Le premier jour de _Pop_ commençait le premier mois de ces Indiens;

c’était le jour de leur année nouvelle et celui d’une fête fort

solennelle chez eux; car elle était générale, tous y prenaient part et

tout le peuple se réunissait pour fêter tous les dieux. Pour la célébrer

avec plus d’ostentation, ils renouvelaient ce jour-là tous les objets

dont ils se servaient, tels que plats, coupes, piédestaux, paniers,

vieux habits et étoffes avec lesquelles ils enveloppaient leurs idoles.

Ils balayaient leurs maisons et allaient jeter le tout avec l’ordure et

les vieux ustensiles à la voirie, en dehors de la localité, et nul, en

eût-il eu le plus grand besoin, n’eût osé y toucher. Pour se préparer

à cette fête, les princes et les prêtres, ainsi que la noblesse,

commençaient par jeûner et s’abstenir préalablement de leurs femmes, ce

que faisaient également ceux qui voulaient montrer leur dévotion, et

ils y donnaient tout le temps qu’ils jugeaient à propos; car il y en

avait qui s’y prenaient trois mois à l’avance, d’autres deux, d’autres

à leur fantaisie, autant qu’il leur plaisait, quoique jamais moins de

treize jours. A ces treize jours d’abstinence de leurs femmes, ils

ajoutaient celle de ne prendre avec leurs mets ni sel, ni piment, ce

qu’ils regardaient comme une grande pénitence. C’est dans cet intervalle

qu’ils faisaient l’élection des officiers _Chac_ qui aidaient le prêtre:

celui-ci leur préparait une grande quantité de petites boules d’encens

frais sur des planchettes que les prêtres avaient à cet effet, afin que

les jeûneurs et les abstinents pussent les brûler en l’honneur de leurs

idoles. Ceux qui avaient une fois commencé cette pénitence se gardaient

bien de la rompre, persuadés qu’ils étaient qu’il leur arriverait de

cette infraction quelque calamité soit à eux-mêmes, soit à leurs maisons.

Le jour du nouvel an arrivé, tous les hommes s’assemblaient dans la

cour du temple, mais seuls: car, en aucune occasion, si la fête ou

le sacrifice se célébrait dans le temple, les femmes ne pouvaient y

assister, à l’exception des vieilles qui y venaient pour leurs danses

particulières; mais dans les différentes autres fêtes qui avaient

lieu ailleurs, les femmes avaient la faculté de se présenter. Dans la

circonstance actuelle, les hommes venaient propres et ornés de leurs

peintures et de leurs couleurs, après s’être débarbouillés de la suie

dont ils s’étaient recouverts pendant le temps de leur pénitence. Tous

étant réunis avec les offrandes de mets et de boissons qu’on avait

apportés et une grande quantité de vin, nouvellement fermenté, le

prêtre purifiait le temple et s’asseyait au milieu de la cour, vêtu

de pontifical, ayant à côté de lui un brasier et les planchettes à

encens. Les _Chac_ prenaient place aux quatre coins, étendant de l’un

à l’autre un cordon neuf, au centre duquel devaient entrer tous ceux

qui avaient jeûné, afin de chasser le mauvais esprit, comme je l’ai dit

au chapitre XCVI. L’esprit malin une fois expulsé, tous se mettaient à

prier dévotement, tandis que les _chaces_ tiraient le feu nouveau: ils

brûlaient de l’encens aux idoles, le prêtre commençant le premier à jeter

le sien dans le brasier; toute l’assemblée le suivait, les seigneurs se

présentant d’abord, chacun suivant son rang, pour recevoir les boulettes

d’encens de la main du prêtre, qui le leur mettait dans les mains avec

autant de gravité et de dévotion, que s’il leur eût donné des reliques;

puis, l’un après l’autre, les jetaient lentement dans le brasier,

attendant qu’il eût achevé de brûler. A la suite de cette cérémonie,

ils mangeaient entre tous les oblations et les présents de vivres, en

buvant le vin qui allait son train, comme toujours, jusqu’à ce qu’ils

eussent terminé. C’était là leur fête de l’an neuf et la solennité avec

laquelle ils croyaient se rendre parfaitement agréables aux idoles. Dans

le courant de ce mois _Pop_, il y avait aussi des gens particulièrement

dévots qui célébraient encore cette fête avec leurs amis, ainsi que les

nobles et les prêtres, ceux-ci étant, d’ailleurs, toujours les premiers

dans les réjouissances et les festins.

