Les petites choses conviennent aux petites gens. _Parvum parva decent._

_Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans un panier._

Il ne faut pas risquer tout son bien dans une seule entreprise.

_Adieu, paniers: vendanges sont faites._

L’occasion est passée, il n’y a plus rien à faire.

C’est le refrain d’une vieille ronde que les vendangeurs chantaient

après avoir terminé leurs travaux.

=PAON.=—_Il est comme le paon qui crie en voyant ses pieds._

C’est ce qu’on dit d’un glorieux qui se fâche quand on lui montre ses

défauts.—On prétend que le paon se met à crier à la vue de ses pieds,

et que son cri, en pareille circonstance, n’est qu’un gémissement

arraché à sa vanité. Cependant Buffon affirme que c’est là une

supposition qu’on n’a pu faire qu’en prêtant nos mauvais raisonnements

à cet oiseau, dont les pieds ne lui ont rien offert de difforme. Mais,

que la chose soit vraie ou supposée, elle n’en a pas moins servi de

fondement à la phrase proverbiale qui n’est pas de fraîche date; car

on trouve dans une chanson de Raimbaud de Vaqueiras ou Vacheiras,

troubadour du XII^e siècle, un passage curieux qui certainement y fait

allusion, s’il n’y a pas donné lieu. Ce poëte dit à sa dame: «Le jour

qu’Amour fit choix de nous deux, votre beauté m’inspira la fierté du

paon, lorsqu’il contemple les brillantes couleurs de son plumage, et

que, tout glorieux, il s’élève au haut des toits. Cet oiseau se livre à

son orgueil jusqu’à ce que, baissant la tête, il aperçoive ses pieds,

etc.»

_Aquel orguelh li tre tro quel cap clina

Que ve sos pes, etc._

=PAPIER.=—_Le papier souffre tout._

C’est-à-dire, il ne faut pas ajouter foi à une chose, par la seule

raison qu’elle est écrite ou imprimée; car on peut mettre sur le papier

tout ce que l’on veut.—Dans un manifeste rédigé en français et publié

par Charles-Quint, en réponse à une déclaration de guerre de François

1^{er} et de Henri VIII, ligués contre lui, on trouve cette phrase

curieuse qui fait allusion au proverbe et en prouve l’ancienneté: «Le

papier montre bien qu’il est doux, vu que l’on a écrit tout ce que l’on

a voulu.»

Le comte de Ségur a rapporté, dans ses Mémoires, une anecdote qui a

ici naturellement sa place: «Diderot, que l’impératrice Catherine

avait appelé auprès d’elle, lui avait conseillé de grandes innovations

qu’elle n’accomplissait point. Le philosophe, un jour, lui en témoigna

sa surprise avec une sorte de fierté mécontente.—M. Diderot, lui

répondit l’impératrice, avec tous vos grands principes, que je

comprends très bien, on ferait de bons livres et de mauvaise besogne.

Vous oubliez, dans tous vos plans de réforme, la différence de nos deux

positions. Vous, philosophe, vous ne travaillez que sur _le papier qui

souffre tout_; il est uni, souple, et n’offre d’obstacles ni à votre

imagination, ni à votre plume; tandis que moi, pauvre impératrice,

je travaille sur la peau humaine qui est bien autrement irritable et

chatouilleuse.»

=PÂQUES.=—_Donner à quelqu’un les œufs de Pâques._

C’est lui faire quelque petit présent dans le temps de Pâques. «C’était

un usage commun à tous les peuples agricoles d’Europe et d’Asie

de célébrer la fête du nouvel an en mangeant des œufs; et les œufs

fesaient partie des présents qu’on s’envoyait ce jour-là. On avait même

soin de les teindre en plusieurs couleurs, surtout en rouge, couleur

favorite des anciens peuples et des Celtes en particulier. Mais la fête

du nouvel an se célébrait à l’équinoxe du printemps, c’est-à-dire au

temps où les chrétiens ne célèbrent plus que la fête de Pâques, tandis

qu’ils ont transporté le nouvel an au solstice d’hiver. Il est arrivé

de là que la fête des œufs a été attachée chez eux à la Pâque, et qu’on

n’en a plus donné au nouvel an. Cependant, ce n’a point été par le

simple effet de l’habitude, mais par la raison qui fesait attribuer

à la fête de Pâques les mêmes prérogatives qu’au nouvel an, celles

d’être un renouvellement de toutes choses, comme chez les Persans,

et celles d’être d’abord le triomphe du soleil physique, et ensuite

celui du soleil de justice, du Sauveur du monde, sur la mort par la

résurrection.» (Court de Gébelin.)

