Yx, Men, Cib, Caban, Ezanab, Cauac, Ahau, Ymix, Yk, Akbal_[148].
J’ai déjà remarqué que la manière de compter de ces Indiens est de cinq
en cinq, et de quatre fois cinq ils font vingt; ainsi de ces caractères
qui sont au nombre de vingt, ils ôtent les premiers de chaque quint entre
les vingt, lesquels servent tour à tour durant un an, de la même manière
que les lettres dominicales nous servent à nous, afin de désigner le
premier de chacun des mois de vingt jours.
_Kan, Muluc, Yx, Cauac._
Entre la multitude de dieux que cette nation adorait, il y en avait
quatre auxquels on donnait le nom de _Bacab_. C’étaient, disait-on,
quatre frères que Dieu avait placés aux quatre coins du monde, en
le créant, pour soutenir le ciel et l’empêcher de tomber. On disait
également de ces Bacab qu’ils étaient de ceux qui s’étaient sauvés,
lorsque le monde fut détruit par le déluge[149]. A chacun d’eux on donne
d’autres noms, avec lesquels on les met chacun à la section du monde que
Dieu leur avait attribuée, portant le ciel et signalé par une de leurs
quatre lettres dominicales du côté où il se trouve: ils signalent ainsi
les événements heureux ou malheureux qui doivent arriver durant leur
année, qui est celle du caractère qui accompagne chacun d’eux.
Le démon, qui les trompait en ceci comme en tout le reste, leur avait
fait connaître les cérémonies et les offrandes au moyen desquelles ils
pouvaient échapper à ces misères: aussi les prêtres disaient-ils, quand
il ne survenait aucune calamité, que c’était à cause des sacrifices
qu’ils avaient offerts, et, en cas de malheur, ils faisaient accroire au
peuple que c’était le châtiment de quelque péché ou d’un défaut dans la
manière dont ils s’étaient acquittés de leur devoir.
La première de ces lettres dominicales est _Kan_. [Illustration:
Kan] L’année dont ce caractère était le principe avait pour présage
le _Bacab_, dont les autres noms étaient _Hobnil_, _Kanal-Bacab_,
_Kan-Pauah-Tun_, _Kan-Xib-Chac_. On plaçait celui-ci du côté du midi. La
seconde lettre est _Muluc_ [Illustration: Muluc] qu’on mettait du côté
du levant, et son année avait pour présage le _Bacab_, qu’ils appellent
_Canzicnal_, _Chacal-Bacab_, _Chac-Pauah-Tun_, _Chac-Xib-Chac_. La
troisième de ces lettres est _Yx_. [Illustration: Yx] Le présage durant
son année était le _Bacab_, qu’ils nomment _Zac-Zini_, _Zacal-Bacab_,
_Zac-Pauah-Tun_, _Zac-Xic-Chac_, et on lui signalait le côté du nord.
La quatrième lettre est _Cauac_. [Illustration: Cauac] Le présage de
son année est le _Bacab_, qu’ils appellent _Hozan-Ek_, _Ekel-Bacab_,
_Ec-Pauah-Tun_, _Ek-Xib-Chac_, à qui ils assignaient le côté du
couchant.[150]
Quelle que fût la fête ou la solennité que les Yucatèques célébrassent
en l’honneur de leurs dieux, ils commençaient toujours par chasser le
mauvais esprit, afin d’y arriver d’une manière plus convenable. Ces
exorcismes se faisaient tantôt par des prières et des bénédictions,
dont ils avaient les formules toutes préparées, tantôt par des
sacrifices et des oblations qu’ils offraient à cet effet. Pour célébrer
chez cette nation la solennité du nouvel an avec plus d’allégresse
et de dignité, dans leur malheureuse idée, ils profitaient des cinq
jours supplémentaires, regardés par eux comme néfastes, pour faire
de grandes fêtes aux _Bacab_, dont on a parlé plus haut, et au dieu
qu’ils désignaient, ainsi que ces derniers, sous quatre noms différents
qui sont _Kan-u-Uayeyab_, _Chac-u-Uayeyab_, _Zac-u-Uayeyab_ et
_Ek-u-Uayeyab_[151]; ces fêtes et cérémonies terminées, et le mauvais
esprit chassé de chez eux, comme nous verrons, ils commençaient l’année
nouvelle.
