flautas de cañas, y con estos instrumentos hazen son a los vailantes,
y tienen especialmente dos vailes muy de hombre y de ver. El uno es un
juego de cañas y assi le llaman ellos _Colomche_ que lo quiere dezir;
para jugarlo se junta una gran rueda de vailadores con su musica que les
haze son y por su compas salen dos de la rueda, el uno con un manojo de
bohordos, y vaila con ellos en hiesto. El otro vaila en cuclillas, ambos
con compas de la rueda, y el de los bohordos con toda su fuerça los
tira al otro, el qual con gran destreza con un palo pequeño arebatelos.
Acabado de tirar buelven con su compas a la rueda y salen otros hazer lo
mismo.
Otro vaile ay en que vailan ocho cientos y mas y menos indios con
banderas pequeñas con son y passo largo de guerra, entre los quales no
ay uno que salga de compas. Y en sus vailes son pesados, porque todo el
dia entero no cessan de vailar, porque les llevan ay de comer y bever.
Los hombres no solian vailar con las mugeres.
§ XXII.—_Tatouage des Yucatèques. Orgies, vin et banquets. Comédie,
instruments de musique et ballets._
Les Indiens se tatouaient le corps, et plus ils en faisaient, plus
ils étaient considérés comme braves et vaillants, le tatouage étant
accompagné d’une grande souffrance. Voici comment ils le pratiquaient:
ceux qui étaient chargés de ce travail peignaient d’abord la partie
qu’ils voulaient avec de la couleur; puis ils incisaient délicatement la
peinture, et ainsi le sang et la couleur se mêlant, faisaient que les
traces restaient dans le corps. Ce travail se faisait petit à petit,
à cause de l’extrême douleur qu’il causait; mais ils en demeuraient
assez malades ensuite, car ces dessins s’enflaient et donnaient de la
matière. Avec tout cela ils raillaient ceux qui ne se tatouaient point.
Beaucoup d’entre eux aimaient à faire les aimables, à montrer leur grâce
et leur adresse naturelles, et aujourd’hui ils boivent et mangent comme
nous[107].
Ces Indiens étaient fort dissolus dans leurs orgies, aussi s’ensuivait-il
souvent qu’ils se tuaient les uns les autres, et qu’ils violaient
mutuellement le domicile conjugal, les pauvres femmes pensant recevoir
leurs maris, qui outrageaient quelquefois leurs pères et leurs mères
comme dans la maison d’un ennemi prise d’assaut, mettaient même le feu
aux habitations, et avec tout cela ils se tuaient pour boire. Lorsque
la débauche était générale et accompagnée de sacrifices, tout le monde
y contribuait; car lorsqu’elle était particulière, c’était l’amphitryon
qui en faisait les frais avec l’aide de ses parents. Leur vin se faisait
de miel et d’eau[108], à quoi ils ajoutaient la racine d’un arbre qu’ils
cultivaient à cet effet, ce qui rendait le vin fort et lui donnait une
très-mauvaise odeur. Des danses et des réjouissances accompagnaient leurs
festins, où ils mangeaient assis de deux en deux ou de quatre en quatre.
Après le repas, les échansons, à qui la coutume ne permettait pas de
s’enivrer, tiraient de quoi boire de quelques grandes cruches jusqu’à
ce qu’ils fussent devenus ivres _comme des souches_[109], et les femmes
avaient la plus grande peine du monde à ramener leurs maris ivres à la
maison.
Il leur arrivait souvent de dépenser dans un banquet ce qu’ils avaient
gagné péniblement en commerçant durant un grand nombre de jours. Ils
avaient deux manières de célébrer leurs festins: la première était celle
des seigneurs et des gens de condition; elle obligeait chacun des conviés
à rendre à son tour la fête à laquelle il avait été invité; à chacun
d’eux on donnait une volaille rôtie, du pain et des boissons de cacao
en abondance, et à la fin du repas un manteau pour se couvrir et un
petit piédestal avec la coupe qu’on y posait, aussi bien travaillée que
possible. Si l’un d’eux venait ensuite à mourir, l’obligation de rendre
le repas incombait à sa maison ou à ses parents. La seconde manière de
donner des festins avait lieu entre les familles, lorsqu’elles venaient à
marier leurs enfants ou à célébrer la mémoire des faits de quelqu’un de
leurs ancêtres, mais ceci n’obligeait pas à rendre le repas; seulement
si cent personnes avaient invité un Indien à une fête, il les invitait
tous à son tour, quand il venait à marier quelqu’un de ses enfants. Ils
sont fort sensibles à une preuve d’amitié et ils conservaient longtemps
le souvenir de ces invitations, quoique fort éloignés les uns des autres.