Les œufs, chez les Égyptiens, étaient l’emblème sacré du renouvellement

du monde après le déluge. Les Juifs les adoptèrent comme un type du

renouvellement de leur nation par la sortie d’Égypte, et, à la fête

de Pâques, ils les plaçaient sur la table avec l’agneau pascal. Les

chrétiens les prirent pour symbole de la résurrection dont Jésus-Christ

leur avait donné l’exemple et le précepte; et ils préférèrent aux

diverses couleurs dont on les teignait, la couleur rouge, en mémoire

de l’effusion de son sang sur la croix. _Ova rubro colore inficiuntur

in memoriam effusi sanguinis Salvatoris_, est-il dit dans un ouvrage

curieux intitulé: _De Ludis orientalibus_.

=PARENT.=—_L’amour des parents descend et ne remonte pas._

Helvétius a dit: «L’homme hait la dépendance. De là peut-être sa haine

pour ses père et mère, et le proverbe fondé sur une observation commune

et constante: _L’amour des parents descend et ne remonte pas._» Il a

pris le proverbe dans un sens affreusement exagéré. Le véritable sens

est que l’amour des père et mère pour les enfants surpasse celui des

enfants pour les père et mère. La nature, veillant à la conservation

des espèces, a voulu donner la plus grande énergie au sentiment

paternel et maternel, afin d’enchaîner les parents à tous les soins

nécessaires pour protéger la frêle existence des enfants, et nous

voyons qu’elle a agi ainsi dans tous les animaux comme dans l’homme.

Elle n’a pas développé de même, il est vrai, le sentiment filial; mais,

de cette disproportion qu’elle a laissée dans l’amour, il y a bien loin

jusqu’à la haine. L’une est dans la nature, et l’autre est dénaturée,

dit La Harpe, en réfutant l’opinion d’Helvétius dans une de ses belles

pages qu’il termine par ces paroles remarquables: «Le plus funeste

effet de ces calomnieux paradoxes, c’est qu’en les lisant l’ingrat et

le fils dénaturé pourront se dire qu’ils sont comme les autres hommes.

Méritent-ils le titre de philosophes, ceux qui n’ont écrit que pour la

justification des monstres?»

=PARESSEUX.=—_Le paresseux est frère du mendiant._

Un autre proverbe dit: _Celui qui néglige son bien est frère de celui

qui le dissipe_; ce qui est pris de ces paroles de Salomon: _Qui mollis

et dissolutus est in opere suo frater est sua opera dissipantis_.

(Parabol., ch. XVIII, v. 9.)

Ces deux proverbes contiennent implicitement toute la théorie du

paupérisme.

Les provençaux disent: _Le champ du paresseux est plein de mauvaises

herbes_.

=PARLER.=—_Trop gratter cuit, trop parler nuit._

Il faut résister aux démangeaisons de la langue comme à celles de la

peau.—Zénon disait à ses disciples: Souvenez-vous que la nature nous a

donné deux oreilles et une seule bouche, pour nous apprendre qu’il faut

plus écouter que parler.

_Os unum natura duas formavit et aures,

Ut plus audiret quam loqueretur homo._

_El poco hablar es oro, y el mucho es lodo. Le peu parler est or, et le

trop est boue._ (Prov. espag.)

_Chi parla semina, e chi tace raccoglie. Qui parle sème, et qui se tait

recueille._ (Prov. ital.)

_Qui parle beaucoup, dit beaucoup de sottises._

_In multiloquio non deerit peccatum._ (Salomon, Prov. CX, v. 19.)

Athénée appelle _logodiarrhée_, un flux de paroles que la réflexion n’a

point digérées, et Voltaire a employé ce terme expressif qui mériterait

d’être admis dans nos vocabulaires.

=PARTAGE.=—_C’est le partage de Montgommery, tout d’un côté et rien de

l’autre._

Montgommery est le nom d’une illustre famille de Normandie, où la

coutume voulait que les aînés eussent presque tout. Cette famille

a été choisie sans doute de préférence à toute autre pour figurer

dans la phrase proverbiale, à cause des biens et des priviléges

nombreux qu’elle possédait, et peut-être aussi à cause des abus non

moins nombreux qui s’y joignaient.—Il n’y avait pas, dans la haute

Normandie, de terre dont la mouvance eût autant d’étendue que celle du

comté de Montgommery. On comptait cent cinquante fiefs ou arrière-fiefs

qui en relevaient, suivant un dénombrement fait en 1548 et déposé à la

Bibliothèque royale.

_C’est le partage de Cormery._

Expression synonyme de la précédente.—Il y avait en Touraine une

célèbre abbaye de ce nom, fondée par Alcuin, la vingt-deuxième année

du règne de Charlemagne, qui la dota de la plus grande partie des

biens des moines de Saint-Martin de Tours, lorsque ces moines eurent

été massacrés dans une émeute par les bourgeois de cette ville.

Plusieurs couvents qui comptaient avoir le noyau de la succession,

n’en ayant rien retiré, ou presque rien, furent très désappointés et

se plaignirent de l’inégalité du partage, ce qui donna lieu, dit-on, à

l’expression proverbiale.