17 — XIII CHICCHAN.

18 — I CIMI.

19 — II MANIK.

20 — III LAMAT.

21 — IV MULUC.

22 — V OC.

23 — VI CHUEN.

24 — VII EB.

25 — VIII BEN.

26 — IX YX.

27 — X MEN.

28 — XI CIB.

29 — XII CABAN.

30 — XIII EZANAB.

31 — I CAUAC.

1ᵉʳ Août. II AHAU.

2 — III YMIX.

3 — IV IK.

4 — V AKBAL.

5 — VI KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ UO.

6 — VII CHICCHAN.

7 — VIII CIMI.

8 — IX MANIK.

9 — X LAMAT.

10 — XI MULUC.

11 — XII OC.

12 — XIII CHUEN.

13 — I EB.

14 — II BEN.

15 — III YX.

16 — IV MEN.

17 — V CIB.

18 — VI CABAN.

19 — VII EZANAB.

20 — VIII CAUAC.

21 — IX AHAU.

Durant le mois _Uo_, les prêtres, les médecins et les sorciers, ce qui

était tout un, commençaient à se préparer par des jeûnes et autres actes

de piété, à la célébration d’une autre fête que les chasseurs et les

pêcheurs solennisaient au septième jour du mois _Zip_; chacun d’eux la

célébrait en son jour de son côté; les prêtres les premiers. On donnait

à cette fête le nom de _Pocam_. S’étant rassemblés, revêtus de leurs

ornements, dans la maison du prince, ils chassaient d’abord le mauvais

esprit, comme à l’ordinaire: ils découvraient ensuite leurs livres et les

exposaient sur un tapis de verdure qu’ils avaient préparé à cet effet.

Ils invoquaient ensuite dévotement un dieu nommé _Cinchau-Yzamna_, qui

avait, disaient-ils, été le premier prêtre[187]; ils lui offraient divers

présents et lui brûlaient au feu nouveau des boulettes d’encens. Pendant

ce temps-là d’autres délayaient dans un vase un peu de vert-de-gris

avec de l’eau vierge, qu’ils disaient avoir apportée des bois où jamais

femme n’avait pénétré: ils en humectaient les planches des livres, afin

de les nettoyer; cela fait, le plus savant des prêtres ouvrait un livre

où il examinait les pronostics de cette année, qu’il déclarait à tous

ceux qui étaient présents[188]. Il les prêchait après cela quelque peu,

leur recommandant ce qu’ils devaient faire pour en éloigner les effets

sinistres, et faisait connaître cette même fête pour l’année suivante au

prêtre ou seigneur qui devait la célébrer: si celui-ci venait à mourir

dans l’intervalle, ses fils étaient tenus de la célébrer à sa place.

Cela terminé, tous ensemble consommaient les vivres et les boissons des

offrandes, buvant comme des sacs à vin. Ainsi s’achevait la fête, durant

laquelle ils dansaient quelquefois un ballet du nom d’_Okot-Uil_.

22 — X YMIX.

23 — XI IK.

24 — XII AKBAL.

25 — XIII KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ ZIP.

26 — I CHICCHAN.

27 — II CIMI.

28 — III MANIK.

29 — IV LAMAT.

30 — V MULUC.

31 — VI OC.

1ᵉʳ Septemb. VII CHUEN.