§ XXXV.—_Fiestas de los dias aciagos. Sacrificios del principio del año
nuevo en la letra de Kan._
Uso era en todos los pueblos de Yucatan tener hecho dos montones de
piedra, uno en frente de otro, á la entrada del pueblo, por todas las
quatro partes del pueblo, es a saber a oriente, poniente, septentrion y
medio dia, para la celebracion de las dos fiestas de los dias aciagos los
quales hazian desta manera cada año.
El año que la letra dominical era de _Kan_ era el aguero _Hobnil_, y
segun ellos dezian, reynavan ambos a la parte del medio dia. Este año
pues hazian una imagen o figura hueca de barro del demonio que llamavan
_Kan-u-Uayeyab_, y llevavanla a los montones de piedra seca que tenian
hechos a la parte de medio dia. Elegian un principe del pueblo, en cuya
casa se celebrava estos dias esta fiesta, y para celebrarla hazian una
estatua de un demonio que llamavan _Bolon-Zacab_, al qual ponian en casa
del principal, adereçado en un lugar publico y que todos pudiessen llegar.
Esto hecho se juntavan los señores y el sacerdote y el pueblo de los
hombres, y teniendo limpio y con arcos y frescuras adereçado el camino
hasta el lugar de los montones de piedra donde estava la estatua, ivan
todos juntos por ella con mucha de su devocion: llegados la sahumava el
sacerdote con quarenta y nueve granos de maiz molidos con su encienso y
ellos lo repartian en el brasero del demonio y le saumavan. Llamavan al
maiz molido solo _zacah_, y a lo de los señores _chahalté_. Sahumavan la
imagen, degollavan una gallina y se la presentavan o offrecian.
Esto hecho metian la imagen en un palo llamado _Kanté_, y puniendole
acuestas un angel en señal de agua y que este año avia de ser bueno,
y estos angeles pintavan y hazian espantables; y assi la llevavan con
mucho regocijo y vailes a la casa del principal donde estava la otra
estatua de _Bolonzacab_. Sacavan de casa deste principal a los señores
y al sacerdote al camino una bevida hecha de CCCC y XV granos de maiz
tostados que llaman _Picula Kakla_ y bevian todos della; llegados a
la casa del principal, ponian esta imagen en frente de la estatua del
demonio que alli tenian, y assi le hazian muchas offrendas de comidas y
bevidas de carne y pescado, y estas offrendas repartian a los estrangeros
que alli se hallavan y davan al sacerdote una pierna de venado.
Otros derramavan sangre, cortandose las orejas, y untando con ella una
piedra que alli tenian de un demonio _Kanal-Acantun_. Hazian un corazon
de pan, y otro pan con pepitas de calabaças y offrecianlos a la imagen
del demonio _Kan-u-Uayeyab_. Tenianse assi esta estatua y imagen estos
dias aciagos, y sahumavanla con su encienso y con los maizes molidos con
encienso. Tenian creido si no hazian estas cerimonias avian de tener
ciertas enfermedades que ellos tienen en este año. Passados estos dias
aciagos llevavan la estatua del demonio _Bolonzacab_ al templo y la
imagen a la parte del oriente para ir alli otro año por ella, y echavan
la ay, y ivanse a sus casas a entender en lo que les dava a cada uno que
hazer para la celebracion del año nuevo.
Dexando con las cerimonias hechas, echado el demonio, segun su engaño,
este año tenian por bueno, porque reynava con la letra _Kan_ el
_Bacab-Hobnil_, del qual dezian no avia peccado como sus hermanos y por
esso no les venian miserias en el. Pero porque muchas vezes las avia,
proveyo el demonio de que le hiziessen servicios paraque assi quando las
uviesse, hechassen la culpa a los servicios o servidores y quedassen
siempre engañados y ciegos.
Mandavales pues hiziessen un idolo que llamavan _Yzamna-Kauil_ y que la
pusiessen en su templo, y que le quemassen en el patio del templo tres
pelotas de una leche o resina que llaman _kik_ y que le sacrificassen
un perro o un nombre, lo qual ellos hazian, guardando la orden que en
el capitulo ciento dixe, tenian con los que sacrificavan, salvo que el
modo de sacrificar en esta fiesta era diferente, porque hazian en el
patio del templo un gran monton de piedras y ponian al hombre o perro
que avian de sacrificar en alguna cosa mas alta que el, y echando atado
al patiente de lo alto a las piedras le arrebatavan aquellos officiales
y con gran presteza le sacavan el corazon y lo llevavan al nuevo idolo
y se le ofrecian entre dos platos. Ofrecian otros dones de comidas y en
esta fiesta vailavan las viejas del pueblo que para esto tenian elegidas,
vestidas de ciertas vestiduras. Dezian que descendia un angel y recibia
este sacrificio.
