade,

l'équitation, ou l'inaptitude pour toutes les occupations ou amusements

qui exigent un peu d'agilité ou d'adresse.

Elle prédispose aussi à diverses maladies, telles que l'apoplexie,

l'hydropisie, les ulcères aux jambes, et rend toutes les autres

affections plus difficiles à guérir.

=Exemples d'obésité=.

105.--Parmi les héros corpulents, je n'ai gardé le souvenir que de

Marius et de Jean Sobieski.

Marius, qui était de petite taille, était devenu aussi large que long,

et c'est peut-être cette énormité qui effraya le Cimbre chargé de le

tuer.

Quant au roi de Pologne, son obésité pensa lui être funeste, car, étant

tombé dans un gros de cavalerie turque devant lequel il fut obligé de

fuir, la respiration lui manqua bientôt, et il aurait été

infailliblement massacré, si quelques-uns de ses aides-de-camp ne

l'avaient soutenu, presque évanoui sur son cheval, tandis que d'autres

se sacrifiaient généreusement pour arrêter l'ennemi.

Si je ne me trompe, le duc de Vendôme, ce digne fils du grand Henri,

était aussi d'une corpulence remarquable. Il mourut dans une auberge,

abandonné de tout le monde, et conserva assez de connaissance pour voir

le dernier de ses gens arracher le coussin sur lequel il reposait au

moment de rendre le dernier soupir.

Les recueils sont pleins d'exemples d'obésité monstrueuse; je les y

laisse pour parler en peu de mots de ceux que j'ai moi-même recueillis.

M. Rameau, mon condisciple, maire de la Chaleur, en Bourgogne, n'avait

que cinq pieds deux pouces, et pesait cinq cents.

M. le duc de Luynes, à côté duquel j'ai souvent siégé, était devenu

énorme; la graisse avait désorganisé sa belle figure, et il avait passé

les dernières années de sa vie dans une somnolence presque habituelle.

Mais ce que j'ai vu de plus extraordinaire en ce genre était un habitant

de New-York, que bien des Français encore existants à Paris peuvent

avoir vu dans la rue de Broadway, assis sur un énorme fauteuil dont les

jambes auraient pu porter une église.

Édouard avait au moins cinq pieds dix pouces, mesure de France, et comme

la graisse l'avait gonflé en tous sens, il avait au moins huit pieds de

circonférence. Ses doigts étaient comme ceux de cet empereur romain à

qui les colliers de sa femme servaient d'anneaux; ses bras et ses

cuisses étaient tubulés, de la grosseur d'un homme de moyenne stature,

et il avait les pieds comme un éléphant, couverts par l'augmentation de

ses jambes; le poids de la graisse, avait entraîné et fait bâiller la

paupière inférieure; mais ce qui le rendait hideux à voir, c'était trois

mentons en sphéroïdes qui lui pendaient sur la poitrine dans la longueur

de plus d'un pied, de sorte que sa figure paraissait être le chapiteau

d'une colonne torse.

Dans cet état, Édouard passait sa vie assis près de la fenêtre d'une

salle basse qui donnait sur la rue, et buvant de temps en temps un verre

d'ale, dont un pitcher de grande capacité était toujours auprès de lui.

Une figure aussi extraordinaire ne pouvait pas manquer d'arrêter les

passants; mais il ne fallait pas qu'ils y missent trop de temps, Édouard

ne tardait pas à les mettre en fuite, en leur disant d'une voix

sépulcrale: «Wat have you to stare like wild cats!... Go your way you

lazy body... Be gone you good fort nothing dogs...» (Qu'avez-vous à

regarder d'un air effaré, comme des chats sauvages?... Passez votre

chemin, paresseux... Allez-vous-en, chiens de vauriens!) et autres

douceurs pareilles.

L'ayant souvent salué par son nom, j'ai quelquefois causé avec lui; il

assurait qu'il ne s'ennuyait point, qu'il n'était point malheureux, et

que si la mort ne venait point le déranger, il attendrait volontiers

ainsi la fin du monde.

De ce qui précède il résulte que si l'obésité n'est pas une maladie,

c'est au moins une indisposition fâcheuse, dans laquelle nous tombons

presque toujours par notre faute.

Il en résulte encore que tous doivent désirer de s'en préserver quand

ils n'y sont pas parvenus, ou d'en sortir quand ils y sont arrivés; et

c'est en leur faveur que nous allons examiner quelles sont les

ressources que nous présente la science aidée de l'observation.

[Illustration]

Physiologie du goût · 第 73 / 139 题