D’après Beltran, la voix passive, pour la seconde et la troisième

conjugaison, se forme en ajoutant _abal_ ou _tabal_ à la racine du

verbe; _cambez_, enseigner, _cambezabal_ être enseigné; _yacun_, aimer,

_yacuntabal_, être aimé. Pour la troisième conjugaison, on ajoute

simplement à la racine la lettre _l_, précédée de la voyelle radicale du

verbe. Ex.: _Tzic_, obéir, _tzicil_, être obéi; _tal_, toucher, _talal_,

être touché; _mol_, réunir, _molol_, être réuni. Cependant si le verbe se

termine par une voyelle, on ajoute _bal_, comme _ɔa_, donner, _ɔabal_,

être donné.

On peut observer au sujet de ces verbes, qu’ils rentrent tous ici dans

la catégorie de ceux dont il est question dans la grammaire quichée,

dont la terminaison en _bal_ annonce l’instrument pour faire ou le lieu

où se fait la chose. Ainsi par exemple si l’on dit en maya _in molol_,

je suis réuni, c’est comme si l’on disait je la réunion ou ma réunion;

_a yacuntabal_, tu es aimé, ou bien ton amour ou ton être aimé. Ex.: _U

cambezabal utial in yum_, il est enseigné, instruit par mon père; mot à

mot son instruction (est) à cause de ou par mon père.

Dans la grammaire de Ruz, le passif est formé exactement comme dans la

langue française ou espagnole, etc., à l’aide de l’auxiliaire _laytal_,

être. Ex.: _Le nicteoob lay_ (ou _layoob_) _chanoob tioklal le uinicil_;

les fleurs sont cueillies par le peuple.

La grammaire de Beltran ajoute que les verbes intransitifs de la première

conjugaison ne peuvent d’aucune manière prendre la forme passive: ainsi

_naczabal_, ou _naczal_, n’est pas le passif de _nacal_, se lever, mais

de _naczah_, lever.

Ce que nous remarquons à notre tour au sujet de ce verbe, c’est qu’il

révèle une particularité commune aux verbes des langues quichée,

cakchiquèle et à plusieurs autres de l’Amérique centrale et du Mexique,

que, ni Gallatin, ni Norman, ni Ruz ne paraissent avoir observée: c’est

la faculté compulsive que nous trouvons dans le verbe _naczah_, actif,

lever, qui n’est autre chose que le compulsif de _nac_ ou _nacal_, se

lever, ou faire qu’on se lève. Ainsi de _cim_ ou _cimi_, mourir, on fait

_cimzah_, faire mourir ou tuer, de _tzic_, obéir, _tziczah_, faire ou

forcer à obéir, etc.[24].

Terminons cet abrégé par quelques observations rapides: les particules

_ca_ et _he_ sont alternativement conjonction et pronoms relatifs. Ex.:

_Ma in kat ca a cambez_, je ne veux pas que tu enseignes.—_Ohelté he

Pedro cimi_, sache que Pierre est mort, etc.

Observons encore que la lettre _t_ (probablement pour _tin_ ou _ten_)

est préposée d’ordinaire au prétérit de la première conjugaison pour le

distinguer de l’impératif. Ex.: _t’nacen_, je me suis levé.

Le changement de l’_i_, dans certains verbe en _ci_, en modifie le sens

de cette manière. _Cimi in ná_, ma mère est morte; _cimci in ná_, depuis

que ma mère mourut.

_Ten ci in_ ou _ten cin_ était souvent substituée à _in cah_, je suis,

dans les verbes neutres et dans ces verbes commençant par une voyelle, le

pronom _in_ pouvait être supprimé de cette manière: _Ten cualic_, je le

dis.

Les syncopes, si fréquentes dans toutes les langues de l’Amérique

centrale, se retrouvent encore ici fort nombreuses et fort variées. Ainsi

_ten tziccech_ pour _ten tzicic ech_; _tzic a yum_, pour _tzice_; _cah_

pour _ca h_, ou _ca ah_, signe du masculin. _Cambzic_ pour _cambezic_;

_tla_ pour _tela_; _tucle_ pour _tucule_; _zazcob_ pour _zazacob_, etc.