§ XXXV.—_Fêtes des jours supplémentaires. Sacrifices du commencement de
l’année nouvelle au signe Kan._
L’usage, dans toutes les villes du Yucatan, était qu’il y eût, à chacune
des quatre entrées de la localité, c’est-à-dire à l’orient, au couchant,
au nord et au midi, deux massifs de pierre, en face l’un de l’autre,
destinés à la célébration des deux fêtes des jours néfastes; ces fêtes
avaient lieu de la manière suivante.
L’année dont la lettre dominicale était _Kan_, le présage était _Hobnil_,
et, suivant ce que les Yucatèques disaient, ils dominaient tous les
deux dans la région du midi. Cette année-là donc ils fabriquaient une
image ou figure de terre cuite creuse de l’idole qu’ils appelaient
_Kan-u-Uayeyab_ et la portaient aux massifs de pierre sèche qu’ils
avaient faits du côté du midi. Ils choisissaient un chef de la ville,
dans la maison duquel ils célébraient ces jours-là la fête; à cet effet,
ils façonnaient aussi la statue d’un autre dieu nommé _Bolon-Zacab_[152],
qu’ils plaçaient dans la maison du chef élu, exposé dans un endroit où
tout le monde pût arriver.
Cela fait, les nobles, le prêtre, et les hommes de la population se
réunissaient tous ensemble; ils se rendaient par un chemin balayé et
orné d’arcs et de verdure, aux deux massifs de pierre où se trouvait
la statue, autour de laquelle ils se rassemblaient avec beaucoup de
dévotion. Le prêtre alors l’encensait avec quarante-neuf grains de maïs
moulu, mêlés avec de l’encens; les nobles mettaient ensuite leur encens
dans la cassolette de l’idole et l’encensaient à leur tour. Le maïs
avec l’encens du prêtre s’appelait _zacah_, et celui que les nobles
présentaient _chahalté_. Ayant encensé l’image, ils coupaient le cou à
une poule et la lui présentaient.
Cela terminé, ils plaçaient la statue sur un brancard, appelé
_Kanté_[153], et, sur ses épaules, un ange, comme signe de l’eau et de la
bonne année qu’on devrait avoir; quant à ces anges, ils les figuraient
épouvantables à voir. Ils emportaient ensuite la statue en dansant avec
beaucoup d’allégresse, à la maison du chef, où se trouvait l’autre statue
de _Bolon-Zacab_: pendant qu’ils étaient en chemin, on en apportait
aux nobles et au prêtre un breuvage fait de quatre cent vingt-cinq
grains de maïs grillé, qu’ils appellent _Picula-Kakla_, dont tous
aussitôt buvaient. Arrivés à la demeure du chef, ils plaçaient l’image
qu’ils apportaient vis-à-vis de la statue qui s’y trouvait déjà, et lui
faisaient beaucoup d’offrandes de boissons et de mets, de viande, de
poisson; ces offrandes étaient partagées, après cela, entre les étrangers
qui étaient présents et on ne donnait au prêtre qu’un gigot de daim.
D’autres se tiraient du sang, scarifiant leurs oreilles, et en oignaient
une pierre qu’il y avait là, idole nommée _Kanal-Acantun_. Ils modelaient
un cœur de la pâte de leur pain, ainsi qu’un autre pain de graines de
calebasses qu’ils présentaient à l’idole de _Kan-u-Uayeyab_. C’est ainsi
qu’ils gardaient cette statue et l’autre durant les jours néfastes,
les enfumant de leur encens et d’encens mêlé de grains de maïs moulu.
Ils tenaient pour certain que s’ils négligeaient ces cérémonies, ils
seraient sujets à des maladies qui étaient du ressort de cette année. Les
jours malheureux passés, ils portaient la statue du dieu _Bolon-Zacab_
au temple et l’image de l’autre à la sortie orientale de la ville,
afin de l’y aller prendre l’année suivante: ils l’y laissaient et s’en
retournaient chez eux, chacun s’occupant de ce qu’il pouvait avoir à
faire pour la célébration du nouvel an.
