Tienen chiflatos de cañas, de huessos de venado, y caracoles grandes y

flautas de cañas, y con estos instrumentos hazen son a los vailantes,

y tienen especialmente dos vailes muy de hombre y de ver. El uno es un

juego de cañas y assi le llaman ellos _Colomche_ que lo quiere dezir;

para jugarlo se junta una gran rueda de vailadores con su musica que les

haze son y por su compas salen dos de la rueda, el uno con un manojo de

bohordos, y vaila con ellos en hiesto. El otro vaila en cuclillas, ambos

con compas de la rueda, y el de los bohordos con toda su fuerça los

tira al otro, el qual con gran destreza con un palo pequeño arebatelos.

Acabado de tirar buelven con su compas a la rueda y salen otros hazer lo

mismo.

Otro vaile ay en que vailan ocho cientos y mas y menos indios con

banderas pequeñas con son y passo largo de guerra, entre los quales no

ay uno que salga de compas. Y en sus vailes son pesados, porque todo el

dia entero no cessan de vailar, porque les llevan ay de comer y bever.

Los hombres no solian vailar con las mugeres.

§ XXII.—_Tatouage des Yucatèques. Orgies, vin et banquets. Comédie,

instruments de musique et ballets._

Les Indiens se tatouaient le corps, et plus ils en faisaient, plus

ils étaient considérés comme braves et vaillants, le tatouage étant

accompagné d’une grande souffrance. Voici comment ils le pratiquaient:

ceux qui étaient chargés de ce travail peignaient d’abord la partie

qu’ils voulaient avec de la couleur; puis ils incisaient délicatement la

peinture, et ainsi le sang et la couleur se mêlant, faisaient que les

traces restaient dans le corps. Ce travail se faisait petit à petit,

à cause de l’extrême douleur qu’il causait; mais ils en demeuraient

assez malades ensuite, car ces dessins s’enflaient et donnaient de la

matière. Avec tout cela ils raillaient ceux qui ne se tatouaient point.

Beaucoup d’entre eux aimaient à faire les aimables, à montrer leur grâce

et leur adresse naturelles, et aujourd’hui ils boivent et mangent comme

nous[107].

Ces Indiens étaient fort dissolus dans leurs orgies, aussi s’ensuivait-il

souvent qu’ils se tuaient les uns les autres, et qu’ils violaient

mutuellement le domicile conjugal, les pauvres femmes pensant recevoir

leurs maris, qui outrageaient quelquefois leurs pères et leurs mères

comme dans la maison d’un ennemi prise d’assaut, mettaient même le feu

aux habitations, et avec tout cela ils se tuaient pour boire. Lorsque

la débauche était générale et accompagnée de sacrifices, tout le monde

y contribuait; car lorsqu’elle était particulière, c’était l’amphitryon

qui en faisait les frais avec l’aide de ses parents. Leur vin se faisait

de miel et d’eau[108], à quoi ils ajoutaient la racine d’un arbre qu’ils

cultivaient à cet effet, ce qui rendait le vin fort et lui donnait une

très-mauvaise odeur. Des danses et des réjouissances accompagnaient leurs

festins, où ils mangeaient assis de deux en deux ou de quatre en quatre.

Après le repas, les échansons, à qui la coutume ne permettait pas de

s’enivrer, tiraient de quoi boire de quelques grandes cruches jusqu’à

ce qu’ils fussent devenus ivres _comme des souches_[109], et les femmes

avaient la plus grande peine du monde à ramener leurs maris ivres à la

maison.

Il leur arrivait souvent de dépenser dans un banquet ce qu’ils avaient

gagné péniblement en commerçant durant un grand nombre de jours. Ils

avaient deux manières de célébrer leurs festins: la première était celle

des seigneurs et des gens de condition; elle obligeait chacun des conviés

à rendre à son tour la fête à laquelle il avait été invité; à chacun

d’eux on donnait une volaille rôtie, du pain et des boissons de cacao

en abondance, et à la fin du repas un manteau pour se couvrir et un

petit piédestal avec la coupe qu’on y posait, aussi bien travaillée que

possible. Si l’un d’eux venait ensuite à mourir, l’obligation de rendre

le repas incombait à sa maison ou à ses parents. La seconde manière de

donner des festins avait lieu entre les familles, lorsqu’elles venaient à

marier leurs enfants ou à célébrer la mémoire des faits de quelqu’un de

leurs ancêtres, mais ceci n’obligeait pas à rendre le repas; seulement

si cent personnes avaient invité un Indien à une fête, il les invitait

tous à son tour, quand il venait à marier quelqu’un de ses enfants. Ils

sont fort sensibles à une preuve d’amitié et ils conservaient longtemps

le souvenir de ces invitations, quoique fort éloignés les uns des autres.

