tormento de allanarles las frentes y cabeças ivan con ellos al sacerdote
para que los viesse el hado y dixesse el officio que avia de tener y
pusiesse el nombre que avia de tener el tiempo de su niñez, porque
acostumbravan llamar a los niños nombres differentes hasta que se
baptizavan o eran grandecillos, y despues dexavan aquellos y començavan a
llamarlos el de los padres, hasta que los casavan, que se llamavan el del
padre y de la madre.
§ XXXII.—_Chasteté des femmes yucatèques. Leur éducation; leurs grandes
qualités. Economie du ménage, etc. Leur caractère dévot et leurs couches._
Elles se vantaient d’être bonnes et avec raison: car, avant qu’elles
connussent notre race, au dire des vieillards qui en gémissent
aujourd’hui[133], elles l’étaient merveilleusement, ce dont j’apporterai
ici deux exemples. Le capitaine Alonso Lopez de Avila, beau-père de
l’adelanto Montejo, avait fait prisonnière, durant la guerre de Bacalar,
une jeune Indienne aussi belle que gracieuse et élégante. Craignant
pour son mari le danger de la mort, elle lui avait fait la promesse de
ne jamais appartenir à un autre: aussi rien ne put-il la persuader de
consentir à se laisser flétrir, pas même la perte de la vie, et ainsi on
la livra aux chiens qui la dévorèrent[134].
Quant à moi, j’eus occasion d’entendre les plaintes d’une Indienne
catéchumène que poursuivait de ses sollicitations un Indien déjà
baptisé, amoureux d’elle; car elle était belle. L’Indien ayant attendu
l’absence de son mari, se présenta une nuit chez elle, et, après
lui avoir témoigné ses désirs de toutes les manières, voyant qu’il
n’arrivait à aucun résultat, la tenta par des présents; ne réussissant
pas davantage par ce moyen, il voulut lui faire violence. Mais, avec sa
grande taille et une lutte qui dura la nuit entière, il n’obtint autre
chose que d’exciter la colère de cette femme; elle vint se plaindre à
moi le lendemain des tentatives coupables de l’Indien, et je vérifiai
effectivement l’exactitude de son récit.
Entre autres usages, les femmes avaient celui de tourner le dos aux
hommes, chaque fois qu’elles venaient à rencontrer l’un ou l’autre
dans le chemin, et se mettaient de côté pour les laisser passer. La
même chose avait lieu, lorsqu’elles leur donnaient à boire, jusqu’à
ce qu’ils eussent vidé la coupe. Elles instruisent leurs filles de ce
qu’elles savent, les élèvent très-bien à leur manière, les enseignent
et les grondent et les font travailler: si elles commettent quelque
faute, elles les punissent, en les pinçant aux bras et aux oreilles.
Si elles leur voient lever les yeux, elles les reprennent fortement
et les leur frottent avec un peu de leur piment, ce qui leur cause
beaucoup de souffrance; si elles sont peu honnêtes, elles les battent
et leur frottent une autre partie du même piment, ce qui est à la fois
un châtiment et un affront. C’est une réprimande fort sévère et un
reproche très-dur que de dire aux jeunes filles désobéissantes «qu’elles
ressemblent à des femmes élevées sans mère.»
Les Indiennes sont très-jalouses, et quelques-unes le sont au point
qu’elles mettent les mains sur celles qu’elles soupçonnent; elles sont
si colères alors et si irritables, quoique généralement d’un caractère
fort doux, qu’il y en a qui arrachaient les cheveux à leurs maris, pour
peu qu’ils leur fussent infidèles. Elles sont grandes travailleuses et
excellentes pour l’administration intérieure: car c’est d’elles que
dépendent la plupart et les principaux travaux du ménage pour le support
de leurs maisons, l’éducation de leurs enfants et le payement des
tributs; avec tout cela, si le besoin s’en fait sentir, ce sont elles qui
souvent encore portent à dos les plus fortes charges, qui travaillent
la terre et y sèment les graines dont ils se nourrissent. Elles sont
merveilleusement économes, veillant de nuit, durant les instants qui leur
restent après le service de la maison, allant au marché de jour pour
acheter et vendre les choses qui sont à leur usage.
