señores no prevalescerian. Dezian ternian tambien langosta, y que se
despoblarian muchos de sus pueblos de hambre. Lo que el demonio les
mandava hazer para remedio destas miserias las quales todas o algunas
dellas entendian les vernian, era hazer un idolo que llamavan _Cinch-Ahau
Yzamna_, y ponerle en el templo, donde le hazian muchos saumerios y
muchas ofrendas y oraciones, y derramamientos de su sangre, con la qual
untavan la piedra de _Zac-Acantun_ demonio. Hazian muchos vailes, y
vailavan las viejas como solian, y en esta fiesta hazian de nuevo un
oratorio pequeño al demonio, o le renovavan, y en el se juntavan a hazer
sacrificios y offrendas al demonio, y a hazer una solemne borachera
todos; ca era fiesta general y obligatoria. Avia algunos santones que
de su voluntad, y por su devocion hazian otro idolo como el de arriba
y le ponian en otros templos, donde se hazian ofrendas y borachera.
Estas boracheras y sacrificios tenian por muy gratos a sus idolos, y por
remedios para librarse de las miserias del pronostico.
§ XXXVII.—_Sacrifices de l’année nouvelle au signe d’Yx. Pronostics
sinistres; comment on en conjurait les effets._
L’année dont la lettre dominicale était _Yx_ et le présage _Zac-Ciui_,
l’élection du chef qui célébrait la fête étant terminée, ils fabriquaient
l’image du dieu appelé _Zac-u-Uayeyab_ et la portaient aux massifs de
pierre où ils avaient laissé l’autre, l’année d’avant. Ils modelaient une
statue du dieu _Yzamna_ et la plaçaient dans la maison du chef, après
quoi, par une rue ornée, suivant la coutume, ils se rendaient dévotement
à l’image de _Zac-u-Uayeyab_. A leur arrivée, ils l’encensaient comme
l’autre fois et y coupaient le cou à une poule; l’image ayant été mise
ensuite sur un brancard, appelé _Zachia_, ils l’emportaient dévotement,
l’accompagnant de danses nommées _Alcabtan-Kam-Ahau_. On leur portait
la boisson accoutumée dans le chemin, et, en arrivant à la maison, ils
colloquaient l’image devant celle d’_Yzamna_ et lui faisaient leurs
oblations, pour les partager ensuite: à la statue de _Zac-u-Uayeyab_,
ils présentaient une tête de dindon, des pâtés de cailles, des boissons
diverses, etc.
Comme toujours, il y en avait parmi les spectateurs qui se tiraient
du sang, dont ils oignaient la pierre du dieu _Zac-Acantun_. De cette
manière, ils gardaient les idoles durant les jours précédant l’année
nouvelle, et les encensaient suivant leurs coutumes jusqu’au dernier:
alors ils portaient _Yzamna_ au temple et _Zac-u-Uayeyab_ à l’orient de
la ville, l’y laissant jusqu’à l’année suivante.
Les misères auxquelles ils étaient exposés cette année, s’ils venaient à
négliger ces diverses cérémonies, étaient des défaillances, des pamoisons
et des maux d’yeux. Ils la tenaient pour une année mauvaise quant au
pain, mais abondante en coton. C’était celle qu’ils signalaient avec le
caractère _Yx_ et où dominait le _Bacab Zac-Ciui_[163], qui n’annonçait
rien de bien bon: suivant leur manière de voir, l’année devait entraîner
des calamités de toute espèce, un grand manque d’eau, des jours où le
soleil serait d’une ardeur excessive, qui dessécherait les champs de
maïs; la conséquence en serait la famine; de la famine naîtraient les
vols et des vols l’esclavage pour ceux qui s’en rendraient coupables.
Tout cela, naturellement, devait être la source de discordes et de
guerres intestines entre les citoyens et entre les villes. Ils ajoutaient
qu’en l’année, marquée par ce signe, il arrivait d’ordinaire aussi des
changements dans les princes ou les prêtres, par suite des guerres et des
discordes.