Dans ces repas, celles qui leur donnaient à boire étaient de belles

femmes qui, après leur avoir présenté le vase, tournaient le dos à celui

qui le prenait jusqu’à ce qu’il l’eût vidé.

Ces Indiens ont des divertissements fort agréables: ils ont surtout des

comédiens qui donnent des représentations avec beaucoup de grâce; c’est

au point que les Espagnols les louent, afin qu’ils puissent être témoins

des bons mots des Espagnols qui passent avec leurs servantes et leurs

maris, sur la manière de servir bien ou mal, ce qu’ils représentent

ensuite avec autant de vérité que les Espagnols eux-mêmes. Ils ont de

petits tambours dont ils jouent avec la main, et une autre sorte de

tambour de bois creux au son sourd et triste[110]; ils le battent avec

une baguette, au bout de laquelle ils mettent une boule de la gomme d’un

arbre; ils ont des trompettes de bois longues et minces dont l’extrémité

est formée de grandes calebasses tordues. Il y a une autre espèce

d’instrument, formé d’une tortue entière avec sa carapace, dont on a

enlevé la chair et qu’on fait sonner avec la paume de la main: le son en

est lugubre et triste.

Ils ont des sifflets, fabriqués de bambous et d’os de bêtes fauves,

de grandes conques marines et des flûtes de roseaux. Avec tous ces

instruments ils font de la musique pour animer les danseurs: ils ont

entre autres deux ballets tout à fait virils et dignes d’être vus. L’un

est un jeu de roseaux, c’est pourquoi ils l’appellent _Colomche_, qui en

est la signification. Pour l’exécuter, il se forme un grand cercle de

danseurs avec leur musique qui en joue l’air: deux d’entre eux sortent en

dedans du cercle suivant la mesure, l’un ayant un faisceau de baguettes

à la main et danse ainsi tout à fait droit et debout. L’autre danse

accroupi, suivant, ainsi que l’autre, la mesure du cercle, le premier

lançant avec force les baguettes au second, lequel à l’aide d’un petit

bâton les saisit avec beaucoup d’adresse. Le faisceau terminé, ils

reprennent en mesure leur place dans le cercle et il en sort deux autres

qui recommencent le même jeu.

Ils exécutent un autre ballet où ils se trouvent au nombre de huit cents

danseurs, dont une partie est armée de banderolles; ils dansent sur un

air particulier au grand pas de guerre, sans qu’il n’y en ait un seul qui

n’observe la mesure. Dans leurs ballets, ils sont généralement lourds,

car durant le jour entier ils ne cessent de danser, et on leur apporte à

boire et à manger. Il n’était pas d’usage que les hommes dansassent avec

leurs femmes[111].

§ XXIII.—_Comercio y moneda. Agricultura y semillas. Justicia y

hospitalidad._

Que los officios de los indios eran olleros y carpinteros, los quales

por hazer los idolos de barro y madera con muchos ayunos y observancias

ganavan mucho. Avia tambien cirujanos, o por mejor dezir hechizeros, los

quales curavan con yervas y muchas supersticiones, y assi de todos los

demas officios.

El officio en que mas inclinados estavan es mercaderia, llevando sal,

ropa y esclavos a tierra de Ulua y Tavasco, trocandolo todo por cacao y

cuentas de piedra que era su moneda, y con esta solian comprar esclavos

o otras cuentas con razon que eran finas y buenas, las quales por joyas

trayan sobre si en las fiestas los señores. Y tenian otras hechas de

ciertas conchas coloradas por moneda y joyas de sus personas. Y lo

traian en sus bolsas de red que tenian y en los mercados tratavan de

todas quantas cosas avia en essa tierra. Fiavan, prestavan, y pagavan

cortesmente y sin usuras.

Y sobre todo eran los labradores y los que ponen a coger maiz y las demas

semillas, lo qual guardan en muy lindos sitios y trojes para vender

a sus tiempos. Sus mulas y bueyes son la gente. Suelen de costumbre

sembrar para cada casado con su muger medida de CCCC pies, lo qual llaman

_hun-uinic_, medida con vara de XX pies, XX en ancho, y XX en largo.