Comme dans le quiché, avec lequel le maya a de si grandes analogies, on y

substituait aussi le pronom _u_ à _in_ possessif devant une voyelle, et

l’on disait _ti u’otoch_, à ma maison, au lieu de _ti in_ ou _tin otoch_,

etc.

Ces notions, quelque rapides qu’elles soient, suffiront avec les prières

que nous joignons ici pour donner au lecteur une idée de la langue maya

et lui permettre d’en faire la comparaison avec celles de l’Amérique

centrale que nous lui avons déjà fait connaître: nous aurions étendu

encore ces notions, si les éléments en eussent été à notre disposition.

Avec le vocabulaire abrégé que nous faisons suivre, nous complétons notre

travail sur le Yucatan, en attendant que des documents nouveaux ou une

exploration dans cette péninsule si digne d’intérêt nous permette d’en

dire davantage.

LES PRIÈRES EN MAYA ET EN FRANÇAIS D’APRÈS LE P. JOAQUIN RUZ.

LETI H C YUM.

Il c Yum, ca yanéech ti le caanoob, cilichcuntabac a kaba, talac ti c

toon a ahauil, mentabac a uolah bay tile luum hebic ti le caan: leti c

uah ti amalkinil c ɔatoon behelé, iix c zatez c toon c paxoob, bay hebic

c toon c zaat-zicoob ti ahppaxoob c tooné: Iix ma a ppaticoon lubul ti

tuntabul kaz, hebac tocoon ti lobil. Bay layac.

L’ORAISON DOMINICALE.

Notre Père qui es au ciel, que ton nom soit sanctifié, que ton règne

nous arrive, que ta volonté soit faite sur la terre comme dans le ciel:

donne-nous notre pain quotidien et pardonne-nous nos offenses, comme

nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés: Et ne nous induis pas en

tentation, mais délivre-nous du mal. Ainsi soit-il[25].

LETI TÉEZ DIOS MARIA.

Téez _Dios_ Maria, chupech ti _gracia_, leti c Yumil lay a uicnal;

cici-thanhanech ichil le xçhuplaloob: Iix u cici-thanbilil leti u ɔa-ich

ti a nak Jesus. Cilich Maria, u na _Dios_ okoltbanen tioklal c’toon

ah-kebanoob behelé iix tile u _orail_ ti cimilé. Bay layac.

LA SALUTATION ANGÉLIQUE.

Je te salue, Marie[26], pleine de grâce, le (notre) Seigneur est avec

toi; bénie tu es entre toutes les femmes: Et béni le fruit de ton ventre,

Jésus. Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs, maintenant

et à l’heure de la mort. Ainsi soit-il.

LETI IN UOCZICUOL TI DIOS.

In uoczicuol ti _Dios_ Yumbil yuchucil-zinil, ah-zihzahul ti le caan iix

ti le luuni, iix ti Jesu-Cristo, ú ppel mehen, h c Yum, ca hiçhnaktabhi

tioklal u meihul ti le Espiritu-Santo. Iix zihi ti cilich zuhuy Maria:

Tu manzah numia yalan ti le u yuchucil Poncio Pilato: zinlahi ti cruz,

t’ cimi iix t’ muuci; t’ emi ti le metnaloob, iix ti yoxppel kinil

caputcuxlahi ti ichil le cimenoob; t’ naci ti le caanoob iix yan culaan

ti le u nooh Dios Yumbil yuchucil-zinil; tac tilo bin yanac u talel ti u

çhaic nuucul cuxtal ti le cuxanoob, iix ti le cimenoob. Yn uoczicuol ti

leti Espiritu-Santo, le cilich _Iglesia catolica_, le u etmalkam ti le

_santoob_, leti u zahat-zahul ti le kebanoob, le caputcuxtal ti le bakel,

iix le cuxtal maxulunté. Bay layac.

LE SYMBOLE DES APÔTRES.

Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre,

et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu

(par l’œuvre) du Saint-Esprit et né de la (sainte) vierge Marie: Qui a

souffert (éprouvé des souffrances) sous Ponce-Pilate: a été mis en croix,

est mort, a été enseveli; est descendu aux enfers, et le troisième jour

est ressuscité d’entre les morts; est monté aux cieux et est assis à la

droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger (prononcer la

sentence) les vivants et les morts. Je crois au Saint-Esprit, à la sainte

Église catholique, la communion des saints, la rémision des péchés, la

résurrection de la chair, la vie éternelle. Ainsi soit-il.

FIN DE LA GRAMMAIRE.

NOTES

[1] Voir plus haut _Relacion de las Cosas de Yucatan_, page 96.

[2] Francisco Gabriel de San-Bonaventura écrivit un _Arte de el idioma

maya_, imprimé à Mexico en 1580, in-8ᵒ. L’ouvrage de Beltran porte le

titre suivant: _Arte de el idioma maya_, reducido a succinctas reglas y

semi-lexicon Yucateco, Mexico, por Bernardo de Hogal, 1746, 4ᵒ.

[3] _Gramatica Yucateca_, por el P. Fr. Joaquin Ruz, formada para la

instruccion de los indigenas, sobre el compendio de D. Diego Narciso

Herranz y Quiros, Merida de Yucatan, por Rafael Pedrera, 1844, in-12.

[4] La lettre _h_, dans les ouvrages modernes, où elle est précédée de

la lettre _t_, est toujours barrée par le haut, pour indiquer un son

différent du _th_ anglais; nous n’en avons pas mis ici, n’en voyant pas

la nécessité: il suffit de savoir que ce _th_ a un son qu’on ne peut

apprendre que par l’usage.

[5] La lettre _é_ à la fin des noms est un signe du vocatif, comme dans

plusieurs autres langues de l’Amérique.

[6] Ce que nous avons dit pour la langue quiché et ses dialectes, nous

le répétons ici pour le maya, où le son _x_ ou _ix_ exprime le féminin,

exactement comme le _she_ anglais. Ce même son, placé devant certains

noms de choses ou d’animaux, en modifie aussi la qualité dans un sens

d’infériorité. Voir ma _Grammaire de la langue quiché_, pages 4 et 5.

[7] Ainsi _ixok_, femme, dans le quiché, indique le sexe de l’animal;

_coh_, lion, _ixok-coh_, lionne; de même encore en anglais a _she-lion_,

une lionne.

[8] Dans le quiché, le pluriel se forme généralement par l’addition des

voyelles, _ab_, _ib_, etc.

[9] C’est ainsi que dans la grammaire et les sermons du père Joaquin Ruz,

l’adjectif, par une corruption espagnole et contraire au génie de la

langue maya et des langues congénères, se trouve le plus souvent après le

nom qu’il qualifie.

[10] Très-commune encore dans les sermons de Ruz.

[11] On peut remarquer encore ici la ressemblance qui existe entre la

formation du verbe réfléchi et du verbe passif.

[12] Voir ma _Grammaire de la langue quichée_, page 95.

[13] On peut voir dans la même _Grammaire quichée_, page 42, ce qui se

dit au sujet de _ca_, verbe substantif _être_ qu’on retrouve dans le

quiché, dans le nahuatl ou mexicain, dans le quichua, etc.

[14] _Rambles in Yucatan_, p. 244.

[15] Ce qui montre combien ces distinctions de Ruz sont vaines, c’est

qu’après avoir établi par exemple que la première conjugaison fait

l’infinitif en _al_, et la seconde en _ic_, donne précisément à celle-ci,

en la conjuguant, la même terminaison en _al_, et fait l’infinitif

_zahtáal_.

[16] Dans Ruz les pronoms personnels du prétérit défini sont ceux de la

première classe ci-dessus comme dans l’indicatif présent de _cambezic_,

à l’exception toutefois de la troisième personne singulière et plurielle

qui est _letile_, _letileoob_, au lieu de _lay_ et de _loob_.