Le fait sur lequel repose cette explication peut être controversé.

Il est plus probable que l’expression est venue de ce que _cormery_

signifiait autrefois _cœur marri_; car, dans un partage fait de _cœur

marri_, c’est-à-dire à contre-cœur, on cherche à donner le moins qu’on

peut.

=PAS.=—_Pas à pas on va bien loin._

Quand on va toujours, on ne laisse pas d’avancer, quoiqu’on aille

lentement.—Ce n’est pas de courir qu’il importe, mais de ne pas

s’arrêter en chemin. Une marche précipitée produit bientôt la fatigue,

et par conséquent le retard, tandis qu’une marche mesurée dure

longtemps et ménage le moyen d’aller plus loin.

Les Italiens disent: _Chi va piano, va sano; chi va sano, va bene;

chi va bene, va lontano_. _Qui va doucement, va sainement; qui va

sainement, va bien; qui va bien, va loin_.

_Il n’y a que le premier pas qui coûte._

En toute affaire, le commencement est ce qu’il y a de plus difficile.

_Commencer, c’est le grand travail_, dit un autre proverbe. Le cardinal

de Polignac racontait un jour, devant madame du Deffant, le martyre de

saint Denis, qui, ayant été décapité à Montmartre, releva sa tête et

la porta dans ses mains jusqu’à l’endroit où on lui bâtit depuis une

église[71]. Comme son Éminence avait l’air d’insister sur la longueur

de la route que le saint avait parcourue en cet état, la spirituelle

dame lui dit: «Monseigneur, _il n’y a que le premier pas qui coûte_.»

=PATELIN.=—_C’est un patelin._

C’est-à-dire un homme souple et artificieux qui, par des paroles

flatteuses et insinuantes fait venir les autres à ses fins.—_Patelin_

était le nom d’un acteur qui joua le rôle de l’avocat dans

l’ancienne farce qui a pris ce nom. «Nos ancestres,» dit E. Pasquier

(_Recherches_, liv. VIII, ch. 59), «trouvèrent ce maistre Pierre

Patelin avoir si bien représenté le personnage pour lequel il estoit

introduit, qu’ils mirent en usage le mot de _patelin_, pour signifier

celui qui, par de beaux semblants, enjauloit, et de lui firent

_pateliner_ et _patelinage_.»

=PATIENCE.=—_La patience vient à bout de tout._

Les Orientaux, pour exprimer les succès que la patience obtient presque

toujours, disent: _On parvient à chasser le lièvre avec une charrette_;

proverbe dont nous avons l’analogue dans celui-ci: _Une vache prend

bien un lièvre_.

Les Allemands se servent d’un proverbe assez plaisant pour marquer la

force de la patience: _Geduld über Windet Sauer kraut_. _La patience

l’emporte sur la choûcroute._

_La patience est amère, mais son fruit est doux._

Isocrate a dit de même, en parlant de la science: _Elle a des racines

amères, mais son fruit est doux_; et peut-être est-ce le mot de cet

orateur qui a suggéré le proverbe.—Si la patience n’est point exempte

de peines, elle sait du moins les diminuer de moitié et les adoucir,

tandis que l’impatience les double et les envenime. Ainsi, tout est

profit dans la patience.

Saint Augustin a très bien dit: _Vera animi tranquillitas in patientiæ

sinu_. _La vraie tranquillité de l’esprit repose au sein de la

patience._

_La patience est la clef de la joie._ (Prov. arabe.)

_Patience! disent les ladres._

_Patience_ est mis ici par allusion à la plante du même nom qu’on

employait comme remède dans le traitement de la ladrerie ou lèpre. Ce

calembourg proverbial, qu’on trouve dans Rabelais (liv. V, ch. 1),

fait de la patience l’apanage de l’insensibilité, car le mot ladre se

prenait aussi dans le sens d’insensible. Un autre proverbe dit que _la

patience est la vertu des sots et des ânes_. Cela peut être vrai; mais

il est encore plus vrai que la patience est la qualité distinctive de

la raison et du courage. _Prudens qui patiens._—_Fortis qui patiens._

On lit dans les Paraboles de Salomon (ch. XXIX, v. 11): _Doctrina viri

per patientiam noscitur_. _La sagesse d’un homme se connaît par sa

patience._

=PATISSIER=.—_Il a honte bue; il a passé par-devant l’huis du

pâtissier._

C’est un homme sans pudeur, habitué à braver le respect humain.

Cette façon de parler est venue, suivant l’abbé Tuet, de ce que les

pâtissiers tenaient cabaret sur le derrière de leur maison. Les gens

qui voulaient garder quelque décorum y entraient par une porte dérobée;

et, quand un débauché y entrait par la boutique, on disait de lui

qu’_il avait honte bue_, etc.