Que los indios tienen costumbre buena de ayudarse unos a otros en todos

sus trabajos. En tiempo de sus sementeras, los que no tienen gente suya

para las hazer, juntanse de XX en XX, o mas o menos, y hazen todos juntos

por su medida y tasa la labor de todos, y no lo dexan hasta cumplir con

todos. Las tierras por aora es de comun, y assi el que primero las ocupa

las possee. Siembran en muchas partes, por si una faltare supla la otra.

En labrar la tierra, no hazen sino coger la vassura y quemarla para

despues sembrarla; y desde medio enero hasta abril labran, y entonces con

las lluvias siembran, lo qual hazen, trayendo un taleguillo a cuestas,

y con un palo puntiagudo hazen agujero en tierra y ponen alli cinco o

seis granos, lo qual con el mesmo palo cubren. En lluviendo, espanto es

como nace. Juntanse tambien para la caça de L en L, mas o menos, y la

carne del venado assan en parrillas, porque no se les gaste, y venidos

al pueblo, hazen sus presentes al señor, y distribuyen como amigos y el

mesmo hazen en la pesca.

Que los indios en sus visitas siempre llevan consigo don que dar, segun

su calidad, y el visitado con otro don satisfaze al otro, y los terceros

destas visitas hablan y escuchan curiosamente conforme a la persona

con quien hablan, no obstante que todos se llaman _tu_, porque en el

progresso de sus platicas, el menor por curiosidad suele repetir el

nombre del officio o dignidad del mayor. Y usan mucho yr ayudando al

que da los mensages un sonsonete hecho con la aspiracion en la garganta

que es como dezir vastaque o assique. Las mugeres son cortas en sus

razonamientos y no acostumbravan a negociar por si, especialmente si eran

pobres, y por esso los señores se mofaron de los frayles que davan oydo a

pobres y ricos sin respeto.

Que los agravios que hazian unos a otros mandava satisfazer el señor del

pueblo del dañador, y sino, era occasion y instrumento de mas passiones;

y si eran de un mesmo pueblo, con el juez lo comunicavan que era arbitro,

y examinado el daño, mandava la satisfacion, y si no era sufficiente para

la satisfacion, los parientes y muger le ayudavan. Las causas de que se

solian hazer estas satisfaciones eran si matavan a alguno casualmente,

o quando se ahorcava la muger o el marido con alguna culpa de haverle

dado o el la occasion, o quando eran causa de algun incendio de casas o

eredades, de colmenas o trojes de maiz. Los otros agravios hechos con

malicia satisfazian siempre con sangre y puñadas.

Que los yucataneses son muy partidos y hospitales, porque entra nadie

en su casa a quien no den la comida o bevida, que tienen de dia de sus

bevidas, de noche de sus comidas, y si no las tienen, buscanlo por la

vezindad; y por los caminos si les junta gente, a todos an de dar dellas,

aunque les quepe por esso mucho menos.

§ XXIII.—_Commerce et monnaie. Labour et semailles. Justice et

hospitalité._

La principale industrie de ces Indiens était celle de potier et de

charpentier; ils étaient chargés de fabriquer les idoles d’argile et de

bois, auxquelles, toutefois, ils ne mettaient la main qu’après un certain

nombre de jeûnes et d’observances religieuses; mais ils y faisaient un

bénéfice considérable. Il y avait aussi parmi les Mayas des chirurgiens,

ou pour mieux dire, des sorciers qui guérissaient les maladies à l’aide

des simples, mais avec beaucoup de rites superstitieux; et ainsi de

toutes les autres professions.

Celle à laquelle ils avaient le plus de propension était le commerce:

ils transportaient du sel, des étoffes et des esclaves à la terre d’Ulua

et à Tabasco, les échangeant contre du cacao et des bagatelles de pierre

qui étaient leur monnaie[112]: c’est avec cela qu’ils étaient accoutumés

d’acheter des esclaves ou d’autres bagatelles de pierre, mais plus fines

et plus belles, que leurs chefs portaient comme des joyaux dans les

fêtes. Ils avaient encore une autre sorte de monnaie, faite de certaines

coquilles rouges et qui servaient également à orner leurs personnes: ils

les portaient dans des bourses de filet qu’ils avaient; et dans leurs

foires ils traitaient de toutes les choses que produit cette contrée.

Ils donnaient à crédit, prêtaient et payaient honnêtement et sans aucune

usure.

Par-dessus tout ils étaient cultivateurs, recueillaient le maïs et

les autres graines qu’ils conservent dans des greniers et des lieux

parfaitement appropriés, pour les vendre en leur temps. Les hommes

remplaçaient les mules et les bœufs. Pour chaque ménage, ils ont

l’habitude de semer une mesure de quatre cents pieds en carré, qu’ils

appellent _hun-uinic_, ce qui est une mesure avec une verge de 20 pieds,

20 en hauteur et 20 en largeur.

Ces Indiens ont la bonne coutume de s’entr’aider mutuellement dans tous

leurs travaux. Au temps des semailles, ceux qui n’ont pas suffisamment

de monde à eux pour les faire, se réunissent de vingt en vingt, plus ou

moins, et s’occupent tous ensemble, suivant sa mesure et son étendue, du

champ de chacun d’eux et n’en laissent point jusqu’à ce que le tout soit

terminé. Les terres aujourd’hui sont communes, et le premier occupant

en devient le possesseur. Ils sèment en un grand nombre d’endroits,

afin que les semailles d’un champ venant à manquer, l’autre y supplée.

En labourant la terre, ils n’y font d’autre engrais que d’y réunir les

mauvaises herbes et de les brûler avant d’ensemencer: ils la travaillent

depuis la mi-janvier jusqu’en avril, et ils sèment alors à l’entrée des

pluies; ils le font, portant un petit sac sur les épaules et creusant

avec un bâton pointu un trou dans la terre où ils jettent cinq ou six

grains, les recouvrant ensuite avec le même bâton. Du moment qu’il

commence à pleuvoir, c’est une chose merveilleuse de voir comme tout

pousse. Pour la chasse, ils se réunissent également de cinquante en

cinquante, plus ou moins: ils font ensuite rôtir la chair du gibier sur

des grils, afin qu’elle ne se gâte point; arrivés à la ville ou à la

bourgade, ils font leurs présents au seigneur et se distribuent le reste

entre eux comme des amis. Ils en font de même avec la pêche.

Dans leurs visites, ces Indiens portent toujours quelque présent qu’ils

puissent offrir, chacun suivant sa qualité: la personne visitée répond

par un don analogue. Durant ces visites, les tiers parlent et écoutent

avec attention, selon le rang et le langage de la personne à qui ils

s’adressent: tous, néanmoins, se tutoient; mais, dans le cours de la

conversation, le plus infime répète par égard le titre de l’office ou

de la dignité des plus élevés. Un usage fort commun, c’est d’aider

celui qui délivre un message, en répondant par quelques petits sons

cadencés, produits par l’aspiration dans la gorge et qui est comme s’ils

disaient: Il suffit, c’est fort bien. Les femmes sont brèves dans leurs

raisonnements, n’étant pas accoutumées à traiter pour elles-mêmes,

surtout si elles étaient pauvres; aussi les seigneurs raillaient-ils les

moines de ce qu’ils prêtaient attention aux pauvres et aux riches sans

distinction.

Quant aux offenses qu’ils commettaient les uns contre les autres,

c’était le seigneur du lieu d’où était le coupable qui envoyait donner

satisfaction; autrement, c’était une occasion et un motif pour des

querelles. Si l’offenseur et l’offensé étaient du même endroit, ils

en faisaient part au juge, qui était l’arbitre, et qui, sur examen du

dommage, ordonnait la satisfaction; si l’offenseur n’avait pas de quoi

satisfaire seul, ses parents et sa femme l’y aidaient. Ce qui pouvait

donner lieu à des satisfactions de ce genre, c’était si l’un des deux en

tuait un autre par accident; si par hasard le mari ou la femme venait à

se pendre par quelque faute du conjoint; si quelqu’un était cause d’un

incendie soit d’une maison ou d’un héritage, de ruches à miel ou d’un

grenier de maïs. S’il s’agissait d’offenses ou de dommages causés par

malice, la satisfaction ne s’obtenait jamais sans qu’il y eût des coups

ou du sang versé.

Le Yucatèque est libéral et hospitalier: personne n’entre dans sa maison

qu’il ne lui offre aussitôt à boire et à manger; de jour, de la bouillie

ou du breuvage accoutumé; de nuit; de son dîner. S’il ne l’a point, il

va le chercher dans le voisinage; si, en route, du monde se joint à lui,

avec tous il partage, quelque peu qu’il puisse y avoir pour chacun d’eux.

§ XXIV.—_Modo de contar de los yucataneses. Nombres. Eredades y tutela de

los huerfanos. Sucesion de los señores._

Que su cuenta es de V en V, hasta XX, y de XX en XX hasta C, y de C en C

hasta 400, y de CCCC en CCCC hasta VIII mil. Y desta cuenta se servian

mucho para la contratacion de cacao. Tienen otras cuentas muy largas, y

que las protienden _in infinitum_, contandolas VIII mil XX vezes que son

C y LX mil, y tornando a XX duplican estas ciento y LX mil, y despues

yrlo assi XX duplicando hasta que hazen un incontable numero: cuentan en

el suelo o cosa llana.

Que tienen mucha cuenta con saber el origen de sus linajes, especial

si vienen de alguna casa de Mayapan, y esso procuran de saberlo de los

sacerdotes, que es una de sus sciencias, y jatanse mucho de los varones

que en sus linajes ha avida señalados. Los nombres de los padres duran

siempre en los hijos, en las hijas no. A sus hijos y hijas siempre

llamavan del nombre del padre y de la madre, el del padre como propio y

de la madre apellativo. Desta manera el hijo de _Chel_ y _Chan_ llamavan

_Na-Chan-Chel_, que quiere dezir hijo de fullanos, y esta es la causa que

dizen los indios son los de un nombre deudos y se tratan por tales, y por

esso quando viene alguno en parte no conocido y necessitado, luego acude

el nombre, y si ay quien, luego con toda charidad se reciben y tratan y

assi ninguna muger o hombre se casava con otro del mesmo nombre, porque

era a ellos gran infamia. Llamanse aora los nombres de Pilar los propios.

Que los indios no admittian las hijas a heredar con los hermanos sino

era por via de piedad o voluntad y entonces davanles del monton algo; lo

demas partian los hermanos igualmente, salvo que al que mas notablemente

avia ayudado a allegar la hazienda davan la equivalencia y si eran todas

hijas, heredavan los hermanos o mas propinquos. Y si eran de edad que

no se suffria entregar la hazienda, entregavanla a un tutor debdo mas

cercano, el qual dava a la madre para criarlos, porque no usavan de

dexar nada en poder de madres, o quitavanles los niños principalmente

siendo los tutores hermanos del difunto. Estos tutores davan lo que

assi se les entregava a los erederos quando eran de edad, y no hazerlo

era gran fealdad entre ellos y causa de muchas contiendas. Quando assi

le entregavan era delante de los señores y principales, quitando lo que

havian dado para los criar y no davan de las cosechas de las eredades

nada mas como era de colmenares y algunos arboles de cacao, porque dezian

era harto tenerlo en pie. Si quando el señor moria no eran los hijos

para regir y tenia hermanos, regia de los hermanos el mayor o el mas

desenbuelto y al heredero mostravan sus costumbres y fiestas para quando

fuesse nombre y estos hermanos, aunque el eredero fuesse para regir,

mandavan toda su vida, y sino avia hermanos, elegian los sacerdotes y

gente principal un hombre sufficiente para ello.

§ XXIV.—_Manière de compter des Yucatèques. Noms de famille. Héritages et

tutelle des orphelins. Succession princière._

Les Yucatèques comptent de 5 en 5 jusqu’à 20 et de 20 en 20 jusqu’à 100;

de 100 en 100 jusqu’à 400 et de 400 en 400 jusqu’à 8000. Cette manière de

compter était fort en usage dans les marchés qui concernaient le cacao.

Ils ont d’autres numérations fort longues qu’ils étendent _ad infinitum_,

comptant le nombre 800 vingt fois, ce qui fait 160,000; puis retournant à

20, ils doublent 160,000 et ainsi multipliant par 20, jusqu’à ce qu’ils

arrivent à un chiffre innombrable. Leurs comptes se font sur le sol ou

une chose plane.

Ils tiennent beaucoup à connaître l’origine de leurs familles, surtout

s’ils descendent de quelque maison de Mayapan; aussi cherchent-ils à s’en

instruire auprès des prêtres, les connaissances généalogiques étant

une des branches de leurs sciences: ils sont très-fiers si dans leurs

familles il y a eu des hommes distingués. Les noms des pères durent

toujours dans les fils, mais non dans les filles. Ils donnaient toujours

à leurs fils et filles les noms du père et de la mère, celui du père

comme le nom propre et celui de la mère comme l’appellatif: ainsi le

fils de _Chel_ et de _Chan_ se nommait _Na-Chan-Chel_, ce qui veut dire

fils de tels. C’est à cause de cela que l’on dit que ces Indiens sont

tous ensemble parents et d’un même nom, et qu’ils se traitent pour tels;

aussi, s’il arrive que l’un d’eux se trouve en quelque endroit inconnu

et dans l’embarras, il dit son nom; sur-le-champ, s’il y en a là de la

même descendance, ils accourent, le reçoivent et le traitent avec la

plus grande tendresse. C’est pour cela que ni homme ni femme n’épousait

quelqu’un du même nom, car il y avait là pour tous une grande note

d’infamie. Leurs noms propres aujourd’hui sont comme Pilar, etc.[113].

Ces Indiens ne permettaient pas aux filles d’hériter avec leurs frères,

si ce n’est par condescendance ou bonne volonté; dans ce cas, on leur

donnait quelque chose de la succession. Les frères partageaient le reste

d’une manière égale, sauf que celui qui avait le plus aidé auparavant

à accroître le bien, en recevait l’équivalent d’avant part; s’il n’y

avait que des filles, les cousins ou parents les plus proches prenaient

l’héritage. Si les enfants étaient trop jeunes, pour qu’on pût le leur

confier, on le remettait au plus proche parent, qui était ainsi le

tuteur. Celui-ci donnait à la mère de quoi les élever; car, d’après

leurs usages, ils ne laissaient rien en la puissance de la mère, ou

même lui ôtaient les enfants, principalement si les tuteurs étaient les

frères du défunt. Quand les héritiers avaient atteint leur majorité, ces

tuteurs leur rendaient leur bien; le contraire était considéré comme une

grande vilainie et devenait la cause de grandes querelles. La remise

de l’héritage se faisait en présence du seigneur et des principaux de

l’endroit, qui en distrayaient ce que le tuteur avait donné pour élever

les enfants; mais les héritiers ne recevaient absolument rien de ce qui

avait été moissonné sur l’héritage, non plus que du miel et du cacao, à

cause du travail qu’occasionnaient les cacaotiers et les ruches. Lorsque

le seigneur venait à mourir, ce n’étaient pas ses fils qui succédaient

au gouvernement, mais bien l’aîné de ses frères, s’il en avait, ou le

plus capable; l’héritier présomptif entre-temps était instruit de ce qui

concernait les coutumes et les fêtes, afin qu’il devînt un homme capable

lui-même. Mais encore qu’il fût en état de gouverner, c’étaient les

frères de son père qui commandaient jusqu’à la fin de leur vie; mais s’il

n’y avait pas de frères, les prêtres et les principaux chefs faisaient

choix d’un homme capable de gouverner jusqu’à la majorité de l’héritier.

§ XXV.—_Repudiacion frecuente entre los yucataneses. Sus casamientos._

Que antiguamente se casavan a XX años, aora de XII o XIII, y por esso

aora se repudian mas facilmente como se casan sin amor i ignaros de

la vida matrimonial y officio de casados, y si los padres no podian

persuadir que volviessen con ellas, buscavanles otra y otras y otras. Con

la mesma facilidad dexavan los hombres con hijos a sus mugeres sin temor

de que otro las tomasse por mugeres o despues volver a ellas; pero con

todo esso son muy zelosos y no llevan a paciencia que sus mugeres no les

esten honestas, y aora que han visto que los españoles sobre esso matan a

las suyas, empieçan a maltratarlas y aun a matarlas. Si quando repudiavan

los hijos eran niños, dexavanlos a las madres, si grandes los varones con

los padres y hembras con las madres.

Que aunque era tan comun y familiar cosa repudiar, los ancianos y de

mejores costumbres lo tenian por malo y muchos avia que nunca avian

tenido sino una, la qual ninguno tomava de su nombre, de parte de su

padre; ca era cosa muy fea entre ellos y si algunos se casavan con las

cuñadas mugeres de sus hermanos, era tenido por malo. No se casavan con

sus madrastas, ni cuñadas hermanas de sus mugeres, ni tias hermanas de

sus madres, y si alguno lo hazia era tenido malo; con todas las demas

parientas de parte de su madre contrayan aunque fuesse prima hermana.

Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg · 第 19 / 47 段