Une fois les cérémonies terminées et le mauvais esprit chassé, dans
leur fausse manière de voir, ils tenaient cette année pour bonne, parce
qu’avec le signe _Kan_ dominait le _Bacab-Hobnil_, qui, à ce qu’ils
disaient, n’avait pas péché comme ses frères, et c’était à cause de
cela qu’il ne leur en venait aucune calamité. Mais comme il arrivait
fréquemment d’y en avoir également, le démon s’était arrangé à leur
faire établir des cérémonies, de façon à ce qu’en cas de malheur, ils en
attribuassent la faute à leurs cérémonies et à ceux qui en étaient les
serviteurs, et qu’ainsi ils demeurassent toujours dans l’erreur et dans
l’aveuglement.
A son instigation, donc, ils fabriquaient une idole, nommée
_Yzamna-Cauil_[154], qu’ils plaçaient dans son temple, et lui brûlaient
dans la cour trois pelotes d’un lait ou résine qu’ils appelaient
_kik_: ils lui sacrifiaient un chien ou un homme, ce qui se faisait
avec l’apparat dont il a été parlé au chapitre cent[155] au sujet de
ces victimes. Il y avait toutefois quelque différence dans la manière
d’offrir ce sacrifice: on établissait dans la cour du temple un grand
massif de pierre, et l’homme ou l’animal qui devait être sacrifié était
attaché à une sorte d’échafaud plus élevé d’où ils le lançaient sur
le massif: les officiers aussitôt le saisissaient et lui arrachaient
avec prestesse le cœur, qu’ils portaient à la nouvelle idole, en le
lui offrant entre deux plats. On faisait encore d’autres offrandes de
comestibles. Dans cette fête, des vieilles femmes, choisies à cet effet,
dansaient revêtues d’habillements particuliers. On ajoutait qu’un ange
descendait alors et recevait le sacrifice.
§ XXXVI.—_Sacrificios del año nuevo de la letra Muluc. Bailes de los
Zancos. Otro de las viejas con perros de barro._
El año en que la letra dominical era _Muluc_ era el aguero _Canzienal_. Y
a su tiempo elegian los señores y el sacerdote un principal para hazer
la fiesta, el qual elegido hazian la imagen del demonio como la del año
passado, a la qual llamavan _Chac-u-Uayeyab_ y llevavanla a los montones
de piedra de hazia la parte del oriente donde avian echado la passada.
Hazian una estatua al demonio llamado _Kinch-Ahau_, y ponianla en casa
del principal en lugar conveniente y desde alli, teniendo muy limpio y
adereçado el camino, ivan todos juntos con su acostumbrada devocion por
la imagen del demonio _Chac-u-Uayeyab_.
Llegados la sahumava el sacerdote con LIII granos de maiz molidos y con
su encienso, a lo qual llaman _zacah_. Dava el sacerdote a los señores
que pusiessen en el brasero mas encienso de lo que llamamos _chahalté_, y
despues degollavanle la gallina, como al passado, y tomando la imagen en
un palo llamado _Chacté_, la llevavan accompañandola todos con devocion
y vailando unos vailes de guerra que llaman _Holcan-Okot_, _Batel-Okot_.
Sacavan al camino a los señores y principales su bevida de CCC y LXXX
maizes tostados como la de atras.
Llegados a casa del principal ponian esta imagen en frente de la estatua
de _Kinch-Ahau_ y hazianle todas sus ofrendas, las quales repartian
como las demas. Ofrecian a la imagen pan hecho como yemas de uevos, y
otros como coraçones de venados, y otro hecho con su pimienta desleida.
Avia muchos que derramavan sangre, cortandose las orejas, y untando
con la sangre la piedra que alli tenian del demonio que llamavan
_Chacan-cantun_. Aqui tomavan mochachos y les sacavan sangre por fuerça
de las orejas, dandoles en ellas cuchilladas. Tenian esta estatua y
imagen hasta passados los dias aciagos, y entre tanto quemavanle sus
enciensos. Passados los dias, llevavan la imagen a echar a la parte
del norte por ay donde otro año la avian de salir a recibir, y la otra
al templo, y despues ivanse a sus casas a entender en el aparejo de su
año nuevo. Avian de temer, si no hazian, las cosas dichas, mucho mal de
ojositos.
Este año en que la letra _Muluc_ era dominical y el _Bacab Canziemal_
reynava, tenian por buen año, ca dezian que era este el mejor y mayor
destos dioses _Bacabes_; y ansi le ponian en sus oraciones el primero.