Il est plus probable que cette façon de parler est une allusion aux

formes obscènes de certaines pâtisseries qu’on voyait étalées sur le

devant de la boutique. La Bruyère-Champier (_Bruyerinus Campegius_),

médecin de François I^{er}, nous apprend qu’elles représentaient les

parties sexuelles de l’homme et de la femme. _Quædam pudenda muliebria,

aliæ virilia (si diis placet) representant: adeo degeneravere boni

mores ut etiam christianis obscœna et pudenda in cibis placeant._ (_De

re cibariâ_, lib. VI, c. 7.)

Cet impudique usage avait été transmis des païens aux chrétiens. Les

boulangers romains étalaient des pains de forme obscène. Le _pain des

athlètes_, que Juvénal appelle _coliphia_ dans sa seconde satire,

et qui était fait de manière à donner de la vigueur à ceux qui le

mangeaient, représentait le signe de la virilité. Les deux vers

suivants de Martial ne laissent point de doute là-dessus:

_Si vis esse Satur, nostrum potes esse Priapum;_

_Ipsa licet rodas inguina, purus eris_

=PATTE-PELU.=—_C’est un patte-pelu._

C’est un rusé qui va adroitement à ses fins sous des apparences de

douceur et d’honnêteté. On dit aussi d’une femme qui use de pareils

artifices: _C’est une patte-pelue_.

Furetière pense que _patte-pelu_ est une allusion à la fable du loup

qui montrait _patte_ de brebis à l’agneau pour le surprendre. D’autres

le regardent comme un sobriquet du chat, hypocrite qui cache ses

griffes dans le velours et égratigne en caressant. Suivant l’opinion la

plus accréditée et la plus vraisemblable, ce mot rappelle Jacob qui,

par le conseil de Rebecca, dont il était l’enfant gâté, enveloppa ses

mains de la peau d’un chevreau, pour attraper son bonhomme de père qui

n’y voyait que du bout des doigts, et escamoter la bénédiction que ce

pauvre aveugle destinait au malheureux Ésaü, déjà trompé par son cadet

sur la vente d’un plat de lentilles qu’il devait payer de son droit

d’aînesse.

=PAUVRE.=—_Qui donne au pauvre, prête à Dieu._

Salomon a dit: _Fœneratur Domino qui miseretur pauperis_ (Prov. CXIX,

v. 17). _Celui qui a pitié du pauvre, prête à Dieu._

_La main du pauvre est la bourse de Dieu._

Proverbe pris de cette belle pensée de saint Ambroise: _In paupere

absconditur Deus; manum porrigit pauper, et accipit Deus_. _Dieu se

cache dans le pauvre; et, quand le pauvre tend la main, Dieu reçoit._

_Donner au pauvre n’appauvrit pas._

Donner au pauvre, c’est bénéficier avec le ciel. L’aumône est, dans

l’esprit de la religion, une usure sainte, un gain assuré. Il n’y a

pas, dit saint Clément, de champ si fertile qui rende autant qu’elle,

_cuinam agri tantùm profuerint quantùm gratificari?_

_Tout le monde tombe sur le pauvre._

Ce proverbe est un résumé du passage de l’Ecclésiastique (ch. XIII, v.

25, 27, 29): «Si le riche est ébranlé, ses amis le soutiennent; mais si

le pauvre commence à tomber, ses amis même contribuent à sa chute.—Si

le pauvre a été trompé, on lui fait encore des reproches; s’il parle

sagement, on ne veut pas l’écouter.—S’il fait un faux pas, on le fait

tomber tout-à-fait.»

Les Allemands disent: _An das Armut will jedermann die Schuch wischen_.

_Chacun veut essuyer ses pieds sur la pauvreté._

=PAUVRETÉ.=—_Pauvreté n’est pas vice._

Pour être pauvre, on n’en est pas moins honnête homme; on a tort de

compter la richesse avant le mérite.

Cette réclamation proverbiale n’a presque pas de valeur dans ce siècle

où l’argent est tout. La probité indigente se voit condamnée à

l’humiliation et au mépris, et si quelqu’un fait observer que _pauvreté

n’est pas vice_, tout le monde est prêt à répondre comme Dufresny:

_C’est bien pis_.

Nos pères disaient: _Pauvreté n’est pas vice; mais c’est une espèce de

ladrerie, chacun la fuit_.—La _ladrerie_, ou lèpre, était, dans le

moyen-âge, une maladie non moins redoutée que la peste. On retranchait

de la société les malheureux atteints de cette maladie, et l’on ne

souffrait pas même qu’après leur mort, leurs cendres fussent mêlées,

dans les cimetières, avec celles des autres hommes.

=PAYS.=—_Il est bien de son pays._

Cette expression proverbiale est regardée comme une variante de cette

autre employée par Brantôme: _Il sent bien son patois_. Un homme _qui

est bien de son pays_, ou _qui sent bien son patois_, est, au propre,

un homme qui s’est toujours tenu dans le lieu de sa naissance, qui ne

sait point parler autrement qu’on y parle; et, au figuré, un homme bien

novice, bien simple.—Rien ne forme tant les hommes que les voyages, et

ce n’est pas sans raison que l’on compare le monde à un grand livre, où

celui qui n’a point quitté son pays natal n’a lu qu’un feuillet.