Un autre pronostic qu’ils avaient également, c’est que quelques-uns
de ceux qui recherchaient le commandement, n’arriveraient pas à leurs
fins. Cette année était signalée parfois aussi par une irruption de
sauterelles, dont la conséquence serait la famine et la dépopulation
d’un grand nombre de localités. Pour remédier à ces calamités, qu’ils
craignaient du tout ou en partie, ils fabriquaient, à l’instigation
du démon, la statue d’une idole nommée _Kinch-Ahau-Yzamna_; ils la
plaçaient dans le temple où ils lui offraient toutes sortes d’encens et
d’oblations, se tirant du sang dont ils frottaient la pierre du dieu
_Zac-Acantun_. Ils exécutaient diverses danses, les vieilles dansant
comme de coutume: dans cette fête ils faisaient à neuf un petit oratoire
au démon; ils s’y réunissaient pour lui offrir des sacrifices et lui
faire des présents, et terminaient par une orgie solennelle où tout le
monde s’enivrait; car cette fête était générale et obligatoire. Il y
avait également quelques fanatiques qui, de leur propre volonté et par
dévotion, fabriquaient une autre idole, comme celle dont il est parlé
plus haut, qu’ils portaient dans d’autres temples, lui faisant des
offrandes et s’enivrant en son honneur. Ils regardaient ces orgies et ces
sacrifices comme très-agréables à leurs idoles et comme des préservatifs
capables de conjurer les calamités dont ils se croyaient menacés.
§ XXXVIII.—_Sacrificios del año nuevo en la letra Cauac. Pronosticos
malos y su remedio en el baile del fuego._
El año que la letra dominical era _Cauac_ y el aguero _Hozanek_, hecha
la elecion del principal, para celebrar la fiesta hazian la imagen del
demonio llamado _Ekuvayeyab_, y llevavanla a los montones de piedra de la
parte del poniente, donde el año passado la avian echado. Hazian tambien
una estatua a un demonio llamado _Uacmitun-Ahau_, y ponianla en casa del
principal en lugar conveniente, y desde alli ivan todos juntos al lugar
donde la imagen de _Ekuvayeyab_ estava, y tenian el camino para ello muy
adereçado; llegados a ella saumavanla el sacerdote y los señores, como
solian y degollavanle la gallina. Esto hecho, tomavan la imagen en un
palo que llamavan _Yaxek_, y ponianle acuestas a la imagen una calabera y
un hombre muerto y en cima un paxaro cenicero llamado _kuch_, en señal de
mortandad grande, ca por muy mal año tenian este.
Llevavanla despues desta manera, con su sentimiento y devocion, y
bailando algunos vailes, entre los quales vailavan uno como cazcarientas
y assi le llamavan ellos _Xibalba-Okot_, que quiere dezir baile del
demonio. Llegavan al camino los escancianos con la bevida de los
señores, la qual bevida llevavan al lugar de la estatua _Uacmitun-Ahau_,
y ponianle alli en frente la imagen que traian. Luego començavan sus
ofrendas, saumerios y oraciones, y muchos derramavan la sangre de muchas
partes de su cuerpo, y con ella untavan la piedra del demonio llamado
_Ekel-Acantun_, y assi passavan estos dias aciagos, los quales passados,
llevavan a _Uacmitun-Ahau_ al templo, y a _Ekuvayeyab_ a la parte de
medio dia, para recibirla otro año.
Este año en que la letra era _Cauac_ y reynava el _Bacab-Hozanek_ tenian,
allende de la pronosticada mortandad, por ruyn, por que dezian les avian
los muchos soles de matar los maizales, y comer las muchas hormigas lo
que sembrassen y los paxaros, y porque esto no seria en todas partes
avria en algunos comida, la qual avrian con gran trabajo. Haziales el
demonio para remedio destas miserias hazer quatro demonios llamados
_Chichac-Chob_, _Ek-Balam-Chac_, _Ahcan-Uolcab_, _Ahbuluc-Balam_, y
ponerlos en el templo donde los saumavan con sus saumerios, y les
ofrecian dos pellas de una leche o resina de un arbol que llaman _kik_,
para quemar y ciertas iguanas y pan y una mitra y un manojo de flores, y
una piedra preciosa de las suyas. Demas desto, para la celebracion desta
fiesta, hazian en el patio una grande boveda de madera, y henchianla
de lena por lo alto y por los lados, dexandole en ellos puertas para
poder entrar y salir. Tomavan despues los mas hombres de hecho sendos
manojos de unas varillas muy secas y largas atadas, y puesto en lo alto
de la leña un cantor, cantava y hazia son con un atambor de los suyos,
vailavan los de abaxo todos con mucho concierto y devocion, entrando y
saliendo por las puertas de aquella boveda de madera, y assi vailavan
hasta la tarde, que dexando alli cada uno su manojo, se ivan a sus casas
a descansar y comer.