Elles élèvent la volaille, soit celle de Castille ou du pays, pour la
vendre ou pour s’en nourrir: elles élèvent également des oiseaux pour
leur amusement, comme aussi pour en retirer les plumes qui servent à
leurs ornements; elles élèvent également d’autres animaux domestiques,
allaitant même des chevreaux et les apprivoisant de telle sorte que, bien
qu’elles les emmènent dans les bois, où souvent elles les nourrissent,
ils n’y resteraient jamais sans elles.
A toutes ces coutumes elles ajoutaient celles de s’entr’aider
mutuellement, quand elles filaient ou tissaient: elles s’acquittaient
par ces mêmes travaux les unes envers les autres, comme leurs maris
de ceux de leurs champs. Elles avaient leurs saillies et leurs bons
mots pour railler et conter des aventures et par moment aussi pour
murmurer de leurs maris[135]. Elles regardent comme une fort vilaine
chose de fixer les yeux sur les hommes et de rire avec eux; cela seul
suffisait pour amener du désordre et sans plus de cérémonie les rendre
un objet de mépris. Elles dansaient entre elles des danses qui leur
sont propres; quelquefois elles en avaient en commun avec les hommes,
entre autres le ballet, nommé _Naual_ qui n’est guère décent[136]. Elles
sont très-fécondes et enfantent de bonne heure; elles sont excellentes
nourrices et pour deux raisons: la première, parce que la boisson
qu’elles prennent au matin toute chaude donne beaucoup de lait; la
seconde, que l’usage où elles sont de moudre continuellement le maïs et
de ne pas se tenir les mamelles serrées, les rend fort grandes et de lait
très-abondantes.
Il leur arrivait aussi de s’enivrer dans les festins, mais toutes seules;
car elles mangeaient à part et, d’ailleurs, elles s’enivraient rarement
autant que les hommes. Ces femmes yucatèques tiennent beaucoup à avoir
des enfants: celle qui n’en avait pas, les demandait avec de grandes
supplications et des présents aux idoles; aujourd’hui elles les demandent
à Dieu. Elles sont prudentes, polies, de très-bonne conversation,
quand on les comprend, et extrêmement généreuses[137]. Elles gardent
difficilement un secret et ne sont pas sur leurs personnes et dans leurs
maisons aussi propres qu’elles devraient l’être, en se baignant comme des
hermines.
Elles étaient fort dévotes et affectionnées à leurs idoles: aussi
avaient-elles à leur égard une foule de pratiques, leur brûlant de
l’encens, leur offrant des présents d’étoffes de coton; elles n’avaient,
néanmoins, pas la coutume de se tirer du sang en leur honneur, et jamais
elles ne le faisaient. Du reste, on ne leur permettait point d’assister
aux sacrifices dans les temples, à l’exception d’une fête spéciale où
l’on admettait certaines vieilles que demandait la circonstance. Au
temps de leurs couches, elles avaient recours à des sorcières qui leur
faisaient accroire toute sorte de mensonges et leur mettaient sous le lit
une idole appelée _Ixchel_, qu’on disait être la déesse fécondatrice des
enfants[138].
Dès que ceux-ci étaient venus au monde, on s’empressait de les laver:
quand elles avaient fini de les tourmenter avec les planchettes où on
leur déprimait le front et la tête, elles allaient trouver le prêtre,
afin qu’il consultât leur horoscope et leur désignât leur future
profession. Il devait en même temps leur imposer le nom qu’ils devaient
porter durant leur enfance; car ils donnaient aux enfants des noms
différents, sous lesquels on les désignait jusqu’à ce qu’ils eussent été
baptisés ou qu’ils devinssent plus grands; à cette époque seulement, ils
les laissaient pour prendre celui de leur père qu’ils gardaient jusqu’à
leur mariage, et alors ils prenaient conjointement ceux de leur père et
de leur mère.
§ XXXIII.—_Duelo para los muertos en Yucatan. Entierro de los sacerdotes.
Estatuas con las cenizas de los señores. Reverencia para ellas. Su gloria
e infierno._
Que esta gente tenia mucho temor y excessivo a la muerte, y esto
muestravan en que todos los servicios que a sus dioses hazian no eran
por otro fin ni para otra cosa sino para que les diessen salud y vida y
mantenimientos. Pero ya que venian a morir, era cosa de ver las lastimas
y llantos que por sus difuntos hazian, y la tristeza general que les
causavan. Lloravanlos de dia en silencio, y de noche a altos y muy
dolorosos gritos que lastima era oirlos. Andavan a maravilla tristes
muchos dias: hazian abstinencias y ayunos por el difunto, especial el
marido a la muger, y dezian se lo avia llevado el diablo porque del
pensavan les venian los males todos y especial la muerte.