[17] La finale _i_ dans _naci_ paraît n’être qu’une forme de pronom de

la troisième personne transformée de _u_ en _i_, comme on le voit par

l’_y_ qui précède actuellement un grand nombre de mots commençant par une

voyelle, et qui n’est autre chose que le pronom ou l’article possessif

_u_, devenu partie intégrante du mot auquel il est joint.

[18] Ɔoc, ɔoci, ɔooc ou ɔooci signifient ici une chose finie, terminée;

ils appartiennent probablement à un verbe ayant ce sens. Ainsi en disant

_ten ɔoc u yantali_, c’est comme si l’on disait, je finis l’ayant ou mon

avoir, etc.

[19] _Taan u zahtic_, craignant et mot à mot, actuellement ou

présentement sa crainte.

[20] Le monosyllabe _hi_ semble lui-même être un ancien verbe avoir

comme le _hab_ ou _habi_ du quiché; ce qui expliquerait parfaitement le

verbe dans ce cas: _ten yan hi_, je ai eu; _hi_ serait donc le passé de

_hé_, autre présent qu’on retrouve aussi dans la grammaire de Ruz pour

exprimer le futur du verbe _binel_, aller. Ainsi, au lieu de dire _bin_,

_binel_, j’irai, il dit là _ten he in binel_, j’irai, et mot à mot j’ai

mon aller: or, l’infinitif de ce verbe ne serait autre que _hal_ qui,

suivant Beltran, sert à composer les verbes exprimant identification

d’une personne ou d’une chose avec une autre, ainsi qu’on le verra plus

loin.

[21] Les voyelles doubles _aa_, _ee_, _oo_, qui ne sont que _a_, _e_ ou

_o_, longs, deviennent souvent brèves en composition; c’est ce que le

lecteur ne devra jamais oublier en lisant des livres en langue maya.

[22] Voir son exposé du la grammaire de Beltran dans le vol. I. des

_Transactions of the American Ethnological Society_, _New-York_, 1845.

[23] _Grammaire de la langue quichée_, page 109.

[24] _Grammaire de la langue quichée_, page 119.

[25] Il y a dans cette traduction de l’oraison dominicale une abondance

d’articles et de propositions qui n’existe pas dans celle qui fut

composée au commencement de la domination espagnole, plus simple, mais

bien plus énergique et plus conforme à l’ancien génie maya.

[26] En espagnol il y a: _Dios te salve, Maria_, qui est bien moins

expressif et moins vrai que _Ave Maria_; Ruz a suivi l’espagnol dans

sa traduction, mettant le mot _Dios_ pour Dieu, _gracia_ pour grâce et

_orail_ pour heure. Il est remarquable et curieux à la fois d’observer

combien, en Amérique, les Espagnols qui se donnent pour si parfaitement

catholiques, ont modifié à leur manière et souvent altéré les prières si

simples et si belles de l’Église catholique romaine.

VOCABULAIRE MAYA-FRANÇAIS D’APRÈS DIVERS AUTEURS ANCIENS ET MODERNES.

A

A, pron. pers. et poss. tu, toi, ton, ta, tes. Voir _Atial_.

A. interj.

AAL ou _al_. v. dire, exprimer, aviser; prés. _aalic_; pass. _alahantac_.

ABAL. s. petit fruit appelé _xocotl_ au Mexique, et _ciruela_ par les

Espagnols (Landa).

AC. s. langue.—nom d’une plante dont les Mayas prenaient les feuilles,

pour les placer dans les trous que, par pénitence, ils se faisaient dans

la langue.—tortue de mer.

ACAM, rad. d’_acaialáal_. v. fatiguer, lasser.

ACAN. s. oncle.

ACANTUN. s. nom particulier à plusieurs dieux du Yucatan (Landa).

ACANUM. s. nom d’un des dieux protecteurs de la chasse (Landa).

ACTAAN, ou _actán_. prép. adv. avant, devant.

AH ou _’h_. particule préfixe indiquant le masculin pour l’homme et

quelques animaux;—particule possessive qui, placée devant un nom de

ville, de village, indique qu’on en est;—placée devant certains animaux

ou objets, indique la profession, le métier;—interj.

AHAU. s. roi, souverain, seigneur;—_ahaue_ au féminin.

AHAU-CAN. s. vipère.

AHAU-CUTZ. s. dindon sauvage.

AHAUINTAAL. v. régner, dominer.

AHAULIL. s. royaume, État, règne.

AHBOBAT ou _’hbobat_. s. prophète.

AHBOOL. s. rémunérateur.

AHCABNAL. s. chercheur d’essaims d’abeilles.

AHCAMBAL. s. disciple.

AHCANXOC. s. requin.

AHCITZ. s. nom d’un des dieux protecteurs de la pêche (Landa).

AHCOIL. n. adj. fou; _xcoil_, folle.

AHCUNAL ou _ahcunyah_. s. sorcier, devin.

AHCUXAN. adj. m. vivant.

AHƆAUL. n. adj. glorificateur.

AHƆIB. n. ad. écrivain.

AHƆIPIT. s. le doigt annulaire.

AHƆUYAH. s. médecin.

AHEZ. s. sorcier.

AHHUEH ou _ahuah_. n. adj. planteur, colon.

AHKAK-NEXOI. s. nom d’un des dieux protecteurs de la pêche (Landa).

AHCAUAL. adj. m. ennemi.

AHKIN. s. prêtre. astrologue.

AHKULEL. s. magistrat.

AHLOHIL. s. rédempteur.

AHMIATZ. s. prophète, sage.

AHOCOLAL. adj. m. fidèle.

AHPPOLOM. n. adj. marchand.

AHPUA. s. nom d’un des dieux protecteurs de la pêche (Landa).

AHTEPAL. adj. m. vertueux, estimable;—titre donné aux rois mayas;

majestueux, auguste (Voc. antig.)

AHTOC ou _ahtok_. adj. m. allumeur, qui allume, celui qui gardait le feu.

AHUAN-CHAC. s. géant.

AHUTZUL-YANIL. adj. m. bienheureux.

AHUIH. n. adj. affamé.

AHUITZIL. n. adj. montagnard.

AHXAB. s. blaireau.

AHZIBIC. s. dauphin.

AHZIZAHUL. adj. m. créateur.

AHZUC. adj. doux, paisible.

AI. interj.

AYIKAL. n. ad. riche.

AYIKALIL. richesse, biens.

AIN. s. caïman.

AK. s. sanglier.

AKAB. s. nuit.

AKXAH. s. rouille.

AL. adj. pesant, lourd.

ALABOLAL. s. espoir, espérance.

ALAN. prép. sous, dessous.

ALAN, _alancal_ ou _yalancal_. v. accoucher.

ALCAB. v. courir.

ALIL. adj. pesant, importun, insupportable, profond.—s. pesanteur.

ALMAHTHAN ou _almahthântal_. v. déterminer, ordonner, commander.

ALMAHTHANIL. s. loi, précepte, ordonnance.

ALMEHEN. n. adj. noble.

ALNAC. prép. pour.

ALUX. s. nom d’une sorte de fantôme.

AM. s. araignée.

AMAL. adj. adv. chaque, assez, suffisamment, toujours.

AMALCUM. s. nom d’un des dieux protecteurs de la pêche (Landa).

AMALKINIL. adj. quotidien.

AMAN. s. le rhumb du nord, le nord.

ANAL. v. avoir, être présent; prét. _ani_, fut. _anac_.

ANTAHUL. s. aide, service, secours.

ATAN ou _yatan_, _atambil_ ou _atantzil_. épouse, femme.

ATANCIB. s. mariage pour l’homme.

ATANTAH. v. se marier, prendre femme.

ATIAL. pron. poss. sing. ton, tien, le tien.—pl. _atialéex_. votre, etc.

ATIIL. pr. pers. sing. acc. tu, toi.

AUAC. s. cri.