En anocheciendo volvian y con ellos mucha gente, porque entre ellos esta
cerimonia era muy estimada y tomando cada uno su hacho lo encendian y con
ellos cada uno por su parte pegavan fuego a la leña, la qual ardia mucho
y se quemava presto. Despues de hecho toda braza, la allanavan y tendian
muy tendida y juntos los que avian bailado, avia algunos que se ponian
a passar descalços y desnudos como ellos andavan por encima de aquella
braza de una parte a otra y passavan algunos sin lesion, otros abraçados,
y otros medio quemados, y en esto creian estava el remedio de sus
miserias y malos agueros, y pensavan era este su servicio muy agradable a
sus dioses. Esto hecho se ivan a bever y hazerse cestos, ca assi lo pedia
la costumbre de la fiesta, y el calor del fuego.
§ XXXVIII.—_Sacrifices de l’année nouvelle au signe de Cauac. Pronostics
sinistres, conjurés par la danse du feu._
L’année dont la lettre dominicale était _Cauac_ et le présage _Hozanek_,
après qu’on avait élu le chef de la fête, on fabriquait pour la célébrer
l’image du dieu nommé _Ek-u-Uayeyab_: on la portait aux massifs de pierre
du côté du couchant, où on l’avait laissée l’année d’avant. On moulait en
même temps la statue d’un dieu appelé _Uac-Mitun-Ahau_, que l’on plaçait,
comme d’ordinaire, dans le lieu le plus convenable de la maison du
chef. De là ils se dirigeaient tous ensemble à l’endroit où se trouvait
l’image d’_Ek-u-Uayeyab_, ayant soin préalablement d’orner le chemin: en
arrivant, les seigneurs et le prêtre l’encensaient, suivant l’usage, et
coupaient le cou à une poule. Cela fini, ils prenaient la statue sur un
brancard nommé _Yaxek_[164], en lui mettant sur les épaules une calebasse
avec un homme mort, et par-dessus un oiseau cendré, qu’ils appelaient
_Kuch_[165], en signe de grande mortalité; car cette année était tenue
pour fort mauvaise.
Ils l’emportaient ensuite de cette manière, avec une dévotion mêlée
de tristesse, en exécutant quelques danses, entre lesquelles il y
en avait une qui était comme les _crottées_[166], qu’ils appelaient
_Xibalba-Okot_, ce qui signifie danse des démons[167]. Dans l’intervalle,
les échansons arrivaient avec la boisson des seigneurs, que ceux-ci
buvaient au lieu où était la statue de _Uac-Mitun-Ahau_ et mettaient
vis-à-vis d’elle l’image dont ils étaient chargés. Aussitôt commençaient
les oblations, les encensements et les prières; un grand nombre se
tiraient du sang de diverses parties du corps et en oignaient la pierre
de l’idole, appelée _Ekel-Acantun_. Ainsi passaient les jours néfastes, à
la suite desquels on portait _Uac-Mitun-Ahau_ au temple et _Ek-u-Uayeyab_
du côté du midi, où on devait le retrouver l’année suivante.
Cette année, signalée par le caractère _Cauac_ et où dominait le
_Bacab-Hozanek_, outre la mortalité dont elle était menacée, était
particulièrement regardée comme fatale: on disait que les ardeurs
extrêmes du soleil détruiraient les plantations de maïs, sans compter la
multiplication des fourmis et des oiseaux qui allaient dévorer le reste
des semailles; cependant, ajoutait-on, ces calamités ne devant pas être
tout à fait générales, il y aurait quelques endroits où l’on trouverait
des subsistances, quoique avec un grand travail. Pour conjurer ces
fléaux, ils faisaient, à l’instigation du démon, quatre idoles nommées
_Chichac-Chob_, _Ekbalam-Chac_, _Ahcan-Uolcab_ et _Ahbuluc-Balam_[168]:
après les avoir colloquées dans le temple, où ils les encensaient, comme
de coutume, ils leur présentaient deux pelotes de la résine nommée _kik_,
afin de les brûler, quelques iguanes, du pain et une mitre, avec un
bouquet de fleurs et une pierre dont ils faisaient grand cas. En outre,
ils élevaient, pour la célébration de cette fête, une grande voûte de
bois dans la cour, la remplissant de bois à brûler en haut et sur les
côtes, en y laissant toutefois des issues pour pouvoir entrer et sortir.
