verra plus loin comment et pourquoi on lui éleva un autre temple. Au
temps où ce roi-dieu vivait, les peuples venaient le consulter sur les
choses à venir, des contrées les plus lointaines; et il le leur disait,
ainsi que d’autres choses futures. On lui portait aussi les morts, et
on disait qu’il les ressuscitait et qu’il guérissait les malades: c’est
pourquoi on avait pour lui une grande vénération, et non sans raison,
s’il eût été avéré qu’il fût le dieu véritable, qui seul peut donner la
vie aux morts et la santé aux malades; ce qui est impossible de la part
d’un gentil ou d’un démon, Dieu seul pouvant le faire, puisqu’il est le
maître de la vie et de la mort. Mais ces peuples le croyaient ainsi, et
ils ne connaissaient point d’autre dieu, et c’est à cause de cela qu’ils
disaient qu’il ressuscitait et guérissait.
Ces mêmes Indiens érigèrent encore un autre autel avec un temple, durant
la gentilité, à cet _Ytzmat-ul_, leur roi ou leur faux dieu: ils y mirent
la figure d’une main qui était là pour le leur rappeler à la mémoire;
car ils disent que c’était là qu’ils lui portaient leurs morts et leurs
malades, et qu’il les ressuscitait et les guérissait, en les touchant
de la main. Ce temple était celui qui est du côté du couchant, et il
s’appelle et se nomme _Kab-ul_, ce qui signifie «la Main opératrice.»
Là ils offraient des aumônes considérables et portaient des présents;
on y venait de toutes parts en pèlerinage; c’est pourquoi ils avaient
fait aux quatre vents quatre routes ou chaussées qui s’étendaient à
toutes les extrémités du pays, allant jusqu’à la terre de Tabasco, de
Guatémala et de Chiapa, de quoi l’on voit encore aujourd’hui des restes
et des vestiges en beaucoup d’endroits. Tel était le concours de monde
qui accourait à ces oracles d’Ytzmat-ul et de Kab-ul pour qui on avait
fait ces routes[12]. Une autre pyramide ou colline sacrée existait du
côté du nord, et c’est aujourd’hui la plus élevée: elle s’appelait
_Kinich-Kakmó_, parce que à sa cime se trouvait un temple avec une idole
qui s’appelait de ce nom, ce qui signifie dans notre langue «Soleil
avec visage aux rayons de feu,» lequel descendait à midi pour brûler le
sacrifice, de la même manière que descend en volant l’Ara aux plumes de
couleurs diverses[13].
On avait beaucoup de respect pour ce dieu ou cette idole; car on disait
que lorsqu’il y avait de la mortalité, des pestes ou autres calamités
publiques, tout le monde s’adressait à lui, hommes et femmes, portant
un grand nombre de présents, qu’ils offraient, et qu’à la vue de tous,
un feu descendait (comme je l’ai dit) à l’heure de midi, et consumait
le sacrifice[14]. Alors le prêtre leur disait ce qui devait arriver au
sujet de ce qu’ils désiraient savoir, des maladies, de la famine ou de la
mortalité, et suivant ces choses, ils demeuraient instruits du bien ou du
mal à venir, quoiqu’il leur arrivât quelquefois le contraire de ce qu’on
leur avait annoncé.
Il y avait une autre pyramide, nommée encore aujourd’hui par les
naturels, _Ppapp-Hol-Chac_, qui est la même où est fondé actuellement le
couvent de notre père saint François, et ce nom signifie en castillan
«Maison des Têtes et des Éclairs[15]»: car c’était là que demeuraient les
prêtres des dieux, où on les respectait et tenait pour seigneurs, d’où
ils châtiaient et récompensaient, où on les servait avec l’obéissance la
plus entière; c’était de là qu’ils déclaraient leurs oracles, auxquels
on croyait avec une foi absolue, rien ne pouvant sortir de leur bouche
qui ne fût croyable au dernier degré. En opposition à ces choses, les
prêtres s’intitulaient et s’intitulent encore aujourd’hui, dans la langue
de Maya, _Ahkin_, mot qui vient de _Kinyah_, qui signifie «jeter au sort
ou tirer des présages.» Or, comme les prêtres d’autrefois les tiraient
dans leurs sacrifices, lorsqu’ils voulaient savoir ou déclarer les choses
qu’on leur demandait, on les appelait _Alakin_[16], et actuellement au
prêtre du Christ, les Mayas disent dans leur langue _Ahkin_, de la même
manière qu’anciennement ils disaient à ceux de leurs faux dieux.