Le jour suivant, les médecins et sorciers se réunissaient dans la

maison de l’un d’eux avec leurs femmes. Les prêtres chassaient l’esprit

mauvais, après quoi ils exposaient les enveloppes de leur médecine,

où ils tenaient une foule de bagatelles et, chacun en particulier, de

petites images de la déesse de la médecine qu’ils appelaient _Ixchel_,

d’où le nom de la fête _Ihcil-Ixchel_, ainsi que des petites pierres

servant à leurs sortiléges, nommées _am_. Avec une grande dévotion, ils

invoquaient alors dans leurs prières les dieux de la médecine _Yzamna_,

_Cit-Bolon-Tun_ et _Ahau-Chamahez_, tandis que les prêtres brûlaient

en leur honneur de l’encens qu’ils jetaient dans le brasier du feu

nouveau et que les _Chac_ les barbouillaient de couleur bleue comme

les livres des prêtres. Cela fait, chacun enveloppait les choses qui

le regardaient, et, chargés de leurs paquets, ils dansaient un ballet

nommé _Chan-tun-yab_. Le ballet terminé, les hommes s’asseyaient d’un

côté et les femmes de l’autre; on signalait ensuite le jour pour la fête

de l’année suivante, et tous ensemble faisaient le festin accoutumé des

offrandes et des boissons, s’enivrant à qui mieux mieux. Les prêtres

seuls, dit-on, honteux de s’y joindre cette fois, mettaient de côté leur

part du vin, afin de le boire à leur aise et sans témoins.

Le jour précédent, les chasseurs se réunissaient dans la maison de l’un

d’eux où ils amenaient leurs femmes; les prêtres y venaient comme les

autres, et après avoir chassé le mauvais esprit, comme à l’ordinaire, ils

plaçaient au milieu de la maison les préparatifs nécessaires au sacrifice

d’encens et de feu nouveau avec de la couleur bleue. Les chasseurs

invoquaient avec dévotion les dieux de la chasse _Acanum_, _Zuhuy-Zip_,

_Tabai_ et d’autres, et distribuaient l’encens qu’ils jetaient ensuite

dans le brasier. Tandis qu’il brûlait, chacun prenait une flèche et une

tête de cerf que les _Chac_ frottaient de la couleur bleue; ainsi peints,

les uns dansaient, en les tenant à la main, pendant que d’autres se

perçaient les oreilles ou la langue, se passant par les trous qu’ils y

pratiquaient sept feuilles d’une herbe appelée _Ac_[189]. Cela terminé,

le prêtre d’abord et les officiers de la fête après, lui présentaient les

oblations, puis ils se mettaient à danser, se faisant verser du vin et

s’enivrant jusqu’à satiété.

Le lendemain c’était le tour des pêcheurs à célébrer la fête, ce qu’ils

faisaient de la même manière que les autres, sauf qu’au lieu de têtes

de cerfs, ils barbouillaient de couleur leurs instruments de pêche; ils

ne se perçaient pas non plus les oreilles, mais se les taillaient à

l’entour, après quoi ils dansaient un ballet nommé _Chohom_[190]. Cela

fait, ils bénissaient un grand et gros arbre qu’ils laissaient debout.

Lorsque cette fête était finie dans les villes, les seigneurs avaient

coutume d’aller la célébrer avec beaucoup de monde à la côte, où ils

faisaient de grandes pêches avec des réjouissances de toute sorte; car

ils portaient avec eux une grande quantité de filets et de hameçons, avec

d’autres instruments à pêcher. Les dieux qu’ils invoquaient alors comme

leurs patrons étaient _Ahkak-Nexoï_, _Ahpua_, _Ahcitz_ et _Amalcum_[191].

2 — VIII EB.

3 — IX BEN.

4 — X YX.

5 — XI MEN.

6 — XII CIB.

7 — XIII CABAN.

8 — I EZANAB.

9 — II CAUAC.

10 — III AHAU.

11 — IV YMIX.

12 — V IK.

13 — VI AKBAL.

14 — VII KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ TZOZ.

Au mois _Tzoz_, les maîtres de ruches à miel se préparaient à la

célébration de leur fête de _Tzec_; mais quoique la principale

préparation à ces fêtes fût le jeûne, il n’obligeait que le prêtre et les

officiers qui lui prêtaient leur aide, étant tout volontaire pour les

autres.

15 — VIII CHICCHAN.

16 — IX CIMI.

17 — X MANIK.

18 — XI LAMAT.

19 — XII MULUC.

20 — XIII OC.

21 — I CHUEN.

22 — II EB.

23 — III BEN.

24 — IV YX.

25 — V MEN.

26 — VI CIB.

27 — VII CABAN.

28 — VIII EZANAB.

29 — IX CAUAC.

30 — X AHAU.

1ᵉʳ Octobre. XI YMIX.

2 — XII YX.

3 — XIII AKBAL.

4 — I KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ TZEC.