L’expression _il est bien de son pays_ fait le sel de l’épigramme

suivante de Ménage contre l’imprimeur Journel, qui avait refusé de

mettre sous presse un passage des _Origines de la langue française_,

relatif aux _badauds de Paris_:

De peur d’offenser sa patrie,

Journel, mon imprimeur, digne enfant de Paris,

Ne veut rien imprimer sur la badauderie,

_Journel est bien de son pays_.

=PÉCHÉ.=—_Péché caché est à demi pardonné._

Quand le scandale ne se joint pas au péché, le péché en est moindre,

comme il est aussi plus grand dans le cas contraire.—_Qui delinquit

apertè bis reus est: agit simul et docet_. _Celui qui pèche

publiquement est deux fois coupable: il fait le mal et enseigne à le

faire._

=PEINE.=—_A chaque jour suffit sa peine._

C’est assez des peines du présent: il ne faut point les augmenter par

la douleur de celles du passé, ni par la crainte de celles de l’avenir;

car, dans le premier cas, on se tourmente toujours trop tard, et,

dans le second, toujours trop tôt. Ce proverbe est pris du passage

suivant de l’Évangile selon saint Mathieu (ch. VI, v. 34): _Nolite ergo

solliciti esse in crastinum: crastinus enim dies sollicitus erit sibi

ipsi_. SUFFICIT DIEI MALITIA SUA. _Ne soyez donc point en souci pour

le lendemain, car le lendemain prendra soin de ce qui le regarde_: A

CHAQUE JOUR SUFFIT SA PEINE.

On rapporte que Napoléon, exilé à Sainte-Hélène, répétait souvent ce

proverbe.

_La peine et le plaisir se suivent._

Ésope dit que Jupiter voulut, un jour, mêler ensemble la volupté et la

douleur; et que, n’ayant pu en venir à bout, il ordonna qu’elles se

suivraient mutuellement. Ainsi, quand la douleur précède, la volupté la

suit, et réciproquement.

Antisthène recommandait de chercher les plaisirs qui suivent la peine,

et non pas ceux qui la précèdent.

=PÈLERIN.=—_Je connais le pèlerin._

C’est probablement le fabliau de _la Confession du renard_ qui a donné

naissance à cette expression, où le mot _pèlerin_ est pris dans le

sens de rusé et matois. Ce renard, obligé par son confesseur d’aller

chercher à Rome l’absolution de ses péchés, met une écharpe à son cou,

prend le bourdon, et s’achemine vers la ville sainte, en compagnie d’un

âne et d’un bélier, ses voisins, qu’il a décidés à le suivre, à force

d’instances et en leur offrant la perspective d’une foule d’avantages

attachés à cette pieuse pérégrination. Nos trois _romipètes_ courent

quelque temps par monts et par vaux, mais ils n’accomplissent pas leur

mission; car leur zèle se refroidit, et le mal du retour les gagne au

milieu de diverses aventures fâcheuses qui leur arrivent. Cependant ils

échappent à tous les dangers, grâce à l’adresse du renard, dont la

conduite, en ces conjonctures, est un modèle achevé de finesse et de

ruse.

_Rouge au soir, blanc au matin,

C’est la journée du pèlerin._

Lorsque le ciel est rougi par le soleil couchant, on peut en conclure

qu’il n’y a que des vapeurs légères qui se dissiperont au premier

souffle de l’air, au lieu de se condenser pour se résoudre en pluie,

comme font les nuages noirs, imperméables aux rayons lumineux; de

là ce proverbe emprunté de l’Évangile selon saint Mathieu (ch. XVI,

v. 2): _Facto vespere dicitis: Serenum erit, rubicundum enim est

cœlum_.—_Vous dites le soir: Il fera beau demain, car le ciel est

rouge._

Ce proverbe a été développé poétiquement par M. de Lamartine dans ces

vers de sa cinquième harmonie:

On regarde descendre avec un œil d’amour,

Sous les monts, dans les mers, l’astre poudreux du jour,

Et, selon que son disque, en se noyant dans l’ombre,

Creuse une ornière d’or ou laisse un sillon sombre,

On sait si, dans le ciel, l’aurore de demain

Doit ramener un jour nébuleux ou serein.

Quelquefois on fait un changement au proverbe, en disant:

_Rouge le soir, blanc le matin,

Ravit le cœur du pèlerin._

Et alors on rappelle en même temps une observation météorologique et un

précepte d’hygiène, par une double allusion à la couleur du ciel et à

la couleur du vin, qu’on recommande de boire blanc le matin et rouge le

soir. Cette variante se trouve en ces termes dans _le Vrai régime des

bergers_, par Jean de Brie (f^o 27, _verso_): _Rouge vespre et blanc

matin réjouissent le pèlerin_.

Observons que le mot _pèlerin_ désigne un homme en voyage; ce qui

prouve que le proverbe est d’une époque très ancienne, où le mot

voyageur n’était pas encore connu.

=PENDU.=—_Avoir de la corde de pendu._

C’est avoir un bonheur constant et inaltérable, particulièrement au

jeu.—Pline le Naturaliste, nous apprend (liv. XXVIII, ch. 4) qu’à

Rome, le peuple croyait que la corde qui avait serré le cou d’un pendu

possédait plusieurs vertus merveilleuses, entre autres celle d’apaiser

une violente migraine, dès l’instant qu’on se l’appliquait sur les

tempes. Chez nos bons aïeux, la crédulité était plus grande encore: on

pensait que la fièvre quarte, la colique, la sciatique, le mal de dents

et d’autres maux ne pouvaient manquer de céder à l’efficacité d’un tel

spécifique. On se figurait surtout qu’il suffisait d’avoir dans la

poche un petit bout de cette précieuse corde, pour se ménager toutes

les chances favorables du jeu, et c’est là ce qui donna naissance à

l’expression proverbiale. Les joueurs aujourd’hui ne sont pas moins

superstitieux. Ils ne portent plus de la corde de pendu, parce qu’on

a cessé de pendre; mais ils ont foi à d’autres amulettes. Les paysans

qui vont jouer aux foires et aux fêtes de village, ont soin de mettre

dans leurs habits une plume de roitelet, persuadés que cette plume doit

être un gage infaillible de bonheur; et, s’ils perdent, malgré cela,

n’allez pas vous imaginer que leur persuasion en soit affaiblie. Ils

s’accusent tout simplement d’avoir exposé leur enjeu contre des gens

qui s’étaient munis comme eux et mieux qu’eux de _la plume gagnante_.

Ainsi, l’influence du roitelet n’est jamais en défaut. Eh! comment

pourrait-elle l’être! Le roitelet, disent-ils, est l’oiseau du bon

Dieu; il assistait à la naissance de l’enfant Jésus; il fesait son nid

au bord de la crèche; et c’est pour rappeler cette tradition qu’il

paraît tous les ans à Noël.

L’influence que nos paysans attribuent au roitelet est attribuée, en

Allemagne, à la chauve-souris, témoin cette expression proverbiale qui

correspond à la nôtre: _Ein Fledermaus Herz haben_. _Avoir un cœur de

chauve-souris._

_L’espoir du pendu, que la corde casse._

Autrefois on fesait grâce à un condamné, si la corde rompait pendant

l’exécution, parce que l’on pensait que l’indulgence du ciel avait

permis cet incident en faveur du repentir, et le peuple ne souffrait

point qu’on dérogeât à cette coutume, dont nos vieilles chroniques

rapportent plusieurs exemples. Mais comme elle devint très abusive,

elle fut abrogée par tous les parlements, à l’exemple de celui de

Bordeaux, dont un fameux arrêt, du 24 avril 1524, disait expressément

que toutes les condamnations capitales, au supplice de la corde,

contiendraient à l’avenir cette formule: _Pendu, jusqu’à ce que mort

s’ensuive_.

_Il ne faut point parler de corde dans la maison d’un pendu._

Il ne faut point parler de choses qui peuvent être reprochées à ceux

devant qui on parle.—Ce proverbe était autrefois ainsi: _Il ne faut

point parler de corde devant un pendu_, parce que, grâce à l’usage

dont il est question dans l’article précédent, il y avait un assez

grand nombre de pendus sauvés par la rupture de la corde. Le célèbre

calligraphe Hamon de Blois était un de ces _échappés de la potence_,

qu’on voyait se promener et voyager librement, portant dans leur poche,

pour passe-port, l’extrait du procès-verbal de leur exécution.

_Aussitôt pris, aussitôt pendu._

On prétend que cette locution proverbiale est une allusion à la

malheureuse destinée de Barnabé Brisson, de Claude Larcher, tous deux

conseillers au parlement, et de Jean Tardif, conseiller au Châtelet,

qui furent arrêtés par la faction des Seize, le 15 novembre 1591, à

neuf heures du matin, confessés à dix et pendus à onze. Mais c’est une

erreur; car l’expression existait avant l’exécution de ces trois nobles

défenseurs de l’autorité royale. Elle a dû son origine à la juridiction

policielle de la maréchaussée. Cette milice, dont les attributions

étaient autrefois beaucoup plus étendues qu’aujourd’hui, avait des

magistrats, des procureurs du roi et des greffiers qui chevauchaient

avec elle, et qui, dans le cas de délits commis sur les grands chemins,

se constituaient sur le champ en tribunal pour les juger. Rien n’était

plus expéditif que cette justice ambulante, déjà organisée du temps de

Charles V; et malheur au coupable qu’elle appréhendait: _Aussitôt pris,

aussitôt pendu_.