Muertos los amortajavan hinchandoles la boca del maiz molido que es su
comida y bevida que llaman _koyem_, y con ello algunas piedras de las que
tienen por moneda, para que en la otra vida no les faltasse de comer.
Enterravanlos dentro en sus casas o a las espaldas dellas, echandoles
en la sepultura algunos de sus idolos, y si era sacerdote algunos de
sus libros, y si hechizero de sus piedras de hechizos y peltrechos.
Comunmente desamparavan la casa y la dexavan yerma despues de enterrados,
sino era quando avia en ella mucha gente con cuya compañia perdian algo
de miedo que les quedava de la muerte.
A los señores y gente de mucha valia quemavan los cuerpos y ponian las
cenizas en vasijas grandes y edificavan templos sobre ellos como muestran
aver antiguamente hecho los que en Yzamal se hallaron. Aora en este
tiempo se hallo que echavan las cenizas en estatuas hechas huecas de
barro, quando eran muy señores.
La demas gente principal hazian a sus padres estatuas de madera a las
quales dexavan hueco el colodrillo, y quemavan alguna parte de su cuerpo,
y echavan alli las cenizas y tapavanlo, y despues desollavan al defunto
el cuero del colodrillo y pegavanselo alli, y enterrando lo residuo
como tenian de costumbre guardavan estas estatuas con mucha reverencia
entre sus idolos. A los señores antiguos de Cocom avian cortado las
cabeças, quando murieron, y cozidas las limpiaron de la carne y despues
aserraron la mitad de la coronilla para tras dexando lo de adelante
con las quixadas y dientes, a estas medias calaveras suplieron lo que
de carne les faltava de cierto betun y les dieron la perfeccion muy al
propio de cuyos eran, y las tenian con las estatuas de las cenizas, lo
qual todo tenian en los oratorios de sus casas con sus idolos en muy gran
reverencia y acatamiento, y todos los dias de sus fiestas y regozijos les
hazian ofrendas de sus comidas para que no les faltassen en la otra vida
donde pensavan descanzavan sus almas y les aprovechavan sus dones.
Que esta gente an siempre creido la immortalidad del alma mas que otras
muchas naciones, aunque no ayan sido en tanta policia, porque creian que
avia despues de la muerte otra vida mas excellente de la qual gozava el
alma, en apartandose del cuerpo. Esta vida futura dezian que se dividia
en buena y mala vida, en penosa y llena de descansos. La mala y penosa
dezian era para los viziosos, y la buena y delectable para los que
uviessen vivido bien en su manera de vivir; los descansos que dezian
avian de alcanzar si eran buenos eran ir a un lugar muy delectable donde
ninguna cosa les diesse pena y donde uviesse abundancia de comidas de
mucha dulçura, y un arbol que alla llaman _Yaxché_ muy fresco, y de
gran sombra que es zeyva, debaxo de cuyas ramas y sombra descansassen y
holgassen todos siempre.
Las penas de la mala vida que dezian avian de tener los malos eran
ir a un lugar mas baxo que el otro que llaman _Mitnal_ que quiere
dezir infierno, y en el ser atormentados de los demonios y de grandes
necessidades de hambre y frio y cansancio y tristeza. Tenian avia en este
lugar un demonio principe de todos los demonios al qual obedecian todos
y llamanle en su lengua _Hunhau_, y dezian no tenian estas vidas mala
y buena fin, por no lo tener el alma. Dezian tambien, y tenian por muy
cierto ivan a esta su gloria los que se ahorcavan, y assi avia muchos
que con pequeñas occasiones de tristezas, travajos o enfermedades se
ahorcavan para salir dellas, y ir a descançar a su gloria, donde dezian
los venia a llevar la diosa de la horca que llamavan _Ixtab_. No tenian
memoria de la resureccion de los cuerpos, y de que ayan avido noticia
desta su gloria y infierno no dan razon.