Pero con todo eso, les hazia el demonio hiziessen un idolo llamado
_Yax-Coc-Ahmut_, y que lo pusiessen en el templo y quitassen las imagenes
antiguas, y hiziessen en el patio de delante del templo un bulto de
piedra en el qual quemassen de su encienso, y una pelota de la resina o
leche _kik_, haziendo alli oracion al idolo, y pidiendole remedio para
las miserias que aquel año tenian; las quales eran poca agua, y echar
los maizes muchos hijos y cosas desta manera; para cuyo remedio, les
mandava el demonio ofrecerle hardillas y un paramento sin labores; el
qual texessen las viejas que tienen por officio el bailar en el templo
para aplacar a _Yax-Coc-Ahmut_.
Tenian otras muchas miserias y malos señales, aunque era bueno el año,
sino hazian los servicios que el demonio les mandava; lo qual era hazer
una fiesta y en ella vailar un vaile en muy altos zancos y ofrecerle
cabeças de pavos y pan y bevidas de maiz; avian de ofrescerle perros
hechos de barro con pan en las espaldas, y avian de vailar con ellos en
las manos las viejas y sacrificarle un perrito que tuviesse las espaldas
negras y fuesse virgen, y los devotos dellos avian de derramar su sangre
y untar la piedra de _Chacacantun_ demonio con ella. Este servicio y
sacrificio tenian por agradable a su dios _Yax-Coc-Ahmut_.
§ XXXVI.—_Sacrifices de l’année nouvelle au signe de Muluc. Danse des
Échasses. Danse des vieilles femmes aux chiens de terre cuite._
L’année dont la lettre dominicale était _Muluc_ avait pour présage
_Canzienal_. Quand le temps en était venu, les nobles et le prêtre
élisaient le chef qui devait célébrer la fête. Cela fait, ils moulaient,
comme l’année précédente, l’image de l’idole, appelée _Chac-u-Uayeyab_,
et la portaient aux massifs de pierre vers la partie de l’orient où ils
avaient laissé celle de l’année d’avant. Ils fabriquaient une statue
du dieu, nommé _Kinch-Ahau_[156], qu’ils plaçaient en lieu convenable
dans la maison du chef: puis, de là, s’acheminant par une rue proprement
balayée et ornée, ils se rendaient tous ensemble, avec leur dévotion
accoutumée, à l’endroit de la statue de _Chac-u-Uayeyab_.
En arrivant, le prêtre l’encensait avec son encens et ses
quarante-trois[157] grains de maïs moulu, qu’ils nomment _Zacah_: il
donnait aux nobles de l’encens appelé _Chahalté_ pour le mettre dans
l’encensoir, après quoi ils coupaient le cou à une poule, comme l’autre
fois. Ils enlevaient ensuite la statue sur le brancard, nommé _Chacté_,
et l’emportaient avec dévotion, tandis que la foule exécutait à l’entour
quelques danses de guerre, appelées _Holcan-Okot_, _Batel-Okot_[158]. On
apportait en même temps aux seigneurs et aux principaux habitants leur
boisson composée de trois cent quatre-vingts grains de maïs grillés,
comme auparavant[159].
Arrivés à la maison du chef, ils plaçaient la statue en face de celle
de _Kinch-Ahau_ et lui faisaient les oblations accoutumées, qu’ils
partageaient ensuite comme la dernière fois. Ils lui offraient du pain
fait en forme de jaunes d’œuf et d’autres comme des cœurs de cerf et
un autre composé avec du piment délayé. Il y avait, comme d’ordinaire,
bien des gens qui se tiraient du sang, en se scarifiant les oreilles,
et en oignaient la pierre de l’idole appelée _Chacan-Cantun_[160]. Ici
ils prenaient des petits garçons et leur tiraient par force du sang des
oreilles, en leur faisant des incisions avec des couteaux. Ils gardaient
cette statue jusqu’à la fin des jours néfastes et entre temps lui
brûlaient de leur encens. Ces jours passés, ils la portaient au côté du
nord où ils devaient aller la prendre l’année suivante, et déposaient
l’autre dans son temple, après quoi ils retournaient chez eux, pour se
préparer aux solennités de l’an nouveau. Ils tenaient pour certain que
s’ils négligeaient de célébrer les cérémonies susdites, ils seraient
exposés à avoir de grands maux d’yeux.
Cette année, dont la lettre dominicale était _Muluc_ et dans laquelle
dominait _Bacab-Canziemal_[161], ils la regardaient comme bonne; car ils
disaient que celui-ci était le plus grand et le meilleur de ces dieux
Bacab; aussi le mettaient-ils le premier dans leurs prières. Avec tout
cela, cependant, le démon leur avait inspiré de fabriquer une idole
nommée _Yax-Coc-Ahmut_[162], qu’ils plaçaient dans le temple, après en
avoir enlevé les anciennes statues: ils érigeaient dans la cour qui est
au-devant du temple un massif en pierre sur lequel ils brûlaient de
l’encens avec une pelote de la résine ou lait _kik_, invoquant l’idole et
lui demandant de les secourir contre les misères de l’année courante.
Ces misères devaient être la rareté de l’eau, l’abondance des rejetons
dans le maïs et autres choses du même genre; pour avoir un remède à ces
maux, le démon leur commandait d’offrir des écureuils et un parement sans
broderies, tissé par les vieilles, dont l’office était de danser dans le
temple, afin d’apaiser le dieu _Yax-Coc-Ahmut_.
On les menaçait encore d’une foule d’autres misères et de mauvais
signes relativement à cette année, bien qu’elle fût réputée bonne,
s’ils n’accomplissaient les devoirs que le démon leur imposait: l’un
entre autres était une fête, avec un ballet qu’ils exécutaient montés
sur de très-hautes échasses, et un sacrifice où ils offraient des têtes
de dindons, du pain et des boissons de maïs. Il leur était imposé de
présenter également des chiens en terre cuite, portant du pain sur le
dos: les vieilles étaient obligées de danser, ces chiens entre les
mains, et de sacrifier au dieu un petit chien aux épaules noires, et qui
fût encore vierge; ceux qui étaient les plus dévots à cette cérémonie
devaient tirer le sang de l’animal et en frotter la pierre du dieu
_Chac-Acantun_. Ces rites et ce sacrifice passaient pour être fort
agréables au dieu _Yax-Coc-Ahmut_.
§ XXXVII.—_Sacrificios del año nuevo de la letra Yx. Pronosticos malos y
modo de remediar sus efectos._
El año en que la letra dominical era _Yx_ y el aguero _Zacciui_, hecha
la eleccion del principal que celebrasse la fiesta, hazian la imagen del
demonio, llamado _Zacu-Uayeyab_, y llevavanla a los montones de piedra
de la parte del norte, donde el año passado la avian echado. Hazian
una estatua al demonio _Yzamna_ y ponianla en casa del principal, y
todos juntos, y el camino adereçado, ivan devotamente por la imagen de
_Zac-u-Uayeyab_. Llegados la sahumavan como lo solian hazer, y degollavan
la gallina y puesta la imagen en un palo llamado _Zachia_, la trayan con
su devocion y bailes los quales llaman _Alcabtan-Kamahau_. Traian les
la bevida acostumbrada al camino, y llegados a casa ponian esta imagen
delante la estatua de _Yzamna_, y alli le offrecian todas sus offrendas,
y las repartian, y a la estatua de _Zac-u-Uayeyab_ ofrescian una cabeça
de un pavo, y empanados de codornices y otras cosas y su bevida.
Otros se sacavan sangre y untavan con ella la piedra del demonio
_Zac-Acantun_ y tenianse assi los idolos los dias que avia hasta el año
nuevo, y saumavanlos con sus saumerios hasta que llegado el dia postrero
llevavan a _Yzamna_ al templo y a _Zac-u-Uayeyab_ a la parte del poniente
a echarle por ay para recibirla otro año.
Las miserias que tenian este año si eran negligentes en estos sus
servicios eran desmayos y amortecimientos y mal de ojos. Tenianle por
ruyn año de pan, y bueno de algodon. Este año en que la letra dominical
era _Yx_, y el _Bacab Zacciui_ reynava, tenian por ruyn año, porque
dezian avian de tener en el miserias muchas, ca dezian avian de tener
gran falta de agua, y muchos soles, los quales avian de secar los
maizales, de que se les seguiria gran hambre, y de la hambre hurtos, de
hurtos esclavos, y vender a los que los hiziessen. Desto se les avian
de seguir discordias y guerras entre si propios o con otros pueblos.
Dezian tambien avia de aver mudança en el mando de los señores o de los
sacerdotes, por razon de las guerras y discordias.