_Qui est destiné à être pendu n’est jamais noyé._

_Le gibet ne perd jamais ses droits._—Pendant les guerres d’Italie,

sous Louis XII, Gaston de Foix, duc de Nemours, chef de l’armée

française, ayant entendu parler, à Carpy, d’un fameux astrologue de

cette ville, le fit appeler pour le consulter. Plusieurs officiers,

qui se trouvaient en ce moment auprès du prince, voulurent se faire

tirer leur horoscope. Il y avait parmi eux un aventurier, nommé Jacquin

Caumont, à qui l’astrologue prédit qu’il serait pendu avant trois mois.

Deux jours après, ledit Jacquin passant de nuit sur un mauvais pont de

bois qui joignait les deux bords d’un canal profond, tomba au milieu

de l’eau, où il aurait infailliblement péri, si des bateliers ne l’en

eussent retiré. Mais il n’échappa à cette mort que pour en subir une

autre plus malheureuse. Il ne fut pas noyé, parce qu’il devait être

pendu; et c’est ce qui lui arriva dans les limites du temps marqué

par la prédiction. Le seigneur de La Palisse, appelé au commandement

de l’armée en remplacement du duc de Nemours, tué à la bataille de

Ravenne, fit accrocher notre homme à une potence, dans cette ville,

en plein marché, pour le punir de s’être rendu coupable de pillage.

Estienne Pasquier (_Recherches_, liv. VIII, ch. 41) rapporte avec

beaucoup de détails ce fait, qui a donné, dit-il, naissance au vieux

proverbe: _Qui a à pendre n’a à noyer_.

Rabelais (liv. IV, chap. 24) fait plaisamment allusion à ce proverbe:

«Par le digne froc que je porte, dist frère Jean à Panurge, durant la

tempeste tu as eu paour sans cause et sans raison, car tes destinées

fatales ne sont à périr en eaue. Tu seras hault en l’aer certainement

pendu ou bruslé..... Panurge, mon amy, n’aye jamais paour de l’eaue,

je t’en prie; par élément contraire sera ta vie terminée.—Voire,

respondit Panurge; mais les cuisiniers des diables resvent quelquefois

et errent en leur office, et mettent souvent bouillir ce qu’on

destinoit pour roustir.»

Les Danois disent: _Han drukner ikke som henge skal, uden vandet gaaer

over galgen_. _Celui qui doit être pendu ne sera pas noyé, à moins que

l’eau ne déborde jusqu’à la potence._

Comme le proverbe est aussi ancien en Danemark qu’en France, on peut en

conclure qu’il n’a pas eu l’origine qui lui est assignée par Pasquier,

et qu’il a été imaginé pour exprimer l’action de la fatalité. Le

philosophe Posidonius avait déjà signalé cette action dans l’histoire

d’un homme à qui les oracles avaient prédit qu’il périrait sous les

eaux, et qui, échappé à tous les dangers de la mer, se noya dans un

ruisseau.

=PENSÉE.=—_Vous saurez ma pensée._

C’est ce que nous disons à une personne qui boit dans le verre où nous

venons de boire, parce que le verre est imprégné d’émanations récentes

auxquelles on peut bien supposer quelque influence sympathique.

_Les pensées ne paient point de douane ou de péage._

Les pensées sont libres et ne coûtent rien. On peut en rouler tant

qu’on veut dans sa tête. Mais, parmi ces pensées affranchies du

contrôle, il en est beaucoup qui sont des marchandises de contrebande,

et que le diable confisque à son profit.

=PERCÉ.=—_Être bas percé._

Expression qu’on applique à une personne dont les affaires sont en

mauvais état, dont la bourse est à peu près vide comme un tonneau _bas

percé_; car on perce bas les tonneaux où il ne reste presque plus de

liquide.

=PÈRE.=—_Ou ne peut contenter tout le monde et son père._

On n’obtient pas l’approbation de son père par les mêmes moyens que

celle des étrangers, et l’on plaît rarement à son père, quand on veut

plaire à tout le monde.—Ce proverbe, dont La Fontaine a fait usage

dans la fable intitulée: _le Meunier, son Fils et l’Ane_, se trouve

dans une lettre écrite au savant Nicolas par Léonard Arétin, surnommé

Brunus, auteur du XV^e siècle.

=PERLE.=—_Les perles, quoique mal enfilées, ne laissent pas d’être

précieuses._

Les bonnes choses qu’on dit, quoique mal liées, ne laissent pas d’avoir

du prix.—Ce proverbe est pris d’une maxime littéraire des Arabes, qui

distinguent deux sortes de compositions poétiques, dont ils comparent

l’une à des perles détachées et l’autre à des perles enfilées. Dans

la première, l’art des transitions n’existe point. Les phrases et les

vers s’y succèdent sans avoir ensemble un rapport marqué, et toute leur

beauté consiste dans l’élégance de l’expression ou dans la justesse de

la pensée. C’est le même genre de composition que celui des Proverbes

de Salomon, du livre de Job et de tous les livres antérieurs à ceux des

Grecs, car ce sont les Grecs qui, les premiers, ont donné une forme

parfaitement régulière aux ouvrages de poésie.