Une autre pyramide était la maison et la demeure d’un grand capitaine
nommé _Hunpictok_, qui est située entre le midi et le couchant. Le nom
de ce capitaine signifie en castillan, le «capitaine qui a une armée de
huit mille silex»[17], parce que c’étaient là les pointes des lances et
des flèches avec lesquelles ils combattaient dans les guerres; sa charge
était la principale, cette armée servant à tenir les vassaux dans la
soumission, et à les obliger à maintenir le roi ou le dieu, ainsi que
les prêtres[18], comme à défendre les sujets de ce royaume, et à garder
leurs temples. Tels étaient les oracles les plus renommés d’Ytzmat-ul, ou
Ytzamal, ainsi qu’on l’appelle aujourd’hui.
NOTES
[1] Voici le titre de ce livre, aujourd’hui si rare, tel que je l’ai
trouvé dans Pinelo: _Devocionario de Nuestra Señora de Itzmal, Historia
de Yucatan i conquista espiritual_, 1663.
[2] Il est douteux que la puissance de Montézuma se fit sentir au delà de
la lagune de Terminos; mais l’auteur, ainsi que Landa, comprenant Tabasco
dans les limites du Yucatan, on peut dire que sous ce rapport il avait
raison. Les documents existants donnent tous à penser que les princes de
la Péninsule étaient parfaitement indépendants.
[3] Il est fort douteux également que les Mayas eussent des étoffes de
laine, quoiqu’ils en fabriquassent qui pussent à première vue passer pour
telles.
[4] C’est à cause de ces élévations pyramidales que l’auteur donne aux
monuments d’Izamal le nom d’_Omul_, dans le titre de ce chapitre. Voir
Landa, §, note.
[5] Stephens, en plusieurs endroits de son ouvrage, parle de ces linteaux
en bois, sculptés d’ordinaire, et qu’il trouva dans un état parfait de
conservation. (_Incidents of travel in Yucatan_, vol. I, chap. 8, etc.)
[6] Il ne paraît pas qu’il en fût de même pour toutes les provinces du
Yucatan. Voici ce qu’écrit, d’abord en parlant de Cozumel, l’aumônier de
la flotte de Grijalva: «Nous entrâmes dans le village dont toutes les
maisons étaient bâties en pierres. On en voyait entre autres cinq fort
bien faites et dominées par des tourelles. La base de ces édifices est
très-large et massive; la construction est très-petite dans le haut;
ils paraissent être bâtis depuis longtemps, mais il y en avait aussi de
modernes..... Ce village ou bourg était _pavé en pierres concaves_; les
rues élevées sur les côtes descendaient en pente dans le milieu, qui
était _pavé entièrement de grandes pierres_. Les côtés étaient occupés
par les maisons des habitants; elles sont construites en pierres depuis
les fondations jusqu’à la moitié de la hauteur des murailles et couvertes
en paille. A en juger par les édifices et les maisons, ces Indiens sont
très-ingénieux: si l’on n’avait pas vu plusieurs constructions récentes,
on aurait pensé que ces bâtiments étaient l’ouvrage des Espagnols.»
(_Itinéraire du voyage de la flotte du roi catholique à l’île de Yucatan
dans l’Inde, fait en l’an 1518_, etc. Trad. Ternaux. Recueil de pièces
relatives à la conquête du Mexique.) Dans le même document, l’auteur
parle de villes sur la côte du Yucatan, d’une aussi belle apparence que
Séville, etc.
[7] Autrefois les Mayas disaient _Itzmat-Ul_; aujourd’hui on appelle
cette ville purement _Izamal_, quoique je trouve le mot fréquemment écrit
_Itzmal_, qui paraît en être la vraie prononciation.
[8] Ces paroles prouvent que malgré les auto-da-fé de Landa, il était
resté de ces livres au temps de Lizana, qui écrivait en l’an 1626. Ils
existèrent d’ailleurs chez les Itzas du Peten jusqu’à l’époque de la
destruction de ce peuple, en 1697, le dernier qui fût demeuré en corps de
nation dans l’Amérique centrale. Il est probable même qu’on en trouverait
encore parmi les Lacandons avec qui se mêlèrent les derniers restes des
Itzas, qui refusèrent de se soumettre aux Espagnols.