Le jour de la fête étant venu, ils se réunissaient dans la maison de

celui qui la célébrait et faisaient tout ce qu’ils étaient accoutumés

de faire dans les autres, sauf qu’ils ne répandaient pas de sang. Ils

avaient pour patrons les _Bacab_, et surtout _Hobnil_. Ils faisaient

alors de grandes offrandes, en particulier aux quatre _Chac_, auxquels

ils présentaient quatre plats, peints tout autour de figures de miel,

afin d’en obtenir en abondance par le moyen de cette fête. Ils la

finissaient, comme de coutume, par une orgie complète, les maîtres des

ruches n’épargnant pas le miel en cette circonstance[192].

5 — II CHICCHAN.

6 — III CIMI.

7 — IV MANIK.

8 — V LAMAT.

9 — VI MULUC.

10 — VII OC.

11 — VIII CHUEN.

12 — IX EB.

13 — X BEN.

14 — XI YX.

15 — XII MEN.

16 — XIII CIB.

17 — I CABAN.

18 — II EZANAB.

19 — III CAUAC.

20 — IV AHAU.

21 — V YMIX.

22 — VI IK.

23 — VII AKBAL.

24 — VIII KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ XUL.

On a vu, dans le dixième chapitre[193], comment après le départ de

Kukulcan du Yucatan, il y eut des Indiens qui assurèrent qu’il était

monté au ciel avec les dieux, le regardant comme un dieu et lui bâtissant

des temples; c’est pourquoi ils célébrèrent des fêtes en son honneur

et elles continuèrent par toute la contrée jusqu’à la destruction de

Mayapan. A la suite de cet événement, on ne les célébra plus que dans la

province de Mani[194]; mais les autres provinces, en reconnaissance de ce

qu’elles devaient à Kukulcan, lui présentaient tour à tour, chaque année,

à Mani, quelquefois quatre et d’autres fois cinq bannières magnifiques

de plume, avec lesquelles ils solennisaient la fête, non comme les

autres, mais de la manière suivante. Au 16 du mois _Xul_, tous les

seigneurs et les prêtres de Mani s’assemblaient et avec eux une multitude

considérable qui se joignait à eux, après s’être préparés par des jeûnes

et des abstinences. Le soir de ce jour ils sortaient en procession, avec

un grand nombre de comédiens, de la maison du prince et s’avançaient

lentement vers le temple de _Kukulcan_ qu’on avait au préalable orné

convenablement. En arrivant, ils faisaient leurs prières et plaçaient les

bannières en haut du temple; ils étalaient leurs idoles sur un tapis de

feuillage; ayant ensuite tiré du feu nouveau, ils brûlaient de l’encens

en beaucoup d’endroits, faisant des oblations de viande, cuite sans sel

ni piment, avec des boissons de fèves et de pepins de calebasses. Les

seigneurs ainsi que ceux qui avaient observé le jeûne, passaient là, sans

retourner chez eux, cinq jours et cinq nuits en prière, brûlant du copal,

et exécutant quelques danses sacrées. Pendant ce temps-là, les comédiens

allaient de la maison d’un des nobles à l’autre, représentant leurs

pièces et recueillant les dons qu’on leur offrait; au bout de cinq jours,

ils portaient le tout au temple où ils les partageaient aux seigneurs,

aux prêtres et aux danseurs; après cela, on reprenait les bannières avec

les idoles; on les remportait à la maison du prince, d’où chacun rentrait

chez lui avec ce qui lui revenait. Ils disaient et tenaient pour certain

que Kukulcan descendait du ciel le dernier jour de la fête et recevait

personnellement les sacrifices, les pénitences et les offrandes qu’on

faisait en son honneur. Quant à la fête on l’appelait _Chic-Kaban_.

25 — IX CHICCHAN.

26 — X CIMI.

27 — XI MANIK.

28 — XII LAMAT.

29 — XIII MULUC.

30 — I OC.

31 — II CHUEN.

1ᵉʳ Novemb. III EB.

2 — IV BEN.

3 — V YX.

4 — VI MEN.

5 — VII CIB.

6 — VIII CABAN.

7 — IX EZANAB.

8 — X CAUAC.

9 — XI AHAU.

10 — XII YMIX.

