y aun sin los comunes templos tenian los señores sacerdotes y gente
principal oratorios y idolos en casa para sus oraciones y ofrendas
particulares. Y que tenian a Cuzmil y poço de Chicheniza en tanta
veneracion como nosotros a las romerias de Hierusalem y Roma y assi
les ivan a visitar y offrecer dones, principalmente a la de Cuzmil,
como nosotros a lugares santos, y ya que no ivan, siempre embiavan sus
offrendas. Y los que ivan tenian de costumbre de entrar tambien en
templos derelictos, quando passavan por ellos a orar y quemar copal.
Tantos idolos tenian que aun no les bastava los de sus dioses; pero no
avia animal ni savandija que no le hiziessen estatua y todos los hazian
a la semejanza de sus dioses y diosas. Tenian algunos idolos de piedra,
mas pocos, y otros de madera, y de bulto pequeños, pero no tantos como
de barro. Los idolos de madera eran tenidos en tanto que se eredavan,
y tenidos por lo principal de la herencia. Idolos de metal no tenian,
por que no ay metal aï. Bien sabian ellos que los idolos eran obras
suyas y muertas y sin deidad, mas que los tenian en reverencia por lo
que representavan, y por que les avian hecho con tantas cerimonias, en
especial los de palo.
Los mas idolatras eran los sacerdotes, _chilanes_, hechizeros y medicos,
_chaces_ y _nacones_. El officio de los sacerdotes era tratar y enseñar
sus sciencias y declarar las necessidades y sus remedios, predicar y
echar las fiestas, hazer sacrificios y administrar sus sacramentos. El
officio de los _chilanes_ era dar respuestas de los demonios al pueblo y
eran tenidos en tanto que acontecia llevarlos en ombros. Los hechizeros y
medicos curavan con sangrias hechas en la parte donde dolia al enfermo, y
echavan suertes para adivina en sus officios y otras cosas. Los _chaces_
eran quatro hombres ancianos elegidos siempre de nuevo para ayudar al
sacerdote a bien y complidamente hazer las fiestas. _Nacones_ eran dos
officios, el uno perpetuo y poco onroso, por que era el que abria los
pechos a las personas que sacrificavan. El otro era una elecion hecha de
un capitan para la guerra y otras fiestas que duravan tres años, este era
de mucha onra.
§ XXVII.—_Confession chez les Yucatèques. Abstinences et superstitions.
Idoles de tout genre. Charges diverses du sacerdoce._
Les Yucatèques connaissaient naturellement le mal quand ils le
commettaient, et ils croyaient que c’était en châtiment du mal et du
péché que leur venaient la mort, les maladies et les tourments; ils
avaient coutume de se confesser, et quand ils en avaient l’idée, c’était
de la manière suivante. Lorsque, par suite d’une maladie ou d’autre
chose, ils étaient en danger de mourir, ils confessaient leurs péchés;
mais s’ils oubliaient d’y penser, leurs parents les plus proches ou leurs
amis le leur rappelaient. Ainsi ils disaient publiquement leurs péchés au
prêtre, s’il était présent, sinon à leurs pères et mères, les femmes à
leurs maris et les maris à leurs femmes.
Les fautes dont ils s’accusaient le plus communément étaient le vol,
l’homicide, les faiblesses de la chair et les faux témoignages; après
quoi, ils se croyaient sauvés. Mais il arrivait souvent, quand ils
venaient à échapper, qu’il surgissait des querelles entre mari et femme,
pour les infidélités dont ils avaient pu se rendre coupables, et avec
ceux qui en étaient la cause.
Les hommes confessaient leurs faiblesses, sauf celles qu’ils commettaient
avec leurs esclaves; car ils disaient qu’il était licite d’user de ce
qui leur appartenait suivant leur caprice. Ils ne confessaient pas les
péchés d’intention, quoiqu’ils les regardassent comme un mal; aussi dans
leurs conseils et prédications conseillaient-ils de les éviter. Les
abstinences qu’ils faisaient le plus communément étaient de se passer
de sel et de piment dans les mets, ce qui pour eux était fort dur; ils
s’abstenaient de l’usage de leurs femmes pour la célébration de toutes
les fêtes.
Les veufs ne se remariaient qu’un an après leur veuvage, la coutume
étant de ne connaître ni homme ni femme durant cet intervalle: ceux qui
négligeaient de s’y conformer étaient regardés comme peu continents, et
on s’imaginait qu’il leur en surviendrait quelque calamité.
Ils avaient des fêtes où non-seulement ils s’abstenaient de leurs femmes,
mais aussi de manger de la chair: ils jeûnaient en entrant en office pour
quelque fête, comme en entrant dans les charges de la république; il y
avait de ces jeûnes qui duraient jusqu’à trois années entières, et ils
considéraient comme un fort grand péché de les rompre.
Ils étaient, du reste, tellement observateurs de leurs pratiques
idolâtres, que, dans les temps de calamité publique, jusqu’aux femmes et
aux enfants des deux sexes s’occupaient à brûler de l’encens, à adresser
leurs supplications à Dieu pour qu’il les délivrât du mal et réprimât le
démon qui en était la cause.
Les voyageurs même emportaient en chemin de l’encens et une petite
cassolette pour le brûler; c’est ainsi que de nuit, en quelque lieu
qu’ils arrivassent, ils érigeaient trois petites pierres, déposant sur
chacune quelques grains de cet encens; devant ils étendaient trois
autres pierres plates, sur lesquelles ils mettaient encore de l’encens,
en priant le dieu qu’ils nommaient _Ekchuah_[117], qu’il daignât les
ramener heureusement chez eux. Cette pratique ils la recommençaient
toutes les nuits jusqu’à leur retour dans les foyers, où toujours il y
avait quelqu’un pour en faire autant et même davantage.
Ils avaient un très-grand nombre d’idoles et de temples somptueux à leur
manière. A part même des temples ordinaires, les princes, les prêtres
et les gens les plus considérables avaient encore des oratoires, avec
des idoles domestiques, où ils faisaient en particulier leurs prières et
leurs offrandes. Ils avaient autant de dévotion pour Cuzmil et le puits
de Chichen Itza que nous pour les pèlerinages de Jérusalem et de Rome.
Ainsi ils allaient les visiter et offrir des présents, principalement à
Cuzmil, comme nous le faisons aux saints lieux, et s’ils ne pouvaient y
aller eux-mêmes, ils y envoyaient toujours leurs offrandes. Ceux qui y
allaient étaient accoutumés également de s’arrêter devant les temples
abandonnés, s’ils avaient à passer à côté, d’y prier et d’y brûler du
copal.
Ils avaient une si grande quantité d’idoles que celles même de leurs
dieux ne leur suffisaient point; car il n’y avait pas d’animal ni de
reptile dont ils ne fissent la statue, et ils les faisaient à l’image de
leurs dieux et de leurs déesses. Ils avaient quelques idoles de pierre,
mais en petit nombre, et d’autres de bois, de petite stature quoique pas
en si grande quantité qu’en terre cuite. Les idoles de bois étaient si
estimées, qu’elles comptaient dans les héritages, et ils y avaient la
plus grande confiance[118]. Ils n’ignoraient nullement que les idoles
étaient des ouvrages de leurs mains, œuvres mortes et sans divinité; mais
ils les vénéraient à cause de ce qu’elles représentaient et des rites
avec lesquels ils les avaient consacrées, surtout celles de bois.
Les plus idolâtres étaient les prêtres, _Chilan_, sorciers et médecins,
_Chacs_ et _Nacon_[119]. Ils avaient pour office de discourir sur leurs
sciences et de les enseigner, de faire connaître les besoins et les
moyens d’y satisfaire, de prêcher et de notifier les jours de fête,
d’offrir des sacrifices et d’administrer leurs sacrements. L’office du
_Chilan_ consistait à donner les réponses des démons au peuple; on avait
pour eux un tel respect, qu’ils ne sortaient d’ordinaire que portés en
litière. Les sorciers et médecins guérissaient au moyen de saignées,
pratiquées dans la partie malade; ils jetaient des sorts pour savoir
l’avenir dans leurs offices et autres choses. Les _chacs_ étaient quatre
vieillards, élus chaque fois, suivant la circonstance, pour aider le
prêtre à remplir entièrement ses fonctions durant les fêtes. La charge
de _Nacon_ était double: l’un était perpétuel et peu honorable, parce
que c’était lui qui ouvrait la poitrine aux victimes humaines qu’on
sacrifiait; le second, qui arrivait à son poste par élection, était un
général d’armée, chargé également de présider à certaines fêtes: ses
fonctions duraient trois ans et étaient réputées fort honorables.
§ XXVIII.—_Sacrificios crueles y sucios de los yucataneses. Victimas
humanas matadas á flechazas y otros._
Que hazian sacrificios con su propia sangre unas vezes, cortandose
las (orejas) a la redonda por pedaços y alli los dexavan en señal.
Otras vezes se agujeravan las mexillas, otras los beços baxos, otras
se separavan partes de sus cuerpos, otras se agujeravan las lenguas al
soslayo por los lados, y passavan por los agujeros pajas con grandissimo
dolor; otras, se harpavan lo superfluo del miembro vergonçoso, dexandolo
como las orejas, de lo qual se engaño el historiador general de las
Indias, diziendo que se circumcidian.
Otras vezes hazian un suzio y penoso sacrificio añudandose los que lo
hazian en el templo, donde puestos en rengla, se hazian sendos agujeros
en los miembros viriles al soslayo por el lado, y hechos passavan
toda la mas cantidad de hilo que podian, quedando assi todos asidos,
y ensartados; tambien untavan con la sangre de todas estas partes al
demonio, y el que mas hazia, por mas valiente era tenido, y sus hijos
desde pequeños en ello començavan a ocupar y es cosa espantable quan
aficionados eran a ello.
Las mugeres no usavan destos derramamientos, aunque eran harto santeras;
mas de todas las cosas que aver podian que son aves del cielo, animales
de la tierra, o pescados de la agua, siempre les embadurnavan los rostros
al demonio con la sangre dellos. Y otras cosas que tenian ofrecian; a
algunos animales les sacavan el corazon y lo ofrecian, a otros enteros,
unos vivos, otros muertos, unos crudos, otros guisados, y hazian tambien
grandes ofrendas de pan y vino, y de todas las maneras de comidas, y
bevidas que usavan.
Para hazer estos sacrificios en los patios de los templos (avia) unos
altos maderos y labrados y enhiesto, y cerca de las escaleras del templo
tenian una peaña redonda ancha, y en medio una piedra de quatro palmos o
cinco de alto enhiesta, algo delgada; arriba de las escaleras del templo
avia otra tal peaña.
Que sin las fiestas en las quales, para la solemnidad de ellas, se
sacrificavan animales, tambien por alguna tribulacion o necessidad,
les mandava el sacerdote o chilanes sacrificar personas, y para esto
contribuian todos, para que se comprasse esclavos, o algunos de devocion
davan sus hijitos los quales eran muy regalados hasta el dia y fiesta de
sus personas, y muy guardados que no se huyessen o ensuziassen de algun
carnal peccado, y mientras a ellos llevavan de pueblo en pueblo con
vailes, ayunavan los sacerdotes y chilanes y otros officiales.
Y llegado el dia, juntavanse en el patio del templo, y si avia de ser
sacrificado a saetadas, desnudavanle en cueros y untavanle el cuerpo
de azul con una coroça en la cabeça; y despues de alcançado el demonio,
hazia la gente un solemne vaile con el, todos con arcos y flechas al
rededor del palo, y bailando subianle en el, y atavanle y siempre
vailando y mirandole todos. Subia el suzio del sacerdote vestido, y con
una flecha en la parte verenda, fuesse muger o hombre le heria, y sacava
sangre y baxavase y untava con ella los rostros al demonio; y haziendo
cierta señal a los vailantes, le començavan a flechar por orden, como
vailando passavan a priessa, al coraçon el qual tenia señalado con una
señal blanca, y desta manera ponianle todos los pechos en un punto, como
erizo de flechas.
Se le avian de sacar el corazon le traian al patio con gran aparato
y compañia de gente, y enbadurnado de azul y su coroza puesta le
llevavan a la grada redonda que era el sacrificadero, y despues que
el sacerdote y sus officiales untavan aquella piedra con color azul y
echavan purificando el templo al demonio; tomavan los chaces al pobre
que sacrificavan, y con gran presteza le ponian de espaldas en aquella
piedra y asianle de las piernas y braços todos quatro que le partian por
medio. En esto llegava el saion nacon con un navajon de piedra, y davale
con mucha destreza y crueldad una cuchillada entre las costillas del
lado izquierdo debaxo de la tetilla, y acudiale alli luego con la mano
y echava la mano del coraçon, como rabioso tigre y arancavaselo vivo,
y puesto en un plato lo dava al sacerdote, el qual iva muy a prissa y
untava a los idolos los rostros con aquella sangre fresca.
Algunas vezes hazian este sacrificio en la piedra y grada alta del
templo, y entonces echavan el cuerpo ya muerto las gradas abaxo a rodar
y tomavanle abaxo los officiales, y dessollavanle todo el cuero entero,
salvo los pies y las manos, y desnudo el sacerdote en cueros vivos se
aforrava de aquella piel y vailavan con el los demas, y era cosa de
mucha solemnidad para ellos esto. A estos sacrificados comunmente solian
enterrar en el patio del templo, o sino, comianseles repartiendo por
los que alcançavan y los señores, y las manos y pies y cabeça eran del
sacerdote y officiales, y a estos sacrificados tenian por santos. Si
eran esclavos captivados en guerra el señor dellos tomava los huessos
para sacar por divisa en los vailes en señal de victoria. Algunas vezes
echavan personas vivas en el pozo de Chicheniza creiendo que salian al
tercero dia, aunque nunca mas parecian.
§ XXVIII.—_Sacrifices cruels et obscènes des Yucatèques. Victimes
humaines tuées à coups de flèches et autres._
Ils faisaient des sacrifices de leur propre sang, quelquefois se taillant
les oreilles tout à l’entour par lambeaux qu’ils laissaient attachés
en signe de pénitence; d’autres fois, ils se trouaient les joues, ou
la lèvre inférieure. Les uns se tranchaient des morceaux de chair de
certaines parties du corps, ou se perçaient la langue de biais, se
passant à travers des fétus de paille avec de cruelles souffrances;
d’autres se taillaient le superflu du membre viril, de manière à y
laisser comme deux oreilles pendantes: c’est là ce qui causa l’erreur de
l’historien général des Indes qui disait qu’ils se circoncisaient[120].
Dans d’autres circonstances, ils accomplissaient un obscène et douloureux
sacrifice et voici comment: ceux qui voulaient en avoir le mérite se
réunissaient dans le temple, rangés par ordre et attachés les uns aux
autres: ils se perçaient alors chacun le membre viril de biais par le
côté, puis dans les trous qu’ils avaient faits, ils passaient un cordon
aussi long que possible, et ils demeuraient ainsi tous ensemble attachés
et enfilés les uns avec les autres. Avec le sang qui coulait de ces
plaies, ils oignaient toutes les parties des statues du démon; celui
qui en faisait davantage était considéré comme le plus vaillant, et ses
fils, dès le plus bas âge, apprenaient à s’y accoutumer, tant ils étaient
enclins à cette épouvantable cérémonie.
Entre les femmes il n’y avait rien de semblable à cette effusion de sang,
quoiqu’elles fussent excessivement dévotes. De tous les animaux que les
Yucatèques pouvaient obtenir, soit des oiseaux du ciel, soit du gibier ou
des bêtes fauves, ou même encore des poissons, ils en tiraient le sang
pour en embarbouiller le visage de leurs idoles. Ils leur offraient de
tout ce qu’ils possédaient: à quelques animaux, ils arrachaient le cœur
pour l’offrir; ils en présentaient d’autres entiers, les uns vivants,
les autres morts, crus ou cuits, sans compter le pain et le vin dont ils
faisaient de grandes offrandes, ainsi que de toutes les variétés de mets
et de boissons à leur usage.
Pour faciliter ces différents sacrifices, il y avait dans les cours des
temples quelques grands arbres debout, ornés de sculptures, et au pied
de l’escalier de chaque temple se trouvait comme un piédestal rond et
large, au centre duquel s’élevait une pierre de quatre ou cinq palmes de
hauteur et assez fine. En haut de l’escalier il y avait une autre pierre
semblable[121].
Outre les fêtes, pour la solennité desquelles on sacrifiait des animaux,
le prêtre ou le chilan commandait quelquefois, à l’occasion d’un malheur
ou d’une nécessité publique, de sacrifier des victimes humaines. Tout le
monde y contribuait, les uns en donnant de quoi acheter des esclaves,
les autres en livrant, par dévotion, leurs petits enfants[122]. On les
caressait et on avait un grand soin de ces victimes jusqu’au jour de
la fête; mais on les gardait aussi avec beaucoup de vigilance, de peur
qu’elles ne prissent la fuite ou ne se souillassent de quelque faute
charnelle. Dans l’intervalle on les conduisait de ville en ville avec
des danses, tandis que les prêtres, les chilans et les autres officiers
observaient les jeûnes accoutumés.
Le jour convenu, tous se réunissaient dans le temple: si la victime
devait être sacrifiée à coups de flèches, on la mettait toute nue, en
lui barbouillant tout le corps de couleur bleue, et on lui posait une
mitre sur la tête. Dès qu’on était arrivé à la statue du dieu, tous
armés d’arcs et de flèches dansaient avec la victime un ballet solennel
autour des arbres dont il a été question plus haut; tandis que les uns la
montaient et l’attachaient, les autres continuaient à danser à l’entour,
les yeux fixés sur elle[123]. Le sacrificateur impur, revêtu, montait
à son tour une flèche à la main; et que la victime fût un homme ou une
femme, il la frappait de son arme aux parties naturelles, en tirait du
sang, descendait et en oignait le visage de l’idole. Sur un signal qu’il
donnait ensuite aux danseurs, ceux-ci commençaient à lancer, en dansant,
des flèches au cœur de la victime, à mesure qu’ils passaient avec
rapidité devant elle, le but marqué de blanc ayant été signalé d’avance.
C’est ainsi que toutes les poitrines tournées vers un seul point, en
faisaient comme un hérisson armé de flèches.
S’il s’agissait d’enlever le cœur à la victime, on la conduisait avec
un grand appareil, dans la cour du temple, toute barbouillée de bleu et
la mitre en tête, entourée de beaucoup de monde, jusqu’au pied du socle
de forme ronde qui était le lieu du sacrifice. Le prêtre, assisté de
ses officiers, oignaient de bleu la pierre et purifiaient le temple en
chassant les mauvais esprits. Les chacs saisissaient ensuite la pauvre
victime, la renversaient avec rapidité sur la pierre et la tenaient tous
quatre des bras et des jambes qu’ils séparaient par le milieu. Dans le
même instant, arrivait le bourreau nacon, un couteau de pierre à la
main: il l’en frappait avec une barbare habileté entre les côtes sous le
sein gauche; puis aussitôt il plongeait la main dans la poitrine, d’où il
enlevait avec la joie féroce d’un tigre le cœur palpitant. Il le déposait
ensuite sur un plat qu’il présentait au prêtre; celui-ci s’empressait de
le saisir, et du sang frais qui en dégouttait oignait le visage de ses
idoles.
Quelquefois ce sacrifice avait lieu sur la pierre érigée en haut de
l’escalier du temple, après quoi ils lançaient le cadavre par les
degrés en bas: les officiers s’en emparaient, l’écorchaient en entier,
à l’exception des pieds et des mains, et le prêtre s’étant dépouillé de
ses habits, tout nu se recouvrait de la peau. Ceci était suivi d’une
danse générale où il prenait part, et le sacrifice de cette manière était
considéré comme une grande solennité[124]. L’usage était d’enterrer dans
la cour du temple ceux qu’on sacrifiait de cette façon: au cas contraire,
on le mangeait, le partageant aux chefs et à ceux qui pouvaient en
obtenir un morceau; les pieds, les mains et la tête étant réservés pour
le prêtre et ses officiers, les victimes immolées de cette manière étant
considérées comme saintes[125]. Si c’étaient des esclaves prisonniers
de guerre, leur maître gardait leurs ossements, qu’il étalait dans les
ballets comme des insignes de victoire[126]. Quelquefois on jetait des
victimes vivantes dans les puits de Chichen-Itza, dans l’idée qu’elles en
sortaient le troisième jour, quoiqu’on ne les vît jamais reparaître.
§ XXIX.—_Armas de los yucataneses. Dos capitanes, uno hereditario, otro
electivo. Abstinencia de este. Milicia y soldada, guerra, etc._
Que tienen armas offensivas y defensivas. Ofensivas eran arcos y flechas
que llevavan en su cargaje con pedernales por caxcillos y dientes de
pescados muy agudas, las quales tiran con gran destreza y fuerza. Son
los arcos de un hermoso palo leonado y a maravilla fuerte mas derechos
que corvos, las cuerdas de su cañamo. La largura del arco es siempre
algo menos que el que lo trae: las flechas son de cañas muy delgadas
que se crian en lagunas y largas de mas de a cinco palmos, y enxierenle
a la caña un pedaço de palo delgado muy fuerte y en aquel va enxerido
el pedernal. No usavan ni la saben poner ponsoña, aunque tienen harto
de que. Tenian hachuelas de cierto metal y desta hechura, las quales
encaxavan en un hastil de palo, y les servia de armas, y buelta de labrar
la madera. Davanle filo con una piedra a porrazos que es el metal blando.
Tenian lançuelas cortas de un estado con los hierros de fuerte pedernal,
y no tenian mas armas que estas.
[Illustration]
Tenian para su defensa rodelas que hazian de cañas hendidas, y muy
texidas redondas y guarnecidas de cueros de venados. Hazian xacos
de algodon colchados y de sal por moler colchada de dos tandas o
colchaduras, y estos eran fortissimos. Tenian algunos señores y capitanes
como moriones de palo y estos eran pocos, y con estas armas ivan a la
guerra, y con plumajes y pellejos de tigres, y leones, puestos los que
los tenian. Tenian siempre dos capitanes, uno perpetuo y se eredava, otro
elegido con muchas cerimonias por tres años para hazer la fiesta que
hazian en su mes de _Pax_ y caé al doze de mayo, o por capitan de la otra
banda para la guerra.
A este llamavan _Nacon_; no avia en estos tres años conocer muger ni aun
la suya, ni comer carne, tenianle en mucha reverencia y davanle pescados
y yguanas que son como lagartos a comer; no se emborachava en este tiempo
y tenia en su casa las vasijas y cosas de su servicio a parte, y no le
servia muger y no tratava mucho con el pueblo.
Passados los tres años como antes, estos dos capitanes tratavan la guerra
y ponian sus cosas en orden, y para esto avia en (cada) pueblo gente
escogida como soldados, que quando era menester con sus armas acudian,
los quales llaman _holcanes_, y no bastando estos, recogian mas gente, y
concertavan y repartian entre si, y guiados con una bandera alta, salian
con mucho silencio del pueblo, y assi ivan a arrevatar a sus enemigos con
grandes gritos y crueldades, donde topavan descuidos.
En los caminos y passos, los enemigos les ponian defensas de flechaderos
de varaçon y madera y comunmente hechos de piedra. Despues de la victoria
quitavan a los muertos la quixada y limpia de la carne poniansela en el
braço. Para sus guerras hazian grandes ofrendas de los despojos, y si
captivavan algun hombre señalado luego le sacrificavan, porque no querian
dexar quien les dañasse despues. La demas gente era captiva en poder del
que la prendia.
Que a essos holcanes sino era en tiempo de guerra no davan soldada, y
que entonces les davan cierta moneda los capitanes, y poca, porque era
del suyo, y sino bastava, el pueblo ayudava a ello. Davanles tambien el
pueblo la comida, y essa adereçavan las mugeres para ellos; la llevavan
a cuestas por carecer de bestias y assi les duravan poco las guerras.
Acabada la guerra los soldados hazian muchas vexaciones en sus pueblos
durante el olor de la guerra, sobre el hazianse servir y regalar, y si
alguno avia matado algun capitan o señor era muy honrado y festejado.
§ XXIX.—_Armes des Yucatèques. Deux généraux, l’un héréditaire et l’autre
électif. Abstinence du dernier. Milice et mercenaires. Guerre, etc._