[9] _La Monarquia Indiana._
[10] Ceci est tout simplement une hypothèse du père Lizana. Il parait
certain, toutefois, que l’île Espagnole ou Haïti, aussi bien que Cuba,
furent anciennement habitées par des nations analogues à celles de
Yucatan, avec qui ces îles furent toujours en relation. On trouve dans
les montagnes de Cuba, dans l’intérieur de Haïti, et même de la Jamaïque,
des débris de constructions cyclopéennes et des rochers sculptés, où ceux
qui les ont vus ont cru reconnaître des caractères du même genre que les
lettres hébraïques.
[11] «Avec les populations qui vinrent du côté de l’Orient, il y
eut un homme qui était comme leur prêtre, appelé _Zamná_, qui, à ce
qu’ils disent, fut celui qui donna les noms par lesquels on distingue
aujourd’hui, dans leur langue, tous les ports de mer, les pointes de
terre, les estuaires, les côtes et tous les parages, sites, montagnes et
autres lieux de ce pays, que, certes, c’est une chose admirable, s’il en
fut ainsi, qu’un tel partage de toute la terre où tout avait son nom,
au point qu’il y a à peine un pouce de terrain qui ne l’ait dans leur
langue.» (Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, lib. IV, cap. 3.) Ailleurs cet
auteur ajoute: «Les Indiens de Yucatan croyaient qu’il y avait un Dieu
unique, vivant et véritable, qu’ils disaient être le plus grand des
dieux, qui n’avait point de figure et ne pouvait se représenter, parce
qu’il était incorporel. Ils l’appelaient _Hunab-Ku_ (seul saint).... Ils
disaient que de lui procédaient toutes choses...... et qu’il avait un
fils, qu’ils nommaient _Hun Ytzamna_ ou _Yax-Coc-Ahmut_.» (_Id. ibid._,
cap. 6.) Quant à ce fils du Dieu unique, qu’ils reconnaissaient avoir,
comme je l’ai dit, et qu’ils appelaient _Ytzamna_, je tiens pour certain
que c’était l’homme qui le premier parmi eux inventa les caractères
qui servaient de lettres aux Indiens, parce que celui-ci aussi ils
l’appelaient _Ytzamna_ et l’adoraient comme un dieu...... (_Id. ibid._,
cap. 8.)
[12] Voir encore au § XLII, etc., ainsi que la note 2, page 352, de ce
chapitre, à propos des rues pavées de grandes pierres.
[13] J’ai déjà dit que ce nom, écrit ailleurs _Kinich-Kakmó_, signifie
plus littéralement «visage ou œil du soleil de l’ara de feu.»
[14] L’ara est un symbole du soleil dans des parties fort distinctes de
l’Amérique, où il parait être opposé à celui du serpent, Lizana ajoute
ailleurs à ce sujet: «.... Quant à ses rayons (ceux du soleil), quelques
poëtes les appellent des cheveux ou des plumes dorées, d’où il semble y
avoir une allusion à ce que disaient ces naturels des rayons du soleil,
en adorant les plumes, aux couleurs variées de l’ara, comme aussi en
faisant consumer leurs offrandes; je crois donc qu’ils symbolisaient par
là l’embrasement des bois et le desséchement de la verdure, occasionnés
par sa chaleur et ses rayons, puisque c’était pour eux le seul moyen de
les brûler, afin d’ensemencer ensuite, cela étant l’unique charrue à
leur service; n’en pouvant user d’autre que le feu, la terre n’offrant
que de la pierre en tous lieux.» (Hist. de Nª. Sª. Ytzamal, cap. 10.) En
effet, dans cette contrée comme dans beaucoup d’autres, quand les Indiens
veulent préparer leurs semailles, ils mettent tout simplement le feu au
bois et aux broussailles, sèment entre les cendres après la première
pluie et laissent à l’incomparable fertilité du climat le soin de faire
le reste.
[15] Cogolludo, rapportant l’idée de Lizana, dit que ces mots sont
métaphoriques et doivent s’entendre par «Maison des prêtres des
dieux.» Je crois que ni l’un ni l’autre n’a réfléchi au nom de _Chac_,
qui, suivant Landa, était celui des dieux de l’orage, de la pluie et
conséquemment des moissons, ce mot ayant le sens d’_éclair_ ou de
_tonnerre_. Le mot _hol_ signifie tête ou chef, dans l’idée de principal,
et doit se joindre à _chac_, ce qui donne au nom de ce temple le sens
complet de Maison du Dieu principal des éclairs, et conséquemment de la
pluie. Ce devait être le temple correspondant à celui de _Tlaloc_, au
Mexique, dieu des orages et des moissons, représenté lançant la foudre.
(Torquemada, _Monarq. Ind._, lib. VI, cap. 23.)