AUAT-MÓ. s. point de côté.

AX. s. verre.

B

BA ou _bo_. s. taupe.

BA. particule radicale interrogative ou dubitative: que, est-ce

que?—pron. réf. _in-ba_, moi-même; _a-ba_, toi-même, etc.

BAAC. s. enfant, petit garçon.

BAAK. s. viande, chair. V. _bak_.

BAAL ou _bál_. s. pron. chose, quelque chose.

BAALANIK. s. ventuosité.

BAAX ou _bax_. pron. inter. qui, que, quoi?

BAAZ. s. mallette d’osier ou de joncs (_huacalli_ en mexicain).

BAB. v. ramer.

BACAB. s. nom des quatre dieux fondateurs, soutiens du monde (Landa).

BAC-HAA. s. héron.

BAÉ ou _baéex_. pron. réf. plur. _cabaé_, nous-mêmes.

BAH. rad. du verbe clouer, attacher (_Registro Yucateco_).

BAHUN. adv. de quantité, tant, autant, combien, suffisamment,

excessivement, de cette manière.

BAY. adv. ainsi, de cette manière.—_Bay-layac_, ainsi soit-il.

BAYA. prép. vers, du côté de;—choses, œuvres.

BAYTAL. v. arriver, se faire ainsi, se faire que.

BAYTELÓ. adv. là, par-là, de ce côté-là, au delà.

BAK ou _bakel_. s. chair, corps matériel;—os, rocher, fondement,

enceinte, fortification, le membre viril.

BAL. Voir _báal_.

BALA. pr. inter. est-ce, est-ce que, par hasard?

BALACHI. s. bête fauve.

BALAM. s. ocelot, sorte de tigre;—nom d’un fantôme et d’un ballet au

Yucatan.

BALCHÉ. s. arbre dont l’écorce se mettait dans l’hydromel au Yucatan,

afin de le rendre plus fort. (_Reg. Yucat._)

BALƆAM. s. nom qui se donnait aux représentations scéniques au

Yucatan;—bouffon, acteur. (Cogolludo, _Hist. de Yucatan_.)

BALNAIL. s. famille.

BALNAKIL. s. gourmandise, gloutonnerie.

BALNATEL. s. famille.

BAMBANI-CIMIL. s. contagion.

BAT. s. flambeau;—neige, grêle (Ruz)—hache.

BATAB. s. capitaine, chef, seigneur d’un rang inférieur.

BATEIL. s. guerre.

BAXAL. s. badinage.

BAXALTAAL. v. badiner, s’amuser, rire aux dépens d’un autre.

BE ou _beel_. s. chemin, route, marche.

BECECH. adj. fin, délicat, délié, menu;—particule exprimant le vocatif.

BECHLAÉ. adv. maintenant, actuellement.

BEEL-HAA. s. canal, cours d’eau.

BEENTAH. v. dépenser économiquement, ménager.

BEHELAÉ, _behelé_. adv. maintenant, actuellement, aujourd’hui.

BEI. adv. comme cela, ainsi.

BEIL. s. chemin, route.

BELIN ou _belinthal_. v. voyager, cheminer.

BELINTIC. v. continuer, diriger.

BIC. pronom disj. chacun à part. Ex.: _Bic u çhaic hunppel uail_, chacun

prend son pain;—pron. inter. comme, que, quel. Ex.: _Bic lay a tucul_,

quelle est ton opinion?—pron. adm. Ex.: _Bic numya_, quel trouble!

BICI ou _bicié_. interj.

BIKIN. conj. quand.

BIKINIL. adj. rare.

BIL. v. tordre.

BILAL. v. servir.

BIN. rad. de _binel_, servant de particule pour exprimer le futur. Ex.:

_Ten bin in zahté_, je craindrai, mot à mot, actuellement, je vais

craindre.

BINEL. v. aller, suivre. Ex.: _Ten in binel_, je vais.—_Ti tuux_, où?—_Ti

Ho_, à Mérida.

BITUN. s. sol, terrain, local.