§ XXXIII.—_Deuil chez les Yucatèques. Enterrement des morts, des prêtres,
etc. Statues renfermant les cendres des princes. Vénération qu’ils
avaient pour elles. Idées de leur paradis et de leur enfer._
Les Yucatèques avaient une crainte excessive de la mort: aussi
reconnaît-on que dans tous les services qu’ils célébraient en l’honneur
de leurs dieux, ils n’avaient d’autre fin que d’en obtenir la santé et
la vie, ainsi que le pain quotidien. Aussi, dès que l’un d’eux venait à
mourir, fallait-il voir la douleur et les gémissements dont les défunts
étaient l’occasion et la tristesse générale qui se montrait au moment
où ils cessaient de vivre. Le jour ils pleuraient en silence; mais la
nuit c’étaient des cris douloureux et perçants à briser le cœur de
ceux qui les entendaient. Ils portaient pendant longtemps les marques
d’une profonde tristesse, observant des abstinences et des jeûnes pour
le défunt, spécialement le mari pour la femme, ajoutant que c’était le
mauvais esprit qui avait enlevé le défunt; car ils s’imaginaient que
c’était de lui que venaient tous les maux, et en particulier la mort.
Une fois morts, ils les ensevelissaient, leur remplissant la bouche du
même maïs moulu qui leur sert à boire et à manger, et qu’ils appellent
_koyem_: avec cela ils leur mettaient quelques-unes des petites pierres
qui leur servaient de monnaie, afin qu’ils eussent de quoi manger dans
l’autre vie. Ils les enterraient en dedans de leurs maisons ou sur les
derrières, renfermant avec eux dans la tombe quelques-unes de leurs
idoles, et, si c’était un prêtre, quelques-uns de ses livres[139]; si
c’était un sorcier, quelques objets servant à la divination et des
babioles mêlées d’étaim. D’ordinaire alors ils abandonnaient la maison et
la laissaient déserte après l’enterrement, à moins qu’il ne s’y trouvât
beaucoup de monde, habitant ensemble, de manière à ce que ceux qui
restaient pussent se rassurer les uns par les autres contre la peur de la
mort.
Quant aux seigneurs et aux gens de condition supérieure, ils brûlaient
leurs cadavres et déposaient leurs cendres dans de grandes urnes: ils
édifiaient ensuite des temples au-dessus, comme on voit qu’on le faisait
anciennement d’après ceux qu’on trouva à Izamal[140]. On a découvert de
notre temps que, lorsque c’étaient des princes de haute catégorie, on
renfermait leurs cendres dans des statues creuses en terre cuite[141].
Le reste des gens de condition fabriquaient pour leurs parents des
statues en bois, dont l’occiput seul était creux: ils brûlaient une
partie du cadavre, en déposaient les cendres dans ce vide, et le
bouchaient, après quoi ils enlevaient au défunt la peau de l’occiput
qu’ils y appliquaient. Ils enterraient le reste comme de coutume et
conservaient les statues avec beaucoup de vénération entre leurs idoles.
Concernant les princes de l’ancienne maison de Cocom, on leur avait
coupé la tête après leur mort: on les avait fait cuire pour en enlever
la chair; et on en avait scié la partie de derrière, laissant celle de
devant avec les mâchoires et les dents. On avait ensuite remplacé sur
ces demi-têtes de mort la chair qui leur manquait, à l’aide d’un mastic
particulier, leur rendant en perfection l’apparence qu’elles avaient
de leur vivant: ils avaient ces images entre les statues aux cendres,
ainsi que leurs idoles, dans les oratoires de leurs maisons, où ils les
gardaient avec une tendresse mêlée de révérence. Aux jours de fête et
aux réjouissances de toute sorte, ils leur faisaient des offrandes de
mets, afin qu’il ne leur manquât rien dans l’autre vie, où ils croyaient
que reposaient leurs âmes, tout en profitant des dons qui leur étaient
offerts.
Ce peuple a cru toujours à l’immortalité de l’âme, bien plus que beaucoup
d’autres nations, quoiqu’il n’ait pas eu une aussi grande civilisation.
Car ils croyaient à l’existence d’une autre vie, meilleure après la
mort et dont l’âme jouissait en se séparant du corps: ils disaient que
cette vie future se partageait en bonne ou en mauvaise vie, la première
pénible et la seconde remplie de délices. La mauvaise et la pénible,
disaient-ils, était pour les gens vicieux; la bonne, la délectable, pour
ceux qui auraient bien vécu, suivant leurs idées. Les délices qu’ils
attendaient, au cas qu’ils eussent été bons, consistaient à vivre dans un
endroit délicieux, où ils n’auraient à souffrir de rien, où il y aurait
en abondance de quoi boire et manger les choses les plus savoureuses.