[16] _Alakin_ me paraît être une faute d’impression qui doit se corriger
par _ahkin_.
[17] _Hunpic_ est la même mesure ou nombre, appelé en langue nahuatl
_xiquipilli_, représenté par un sac de 8,000 noix de cacao. _Tok_ est le
silex. Cette divinité paraît être la même que le _Tihax_ des Quichés et
Cakchiquels, le _Tecpatl_ des Mexicains, la lance ou la flèche, adorée
par un grand nombre de populations, entre autres par la plupart des
nations chichimiques du Mexique.
[18] Dans le _Livre sacré_ (Popol Vuh) et dans le _Codex Chimalpopoca_,
il est fait plus d’une fois allusion, lors de la création de l’homme (du
noble, du guerrier), à ce qu’il doit être, le soutien, le nourricier des
dieux. Le _Manuscrit Cakchiquel_ donne, à ce sujet, une tradition fort
remarquable; on y voit clairement la création de la noblesse guerrière,
faite uniquement dans le but de soutenir le sacerdoce: «Ici _Hunpictok_,
la noblesse guerrière est figurée sous le nom de _Chay-Abah_,
l’Obsidienne: Chay-Abah est sorti de Xibalbay, du riche et du puissant
Xibalbay. L’homme (le guerrier) est l’œuvre de son créateur et formateur,
et celui qui soutient le Créateur, c’est Chay-Abah.... Et l’homme ayant
été créé, fut perfectionné. Treize hommes et quatorze femmes furent ainsi
faits... Ils se marièrent, et deux femmes furent les épouses d’un seul.
C’est pourquoi l’homme commença à s’unir, l’homme supérieur (ou des temps
antiques?)...... Ils eurent des filles et des fils, et ce fut là la
première humanité. Ainsi se fit cette race, ainsi fut formé Chay-Abah qui
protège l’entrée de Tullan (le premier royaume nahuatl) où nous étions.
Ensemble sont les Zotzils qui ferment l’entrée de Tullan, où nous vînmes
à être engendrés et mis au monde...» _Zotzil_ ou _Zotzlem_ est le nom
antique de _Cinacantlan_, ville située à l’entrée de la vallée de Ghovel
au Ciudad-Real de Chiapas, chemin d’Ococingo et de Palenqué.
CRONOLOGIA ANTIGUA DE YUCATAN Y EXAMEN DEL METODO CON QUE LOS INDIOS
CONTABAN EL TIEMPO, SACADA DE VARIOS DOCUMENTOS ANTIGUOS, POR DON JUAN
PIO PEREZ, JEFE POLITICO DE PETO, YUCATAN.
CHRONOLOGIE ANTIQUE DU YUCATAN ET EXAMEN DE LA MÉTHODE A L’AIDE DE
LAQUELLE LES INDIENS COMPUTAIENT LE TEMPS, TIRÉS DE DIVERS DOCUMENTS
ANCIENS, PAR DON JUAN PIO PEREZ, CHEF POLITIQUE DE PETO, YUCATAN.
§ I.—_Origen de las Triadecatéridas._
Los indios que poblaban esta peninsula yucateca que á la llegada de los
españoles se llamaba _Mayapan_ y mucho antes _Chacnouitan_, dividian el
tiempo para contar y calcularlo casi del mismo modo que los tultecos sus
ascendientes, diferenciandose solamente en la distinta coordinacion de
sus grandes siglos.
La triadecatérida ó periodo de trece dias, resultado de sus primeras
combinaciones, fué su numero sagrado en lo sucesivo, y procuraron
usarlo y conservarlo ingeniosa y constantemente, sometiéndole todas las
divisiones que imaginaron para concordar y arreglar sus calendarios al
curso solar: asi es que dias, años y siglos fueron contados por periodos
de trece partes.
Es muy probable que los indios ántes de la correccion de su computo
usasen de neomenías para arreglar el curso anual del sol, señalando á
cada neomenía veinte y seis dias, que es poco mas ó menos el tiempo
en que la luna se deja ver sobre el orizonte en cada una de sus
revoluciones. Dividieron este periodo en dos triadecatéridas que les
sirvieron de semanas; señalando á la primera los trece primeros dias en
que la luna nueva se dejaba ver hasta la llena; y á la segunda, los otros
trece en que decreciendo se ocultaba á la simple vista.