11 — XIII IK.

12 — I AKBAL.

13 — II KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ YAXKIN.

Durant ce mois _Yaxkin_, on commençait à se préparer, suivant la

coutume, pour une fête générale qui se célébrait en _Mol_, en un jour

que le prêtre désignait, en l’honneur de tous les dieux; on l’appelait

_Oloh-Zab-Kam Yax_. Après les cérémonies et encensements d’usage, ce

qu’ils voulaient faire, c’était de barbouiller avec leur couleur bleue

les instruments de toutes les professions, depuis ceux dont se servaient

les prêtres jusqu’aux fuseaux des femmes et jusqu’aux portes de leurs

maisons. A cette occasion, ils peignaient de la même couleur les enfants

des deux sexes; mais, au lieu de leur barbouiller les mains, on leur

donnait en dehors, sur les articulations, à chacun, neuf petits coups;

quant aux petites filles, c’était une vieille femme qui les amenait

là, et pour cela on la nommait _Ixmol_, c’est-à-dire la conductrice.

On donnait ces petits coups sur les mains aux enfants, afin qu’ils

devinssent d’habiles ouvriers dans les professions de leurs pères et de

leurs mères. La conclusion de cette cérémonie était une bonne orgie et un

festin de toutes les offrandes qu’on avait présentées, quoiqu’il y ait à

croire qu’on ne permettait à la dévote vieille de ne s’enivrer que chez

elle, afin qu’elle ne perdît pas en chemin la plume de son office.

14 — III CHICCHAN.

15 — IV CIMI.

16 — V MANIK.

17 — VI LAMAT.

18 — VII MULUC.

19 — VIII OC.

20 — IX CHUEN.

21 — X EB.

22 — XI BEN.

23 — XII YX.

24 — XIII MEN.

25 — I CIB.

26 — II CABAN.

27 — III EZANAB.

28 — IV CAUAC.

29 — V AHAU.

30 — VI YMIX.

1ᵉʳ Décemb. VII IK.

2 — VIII AKBAL.

3 — IX KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ MOL.

Durant ce mois, les maîtres de ruches à miel recommençaient la fête

qu’ils avaient célébrée au mois _Tzec_, afin que les dieux fissent naître

des fleurs pour les abeilles.

Une des choses que ces misérables regardaient comme des plus difficiles

et des plus ardues, c’était de fabriquer leurs idoles de bois, ce qu’ils

appelaient faire des dieux,[195]. Ils avaient pour cela une époque

particulière qui était ce mois de _Mol_, ou un autre, si le prêtre

jugeait à propos de la changer. Ceux qui souhaitaient en faire faire,

consultaient d’abord le prêtre, et, d’après son avis, allaient trouver

les artistes qui s’occupaient de cette profession; mais, à ce qu’on dit,

ceux-ci s’en excusaient toujours, parce qu’ils étaient persuadés que

l’un ou l’autre de leur maison en mourrait, ou qu’il leur surviendrait

quelque maladie du cœur. Dès qu’ils avaient accepté, les _Chac_ qu’ils

choisissaient à cet effet, ainsi que le prêtre et l’artiste, commençaient

le jeûne. Entre temps, celui qui avait commandé les idoles, allait

en personne, ou bien envoyait couper dans le bois l’arbre dont elles

devaient être sculptées, et c’était toujours du cèdre. Quand le bois

était arrivé, ils édifiaient une cabane de chaume bien fermée, où ils

mettaient le bois avec une grande urne pour y enfermer les idoles tout

le temps qu’ils y travailleraient. Ils offraient de l’encens à quatre

dieux, appelés _Acantun_, dont ils plaçaient les images aux quatre points

cardinaux; ils prenaient également ce qu’il fallait pour se scarifier ou

se tirer du sang des oreilles, ainsi que les instruments dont ils avaient

besoin pour sculpter leurs noires divinités. Préparés de cette manière,

le prêtre, les _Chac_ et l’artiste s’enfermaient dans la chaumière et se

mettaient à l’œuvre sacrée, se scarifiant fréquemment les oreilles et

barbouillant les idoles de leur sang et leur brûlant de l’encens; ils

continuaient ainsi jusqu’à ce que le travail fût terminé, les gens de

leur famille leur apportant à manger, avec ce qui leur était nécessaire;

mais ils ne pouvaient, durant tout ce temps, s’approcher de leurs femmes,

et nul n’était admis dans l’endroit où ils étaient renfermés.

4 — X CHICCHAN.

5 — XI CIMI.

6 — XII MANIK.

7 — XIII LAMAT.

8 — I MULUC.

9 — II OC.

10 — III CHUEN.

11 — IV EB.

12 — V BEN.

13 — VI YX.

14 — VII MEN.

15 — VIII CIB.

16 — IX CABAN.

17 — X EZANAB.

18 — XI CAUAC.

19 — XII AHAU.

20 — XIII YMIX.

21 — I IK.

22 — II AKBAL.

23 — III KAN. 1ᵉʳ _jour du mois_ CHEN.

24 — IV CHICCHAN.

25 — V CIMI.

26 — VI MANIK.

27 — VII LAMAT.

28 — VIII MULUC.

29 — IX OC.

30 — X CHUEN.

31 — XI EB.

[Illustration]

Au centre de la roue qui fait face à cette page, se trouvent dans le

texte original ces paroles:

«Llaman a esta cuenta en su lengua Uazlazon Katun que quiere

dezir la _gerra_ de los Katunes.»

C’est-à-dire, ils appellent, dans leur langue, cette

computation _Uazlazon Katun_, ce qui signifie la guerre ou le

jeu des Katuns.

§ XLI.—_Ahau Katun ó siglo de los Mayas. Escritura de ellos._

No solo tenian los indios cuenta en el año y meses, como queda dicho, y

señalado atras pero tenian cierto modo de contar los tiempos y sus cosas

por edades, las quales hazian de veynte en veynte años, contando XIII

veyntes con una de las XX letras de los meses que llaman _Ahau_, sin

orden sino retruecanados como pareceran en la siguiente raya redonda;

llaman les a estos en su lengua _Katunes_, y con ellos tenian a maravilla

cuenta con sus edades, y le fue assi facil al viejo de quien en el

primero capitulo dixe avia trescientos años acordarse dellos. Ca si yo

no supiera destas sus cuentas yo no creyera se pudiera assi acordar de

tanta edad.

Quien esta cuenta de katunes ordeno, si fue el demonio, hizo lo que suele

hordenandolo a su honor, o si fue hombre, devia ser buen idolatra, porque

con estos sus katunes añadio todos los principales engaños y agueros, y

embaymientos con que aquesta gente anda allende de sus miserias del todo

enbaucada y assi esta era la sciencia a que ellos davan mas credito, y

la que tenian en mas, y de la que no los sacerdotes todos sabian dar

cuenta. La orden que tenian en contar sus cosas y hazer sus divinaciones,

con esta cuenta, era que tenian en el templo dos idolos dedicados a dos

destos caracteres. Al primero conforme a la cuenta desde la cruz de la

raya redonda arriba contenida adoravan, y hazian servicios para remedio

de las plagas de sus XX años, y a los X años que faltavan de los XX del

primero, no hazian con el mas de quemarle encienso y reverenciarle.

Cumplidos los XX años del primero, començava a seguirse por los hados

del segundo, y a hazerle sus sacrificios, y quitado aquel idolo primero,

ponian otro para venerarle otros diez años.

_Verbi gratia_ dizen los indios que acabaron de llegar los españoles a la

cibdad de Merida el año de la Natividad del Senor de MDXLI, que era en

punto en el primero año de la era de _Buluc-Ahau_, que es el que esta en

la casa donde esta la Cruz, y llegaron el mesmo mes de _Pop_, que es el

primero mes de su año. Sino huviera españoles, adoraran ellos el idolo

de _Buluc-Ahau_ hasta el año de LI, que son dies años, y al año decimo,

pusieran otro idolo a _Bolon-Ahau_, y honraranle, siguiendose por los

pronosticos de _Buluc-Ahau_ hasta el año de LXI, y entonces quitaranle

del templo, y pusieran a _Uuc-Ahau_ idolo, y siguieranse por los

pronosticos de _Bolon-Ahau_ otros X anos, y assi davan a todos buelta; de

manera que veneravan a estos sus katunes XX años, y los X se regian por

sus supersticiones y engaños, las quales eran tantas y tan bastantes para

engañar a gente simple que admira aunque no a los que saben de las cosas

naturales, y la experiencia que dellas el demonio tiene.