Là se trouvait un arbre qu’ils appelaient _Yaxché_, d’une admirable
fraîcheur, aux branches ombreuses comme le ceyba[142], sous lequel ils
jouiraient d’une volupté et d’un repos éternels.
Les peines de la vie mauvaise consistaient à aller dans un lieu plus bas
que l’autre et qu’ils nommaient _Mitnal_, ce qui veut dire enfer[143];
d’y être tourmentés par les démons, souffrant tous les tourments de la
faim, du froid, de la fatigue et de la tristesse. Ils ajoutaient qu’en ce
lieu commandait un démon, chef de tous les autres, qui lui obéissaient,
et que dans leur langue ils appellent _Han-hau_[144]. Cette vie, bonne
et mauvaise, disaient-ils, n’avait point de fin, l’âme n’en ayant point.
Ils prétendaient encore et tenaient pour une chose fort certaine que
ceux qui se pendaient allaient dans leur paradis: aussi y avait-il bien
des gens qui, pour une légère contrariété, un chagrin ou une maladie, se
donnaient la mort de cette manière, afin d’en finir et d’aller jouir des
joies du repos éternel, où la déesse des pendus, appelée _Ixtab_, venait
les recevoir. Ils n’avaient aucune idée de la résurrection des corps et
ne pouvaient donner raison de ceux qui leur avaient apporté les notions
relatives à leur paradis et à leur enfer.
§ XXXIV.—_Cuenta del año yucateco. Caracteres de los dias. Agueros de los
años. Los cuatro Bacabes y sus nombres. Dioses de los dias aciagos._
No se esconde ni aparte tanto el sol desta tierra de Yucatan que vengan
las noches jamas a ser mayores que los dias, y quando mayores vienen a
ser, suelen ser iguales desde St Andres a Sta Lucia, que comiençan los
dias a crecer. Regian de noche para conocer la hora que era por el luzero
y las cabrillas y los artilejos. De dia por el medio dia, y desde el al
oriente y poniente tenian puestos a pedaços nombres con los quales se
entendian y para sus travajos se regian.
Tienen su año perfecto como el nuestro de CCC y LXV dias y VI horas.
Dividenlo en dos maneras de meses, los unos de a XXX dias que se llaman
_U_, que quiere dezir luna, la qual contavan desde que salia nueva hasta
que no parecia.
Otra manera de meses tenian de a XX dias, a los quales llaman
_Uinal-Hun-Ekeh_: destos tenia el año entero XVIII, y mas los cinco dias
y seis horas. Destas seis horas se hazian cada quatro años un dia, y assi
tenian de quatro en quatro años el año de CCCLXVI dias. Para estos CCCLX
dias tienen XX letras o carateres con que los nombran, dexando de poner
nombre a los demas cinco, porque los tenian por aciagos y malos. Las
letras son las que siguen y llevara cada una su nombre en cima, porque se
entienda con los nuestros.
[Illustration: Kan. Chicchan. Cimi. Manik. Lamat.
Muluc. Oc. Chuen. Eb. Ben.
Ix. Men. Cib. Caban. Ezanab.
Cauac. Ahau. Ymix. Ik. Akbal.]
Ya e dicho que el modo de contar de los indios es de cinco en cinco, y
de quatro cincos hazen veinte; assi en estos sus carateres que son XX
sacan los primeros de los quatro cincos de los XX y estos sirven cada uno
dellos un año de lo que nos sirven a nosotros nuestras letras dominicales
para començar todos los primeros dias de los meses de a XX dias.
[Illustration: Kan. Muluc. Ix. Cauac.]
Entre la muchedumbre de dioses que esta gente adorava, adoravan quatro
llamados _Bacab_ cada uno dellos. Estos dezian eran quatro hermanos
a los quales puso Dios quando crio el mundo a las quatro partes del,
sustentando el cielo no se cayesse. Dezian tambien destos Bacabes que
escaparon quando el mundo fue del diluvio destruido. Ponen a cada uno
destos otros nombres y señalanle con ellos a la parte del mundo que Dios
le tenia puesto, tiniendo el cielo y apropianle una de las quatro letras
dominicales a el y a la parte que esta; y tienen señaladas las miserias
o felices successos que dezian avian de succeder en el año de cada uno
destos, y de las letras con ellos.
