sont des arcs et des flèches qu’ils portent dans leurs carquois, armées
de pointes d’obsidienne et de dents de poisson, fort aiguës, et qu’ils
tirent avec non moins d’adresse que de force. Les arcs sont d’un beau
bois fauve et extraordinairement solide, plutôt droits que courbes, et
les cordes de l’espèce de chanvre qu’ils fabriquent. La longueur de
l’arc est toujours un peu moindre que la hauteur de celui qui s’en sert;
les flèches sont de roseaux fort menus qui croissent dans les lagunes,
longues de cinq palmes: ils y ajustent un morceau de bois également
très-menu et fort, auquel s’adapte la pierre. Ils ne connaissaient pas
l’usage de les empoisonner, quoique les poisons ne leur manquent pas. Ils
avaient de petites haches d’un métal particulier et de cette forme[127]:
ils les ajustaient à un manche de bois; au combat, ils s’en servaient
comme d’une arme, et chez eux comme d’un instrument à travailler le
bois. Ce métal n’étant pas fort dur, ils leur donnaient le fil, en les
battant avec une pierre. Ils se servaient aussi de lances d’une toise de
longueur, dont le fer était d’un silex très-dur, et ils n’avaient pas
d’autres armes[128].
Pour la défense, ils avaient des rondaches qu’ils fabriquaient de roseaux
fendus et tissés avec soin; elles étaient rondes et garnies de cuir de
cerf. Ils tissaient aussi des sayes de coton piqué, doublées de gros sel,
de deux épaisseurs, et qui étaient d’une résistance extraordinaire[129].
Quelques seigneurs remplissant la charge de généraux, avaient des casques
en bois; mais ils étaient en petit nombre. C’est avec ces armes qu’ils
allaient en guerre, ornés de plumes et revêtus de peaux de tigres et de
lions. Les généraux étaient toujours au nombre de deux, l’un dont la
charge était perpétuelle et héréditaire, l’autre élective: celle-ci se
conférait avec beaucoup de cérémonies pour l’espace de trois ans, à celui
qui devait présider à la fête qui se célébrait au mois de _Pax_, tombant
au douze mai, et qui avait le commandement du second corps d’armée,
durant la guerre.
C’était ce dernier qui avait le titre de _Nacon_; il ne devait, pendant
ces trois années, communiquer avec aucune femme, pas même avec la
sienne, ni manger de la viande. On l’avait en grande vénération; pour sa
nourriture, on lui donnait du poisson et des iguanes, qui sont une sorte
de lézards[130]; en tout ce temps-là, il se gardait de s’enivrer; il
avait à part dans sa maison sa vaisselle et autres objets à son usage,
aucune femme n’étant admise à le servir, et il ne communiquait que fort
peu avec le monde.
Passés ces trois ans, les deux généraux traitaient de la guerre et en
ordonnaient les affaires; il y avait pour cela dans chaque localité des
gens choisis pour soldats, et qui, au besoin, se présentaient en armes à
l’appel des _holcans_[131]. Si cette milice était insuffisante, ceux-ci
réunissaient plus de monde, les instruisaient et les répartissaient
les uns parmi les autres; et conduits, un grand drapeau en tête, ils
sortaient fort silencieusement de la ville; c’est ainsi qu’ils marchaient
contre leurs ennemis, qu’ils attaquaient avec de grands cris et férocité,
s’ils arrivaient à les atteindre à l’improviste.
Dans les chemins et les défilés, les ennemis leur opposaient des défenses
pourvues d’archers, des retranchements en bois et en branchages, mais
le plus souvent en pierre. Après la victoire, ils enlevaient aux morts
la mâchoire, en nettoyaient la chair et se la mettaient au bras. A
l’occasion de ces guerres, ils faisaient de grandes offrandes des
dépouilles et, s’ils faisaient prisonnier quelque chef distingué, ils le
sacrifiaient aussitôt, ne voulant laisser vivre personne qui pût leur
nuire plus tard. Le reste des prisonniers demeuraient au pouvoir de ceux
qui les avaient captivés.
Quant aux holcans, ils n’amenaient point la milice hors du temps de
la guerre. Les généraux leur donnaient alors une solde particulière,
mais peu importante, car c’était de leurs propres fonds, et si cela ne
suffisait point, la commune leur venait en aide. La commune leur donnait
aussi la nourriture, les femmes étant chargées de la leur préparer; faute
de bêtes de somme, c’étaient des hommes qui la portaient à dos; aussi les
guerres étaient-elles de courte durée. La guerre terminée, les soldats
causaient encore beaucoup d’embarras et d’ennuis dans leurs localités,
tant que le feu n’en était pas tout à fait éteint, sans compter qu’ils se
faisaient servir et régaler; et si l’un d’eux avait tué quelque capitaine
ou seigneur, on le comblait d’honneurs et de festins.
§ XXX.—_Castigo de los adulteros, homicidas y ladrones. Educacion de los
mancebos. Uso de llanar la cabeça á los niños._
Que a esta gente les quedo de Mayapan costumbre de castigar los adulteros
desta manera: hecha la pesquiza, y convencido alguno del adulterio, se
juntavan los principales en casa del señor, y traido el adultero atavan
a un palo, le entregavan al marido de la muger delinquente, y si el le
perdonava, era libre, sino le matava con una piedra grande en la cabeça
de una parte alta, a la muger por satisfacion bastava la infamia que era
grande y comunmente por esto las dexavan.
La pena del homicida era morir por insidias de los parientes, aunque
fuesse casual, o sino pagar el muerto. El hurto pagavan y castigavan con
hazer esclavos, aunque fuesse muy pequeño el hurto, y por esto hazian
tantos esclavos, principalmente en tiempo de hambre, y por esso fue que
nosotros frayles tanto travajamos en el baptismo, para que les diessen
libertad.
Y si eran señores o gente principal juntavasse el pueblo; prendido le
labravan el rostro desde la barba hasta la frente por los lados en
castigo, lo qual tenian por grande infamia.
Que los moços reverenciavan mucho a los viejos y tomavan sus consejos y
ansi se jactavan de viejos, y esso dezian a los moços, que pues avian mas
visto que ellos, les avian de creer, lo qual si hazian, los demas les
davan mas credito. Eran tan estimados en esto que los moços no tratavan
con viejos, sino era en cosas inevitables, y los moços por casar; con los
casados, sino muy poco; por lo qual se usava tener en cada pueblo una
casa grande y encalada, abierta por todas partes, en la qual se juntavan
los moços para sus passatiempos. Jugavan a la pelota y a un juego con
unas habas como a los dados, y a otros muchos. Dormian aqui todos juntos
casi siempre, hasta que se casavan.
Y dado que e vido que en otras partes de las Indias usavan del nefando
peccado en estas tales casas, en esta tierra no e entendido que hiziessen
tal, ni creo lo hazian, porque los llagados desta pestilencial miseria
dizen que no son amigos de mugeres como eran estos, ca a estos lugares
llevavan las malas mugeres publicas, y en ellos usavan dellas, y las
pobres que entre esta gente acertava a tener este officio no obstante
que recibian dellos gualardon, eran tantos los moços que a ellas acudian
que las traian acossadas y muertas. Enbadurnavanse de color negro hasta
que se casavan, y no se solian labrar hasta casados, sino poco. En las
demas cosas acompañavan siempre a sus padres, y assi salian tan buenos
idolatras como ellos, y servianles mucho en los trabajos.
Que las indias criavan sus hijitos en toda aspereza y desnudez del mundo,
porque a cuatro o cinco dias nacida la criatura la ponian tendidita en un
lecho pequeño hecho de varillas, y alli boca abaxo le ponian entre dos
tablillas la cabeça, la una en el colodrillo, y la otra en la frente,
entre las quales se le appretavan reciamente y le tenian alli padeciendo
hasta que acabados algunos dias le quedava la cabeça llana y enmoldada
como lo usavan todos ellos. Era tanta molestia y peligro de los niños
pobres que peligravan algunos, y el autor deste vio agujerarsele a uno la
cabeça por detras de las orejas, y assi devian hazer muchos.
Criavanlos en cueros, salvo que de 4 a 5 años les davan una mantilla
para dormir y unos listoncillos para onestarse como sus padres y a las
mochachas las començavan a cubrir de la cinta abaxo. Mamavan mucho,
porque nunca dexavan de darles leche pudiendo, aunque fuessen de tres
o quatro años, de donde venia aver entre ellos tanta gente de buenas
fuerças. Criavanse los dos primeros años a maravilla lindos y gordos.
Despues con el continuo bañarlos las madres y los soles se hazian
morenos; pero eran todo el tiempo de la niñez bonicos y traviesos, que
nunca paravan andar con arcos y flechas, y jugando unos con otros, y
assi se criavan hasta que començavan a seguir el modo de vivir de los
mancebos y tenerse, en su manera en mas y dexar las cosas de niños.
§ XXX.—_Châtiment de l’adultère, du meurtre et du vol. Education des
jeunes gens. Coutume d’aplatir la tête aux enfants._
Ce peuple avait conservé de Mayapan la coutume de châtier les adultères
de la manière suivante: l’instruction achevée, et le coupable ayant été
convaincu, les principaux habitants se réunissaient dans la maison du
seigneur. L’adultère était amené et attaché à un poteau et on le livrait
au mari de sa complice. Celui-ci pouvait lui pardonner, et, dans ce cas,
on le rendait à la liberté; sinon il le tuait, en lui lançant d’un lieu
élevé une grande pierre sur la tête. Quant à la femme, son châtiment
consistait dans son infamie, qui était grande, et d’ordinaire le mari se
séparait d’elle.
La peine de l’homicide, quand bien même il ne le fût que par accident,
était d’être abandonné aux piéges que lui tendaient les parents du
défunt, qui le tuaient quand ils en avaient la chance, ou bien de payer
pour le mort. Le voleur rendait la valeur de ce qu’il avait pris, ou
bien on le réduisait à l’esclavage, quelque peu qu’il eût dérobé: c’est
pour cela qu’il y avait tant d’esclaves, surtout en temps de famine, et
que, nous autres, religieux, nous avons tant travaillé, au moment de les
baptiser, pour qu’ils leur rendissent la liberté.
Si le voleur était un seigneur ou un homme de condition, toute la commune
s’assemblait; dès qu’il était pris, on lui scarifiait le visage des deux
côtés, des lèvres au front, châtiment qui était regardé comme une grande
infamie.
Les jeunes gens avaient beaucoup de respect pour les vieillards: ils
demandaient leurs conseils et se faisaient passer pour vieux; les
vieillards, de leur côté, disaient aux jeunes gens que, puisqu’ils
avaient vu plus qu’eux, leur devoir était d’ajouter foi à leurs discours,
et lorsqu’ils le faisaient, ils n’en étaient que plus estimés des autres.
Ils avaient une si haute opinion de la vieillesse, que les jeunes gens ne
traitaient avec les anciens que quand ils ne pouvaient faire autrement,
comme au moment de se marier; avec les gens mariés ils se tenaient
aussi fort peu. C’est pourquoi il était d’usage dans chaque localité
d’avoir une grande maison, blanchie à la chaux, mais ouverte de tous les
côtés, où les jeunes gens s’assemblaient pour leurs divertissements.
Ils jouaient à la balle et à une sorte de jeu de fèves, comme aux dés,
ainsi qu’à beaucoup d’autres. Ils dormaient là presque toujours ensemble
jusqu’au moment de se marier.
Or, comme j’ai vu qu’en d’autres endroits des Indes ils étaient adonnés
à la pédérastie, dans des maisons de ce genre, je n’ai cependant jamais
ouï dire que cela eût lieu ici, et je ne crois pas qu’ils en usassent,
car on dit que ceux qui sont affligés de cette misère pestilentielle, ne
sont pas amateurs des femmes, tandis que ceux-ci le sont. Car ils avaient
la coutume d’amener dans ces endroits des femmes publiques, dont ils
usaient; or, les malheureuses qui, parmi ce peuple, faisaient ce métier,
encore qu’elles se fissent payer, étaient obsédées par un si grand nombre
de jeunes gens, qu’elles s’en trouvaient poursuivies jusqu’à en mourir.
Ceux-ci avaient la coutume de se peindre en noir jusqu’au moment de leur
mariage; il y en avait peu qui se tatouassent auparavant. Dans tout le
reste, ils suivaient constamment leurs parents; c’est ainsi qu’ils les
servaient si bien dans leurs travaux et qu’ils devenaient de si grands
adorateurs d’idoles.
Les femmes élevaient leurs petits enfants avec toute la rudesse et la
nudité possibles: la faible créature était à peine venue au monde de
quatre ou cinq jours, qu’elles l’étendaient sur un petit lit fabriqué
de baguettes d’osier et de roseaux; là, le visage contre terre, elles
lui mettaient la tête entre deux planchettes, l’une au front, l’autre à
l’occiput, serrées avec force, et le tenaient dans la souffrance jusqu’à
ce qu’au bout de quelques jours, la tête ainsi moulée restait à jamais
aplatie suivant leurs usages. Il y avait là-dedans tant d’incommodité
et de péril pour les petits enfants, que plusieurs en étaient près de
mourir; l’auteur de ce livre en a vu un dont la tête s’était trouée
derrière les oreilles, ce qui devait arriver à un grand nombre.
Ils étaient élevés tout nus; mais, à l’âge de quatre ou cinq ans, on leur
donnait un morceau de toile pour se couvrir, en dormant, et quelques
petites bandes pour cacher leur nudité, comme leurs pères; quant aux
petites filles, on commençait alors à les vêtir de la ceinture en bas.
Ils tétaient beaucoup; car les mères ne laissaient jamais de leur donner
du lait, si longtemps qu’elles en étaient capables, quoiqu’ils eussent
atteint l’âge de trois ou quatre ans; de là tant de gens forts et
robustes dans ce pays. Tout jeunes encore, on les élevait à merveille
beaux et forts; mais ensuite avec les bains fréquents que leur faisaient
prendre leurs mères, et l’ardeur du soleil, ils devenaient plus bronzés.
Durant toute leur enfance, ils étaient vifs et pétulants, toujours armés
d’arcs et de flèches, et jouant les uns avec les autres: c’est ainsi
qu’ils croissaient, jusqu’à ce qu’ils fussent en état d’adopter la
manière de vivre des jeunes gens, et de se donner plus d’importance, en
laissant les jeux de l’enfance.
§ XXXI.—_Modo de vestir y de adornarse entre las indias de Yucatan._
Que los indias de Yucatan son en general de mejor dispusicion que las
españolas, y mas grandes y bien hechas, ca no son de tantas renes como
las negras. Precianse de hermosas las que son, y a una mano no son feas;
no son blancas sino de color baço, causado mas del sol y del continuo
bañarse, que de su natural; no se adoban los rostros como nuestra nacion,
y esso tienen por liviandad. Tenian por costumbre acerrarse los dientes
dexandolos como diente de sierra y esto tenian por galanteria, y hazian
este officio viejas, limandolos con ciertas piedras y agua.
Horadavanse las narices por la ternilla que divide las ventanas por
medio para ponerse en el agujero una piedra de ambar y tenianlo por
gala. Horadavanse las orejas, para ponerse zarzillos al modo de sus
maridos; labravanse el cuerpo de la cinta arriba, salvo los pechos por
el criar, de labores mas delicadas y hermosas que los hombres. Bañavanse
muy a menudo con agua fria como los hombres, y no lo hazian con sobrada
honestidad, porque acaescia demudarse en cueros en el poço donde ivan por
agua para ello. Acostumbravan demas de esto bañarse en aqua caliente y
fuego y deste poco y por causa mas de salud que limpieza.
Acostumbravan untarse con cierta uncion de colorado como los maridos,
y las que tenian possibilidad, echavan la cierta confecion de una goma
olorosa y muy pegajosa, y que creo es liquidambar que en su lengua llaman
_iztah-te_, y con esta confecion untavan cierto ladrillo como deseaban
que tenian labrado galanas labores, y con aquel se untavan los pechos,
y braços, espaldas y quedavan galanas y olorosas, segun les parecia, y
duravales muchos dias sin se quitar segun era buena la uncion.
Traian cabelles muy largos, y hazian y hazen dellos muy galan tocado
partidos en dos partes, y entrençavanselos para otro modo de tocado.
A las moças por casar suelen las madres curiosas curarselos con tanto
cuydado que e visto muchas indias de tan curiosos cabellos como curiosas
españolas. A las mochachas hasta que son grandecitas, se los trençan en
quatro quernos y en dos que les parecen bien.
Las indias de la costa y de la provincia de Bacalar y Campeche son
mas honestas en su traje, porque allende de la cobertura que traian de
medio abaxo se cubrian los pechos atandoselos por debaxo los sobacos con
una manta doblada; las demas todas no traian mas de una vestidura como
saco largo y ancho, abierto por ambas partes y metidas en el hasta los
quadriles donde se les apretavan con el anchor mesmo y no tenian mas
vestidura, salvo que la manta con que siempre duermen, usavan, quando
ivan camino, llevar cubierta doblada o arollada, y assi andavan.
§ XXXI.—_Toilette des femmes yucatèques. Leurs vêtements divers._
Les Indiennes du Yucatan sont généralement plus agréables que les
Espagnoles, plus grandes et bien faites, et elles n’ont pas les hanches
si grandes que les négresses. Celles qui sont belles en tirent de la
vanité, et de fait elles ne sont pas laides: elles ne sont pas blanches,
mais brunes de couleur, ce qui leur vient plutôt de leur exposition au
soleil et de l’habitude de se baigner trop souvent, que de leur nature.
Elles ne se fardent pas le visage comme les dames de notre pays; car
elles regardent cet usage comme de l’immodestie. Elles avaient pour
coutume de se couper les dents en forme de dents de scie, ce qu’elles
considéraient comme une marque de beauté; c’étaient les vieilles femmes
qui leur rendaient ce service, en leur limant les dents avec une certaine
pierre et de l’eau.
Elles se perçaient le cartilage du nez entre les narines, afin d’y
placer une pierre d’ambre, ce qui était encore une gentillesse à leurs
yeux. Elles se perçaient aussi les oreilles pour y mettre des pendants,
à l’imitation de leurs maris; elles se tatouaient de dessins plus
délicats et plus élégants que les hommes, le corps de la ceinture en
haut, à l’exception des seins qu’elles gardaient pour allaiter leurs
enfants. Elles prenaient très-souvent des bains dans l’eau froide comme
les hommes, mais sans trop de réserve; car elles se mettaient pour cela
toutes nues dans les endroits où l’on allait chercher de l’eau. Elles
avaient également la coutume de se baigner dans l’eau chaude et au
feu[132], mais peu et plutôt pour raison de santé que de propreté.
Une autre coutume était de se oindre aussi d’une couleur rouge comme
leurs maris, et celles qui en avaient les moyens y ajoutaient d’une
gomme odoriférante et fort poisseuse, que je crois être le liquidambar,
appelé dans leur langue _iztah-té_: de cette gomme elles imprégnaient une
brique ornée de gracieux dessins qu’elles avaient toujours chez elles et
s’en frottaient les seins, les bras et les épaules; c’est ainsi qu’elles
s’embellissaient et se parfumaient à leur manière, l’odeur leur restant
en proportion de la qualité du parfum employé.
Comme elles avaient les cheveux très-longs, elles en faisaient et en font
encore une coiffure fort élégante, les partageant en deux tresses, dont
elles se servaient encore pour une autre sorte de coiffure. Quant aux
jeunes filles à marier, les mères soigneuses s’attachaient à les faire
briller d’une manière si particulière, que j’ai vu beaucoup d’Indiennes
portant les cheveux avec tout autant de grâce que les Espagnoles les plus
distinguées sous ce rapport. Aux petites filles, jusqu’à ce qu’elles
deviennent d’une certaine taille, elles les leur tressent en quatre ou
deux sortes de cornes qui leur font très-bien.
Les Indiennes de la côte et de la province de Bacalar et de Campêche
sont plus modestes dans leur habillement; car, outre le jupon dont elles
se couvrent de la ceinture en bas, elles se voilent la poitrine, en la
renfermant dans une pièce d’étoffe doublée sous les aisselles; les autres
n’avaient d’autre vêtement d’en haut qu’un sac long et large, ouvert sur
les côtés, descendant jusqu’aux hanches, qu’elles y serraient sur la
largeur. C’était là toute leur toilette, à l’exception de l’étoffe avec
laquelle elles dorment toujours et qu’elles portaient habituellement,
lorsqu’elles allaient en chemin, doublée ou roulée sur les épaules.
§ XXXII.—_Castitad de las mugeres y su educacion. Sus grandes calidades,
su economia, etc. Su devocion y sus partos._
Preciavanse de buenas y tenian razon, porque antes que conociessen
nuestra nacion, segun los viejos aora lloran, lo eran a maravilla y
desto traere dos exemplos. El capitan Alonso Lopez de Avila cuñado del
adelantado Montejo prendio una moça india y bien dispuesta y gentil
muger, andando en la guerra de Bacalar. Esta prometio a su marido
temiendo que en la guerra no le matassen de no conocer otro si el no, y
assi no basto persuasion con ella paraque no se quitasse la vida, por no
quedar en peligro de ser ensuziada de otro varon, por lo qual la hizieron
aperrear.
A mi se me quexo una india por baptizar de un indio baptizado, el qual
andando enamorado della, ca hermosa era, aguardose ausentasse su marido,
y se le fue una noche a su casa y despues de manifestarle con muchos
requiebres su intento, y no bastarle, provo a dar dadivas que para ello
llevava, y como no aprovechassen, intento forçarla, y con ser un giganton
y travajar por ello toda la noche no saco della mas de darle enojo tan
grande que se me vino a quexar a mi de la maldad del indio, y era assi lo
que dezia.
Acostumbravan a volver las espaldas a los hombres, quando los topavan en
alguna parte, y hazerles lugar paraque passassen, y lo mesmo quando les
davan a bever, hasta que acabavan de bever. Enseñan lo que saben a sus
hijas, y crianlas a su modo bien, ca las riñen y las doctrinan y hazen
trabajar, y si hazen culpas las castigan, dandoles pellizcos en las
orejas, y en los braços. Si las ven alçar los ojos, las riñen mucho y se
los untan con su pimienta que es grave dolor, y si no son honestas, las
aporrean y untan con la pimienta en otra parte por castigo y afrenta.
Dizen por mucho valdon y grave reprehension a las moças mal disciplinadas
que _parecen mugeres criadas sin madre_.
Son zelosas y algunas tanto que ponian los manos a las de quien tenian
zelos, y tan colericas, enojadas, aunque harto mansas, que solian dar
buelta de pelo algunas a los maridos con hazerlo ellos pocas vezes. Son
grandes travajadoras y vividoras, porque dellas cuelgan los mayores y
mas trabajos de la sustentacion de sus casas y educacion de sus hijos, y
paga de sus tributos y con todo esso si es menester llevan algunas vezes
mayor carga, labrando y sembrando sus mantenimientos. Son a maravilla
grangeras, velando de noche el rato que de servir sus casas les queda,
yendo a los mercados a comprar y vender sus cosillas.
Crian aves para vender de Castilla, y de las suyas y para comer. Crian
paxaros para su recreacion y para las plumas para hazer sus ropas
galanas, y crian otros animales domesticos de los quales dan el pecho
a los corços, con lo qual los crian tan mansos que no saben irseles al
monte jamas, aunque los llevan y traigan por los montes y crien en ellos.
Tienen costumbre de ayudarse unas a otras a las telas y al hilar, y
paganse estos trabajos como sus maridos los de sus eredades, y en ellos
tienen siempre sus chistes de mofar y contar nuevas, y a ratos un poco de
murmuracion. Tienen por gran fealdad mirar a los hombres y reirseles, y
por tanto que solo esto bastava para hazer qualquiera fealdad, y sin mas
entremeses hazianlas ruines. Vailavan por si sus vailes y algunos con
los hombres, en especial uno que llamavan _Naual_ no muy honesto. Son muy
fecundas y tempranas en parir, y grandes criaderas por dos razones, la
una porque la bevida de las mañanas que beven caliente cria mucha leche
y el continuo moler de su maiz y no traer los pechos apretados les haze
tenerlos muy grandes donde les viene tener mucha leche.
Emborachavanse tambien ellas con los combites, aunque por si, como comian
por si, y no se emborachavan tanto como los hombres. Son gente que dessea
mucho hijos la que carece dellos, y que los pedian a sus idolos con
dones y oraciones, y aora los piden a Dios. Son avisadas y corteses y
conversables, con que se entienden, y a maravilla bien partidas. Tienen
poco secreto y no son tan limpias en sus personas ni en sus cosas con
quanto se lavan como los ermiños.
Eran muy devotas y santeras, y assi tenian muchas devociones con sus
idolos, quemandoles de sus enciensos, ofreciendoles dones de ropa de
algodon, pero con todo esso no tenian en costumbre derramar su sangre
a los demonios, ni lo hazian jamas; ni tampoco las dexavan llegar a
los templos a los sacrificios, salvo en cierta fiesta que admitian
ciertas viejas para la celebracion della. Para sus partos acudian a las
hechizeras, las quales les hazian creer de sus mentiras y les ponian
debaxo de la cama un idolo de un demonio, llamado _Ixchel_, que dezian
era la diosa de hazer las criaturas.