La plupart des hommes prenaient ensuite, chacun en particulier, des
faisceaux de longues baguettes fort sèches, et, tandis qu’un musicien,
monté au sommet du bûcher, chantait en battant du tambour, tous dansaient
avec beaucoup d’ordre et de dévotion, entrant et sortant l’un après
l’autre de dessous le bûcher; ils continuaient ainsi à danser jusqu’au
soir que, laissant leurs faisceaux, ils rentraient chez eux pour se
reposer et manger.
A la nuit tombante, ils retournaient accompagnés de beaucoup de monde;
car cette cérémonie était tenue en grande estime parmi eux. Chacun,
prenant alors son faisceau, l’allumait et mettait le feu au bûcher, qui
prenait aussitôt et brûlait rapidement[169]. Du moment qu’il n’y avait
plus qu’un brasier, ils l’étendaient au large, et ceux qui avaient dansé
se réunissaient à l’entour: les uns se mettaient à passer pieds nus sur
la braise ardente, les autres à courir d’un bord à l’autre, plusieurs
réussissant à faire la traverse sans aucun mal, plusieurs se brûlant
en partie ou en totalité, s’imaginant ainsi conjurer les fléaux qu’ils
redoutaient et détourner l’effet des pronostics sinistres de l’année,
dans la persuasion que rien ne pouvait être plus agréable à leurs dieux
que cette sorte de sacrifice. Cela fini, ils s’en allaient chez eux pour
boire et s’enivrer; car ainsi l’exigeaient à la fois et la coutume de la
fête et l’ardeur du feu.
§ XXXIX.—_Esplica el autor varias cosas del calendario. Su intento al dar
estas noticias._
Con las letras de los indios puestas atras en el capitulo CX, ponian a
los dias de sus meses nombres, y de todos juntos los meses hazian un modo
de calendario, con el qual se reglan assi para sus fiestas como para sus
cuentas y tratos y negocios, como nosotros nos regimos con el nuestro,
salvo que no començavan el primero dia de su calendario en el primero dia
de su año, sino muy adelante; lo qual hazian por la dificultad con que
contavan los dias de los meses todos juntos, como se vera en el proprio
kalendario que aqui porne; porque aunque las letras y dias para sus meses
son XX, tienen en costumbre de contarlas desde una hasta XIII. Tornan a
començar de una despues de las XIII, y assi reparten los dias del año en
XXVII trezes y IX dias sin los aciagos.
Con estos retruecanos y embaraçosa cuenta es cosa de ver la liberalidad
con que los que saben cuentan y se entienden, y mucho de notar que salga
siempre la letra que es dominical en el primero dia de su año, sin errar
ni faltar, ni venir a salir otra de las XX alli. Usavan tambien deste
modo de contar para sacar destas letras cierto modo de contar que tenian
para las edades y otras cosas que aunque son para ellos curiosas, no nos
hazen aqui mucho al proposito; y por esso se quedaran con dezir que el
caracter o letra de que començava su cuenta de los dias o kalendario, se
llama _Hun-Ymix_ y es este [Illustration: Hun-Ymix] el qual no tiene dia
cierto ni señalado en que caiga. Porque cada uno le muda la propia cuenta
y contado esso no falta el salir la letra que viene por dominical el
primero del año que se sigue.
El primer dia del año desta gente era siempre a XVI dias de nuestro mes
de julio, y primero de su mes de _Popp_, y no es de maravillar que esta
gente, aunque simple que en otras cosas les emos hallado curiosidad en
esta la tuviessen tambien, y opinion como la an otras naciones tenido; ca
segun la glossa sobre Ezechiel henero es segun los Romanos el principio
del año, segun los Hebreos abril, segun los Griegos março y segun los
Orientales octubre. Pero aunque ellos comiençan su año en julio, yo
no porne aqui su Kalendario sino por la orden del nuestro y junto con
el nuestro, de manera que iran señaladas nuestras letras y las suyas,
nuestros meses y los suyos, y su cuenta de los trezes sobre dichos,
puesta en cuenta de guarismo.
Y porque no aya necessidad de poner en una parte el calendario y en
otra las fiestas, porne en cada uno de sus meses sus fiestas, y las
observancias y cerimonias, con que las celebravan, y con esto cumplire lo
que en algunas partes atras e dicho que hare su calendario, y en el dire
de sus ayunos y de las cerimonias con que hazian los idolos de madera y
otras cosas, las quales todas y las demas que desta gente e aqui tratado
no es mi entento sirvan de mas de materia de alabar a la bondad divina
que tal ha sufrido y tal ha tenido por bien de remediar en nuestros
tiempos; para que advirtiendolo con entrañas christianas le suplique
mas por su conservacion y aprovechamiento en buena christiandad, y los
que a cargo lo tienen, lo favorescan y ayuden, porque, por sus peccados
desta gente o los nuestros no les falte el ayuda, o ellos no falten en
lo començado, y assi buelvan a sus miserias y gomitos de hierros; y les
acaescan las cosas peores que las primeras, tornando los demonios a
las casas de sus almas, de donde con trabajoso cuidado hemos procurado
echarlos, limpiandoselas y barriendolas de sus vicios y malas costumbres
passadas. Y esto no es mucho temerlo, viendo la perdicion que tantos años
ay en toda la grande y muy christiana Asia, y en la buena y catholica y
augustissima Africa, y las miserias y calamidades que el dia de oy passan
en nuestra Europa, y en una nacion y casas por lo qual podriamos dezir
se nos an cumplido las evangelicas prophecias sobre Iherusalem, de que
la cercarian sus enemigos y ensangostarian y apretarian tanto que la
derrocassen por tierra. Y esto ya lo avria Dios permittido segun somos,
sino que no puede faltar su yglesia ni lo que della dixo: _Nisi Dominus
reliquisset semen, sicut Sodoma fuissemus_.
§ XXXIX.—_Explications de l’auteur sur le calendrier yucatèque. Son
dessein, en écrivant ces diverses notices._
Avec les caractères de ces Indiens, placés plus bas au chapitre CX[170],
ils imposaient aux jours de leurs mois des noms, et de tous les mois
réunis ils formaient une sorte de calendrier, à l’aide duquel ils se
réglaient tant pour leurs fêtes que pour leurs comptes, contrats et
affaires, ainsi que nous le faisons avec le nôtre. Il y avait toutefois
cette différence que le premier jour de leur année ne s’accordait pas
avec le premier du calendrier, qu’ils laissaient bien en arrière[171].
Elle provenait de la difficulté avec laquelle ils comptaient les jours
de leurs mois tous ensemble, comme on le verra dans le calendrier que
je joindrai ici: car, encore que les caractères et jours de leurs mois
soient au nombre de vingt, ils ont la coutume de ne les compter que de un
à treize; ils recommencent ensuite à compter après ces treize, partageant
ainsi les jours de l’année en vingt-sept trezaines et neuf jours, sans
compter les supplémentaires.
Malgré ces retours périodiques et cette computation embarrassante,
c’est une chose merveilleuse de voir avec quelle rapidité ceux qui sont
au courant savent compter et s’entendre; ce n’est pas une chose moins
notable, que la lettre qui est la dominicale est toujours celle qui sort
avec le premier jour de leur année, sans manque ni erreur, et sans qu’il
en vienne aucune autre des vingt dont se compose le mois[172]. Ils se
servaient aussi de cette manière de compter, pour établir une sorte de
computation des cycles et d’autres choses qui, bien qu’intéressantes pour
eux, ne le sont pas pour notre sujet: nous nous bornerons donc à dire
que la lettre ou le caractère avec laquelle commençait leur computation
des jours ou calendrier, s’appelle _Hun-Ymix_, qui est celui-ci:
[Illustration: Hun-Ymix] il n’y a du reste aucun jour particulièrement
signalé où il doive tomber[173]; car chacun modifie son propre compte,
et, avec tout cela, la lettre qui doit être la dominicale ne manque
jamais de venir pour la première de l’année à suivre.
Le premier de l’année, chez les Yucatèques, était invariablement le
seizième jour de notre mois de juillet, premier de leur mois _Popp_: il
n’y a pas de quoi s’étonner que cette nation, chez qui nous avons trouvé,
malgré sa simplicité, des connaissances de diverse nature, ait possédé
également celle-là, puisque nous voyons que d’autres peuples l’ont eue;
car, selon la glose sur Ezéchiel[174], janvier est, suivant les Romains,
le commencement de l’année; suivant les Hébreux, c’est avril; suivant
les Grecs, mars, et selon les Orientaux, octobre. Mais, quoique ceux de
ce pays commencent leur année en juillet, je ne mettrai toutefois ici
leur calendrier que suivant l’ordre du nôtre, auquel je le joindrai, de
manière à ce que nos lettres et les leurs soient signalées ensemble, nos
mois et les leurs, ainsi que leur compte de treizaines, dans l’ordre de
leur progression[175].