Pasádose algun tiempo y con mejores observaciones conocieron que los
veinte y seis dias ó las dos triadecatéridas no daban una lunacion
completa, en que el año podia arreglarse con exactitud por lunaciones;
por que las revoluciones solares no coinciden con las de la luna sino
á largos espacios de tiempo. Seguros de esto y con mejores principios
compusieron definitivamente su calendario, arreglandolo al curso del sol;
mas conservando siempre sus triadecatéridas, no ya para concordarlas al
curso aparente de la luna, sino para que les sirviesen como semanas para
sus divisiones cronológicas.
§ I.—_Origine des périodes de treize jours._
Les Indiens qui peuplaient cette péninsule appelée _Mayapan_, et plus
anciennement _Chacnouitan_, divisaient le temps pour le computer et
le calculer, à peu près de la même manière que les Toltèques, leurs
ancêtres, n’y ayant de différence que dans la coordination particulière
de leurs grands cycles.
Les triadécaterides ou périodes de treize jours, résultat de leurs
premières combinaisons, devinrent ensuite leur nombre sacré[1]; ils
s’efforcèrent donc de s’en servir ingénieusement et de le conserver avec
non moins de constance, en y subordonnant toutes les divisions qu’ils
inventèrent, pour concorder et régler leurs calendriers au cours du
soleil; c’est ainsi que les jours, les ans et les cycles furent computés
par périodes de treize parties.
Il est fort probable qu’avant la correction de leur comput, les Indiens
se servaient de néoménies, pour régler le cours annuel du soleil,
assignant à chaque néoménie vingt-six jours, ce qui est un peu moins
que le temps où la lune se laisse voir à l’horizon en chacune de ses
révolutions. Ils partagèrent cette période en deux treizaines qui leur
servaient de semaines, assignant à la première les premiers treize jours
où la nouvelle lune se montrait jusqu’à ce qu’elle fût pleine, et aux
seconds les autres treize, où, en décroissant, elle se cachait à la
simple vue.
Avec le temps et des observations constantes, ils reconnurent que les
vingt-six jours ou les deux treizaines ne donnaient pas une lunaison
entière, et que l’année pouvait d’autant moins se régler par néoménies,
que les révolutions solaires ne coïncident pas avec celles de la lune,
excepté à de longs intervalles. En ajoutant cette connaissance à des
principes plus corrects, ils finirent par mettre leur calendrier
d’accord avec le cours du soleil, en conservant toujours, néanmoins,
leurs périodes de treize jours, non plus pour les faire concorder avec
la marche apparente de la lune, mais bien afin de s’en servir comme de
semaines pour leurs divisions chronologiques.
§ II.—_Del dia y de sus divisiones._
Al dia llamaban _Kin_, es decir sol, y en esto se parecen á otras
naciones que cuentan los dias por soles: lo dividian en dos partes
naturales, á saber la noche y el tiempo en que aquel astro está sobre
el orizonte. En este distinguian la parte que antecede al nacimiento
del sol, expresándola con las palabras _hach hatzcab_, muy de mañana,
ó con la de _malih-okoc kin_, antes que salga el sol, ó con la de _pot
akab_ que señala la madrugada. Con la palabra _hatzcab_ designaban el
tiempo que corre de la salida del sol al medio dia, á este lo llamaban
_chunkin_ que es contraccion de _chumuc-kin_, centro del dia ó medio
dia; aunque en la actualidad designan con esta palabra las horas que
se acercan al media dia. _Tzelep-kin_ llamaban la hora en que el sol
declina en el arco diurno aparentemente, esto es, á las tres de la tarde.
_Oc-na-kin_ es la entrada de la noche ó puesta del sol. Para significar
la tarde, dicen que cuando refresca el sol y lo espresan diciendo _cu
ziztal kin_. La noche es _akab_: su mitad ó media es _chumuk-akab_, y
para señalar el tanto del dia ó de la noche intermedio á los puntos
dichos, señalan en el arco diurno del sol lo que este habia corrido ó
correrá, y por la noche la salida ó estado de alguna estrella ó planeta
conocida.
Los dias son veinte, que por lo regular se dividen de cinco en cinco,
para la mejor inteligencia de las reglas que se darán despues.
Primera quinterna. Segunda. Tercera. Quarta.
Kan. Muluc. Gix (ó hix). Cauac.
Chicchan. Oc. Men. Ajau (ó ahau).
Quimij (ó cimij). Chuen. Quib (ó cib). Ymix.
Manik. Eb. Caban. Yk.
Lamat. Been. Edznab (ó Eɔnab). Akbal.