Dans ces repas, celles qui leur donnaient à boire étaient de belles
femmes qui, après leur avoir présenté le vase, tournaient le dos à celui
qui le prenait jusqu’à ce qu’il l’eût vidé.
Ces Indiens ont des divertissements fort agréables: ils ont surtout des
comédiens qui donnent des représentations avec beaucoup de grâce; c’est
au point que les Espagnols les louent, afin qu’ils puissent être témoins
des bons mots des Espagnols qui passent avec leurs servantes et leurs
maris, sur la manière de servir bien ou mal, ce qu’ils représentent
ensuite avec autant de vérité que les Espagnols eux-mêmes. Ils ont de
petits tambours dont ils jouent avec la main, et une autre sorte de
tambour de bois creux au son sourd et triste[110]; ils le battent avec
une baguette, au bout de laquelle ils mettent une boule de la gomme d’un
arbre; ils ont des trompettes de bois longues et minces dont l’extrémité
est formée de grandes calebasses tordues. Il y a une autre espèce
d’instrument, formé d’une tortue entière avec sa carapace, dont on a
enlevé la chair et qu’on fait sonner avec la paume de la main: le son en
est lugubre et triste.
Ils ont des sifflets, fabriqués de bambous et d’os de bêtes fauves,
de grandes conques marines et des flûtes de roseaux. Avec tous ces
instruments ils font de la musique pour animer les danseurs: ils ont
entre autres deux ballets tout à fait virils et dignes d’être vus. L’un
est un jeu de roseaux, c’est pourquoi ils l’appellent _Colomche_, qui en
est la signification. Pour l’exécuter, il se forme un grand cercle de
danseurs avec leur musique qui en joue l’air: deux d’entre eux sortent en
dedans du cercle suivant la mesure, l’un ayant un faisceau de baguettes
à la main et danse ainsi tout à fait droit et debout. L’autre danse
accroupi, suivant, ainsi que l’autre, la mesure du cercle, le premier
lançant avec force les baguettes au second, lequel à l’aide d’un petit
bâton les saisit avec beaucoup d’adresse. Le faisceau terminé, ils
reprennent en mesure leur place dans le cercle et il en sort deux autres
qui recommencent le même jeu.
Ils exécutent un autre ballet où ils se trouvent au nombre de huit cents
danseurs, dont une partie est armée de banderolles; ils dansent sur un
air particulier au grand pas de guerre, sans qu’il n’y en ait un seul qui
n’observe la mesure. Dans leurs ballets, ils sont généralement lourds,
car durant le jour entier ils ne cessent de danser, et on leur apporte à
boire et à manger. Il n’était pas d’usage que les hommes dansassent avec
leurs femmes[111].
§ XXIII.—_Comercio y moneda. Agricultura y semillas. Justicia y
hospitalidad._
Que los officios de los indios eran olleros y carpinteros, los quales
por hazer los idolos de barro y madera con muchos ayunos y observancias
ganavan mucho. Avia tambien cirujanos, o por mejor dezir hechizeros, los
quales curavan con yervas y muchas supersticiones, y assi de todos los
demas officios.
El officio en que mas inclinados estavan es mercaderia, llevando sal,
ropa y esclavos a tierra de Ulua y Tavasco, trocandolo todo por cacao y
cuentas de piedra que era su moneda, y con esta solian comprar esclavos
o otras cuentas con razon que eran finas y buenas, las quales por joyas
trayan sobre si en las fiestas los señores. Y tenian otras hechas de
ciertas conchas coloradas por moneda y joyas de sus personas. Y lo
traian en sus bolsas de red que tenian y en los mercados tratavan de
todas quantas cosas avia en essa tierra. Fiavan, prestavan, y pagavan
cortesmente y sin usuras.
Y sobre todo eran los labradores y los que ponen a coger maiz y las demas
semillas, lo qual guardan en muy lindos sitios y trojes para vender
a sus tiempos. Sus mulas y bueyes son la gente. Suelen de costumbre
sembrar para cada casado con su muger medida de CCCC pies, lo qual llaman
_hun-uinic_, medida con vara de XX pies, XX en ancho, y XX en largo.
Que los indios tienen costumbre buena de ayudarse unos a otros en todos
sus trabajos. En tiempo de sus sementeras, los que no tienen gente suya
para las hazer, juntanse de XX en XX, o mas o menos, y hazen todos juntos
por su medida y tasa la labor de todos, y no lo dexan hasta cumplir con
todos. Las tierras por aora es de comun, y assi el que primero las ocupa
las possee. Siembran en muchas partes, por si una faltare supla la otra.
En labrar la tierra, no hazen sino coger la vassura y quemarla para
despues sembrarla; y desde medio enero hasta abril labran, y entonces con
las lluvias siembran, lo qual hazen, trayendo un taleguillo a cuestas,
y con un palo puntiagudo hazen agujero en tierra y ponen alli cinco o
seis granos, lo qual con el mesmo palo cubren. En lluviendo, espanto es
como nace. Juntanse tambien para la caça de L en L, mas o menos, y la
carne del venado assan en parrillas, porque no se les gaste, y venidos
al pueblo, hazen sus presentes al señor, y distribuyen como amigos y el
mesmo hazen en la pesca.
Que los indios en sus visitas siempre llevan consigo don que dar, segun
su calidad, y el visitado con otro don satisfaze al otro, y los terceros
destas visitas hablan y escuchan curiosamente conforme a la persona
con quien hablan, no obstante que todos se llaman _tu_, porque en el
progresso de sus platicas, el menor por curiosidad suele repetir el
nombre del officio o dignidad del mayor. Y usan mucho yr ayudando al
que da los mensages un sonsonete hecho con la aspiracion en la garganta
que es como dezir vastaque o assique. Las mugeres son cortas en sus
razonamientos y no acostumbravan a negociar por si, especialmente si eran
pobres, y por esso los señores se mofaron de los frayles que davan oydo a
pobres y ricos sin respeto.
Que los agravios que hazian unos a otros mandava satisfazer el señor del
pueblo del dañador, y sino, era occasion y instrumento de mas passiones;
y si eran de un mesmo pueblo, con el juez lo comunicavan que era arbitro,
y examinado el daño, mandava la satisfacion, y si no era sufficiente para
la satisfacion, los parientes y muger le ayudavan. Las causas de que se
solian hazer estas satisfaciones eran si matavan a alguno casualmente,
o quando se ahorcava la muger o el marido con alguna culpa de haverle
dado o el la occasion, o quando eran causa de algun incendio de casas o
eredades, de colmenas o trojes de maiz. Los otros agravios hechos con
malicia satisfazian siempre con sangre y puñadas.
Que los yucataneses son muy partidos y hospitales, porque entra nadie
en su casa a quien no den la comida o bevida, que tienen de dia de sus
bevidas, de noche de sus comidas, y si no las tienen, buscanlo por la
vezindad; y por los caminos si les junta gente, a todos an de dar dellas,
aunque les quepe por esso mucho menos.
§ XXIII.—_Commerce et monnaie. Labour et semailles. Justice et
hospitalité._
La principale industrie de ces Indiens était celle de potier et de
charpentier; ils étaient chargés de fabriquer les idoles d’argile et de
bois, auxquelles, toutefois, ils ne mettaient la main qu’après un certain
nombre de jeûnes et d’observances religieuses; mais ils y faisaient un
bénéfice considérable. Il y avait aussi parmi les Mayas des chirurgiens,
ou pour mieux dire, des sorciers qui guérissaient les maladies à l’aide
des simples, mais avec beaucoup de rites superstitieux; et ainsi de
toutes les autres professions.
Celle à laquelle ils avaient le plus de propension était le commerce:
ils transportaient du sel, des étoffes et des esclaves à la terre d’Ulua
et à Tabasco, les échangeant contre du cacao et des bagatelles de pierre
qui étaient leur monnaie[112]: c’est avec cela qu’ils étaient accoutumés
d’acheter des esclaves ou d’autres bagatelles de pierre, mais plus fines
et plus belles, que leurs chefs portaient comme des joyaux dans les
fêtes. Ils avaient encore une autre sorte de monnaie, faite de certaines
coquilles rouges et qui servaient également à orner leurs personnes: ils
les portaient dans des bourses de filet qu’ils avaient; et dans leurs
foires ils traitaient de toutes les choses que produit cette contrée.
Ils donnaient à crédit, prêtaient et payaient honnêtement et sans aucune
usure.
Par-dessus tout ils étaient cultivateurs, recueillaient le maïs et
les autres graines qu’ils conservent dans des greniers et des lieux
parfaitement appropriés, pour les vendre en leur temps. Les hommes
remplaçaient les mules et les bœufs. Pour chaque ménage, ils ont
l’habitude de semer une mesure de quatre cents pieds en carré, qu’ils
appellent _hun-uinic_, ce qui est une mesure avec une verge de 20 pieds,
20 en hauteur et 20 en largeur.
Ces Indiens ont la bonne coutume de s’entr’aider mutuellement dans tous
leurs travaux. Au temps des semailles, ceux qui n’ont pas suffisamment
de monde à eux pour les faire, se réunissent de vingt en vingt, plus ou
moins, et s’occupent tous ensemble, suivant sa mesure et son étendue, du
champ de chacun d’eux et n’en laissent point jusqu’à ce que le tout soit
terminé. Les terres aujourd’hui sont communes, et le premier occupant
en devient le possesseur. Ils sèment en un grand nombre d’endroits,
afin que les semailles d’un champ venant à manquer, l’autre y supplée.
En labourant la terre, ils n’y font d’autre engrais que d’y réunir les
mauvaises herbes et de les brûler avant d’ensemencer: ils la travaillent
depuis la mi-janvier jusqu’en avril, et ils sèment alors à l’entrée des
pluies; ils le font, portant un petit sac sur les épaules et creusant
avec un bâton pointu un trou dans la terre où ils jettent cinq ou six
grains, les recouvrant ensuite avec le même bâton. Du moment qu’il
commence à pleuvoir, c’est une chose merveilleuse de voir comme tout
pousse. Pour la chasse, ils se réunissent également de cinquante en
cinquante, plus ou moins: ils font ensuite rôtir la chair du gibier sur
des grils, afin qu’elle ne se gâte point; arrivés à la ville ou à la
bourgade, ils font leurs présents au seigneur et se distribuent le reste
entre eux comme des amis. Ils en font de même avec la pêche.
Dans leurs visites, ces Indiens portent toujours quelque présent qu’ils
puissent offrir, chacun suivant sa qualité: la personne visitée répond
par un don analogue. Durant ces visites, les tiers parlent et écoutent
avec attention, selon le rang et le langage de la personne à qui ils
s’adressent: tous, néanmoins, se tutoient; mais, dans le cours de la
conversation, le plus infime répète par égard le titre de l’office ou
de la dignité des plus élevés. Un usage fort commun, c’est d’aider
celui qui délivre un message, en répondant par quelques petits sons
cadencés, produits par l’aspiration dans la gorge et qui est comme s’ils
disaient: Il suffit, c’est fort bien. Les femmes sont brèves dans leurs
raisonnements, n’étant pas accoutumées à traiter pour elles-mêmes,
surtout si elles étaient pauvres; aussi les seigneurs raillaient-ils les
moines de ce qu’ils prêtaient attention aux pauvres et aux riches sans
distinction.
Quant aux offenses qu’ils commettaient les uns contre les autres,
c’était le seigneur du lieu d’où était le coupable qui envoyait donner
satisfaction; autrement, c’était une occasion et un motif pour des
querelles. Si l’offenseur et l’offensé étaient du même endroit, ils
en faisaient part au juge, qui était l’arbitre, et qui, sur examen du
dommage, ordonnait la satisfaction; si l’offenseur n’avait pas de quoi
satisfaire seul, ses parents et sa femme l’y aidaient. Ce qui pouvait
donner lieu à des satisfactions de ce genre, c’était si l’un des deux en
tuait un autre par accident; si par hasard le mari ou la femme venait à
se pendre par quelque faute du conjoint; si quelqu’un était cause d’un
incendie soit d’une maison ou d’un héritage, de ruches à miel ou d’un
grenier de maïs. S’il s’agissait d’offenses ou de dommages causés par
malice, la satisfaction ne s’obtenait jamais sans qu’il y eût des coups
ou du sang versé.
Le Yucatèque est libéral et hospitalier: personne n’entre dans sa maison
qu’il ne lui offre aussitôt à boire et à manger; de jour, de la bouillie
ou du breuvage accoutumé; de nuit; de son dîner. S’il ne l’a point, il
va le chercher dans le voisinage; si, en route, du monde se joint à lui,
avec tous il partage, quelque peu qu’il puisse y avoir pour chacun d’eux.
§ XXIV.—_Modo de contar de los yucataneses. Nombres. Eredades y tutela de
los huerfanos. Sucesion de los señores._
Que su cuenta es de V en V, hasta XX, y de XX en XX hasta C, y de C en C
hasta 400, y de CCCC en CCCC hasta VIII mil. Y desta cuenta se servian
mucho para la contratacion de cacao. Tienen otras cuentas muy largas, y
que las protienden _in infinitum_, contandolas VIII mil XX vezes que son
C y LX mil, y tornando a XX duplican estas ciento y LX mil, y despues
yrlo assi XX duplicando hasta que hazen un incontable numero: cuentan en
el suelo o cosa llana.
Que tienen mucha cuenta con saber el origen de sus linajes, especial
si vienen de alguna casa de Mayapan, y esso procuran de saberlo de los
sacerdotes, que es una de sus sciencias, y jatanse mucho de los varones
que en sus linajes ha avida señalados. Los nombres de los padres duran
siempre en los hijos, en las hijas no. A sus hijos y hijas siempre
llamavan del nombre del padre y de la madre, el del padre como propio y
de la madre apellativo. Desta manera el hijo de _Chel_ y _Chan_ llamavan
_Na-Chan-Chel_, que quiere dezir hijo de fullanos, y esta es la causa que
dizen los indios son los de un nombre deudos y se tratan por tales, y por
esso quando viene alguno en parte no conocido y necessitado, luego acude
el nombre, y si ay quien, luego con toda charidad se reciben y tratan y
assi ninguna muger o hombre se casava con otro del mesmo nombre, porque
era a ellos gran infamia. Llamanse aora los nombres de Pilar los propios.
Que los indios no admittian las hijas a heredar con los hermanos sino
era por via de piedad o voluntad y entonces davanles del monton algo; lo
demas partian los hermanos igualmente, salvo que al que mas notablemente
avia ayudado a allegar la hazienda davan la equivalencia y si eran todas
hijas, heredavan los hermanos o mas propinquos. Y si eran de edad que
no se suffria entregar la hazienda, entregavanla a un tutor debdo mas
cercano, el qual dava a la madre para criarlos, porque no usavan de
dexar nada en poder de madres, o quitavanles los niños principalmente
siendo los tutores hermanos del difunto. Estos tutores davan lo que
assi se les entregava a los erederos quando eran de edad, y no hazerlo
era gran fealdad entre ellos y causa de muchas contiendas. Quando assi
le entregavan era delante de los señores y principales, quitando lo que
havian dado para los criar y no davan de las cosechas de las eredades
nada mas como era de colmenares y algunos arboles de cacao, porque dezian
era harto tenerlo en pie. Si quando el señor moria no eran los hijos
para regir y tenia hermanos, regia de los hermanos el mayor o el mas
desenbuelto y al heredero mostravan sus costumbres y fiestas para quando
fuesse nombre y estos hermanos, aunque el eredero fuesse para regir,
mandavan toda su vida, y sino avia hermanos, elegian los sacerdotes y
gente principal un hombre sufficiente para ello.
§ XXIV.—_Manière de compter des Yucatèques. Noms de famille. Héritages et
tutelle des orphelins. Succession princière._
Les Yucatèques comptent de 5 en 5 jusqu’à 20 et de 20 en 20 jusqu’à 100;
de 100 en 100 jusqu’à 400 et de 400 en 400 jusqu’à 8000. Cette manière de
compter était fort en usage dans les marchés qui concernaient le cacao.
Ils ont d’autres numérations fort longues qu’ils étendent _ad infinitum_,
comptant le nombre 800 vingt fois, ce qui fait 160,000; puis retournant à
20, ils doublent 160,000 et ainsi multipliant par 20, jusqu’à ce qu’ils
arrivent à un chiffre innombrable. Leurs comptes se font sur le sol ou
une chose plane.
Ils tiennent beaucoup à connaître l’origine de leurs familles, surtout
s’ils descendent de quelque maison de Mayapan; aussi cherchent-ils à s’en
instruire auprès des prêtres, les connaissances généalogiques étant
une des branches de leurs sciences: ils sont très-fiers si dans leurs
familles il y a eu des hommes distingués. Les noms des pères durent
toujours dans les fils, mais non dans les filles. Ils donnaient toujours
à leurs fils et filles les noms du père et de la mère, celui du père
comme le nom propre et celui de la mère comme l’appellatif: ainsi le
fils de _Chel_ et de _Chan_ se nommait _Na-Chan-Chel_, ce qui veut dire
fils de tels. C’est à cause de cela que l’on dit que ces Indiens sont
tous ensemble parents et d’un même nom, et qu’ils se traitent pour tels;
aussi, s’il arrive que l’un d’eux se trouve en quelque endroit inconnu
et dans l’embarras, il dit son nom; sur-le-champ, s’il y en a là de la
même descendance, ils accourent, le reçoivent et le traitent avec la
plus grande tendresse. C’est pour cela que ni homme ni femme n’épousait
quelqu’un du même nom, car il y avait là pour tous une grande note
d’infamie. Leurs noms propres aujourd’hui sont comme Pilar, etc.[113].
Ces Indiens ne permettaient pas aux filles d’hériter avec leurs frères,
si ce n’est par condescendance ou bonne volonté; dans ce cas, on leur
donnait quelque chose de la succession. Les frères partageaient le reste
d’une manière égale, sauf que celui qui avait le plus aidé auparavant
à accroître le bien, en recevait l’équivalent d’avant part; s’il n’y
avait que des filles, les cousins ou parents les plus proches prenaient
l’héritage. Si les enfants étaient trop jeunes, pour qu’on pût le leur
confier, on le remettait au plus proche parent, qui était ainsi le
tuteur. Celui-ci donnait à la mère de quoi les élever; car, d’après
leurs usages, ils ne laissaient rien en la puissance de la mère, ou
même lui ôtaient les enfants, principalement si les tuteurs étaient les
frères du défunt. Quand les héritiers avaient atteint leur majorité, ces
tuteurs leur rendaient leur bien; le contraire était considéré comme une
grande vilainie et devenait la cause de grandes querelles. La remise
de l’héritage se faisait en présence du seigneur et des principaux de
l’endroit, qui en distrayaient ce que le tuteur avait donné pour élever
les enfants; mais les héritiers ne recevaient absolument rien de ce qui
avait été moissonné sur l’héritage, non plus que du miel et du cacao, à
cause du travail qu’occasionnaient les cacaotiers et les ruches. Lorsque
le seigneur venait à mourir, ce n’étaient pas ses fils qui succédaient
au gouvernement, mais bien l’aîné de ses frères, s’il en avait, ou le
plus capable; l’héritier présomptif entre-temps était instruit de ce qui
concernait les coutumes et les fêtes, afin qu’il devînt un homme capable
lui-même. Mais encore qu’il fût en état de gouverner, c’étaient les
frères de son père qui commandaient jusqu’à la fin de leur vie; mais s’il
n’y avait pas de frères, les prêtres et les principaux chefs faisaient
choix d’un homme capable de gouverner jusqu’à la majorité de l’héritier.
§ XXV.—_Repudiacion frecuente entre los yucataneses. Sus casamientos._
Que antiguamente se casavan a XX años, aora de XII o XIII, y por esso
aora se repudian mas facilmente como se casan sin amor i ignaros de
la vida matrimonial y officio de casados, y si los padres no podian
persuadir que volviessen con ellas, buscavanles otra y otras y otras. Con
la mesma facilidad dexavan los hombres con hijos a sus mugeres sin temor
de que otro las tomasse por mugeres o despues volver a ellas; pero con
todo esso son muy zelosos y no llevan a paciencia que sus mugeres no les
esten honestas, y aora que han visto que los españoles sobre esso matan a
las suyas, empieçan a maltratarlas y aun a matarlas. Si quando repudiavan
los hijos eran niños, dexavanlos a las madres, si grandes los varones con
los padres y hembras con las madres.
Que aunque era tan comun y familiar cosa repudiar, los ancianos y de
mejores costumbres lo tenian por malo y muchos avia que nunca avian
tenido sino una, la qual ninguno tomava de su nombre, de parte de su
padre; ca era cosa muy fea entre ellos y si algunos se casavan con las
cuñadas mugeres de sus hermanos, era tenido por malo. No se casavan con
sus madrastas, ni cuñadas hermanas de sus mugeres, ni tias hermanas de
sus madres, y si alguno lo hazia era tenido malo; con todas las demas
parientas de parte de su madre contrayan aunque fuesse prima hermana.