Mais, comme il n’y a aucune nécessité de placer en un endroit le
calendrier et dans un autre les fêtes, je joindrai celles-ci à chacun
de leurs mois, avec les observances et cérémonies qui en accompagnaient
la célébration, gardant ainsi la promesse que j’ai faite ailleurs de
donner leur calendrier: je dirai avec quels jeûnes et quels rites ils
fabriquaient leurs idoles de bois, ainsi que d’autres choses; bien
entendu que toutes ces notions, ainsi que celles que j’ai déjà données
sur ce pays, n’ont d’autre fin, dans mon esprit, que de rendre grâces à
la bonté divine qui les a tolérées et a tenu à bien d’y remédier en notre
temps. C’est pour cela qu’y portant notre attention avec des entrailles
chrétiennes, nous la supplions pour ces peuples, pour leur conservation
et leur avancement dans la bonne doctrine du christianisme, et pour que
ceux qui ont la charge de leurs âmes, les favorisent et les aident,
afin que, pour leurs propres péchés ou les nôtres, le secours ne vienne
pas à leur manquer, ou qu’ils ne tombent pas dans la voie, après avoir
commencé à y marcher, et qu’ainsi ils ne retournent point aux misères et
aux vomissements de leurs erreurs; que leur condition ne soit pas pire
qu’auparavant, par le retour des démons aux maisons de leurs âmes, d’où
nous avons travaillé si péniblement à les chasser, les purifiant de leurs
vices et de leurs mauvaises coutumes passées. Et ce n’est certes pas
trop nous avancer que d’exprimer une telle crainte, quand nous voyons la
perdition qu’il y a depuis tant d’années dans la grande et chrétienne
Asie, ainsi que dans la bonne, catholique et très-auguste Afrique, les
misères et calamités qui aujourd’hui affligent notre Europe, dans une
nation et des maisons, dont nous pourrions dire en effet que se sont
accomplies à notre égard les prophéties évangéliques sur Jérusalem[176];
que ses ennemis l’environneraient de toutes parts et la presseraient
jusqu’à ce qu’elle tombât par terre. Or, tout cela Dieu l’aurait déjà
permis, sinon que son Église ne peut manquer, non plus que ce qui est dit
d’elle: _Nisi Dominus reliquisset semen, sicut Sodoma fuissemus._
§ XL.—_Comiença el kalenderio romano y yucatanense._
TREZES DIAS MESES de los Indios.
IANUARIUS
_A_ 12 Ben [Illustration: Ben]
_b_ 13 Ix [Illustration: Ix]
_c_ 1 Men [Illustration: Men]
_d_ 2 Cib [Illustration: Cib]
_e_ 3 Caban [Illustration: Caban]
_f_ 4 Ezanab [Illustration: Ezanab]
_g_ 5 Cauac [Illustration: Cauac]
_A_ 6 Ahau [Illustration: Ahau]
_b_ 7 Ymix [Illustration: Ymix]
_c_ 8 Ik [Illustration: Ik]
_d_ 9 Akbal [Illustration: Akbal]
_e_ 10 Kan [Illustration: Kan] [Illustration: YAX]
_f_ 11 Chicchan [Illustration: Chicchan]
_g_ 12 Cimij [Illustration: Cimij]
_A_ 13 Manik [Illustration: Manik]
_b_ 1 Lamat [Illustration: Lamat]
_c_ 2 Muluc [Illustration: Muluc]
_d_ 3 Oc [Illustration: Oc]
_e_ 4 Chuen [Illustration: Chuen]
_f_ 5 Eb [Illustration: Eb]
_g_ 6 Ben [Illustration: Ben]
_A_ 7 Ix [Illustration: Ix]
_b_ 8 Men [Illustration: Men]
_c_ 9 Cib [Illustration: Cib]
_d_ 10 Caban [Illustration: Caban]
_e_ 11 Ezanab [Illustration: Ezanab]
_f_ 12 Cauac [Illustration: Cauac]
_g_ 13 Ahau [Illustration: Ahau]