Usavan tambien esta gente de ciertos carateres o letras con las quales

escrivian en sus libros sus cosas antiguas, y sus sciencias, y con

ellas, y figuras, y algunas señales en las figuras entendian sus cosas,

y las davan a entender y enseñavan. Hallamosles grande numero de libros

destas sus letras, y porque no tenian cosa en que no uviesse supersticion

y falsedades del demonio se les quemamos todos, lo qual a maravilla

sentian, y les dava pena.

De sus letras porne aqui un _a_, _b_, _c_, que no permite su pesadumbre

mas porque usan para todas las aspiraciones de las letras de un caracter,

y despues, al puntar de las partes otro, y assi viene a hazer _in

infinitum_, como se podra ver en el siguiente exemplo. _Lé_, quiere dezir

laço y caçar con el; para escrivirle con sus carateres, haviendoles

nosotros hecho entender que son dos letras, lo escrivian ellos con tres,

puniendo a la aspiracion de la _l_ la vocal _é_, que antes de si trae, y

en esto no hierran, aunque usense, si quisieren ellos de su curiosidad.

Exemplo: [Illustration: e L e Lé] Despues al cabo le pegan la parte

junta. _Ha_ que quiere dezir agua, porque la _haché_ tiene [Illustration:

ha] _a_, _h_, antes de si la ponen ellos al principio con _a_, y al cabo

desta manera. Tambien lo escriven a partes pero de la una y otra manera,

yo no pusiera aqui ni tratara dello sino por dar cuenta entera de las

cosas desta gente. _Ma in kati_ quiere dezir no quiero, ellos lo escriven

a partes desta manera: [Illustration: ma i n ka ti]

[Illustration: SIGUESE SU A B C.

Signos. Valor

fonetico.

1. [glyphe] a

2. [glyphe] a

3. [glyphe] a

4. [glyphe] b

5. [glyphe] b

6. [glyphe] c

7. [glyphe] t

8. [glyphe] é

9. [glyphe] h

10. [glyphe] i

11. [glyphe] ca

12. [glyphe] k

13. [glyphe] l

14. [glyphe] l

15. [glyphe] m

16. [glyphe] n

17. [glyphe] o

18. [glyphe] o

19. [glyphe] p

20. [glyphe] pp

21. [glyphe] cu

22. [glyphe] ku

23. [glyphe] x#

24. [glyphe] x

25. [glyphe] u

26. [glyphe] u

27. [glyphe] z

]

[Illustration: SIGNOS ADICIONALES.

[glyphe] (Variante de la _a_ n. 1.)

[glyphe] ma (quizá tambien _me_ ó _mo_.)

[glyphe] (Variante de la letra _h_.)

[glyphe] ti

[glyphe] ha (agua ó _’h_ gutural.)

[glyphe] signo de aspiracion?

]

De las letras que aqui faltan carece esta lengua y tiene otras añadidas

de la nuestra para otras cosas que las ha menester, y ya no usan para

nada destos sus caracteres especialmente la gente moça que an aprendido

los nuestros.

§ XLI.—_Ahau-Katun ou cycle des Mayas. Leur écriture et leur alphabet._

Ainsi qu’on l’a fait voir plus haut, ces Indiens n’avaient pas seulement

la computation de l’année et des mois, mais ils avaient aussi une

certaine manière de compter les temps et leurs choses par âges, ce

qu’ils faisaient de vingt en vingt ans, en comptant treize vingtaines

au moyen d’une des vingt lettres de leur mois, appelé _Ahau_, mais sans

ordre et alternés seulement, comme on le verra dans la roue ci-dessus:

ils appellent ces figures _Katun_ et ils y retrouvaient à merveille la

computation de leurs âges. Aussi était-il facile au vieillard dont j’ai

parlé dans le premier chapitre[196] de se souvenir de trois cents ans

en arrière; car si je n’avais su ce que c’est que ces computations, je

n’aurais jamais cru qu’ils pussent ainsi se souvenir d’un temps si long.

Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg · 第 28 / 47 段