Es necesario advertir que la traducion de estos nombres no es tan
facil como podia considerarse, ya porque se han anticuado, ya porque
las palabras se tomaron de alguna lengua estraña; ó finalmente por
que como no están en uso, y su escritura no está bien arreglada á la
pronunciacion tienen varios significados sin poderse atinar él que tenian
verdaderamente. 1. _Kan_, en la actualidad significa el mecate ó hilo
de henequen torcido.—2. _Chicchan_, si fuera _chichan_ se entenderia
pequeño, mas del modo escrito no es conocida su significacion.—3. _Cimi_:
asi es el pretérito del verbo _cimil_ morirse.—4. _Manik_, es perdida
su verdadera acepcion; pero si se divide la espresion _man-ik_ viento
que pasa, quizá se entenderia lo que fué.—5. _Lamat_, este se ignora lo
que debe significar; entre los nombres de los dias que Boturini hallo en
Oaxaca se halla escrito Lambat.—6. _Muluc_, se halla igualmente entre los
del referido Chiapas: aunque si es raiz del verbal _mulucbál_, pudiera
entenderse por reunion á amontonamiento.—7. _Oc_ es lo que cabe en el
hueco de la mano encogida, formando concha.—8. _Chuen_: antiguamente se
decia para significar tabla _chuenché_; tambien hay un árbol llamado
_zac chuenché_, ó chuenché blanco.—9. _Eb_, se dice por la escalera.—10.
_Been_ tambien es nombre chiapaneco como los dichos anteriormente, y solo
se halla en el idioma maya el verbo _beentah_ gastar con economia.—11.
_Gix_ ó _Hix_ esta entre los de Chiapas; en el uso actual se encuentra
el verbo _hiixtah_ bajar toda la fruta de un árbol, quitar todas las
hojas de una rama; y el nombre _iixcay_ como antiguamente se escribia;
que significa levisa ó lija, cuero de un pez, y la palabra _hihixci_
aspero.—12. _Men_, artifice.—13. _Quib_ ó _cib_ cera, vela ó copal.—14.
_Caban_, de significacion desconocida.—15. _Edznab_ ó _Eɔnab_, del mismo
modo desconocida.—16. _Cauac_, idem.—17. _Ahau_, el rey ó el periodo de
24 años.—18. _Ymix_, desconocido.—19. _Yk_, viento, aire.—20. _Akbal_
desconocido: tambien se halla entre los dias chiapanecos, escrito
_Aghual_.
§ II.—_Du jour et de ses divisions._
Le jour était appelé _kin_ dans la langue maya, c’est-à-dire soleil,
suivant en cela la coutume de plusieurs autres nations, de compter
par soleils: ils le divisaient en deux parties naturelles, savoir la
nuit et le temps où l’astre demeure sur l’horizon. Ils distinguaient
aussi le moment qui précède le lever du soleil qu’ils exprimaient
par ces paroles _hach-hatzcab_, de très-bon matin, ou par celles-ci:
_malih-ocok-kin_, avant la sortie du soleil, ou encore par celles de
_pot-akab_, qui énonce le point du jour. Par le mot _hatzcab_ ils
désignaient le temps qui s’écoule de l’apparition du soleil jusqu’à midi,
qu’ils appelaient _chunkin_, contracté de _chumuc-kin_, centre ou milieu
du jour[2], quoique aujourd’hui ils désignent ainsi les heures qui se
rapprochent du milieu du jour. _Tzelep-kin_ était l’heure où le soleil
décline apparemment vers l’arc diurne, c’est-à-dire trois heures du
soir: _Oc-na-kin_ est l’entrée de la nuit ou le coucher du soleil. Pour
signifier le soir, ils disent que c’est le moment où le soleil se repose,
et ils l’énoncent en disant _cu ziztal kin_. La nuit se nomme _akab_;
pour minuit on dit _chumuc-akab_ et pour signifier les intervalles entre
ces divers points, ils signalent dans l’arc diurne ce que le soleil y
a parcouru ou doit parcourir encore et, dans la nuit, l’apparition ou
l’état de quelque étoile ou planète connue[3].
Les jours sont au nombre de vingt; on les partage d’ordinaire en cinq
pour mieux faire comprendre les règles qui viennent ensuite[4].
Premier cinq. Deuxième. Troisième. Quatrième.
Kan. Muluc. Hix. Cauac.
Chicchan. Oc. Men. Ahau.
Cimi. Chuen. Cib. Ymix.
Manik. Eb. Caban. Yk.
Lamat. Been. Eɔnab ou Edznab. Akbal.