=PERRUQUE.=—_C’est une tête à perruque._

Cette expression par laquelle on désigne un homme à routine, un homme

de très peu d’esprit, équivaut à tête de bois, tête incapable de

penser, tête qui n’est bonne qu’à porter perruque. L’accessoire est

pris pour le principal.

L’abbé de Saint-Pierre, qui avait une opinion fort opposée au célibat

des prêtres et une conduite très analogue à cette opinion, fesait

apprendre le métier de perruquier à tous les enfants que lui donnaient

ses chambrières; et quand ses amis lui demandaient pour quel motif il

préférait ce métier à tout autre, sa réponse était: C’est que _les

têtes à perruque_ ne manqueront jamais.

_Donner une perruque à quelqu’un._

C’est lui faire une réprimande, lui infliger une punition. Cette

façon de parler triviale a pris naissance dans quelque couvent de

bénédictins ou d’autres moines que leur règle obligeait d’avoir la

tête rasée, comme _serfs de Dieu_. Lorsque ces religieux renvoyaient

un novice, reconnu indigne d’être admis à faire profession, ils lui

remettaient une perruque, en remplacement de ses cheveux qui avaient

été rasés, afin qu’il pût reparaître dans le monde sans scandale; et

les admoniteurs, prenant occasion de cela, disaient ordinairement aux

autres novices: Prenez garde de vous faire _donner une perruque_, de

_recevoir une perruque_; d’où vint l’emploi de ce mot dans le sens

figuré de réprimande et de correction.

=PERSÉVÉRANCE.=—_La persévérance vient à bout de tout._

Avec quelque lenteur que la persévérance marche, son succès est

certain, parce qu’elle ne perd pas son objet de vue et n’interrompt

jamais ses poursuites. _J’ai beau n’apporter qu’une corbeille de

terre_, dit un adage persan; _si je continue, je finirai par élever une

montagne_.

_La goutte d’eau finit par creuser le roc._

Gutta cavat lapidem non bis sed sæpe cadendo,

Sic fimus docti non bis sed sæpe legendo.

=PESANT.=—_Valoir son pesant d’or._

Cette expression, dont on se sert en parlant d’une personne

recommandable par ses bonnes qualités ou d’une chose à laquelle on

attache beaucoup de prix, fait allusion, dît M. Michelet, à la forme

primitive du _wehrgeld_ ou composition[72]. Le meurtrier devait

contrepeser d’or le cadavre, donner un homme d’or pour celui qu’il

avait tué; et, quand ce poids ne suffisait point pour apaiser le parent

de la victime, il était quelquefois obligé de l’augmenter, selon leur

exigence. C’est ce qu’on peut conclure d’un passage du poëme des quatre

fils Aymon, où Charles propose à Aymon de lui payer neuf fois le

_pesant d’or_ pour le meurtre de son cousin Hugo.

Ce qui se fesait pour racheter un meurtrier ou un criminel, se fesait

aussi pour se racheter ou pour racheter quelqu’un d’une maladie. On

offrait à Dieu ou à quelque saint le poids du malade en or, ou en

argent, ou en cire. Grégoire de Tours (_De Mirac. S. Martini_) rapporte

que Chararic, roi des Suèves, fit peser en or et en argent le corps de

son fils malade, et envoya cette somme au tombeau de saint Martin,

dans l’espérance que ce saint le guérirait.

=PET.=—_Chantez à l’âne, il vous fera des pets._

Les ânes aiment la musique, témoin l’âne d’Ammonius et l’âne du père

Regnault, dont il est parlé à l’article _Rossignol d’Arcadie_. Quand

ils l’entendent, ils ouvrent la bouche et les oreilles de toute

leur grandeur pour en aspirer les sons, pour s’en pénétrer; mais on

prétend qu’ils en ont la colique de plaisir, et qu’à mesure qu’ils les

reçoivent, ils les rendent en exhalaisons inverses. De là ce proverbe

qu’on applique aux ignorants et aux ingrats qui méconnaissent les bons

offices qu’on leur rend, et n’y répondent même que par des grossièretés.

=PÉTAUD.=—_C’est la cour du roi Pétaud._

C’est un lieu de confusion, une assemblée tumultueuse où chacun fait le

maître.

Chacun y contredit, chacun y parle haut,

Et c’est tout justement _la cour du roi Pétaud_. (MOLIÈRE.)

Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales de la Langue Française en rapport avec de proverbes et des locutions proverbiales des autres langues · 第 53 / 62 题