BIZAAL. v. porter, enlever;—p. pass. _bizáan_.

BIZABIL. v. conduire, mener.

BO. n. adj. qui est rond, gonflé.

BOBAT. Voir _ahbobat_.

BOBEX. s. hanche.

BOHOL. v. explorer; prés. _bohlah_, fut. _bohlé_.

BOIBENZAH. v. agir en médiateur, intercéder.

BOKOLHAHOCH. s. sorte de fantôme, causant des bruits souterrains, qui

prend quelquefois la forme d’un chacal (_Reg. Yucat._)

BOL. n. adj. ce qui retourne, qui roule, qui se rend. Voir _bool_.

BOLIL. s. satisfaction.

BOLON ou _bolonppel_. adj. n. neuf, neuvième.

BON. s. jupon brodé;—adj. impur, taché, souillé, peint.

BONLIL. s. tache, souillure, peinture.

BOOI. s. ombre.

BOOIBENZAH. Voir _boibenzah_.

BOOL. s. récompense, rémunération, payement.

BOTAAL. v. payer;—au prés. _botic_, prét. _botah_.

BOTABAL. s. payement, satisfaction.

BUC ou _buuc_. s. ornement, habit.

BUCINTAAL. v. habiller, vêtir, orner.

BUKXOC. s. nom du comput général des semaines dans le calendrier.

BULEB. s. vase, pot de terre.

BULUC ou _bulucppel_. adj. num. onze.

BUO. s. fumée.

BUUC. s. rechange de linge, vêtements.

BUZ. s. bosse.

C

C ou _c’_. pr. pers. et poss. notre, nous, pour _ca_.

CA. pr. pers. et poss. notre, nous;—pron. rel. qui, lequel, que, ce qui,

eux, etc.;—adj. num. deux.—interj.

CAAN. s. ciel.

CAANLIL ou _canlil_. adj. céleste, élevé.

CAB. s. miel, douceur.

CABA. pron. réfl. nous-mêmes.

CABAL. adj. bas;—prép. et adv. en bas, à terre, dans, dessous, doucement.

CABCOH. s. sorte de loup.

CABIN. conj. quand, lorsque.

CABNAL. s. essaim, ruche d’abeilles.

CACAB. s. bourg, village, hameau.

CACH. particule exprimant le passé dans l’imparfait, toujours placé après

le verbe (anciennement _cuchi_). Ex.: _Ten in yacuntic_, j’aime;—_ten in

yacuntic cach_, j’aimais;—_ten in yacunma cachi_, j’avais aimé.

CA-ƆAAN. conj. c’est pourquoi, pour cela que.

CAH. v. subs. être;—v. a. faire.

CAHZAAL. v. accommoder.

CAY. s. poisson.

CAIBAL. v. pêcher;—s. action de pêcher.

CAHAINTÉ. s. ver qui ronge le bois.

CAL. s. gorge.

CALICIL. conj. tandis, pendant que, cependant, sur ces entrefaites.

CALUAC. s. sorte de bâton, gros et court, insigne de l’autorité des

intendants des princes à Mayapan (Landa).

CAM, ou _can_. s. couleuvre, serpent.

CAMACH. s. mâchoire.

CAMBAL. v. apprendre.

CAMBEZ ou _cambezáal_. v. instruire, enseigner.

CAMBEZAH. adj. maître, qui enseigne.

CAMPECTZIL. s. murmure, colère.

CAMZAAL. s. doctrine, instruction, enseignement.

CAN. s. serpent;—adj. num. quatre.

CANAANTAAL. v. garder.

CANAL. prép. adv. en haut, au haut de, sur;—hautement, à haute voix.

CANALCUNZAAL. v. exalter, élever, louer, agrandir.

CANALIL. adj. superlatif;—s. grandeur, élévation.

CANHATZUL. adj. num. en quatrième partie.

CANIC. v. savoir.

CANLAHUN, adj. num. quatorze.

CANPPEL ou _cante_, adj. n. quatre.

CAPAL. v. introduire.

CAPPEL. adj. num. second, deuxième.

CAPPELCUNTIC. v. douter.

CAPPELCUNZAH. s. doute.

CAPUT. adv. de nouveau, derechef, pour la seconde fois.

CAPUTCUXTAAL. v. ressusciter.

CAPUTCUXTABAL. s. résurrection.

CAPUTZIHIL. v. renaître, naître une seconde fois, et par extension se dit

d’une sorte de baptême qu’on administrait au Yucatan.

CATAC. conj. ainsi que, jusqu’à ce que.

CATEN ou _tu-caten_. adv. de nouveau.

CATUL. adj. num. deuxième.

CATZUBTAAL. v. éclaircir, expliquer.

CAX ou _caax_. s. poulet.

CAXTIC. v. chercher. Ex.: _Baax à caxtic,_ que cherches-tu?

CEB. s. cerf, chevreuil.

CEEL. s. fièvre intermittente, frissons.

CEEM. s. aveu, confession.

CEH. s. cerf, chevreuil.

CEL. s. œuf.

CELEMBAL. s. épaule.

CEN ou _cenamil_. s. ornement.

CENCOC. s. asthme, catarrhe.

CENIAL. s. nom qu’on donnait anciennement au rhumb du levant et que

Lizana traduit par petite descente.

CETLIL. s. égalité;—adj. pron. égal, deux choses, l’un et l’autre,

ensemble.

CEXI. conj. quoique.

CEXILAC. conj. pourvu que.

CEXMAC. pron. ind. quelque, quoi que ce soit;—_calmac_, quel que soit le

genre, etc.

CI. s. maguey ou aloès américain.

CIB. s. cire, copal.

CIBOLTIC. v. vouloir, permettre.

CIC. s. sœur aînée.

CICHCELMIL. s. beauté.

CICIƆAANIL. s. perfection.

CICILAN. s. tremblement de terre.

CICILANCAL. v. trembler la terre.

CICITHANBIL. adj. béni.

CICITHANBILAL. s. bénédiction, louange.

CICITHANTIC. v. bénir.

CIHIL. v. dire.

CIHOM. s. arbre dont on prenait les feuilles pour répandre dans la cour

du temple au baptême des enfants (Landa).

CILBAIL. s. salive, bave.

CILICH ou _cilichil_. adj. divin, sacré, saint.

CILICHTALIL. s. divinité, sainteté.

CIMAC. adj. agréable, qui convient.

CIMACOLAL. s. plaisir, joie, allégresse.

CIMACTAL. v. se réjouir.

CIMACUNZAH. v. causer de la joie, du plaisir;—s. complaisance.

CIMBEZAH. v. blesser.

CIMEN. adj. défunt, mort.

CIMEN-CHUC. s. charbon.

CIMIL. v. mourir.

CIMILÉ. s. la mort.

CIMZAH. v. tuer;—n. adj. meurtrier.

CIOLTIC. v. désirer, vouloir (racine _ol_).

CITAN. s. sanglier, cochon sauvage.

CIUMIL. s. Dieu, maître, seigneur.

CIZ. s. pet.

CIZIN. s. démon, mauvais génie, esprit du mal.

CO. s. dent;—v. rad. venir, aller.

COBEN. s. cuisine.

COBOL. s. hermaphrodite.

COC. s. asthme, rhume, catarrhe.

COCAI. s. luciole.

COCAN. s. sorte d’acupuncture. (_Reg. Yucat._)

COCHIL. s. circuit.

COCOM. s. écouteur, qui entend, qui croit (_Vocab. antig._), nom d’une

ancienne famille royale du Yucatan.

COCZEN (?) s. asthme, catarrhe.

COCZIƆIL. s. avarice.

COH. s. lion, puma.

COICABIL. s. charité.

COIL. s. folie.

COIOM. s. titre d’un officier dans les cérémonies du temple au Yucatan.

COL. s. matelas.

COLEBIL. s. seigneur, maître.

COLEL. n. adj. maître ou maîtresse.

COLNAAL. s. matelassier.

Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg · 第 43 / 47 段