Y el demonio que en esto, como en las demas cosas los engañava, les
señalo los servicios y offrendas que para evadirse de las miserias le
avian de hazer. Y assi si no les venian dezian era por los servicios que
le hazian y si venian hazian entender y creer al pueblo los sacerdotes
era por alguna culpa o falta de los servicios o los que los hazian.
La primera pues de las letras dominicales es _Kan_. [Illustration: Kan]
El año que esta letra servia era el aguero del _Bacab_ que por otros
nombres llaman _Hobnil_, _Kanal Bacab_, _Kan-pauahtun_, _Kan-xibchac_.
A este señalavan a la parte de medio dia. La segunda letra es _Muluc_
[Illustration: Muluc] señalavanle al oriente, su año era aguero el
_Bacab_ que llaman _Canzienal_, _Chacal Bacab_, _Chac pauahtun_,
_Chac-xib-chac_. La tercera letra es _Yx_. [Illustration: Yx] Su año
era aguero el _Bacab_ que llaman _Zaczini-Zacal-Bacab_, _Zac-pauahtun
Zac-xibchac_, señalavanle a la parte del norte. La quarta letra es
_Cauac_: [Illustration: Cauac] su año era aguero el _Bacab_ que llaman
_Hozanek_, _Ekel-Bacab_, _Ek-pauahtun_, _Ekxibchac_; a este señalavan a
la parte del poniente.
En qualquiera fiesta o solemnidad que esta gente hazian a sus dioses,
començavan siempre del echar de si al demonio para mejor la hazer. Y
el echarle unas vezes eran con oraciones y bendiciones que para ello
tenian, otras con servicios y offrendas y sacrificios que le hazian por
esta razon. Para celebrar la solemnidad de su año nuevo esta gente con
mas regocijo y mas dignamente, segun su desventurada opinion, tomavan
los cinco dias aciagos que ellos tenian por tales antes del primero dia
de su año nuevo y en ellos hazian muy grandes servicios a los _Bacabes_
de arriba y al demonio que llamavan por otros quatro nombres como a
ellos, es a saber _Kan-u-Uayeyab_, _Chac-u-Uayeyab_, _Zac-u-Uayeyab_,
_Ek-u-Uayeyab_. Y estos servicios y fiestas acabadas y alançado de si,
como veremos, el demonio, començavan su año nuevo.
§ XXXIV.—_Computation de l’année yucatèque. Signes qui président aux
années et aux jours. Les quatre Bacab et leurs noms divers. Dieux des
jours néfastes._
Le soleil ne se cache et ne s’éloigne jamais assez de cette terre de
Yucatan, pour que les nuits viennent à être plus longues que les jours,
et lorsqu’elles s’allongent, c’est pour être égales de la Saint-André à
la Sainte-Lucie[145], où les jours commencent à croître. Pour connaître
les heures durant la nuit, les Yucatèques se guidaient sur l’étoile
du matin, sur les Pléiades et les Gémeaux. De jour, ils se réglaient
sur le midi, et, du levant au couchant, ils avaient donné des noms aux
différentes parties de la journée, au moyen desquels ils s’entendaient et
d’après lesquels ils conduisaient leurs travaux.
Ils ont leur année parfaite, comme la nôtre, de trois cent soixante-cinq
jours et six heures: ils la divisent en mois de deux manières, les uns
sont de trente jours qu’ils appellent _U_, ce qui veut dire lune, et
ils la comptaient depuis le moment où sortait la nouvelle lune, jusqu’à
l’instant où elle ne se montrait plus[146].
Les autres étaient de vingt jours qu’ils nommaient _Uinal-Hun-Ekeh_: de
ces mois, il en fallait dix-huit pour faire l’année entière, plus cinq
jours et six heures. De ces heures, ils faisaient tous les quatre ans
un jour, ce qui donnait, de quatre en quatre ans, une année de trois
cent soixante-six jours. Pour ces trois cent soixante-six jours, ils ont
vingt lettres ou caractères, sous les noms desquels ils les connaissent,
omettant toutefois de donner un nom aux cinq supplémentaires[147]; car
ils les regardaient comme sinistres et de mauvais augure. Ces lettres
sont les suivantes; chacune d’elles montrera son nom au-dessus, afin
qu’on comprenne leur corrélation avec les nôtres: