formes symboliques et mythologiques_, pl. XXXVIII, n. 156. On voit au
Musée égyptien du Louvre un grand nombre de ces simulacres de grandeurs
diverses, correspondant, on ne peut mieux, à l’idée que nous en donnons
ici.
[237] _Egypt’s place in Univ. hist._, vol. I, pag. 382.
[238] _Popol Vuh_, page 413.
[239] _Histoire d’Égypte_, etc., page 118.
[240] Les deux premiers dieux furent, d’après cette tradition, un homme
appelé _Xchel_ et une femme appelée _Xlçamna_, lesquels engendrèrent
trois fils. L’aîné s’étant enorgueilli, voulut créer des êtres humains;
mais il n’y réussit point: il ne sortit de ses mains que des œuvres
de terre glaise sans consistance; c’est pourquoi il fut lancé aux
enfers avec ceux qui l’y avaient aidé. Les deux autres fils, appelés
_Hun-Cheuen_ et _Hun-Ahau_, ayant obtenu la permission de travailler à de
nouvelles créatures, créèrent les cieux, la terre et les planètes, après
quoi ils firent un homme et une femme, de qui descendit le genre humain.
(Roman, _Republica de las Ind. Occid._, lib. II, cap. xv, en las Repub.
del Mundo.)
[241] _Livre Sacré_, deux. part., ch. I et XIV.
[242] Sahagun, _Hist. gen. de las cosas de N. España_, apend. del lib.
III, cap. II.
[243] Dans l’_Hist. des Soleils_.—Torquemada rapporte une tradition
analogue; mais celui qui va chercher les os de jade, s’appelle Xolotl
(_Mon. Ind._, lib. VI, cap. LXI). Cette histoire ne ferait-elle pas
allusion aux grottes mystérieuses où se travaillait le jade et dont on a
été jusqu’ici dans l’impossibilité de découvrir les mines? Etaient-elles
situées au _Tlapallan_ fameux, tour à tour placé dans le nord et dans
l’Amérique centrale, et qu’il faudrait peut-être encore reculer jusque
dans l’Amérique méridionale?
[244] Eckstein, _Sur les sources de la cosmogonie_, etc., page 157.
[245] _Loc. cit._, page 234.
[246] N’est-ce pas là exactement ce qui se dit de Kukulcan et de Zamnà
au Yucatan (Voir plus bas, Landa, pages 35 et 356 et note 2), de
Quetzalcohuatl, qui enseigna au Mexique toutes les sciences, énumérées
ici?
[247] _Histoire générale et système comparé des langues sémitiques._
Paris, 1864, liv. I, ch. II, page 60.
[248] Movers, _Die Phônizier_, tom. 1, pag. 471, etc.
[249] _Biblioth. hist._, lib. I, 28.
[250] _Odyssée_, I, 22-26, dans Eckstein, _Sur les sources de la cosm. de
Sanchoniathon_, page 132.
[251] _Iliade_, I, 423-425; XIII, 204-206.
[252] _Loc. cit._, page 135.
[253] Hesiod., _Theogon._ 126-128. Eckstein, _loc. cit._ page 142.—Voir
plus haut, page 24.
[254] Voir plus bas _Ecrit du frère Romain_, page 440 et suiv.—Eckstein,
_loc. cit._ page 214. «Il s’agit, dans le dernier cas, d’une science
du genre de la science hermésienne, qui est attribuée à la katchapé,
à la tortue femelle de la vieille Inde. Le Cercops pontifical, le
Kapivaktrah en forma une lyre.» Dimivan Caracol en tira l’art de cultiver
et de bâtir, et tous les peuples de l’Amérique centrale en ont fait un
instrument de musique sacré.
[255] Voir plus bas _Ecrit du frère Romain_, page 433, etc.
[256] Cette île était la même que la _Martinique_. Voir dans la Coll. de
Ramusio, _Della historia dell’Indie_, lib. II, cap. VIII, pag. 70, V.
[257] Voir plus bas, _loc. cit._ page 435.
[258] _Indic_., cap. XXII, ap. Eckstein, _loc. cit._ page 139.
[259] Voir plus bas, page 434.
[260] Voir plus bas, pages 435-436.—On sait déjà que la syphilis joue un
rôle assez important dans les antiques traditions américaines. Voir le
_Livre Sacré_, etc., introd., page CXLII et suiv.
[261] C’est probablement là l’étymologie du nom de _Gua-Bonito_. Voir au
_Vocab. haïtien_, à la fin du volume.
[262] Ces noms ne sont pas moins intéressants que les précédents, à
comparer avec ceux de l’ancien monde.
[263] Il y avait également une province de _Naïrit_ ou _Nayarit_ au
Mexique, ainsi appelé du dieu principal qu’adoraient ses habitants.
Elle était située dans les montagnes entre les provinces de Zacatecas,
de Culiacan et de Durango. (Alcedo, _Dicc, geogr. hist._, etc., art.
_Nayarith_.—Frejes, _Hist. breve de la conquista de los estados indep.
del imp. mex._, pag. 150.)
[264] _Sur les sources de la cosmog. de Sanchon._, etc., page 226.
[265] Voir l’_Ecrit du frère Romain_, plus bas, page 436.
[266] «Repertæ etiam in Aiti mirabiles fodinæ, ex quibus aurum à
Salomonis classe petitum Columbus judicavit. De illis in navigation.
Columbi ita scribitur: _Barthol. Columbus in Hispaniola invenit specus
altissimos et vetustissimos, unde aiunt Salomonem aurum suum eruisse. Hæc
auri fodina protendebatur ultra milliaria XVI_. Hæc ille. Ingens omnino
argumentum, gentes olim eam insulam accessisse metallicas, quales ab omni
ævo Phœnices et Hispani fuerunt. Nam illæ fodinæ, non ab Aitanis, quales
reperti, quos metallicæ rei penitus ignaros fuisse, et venas in terræ
visceribus ignorasse, constat. Aurum ex rivis sublegebant. (Hornii, _De
originibus americanis_, lib. II, cap. VIII, pag. 99.)
[267] _Description de la partie française de Saint-Domingue._
[268] E. Nau, _Histoire des Caciques d’Haïti_, Port-au-Prince, pages
49-50.
[269] _Sur les sources de la cosmog. de Sanchoniathon_, page 130.
[270] Sans compter les suivants: _Abacachi_ ou _Abacari_, dans le
territoire des Amazones; Abanos, tribu de la Nouvelle-Grenade; _Abigira_,
_Abipi_, _Abitani_, noms de tribus et de villes; _Abibeya_, _Abraya_,
_Abraiba_, _Abrayme_, etc., comme noms de chefs dans ces contrées.
[271] Montesinos, _Memorias antiguas historiales del Peru_, lib. I,
cap. IX. MS. de ma Coll., tiré des Arch. de l’Acad. royale d’hist. de
Madrid.—Alcedo, _Dicc. geogr. hist._, art. _Cofanes_.
[272] Voici ce que dit à ce sujet l’évêque de Panama, Piedrahita: «Oyo
la voz (Ursua) que celebrada la riquezas del Tayrona, del cerro y valle
en que estaban los minerales de oro, y plateria, en que se fundian las
primorosas joyas de feligrana en varias figuras, de aguilas, de sapos y
culebras, orejeras, chagualas, medias lunas, y canutillos, de que tan
vistosa y ricamente se arreaban todas las naciones que corren desde el
cabo de la Vela, hasta las extremidades de Urabà, y la suma quantiosa de
oro en puntas y polvos, etc.» (_Hist. gen. del reyno de Nueva Granada_,
etc., lib. II, cap. 9.)
[273] Julian, _la Perla de la America_, etc., part. I, disc. III, IV,
VIII et part. II, disc. II.
[274] _Relacion de lo que sucedio al Magnifico señor capitan Jorge
Robledo en el descubrimiento que hizo de las provincias de Antiochia_,
etc. MS. des Archives de l’Acad. roy. de Madrid. Copie de ma Coll.
[275] Piedrahita, _Hist. de N. Granada_, etc., lib. cap. XIV.—Julian,
_la Perla de la America_, passim.—«Il est certain que les mathématiciens
français, dit Carli, n’ont jamais pu comprendre comment ces peuples sont
parvenus à faire des statues d’or et d’argent toutes d’un jet, vides au
dedans, _minces et déliées_, etc.» (_Lettres américaines_, tome I, lettre
21.) «J’en ai tenu une, dit l’annotateur de ces lettres, qui était une
espèce de momie. On n’y voit aucune soudure. On a pareillement admiré
des plats à huit faces, chacune d’un métal différent, c’est-à-dire
alternativement d’or et d’argent, sans aucune soudure; des poissons
jetés en fonte, dont les écailles étaient mêlées d’or et d’argent; des
perroquets qui remuaient la tête, la langue et les ailes; des singes
qui faisaient divers exercices, tels que filer au fuseau, de manger des
pommes, etc. Ces Indiens entendaient fort bien l’art d’émailler, qu’a
tant cherché Palissy, et de mettre en œuvre toutes sortes de pierres
précieuses.» Je possède un vase à dessins émaillés dans ma collection,
provenant des ruines de Palenqué; il me fut donné par le dernier
gouverneur de l’État de Chiapas, don Angel Corso, et je crois que c’est
l’unique en Europe. B. de B.
[276] «Parmi les arts que nous avons appris des Américains, ou que
nous aurions pu en apprendre, nous rangerons celui de donner au cuivre
une trempe aussi dure que celle de l’acier et d’en faire des haches
excellentes et d’autres instruments tranchants. C’est un secret qui nous
est totalement inconnu. Le comte de Caylus examina une de ces haches
en France et la jugea de la plus haute antiquité; parce qu’elle était
semblable aux anciens ouvrages analogues de la Grèce. Ils savaient aussi
donner au cuivre un poli qui réfléchissait parfaitement les images des
objets et servait de miroir. C’était l’espèce des miroirs communs; car
ceux des femmes de la cour étaient d’argent.... Ils mêlaient aussi l’or
au cuivre et donnaient à ce métal mixte une trempe assez dure pour en
faire des haches de bon usage. Oviedo nous apprend, dans son _Histoire
générale_, que parmi les présents que les Indiens apportèrent au port
Saint-Antoine, il y avait trente-six haches de métal mêlé d’or et de
cuivre. L’ancien Ulloa dit avoir observé, dans le _Journal de Colomb_,
que lorsqu’il arriva à la terre ferme d’Amérique (_ou continent_), que
certainement il découvrit avant Vespuce, il y avait parmi ces peuples
des rasoirs et autres instruments faits de bon cuivre, c’est-à-dire
bien trempés.» (Carli, _loc. cit._) «L’art de tremper le cuivre, ajoute
l’annotateur, connu des Grecs et des Romains, se conserva en Occident
jusqu’à la prise de Constantinople.» Voyez _Art des siéges_, par M. Joly
de Maizeroy, 1778, page 4.—Je possède plusieurs haches de cuivre mêlé
d’or et de bronze, trouvées dans des tombeaux américains, et un masque
en bronze admirablement fondu, le seul objet de ce genre qui existe en
Europe. Un membre de l’Institut fort distingué, M. Rossignol, a publié
_Sur les métaux dans l’antiquité_, etc., un ouvrage remarquable de
recherches et d’érudition. Mais il en eût doublé l’intérêt, s’il y avait
ajouté quelque chose de l’art métallurgique des Américains, si analogue à
celui de l’antiquité classique. Les détails à ce sujet dans les auteurs
espagnols sont aussi curieux que nombreux et intéressants. B. de B.
[277] «Les académiciens français et espagnols en virent (des miroirs)
chez les Guanches, et l’on ne sait pas s’ils sont de pierre naturelle
ou de composition. Ceux de Gallinace (obsidienne) étaient ovales, et
quelques-uns avaient même un pied et demi de diamètre. La surface en
était concave ou convexe. La Condamine assure qu’ils étaient aussi bien
travaillés que si ces gens avaient eu les instruments les plus parfaits
et avaient connu les règles les plus précises de l’optique. La Condamine
avait mis un de ces miroirs d’Inca dans la caisse qu’il envoyait à Paris
et qui périt dans le voyage» (Carli, _loc. cit._)—«Je suis étonné,
ajoute ici l’annotateur, que l’auteur ne nous dise rien de ces miroirs
d’un très-beau métal blanc particulier, aussi brillant que l’argent, qui
faisaient partie des riches présents que Montézuma envoya la première
fois à Cortès. Ils étaient enchâssés en or. Était-ce du _platine_? Cela
me paraît fort probable. On savait donc le fondre et le traiter.» (Ibid.
_loc. cit._)
[278] Alcedo dit quelque part que l’on trouvait le jade vert dans les
mines d’argent (_Dicc. geogr. hist._).
[279] Voir le _Popol Vuh_, introd., page XXII et suiv.
[280] Simon, _Noticias de Tierra-firme_, etc., part. II, not. IV, cap.
IV.—Ternaux Compans, _Essai sur l’ancien Cundinamarca_, page 8.
[281] Simon, _loc. cit._—Ternaux, _ibid._—Piedrahita, _Hist. de N.
Granada_, lib. I, part. I, cap. 3.
[282] Humboldt, _Vues des Cordillères_, etc., tome I, page 89.
[283] Simon, _Noticias_, etc., part. II, lib. IV, not. 4.
[284] La race nahuatl paraît s’être apparentée de bonne heure avec les
_Caras_, avec lesquels elle s’identifie en bien des lieux.
[285] Herrera, _Hist. gen. de las Ind. occid._, decad. II, lib. I, cap.
I, et lib. II, cap. XIV.
[286] «Su adoratorio (de los _Musos_) mas principal eran dos elevados
peñascos en forma de hermosísimas columnas, llamadas _Furatenas_, ambas
de piedra histriadas, etc.» (Zamora, _Hist. de la prov. del N. Reyno de
Granada_, lib. III, cap. XXVIII.)
[287] «Tuve en Santa-Marta el gusto de ver algunas alhagas de estos
sepulcros... Eran dos columnitas de marmol blanco, pero con algunas
manchas de jaspe... todo labrado con tanto primor y finura, que no podia
salir con mayor perfeccion, de las manos de un artifice europeo...
las columnas eran chiquitas, a manera de las que suelen verse en los
Sagrarios, con su basa y chapitel pulidas y hermosas a maravilla.»
(Julian, _la Perla de Santa-Marta_, etc., part. I, disc, X, § 1.)
[288] La gravure des deux serpents enlacés du titre de ce volume, a été
dessinée d’un anneau en pierre du Jeu de paume antique de Chichen-Itza,
au Yucatan.
[289] _Cab_, dans le quiché, et _kab_, dans le maya, signifie main, bras,
dans son acception la plus ordinaire; de là _cabir_, verbe quiché, et
_kabul_, maya, qui signifie se faire bras et se faire deux, se doubler,
de _cab_, qui veut dire deux dans ces deux langues. _Cab_, dans les mêmes
langues signifie aussi le miel, la douceur; prononcé gutturalement comme
_gab_ en quiché, il signifie ouvrir la bouche, saisir avec les dents et
bâiller, comme le mot _gape_ en anglais.
[290] Castellanos, _Varones ilustres de Indias_, etc., part. II, canto 3,
pag. 533.
[291] Sur la côte de terre-ferme de la Nouvelle-Grenade. Il n’est pas
jusqu’au Mississippi qui ne présentât autrefois un souvenir du même
genre, dans la rivière _Macaret_, un de ses affluents dans la Louisiane
(Alcedo, _Dicc. geogr. hist._, au mot _Macara_, etc.)
[292] Eckstein, _Sur les sources de la cosm. de Sanchoniathon_, page 118.
[293] À l’exception du nom de _Macar_, dont le nom subsiste en tant
de lieux, il n’est resté dans la tradition rien de bien clair sur les
divinités spéciales des Cares dans ces contrées. Ce qu’il y a de curieux,
toutefois, c’est que la langue quichée, dont un dialecte était parlé par
les Cares de Copan, donne une fort bonne étymologie d’_Osôgo_, nom du
dieu national des Cariens d’Asie, soit qu’on le fasse dériver d’_otz_ ou
_otzoy_, le homard, et de _ogo_, resplendir sur l’eau; ce qui ferait le
_homard resplendissant_, nom qui conviendrait à merveille à une divinité
de l’élément humide, comme l’était celle des Cariens; soit qu’on le fasse
venir d’_ox_, trois ou trois fois, et d’_ogo_, celui qui brille trois
fois sur l’eau, étymologie également admissible dans ce cas. Ajoutons
que le nom même de _Labrandeus_, dieu guerrier des Cares, identique
probablement avec _Osôgo_, a une racine tout à fait américaine: _lab_ est
l’augure qu’on cherchait avant de commencer le combat, en quiché, et de
là _labal_, guerre. Dans la langue maya, _lob_ est le mal. Voir pour ces
dieux cariens, A. Maury, _Hist. des religions de la Grèce antique_, etc.,
tom. III, page 139 et suiv.
[294] Calancha, _Hist. mor. del Peru_, etc., lib. II, cap. XIX.
[295] _Ritos de los naturales del Peru_, Memoria escrita por los
Augustinos de la misma provincia. MS. des Archives de l’Acad. roy.
d’hist. de Madrid, copie de ma Coll.
[296] Ces mots _gua-chemin_, semblent tout à fait d’origine haïtienne:
_gua_, ce, il, le, et _chemin_, la divinité, etc.
[297] _Porcon_ était une ville considérable, suivant le même document,
avec un temple immense dédié à Apocatequil, et de vastes logements pour
les pèlerins qui y venaient de toutes parts. Alcedo (_Dicc. geogr._)
écrit _Porco_ et en fait une petite ville de la province du même nom.
[298] _Guacat_ paraît un nom d’origine nahuatl, aussi bien que la fable
de la fronde, qui rappelle, avec ses divers autres détails, l’histoire de
Hunahpu et de Xbalanqué.
[299] _Santa_, orthographié quelquefois _Sancta_ et que nous trouvons
écrit _Santapor_, dans Calancha, _loc. cit._ lib. II, cap. VIII. C’était
une ville et une province confinant au Pacifique entre Guailas et
Truxillo.
[300] Calancha, _Hist. moral. del Peru_, lib. II, cap. XII.
[301] Au Mexique, c’étaient des chiens roux qu’il fallait.
[302] Renan, _Hist. gén. des langues sémitiques_, liv. I, ch. III, page
33.
[303] _Des Cares ou Cariens de l’antiquité_, IIᵉ part. _passim_.
[304] Renan, _loc. cit._, page 49.
[305] Id. _ibid._, page 53.
[306] Renan, _ibid._ _ut sup._, page 34.
[307] _Biblioth. hist._, lib. I, 28.
[308] Renan, _loc. cit._, page 65.
[309] _Nemrod_ est un nom dont l’étymologie se trouve également fort
satisfaisante dans le quiché: _Nim_, grand, fort, et _rut_, bruit, effort
violent, ou bien lancer, remuer avec fracas, et aussi le verbe qui
signifie _roter_ en français, dont la racine est tout à fait quichée.
[310] Id. _ibid._, pages 60-61.
[311] _Ibid._, page 62.
[312] C’est au sens d’un déchirement matériel des diverses contrées
de la terre, à la suite d’une catastrophe physique, cause ainsi d’une
séparation forcée des nations, que ferait allusion le nom de _Phaleg_,
suivant quelques commentateurs de l’Écriture. Ce serait à peine deux ou
trois siècles avant Abraham. Car on ne peut guère fixer la chronologie
de la Bible antérieurement à ce patriarche d’une manière positive. Moïse
n’en donne point, et l’Église, en adoptant celle des Septante dans le
_Martyrologe romain_, a toutefois adopté la plus longue. Elle a agi
avec sa prudence accoutumée et pris celle-là, faute d’une autre qui fût
meilleure.
[313] À propos de ces recherches, quelques amis nous ayant témoigné la
crainte qu’elles ne vinssent à se trouver en opposition avec la Bible,
au sujet de la tradition du déluge universel, nous avons répondu ce
que d’autres avaient dit avant nous: que la Bible, comme la vérité,
ne pouvait que gagner aux recherches scientifiques, de quelque nature
qu’elles pussent être. En ce qui concerne le déluge, nous dirons que
l’Église n’a pas plus décidé cette question que celle de la chronologie.
Rappelons à ceux dont la conscience pourrait s’alarmer, que la
Congrégation de l’_Index_ ayant été réuni à Rome en 1686, à propos du
livre de Vossius, intitulé _Dissertatio de vera ætate mundi_, le docte
Mabillon invité à donner son avis, soutint que l’opinion émise par le
savant hollandais, sur ce que le déluge n’avait pas été universel, peut
être acceptée ou au moins tolérée, comme ne contenant aucune erreur
capitale contre la foi, ni contre les bonnes mœurs: «_Principio hæc
opinio nullatenus continet errorem capitalem, neque contra fides, neque
contra bonos mores. Itaque tolerari potest et criticorum disputationi
permitti._» Tel fut l’avis de Mabillon. La congrégation, composée de neuf
cardinaux, d’un grand nombre de prélats et de religieux éminents, et du
maître du Sacré Palais, l’écouta avec une grande admiration et s’en tint
à la décision du savant bénédictin français. Voir pour plus de détails
les _Ouvrages posthumes_ de Don Mabillon, Paris, 1724, pag. 59, 61, etc.
Aussi la _Vie de Don Mabillon_, par Don Ruinart, Paris, 1709, page 127;
la _Correspondance inédite de Mabillon et de Montfaucon_, par Valery,
tome 1, p. 213. Je dois les détails de cette note à l’obligeance de M.
Schæbel, savant allemand, résidant à Paris.
[314] C’est ce qu’exprimé encore le _Codex Letellier_, à propos
d’_Itzpapalotl_, le Papillon aux couteaux d’obsidienne, donnée comme
la même qu’_Ixcuina_, la déesse des amours impudiques, la même,
ajoute le document, qui apporta la mort au monde. _Itzpapalotl_ est
présentée aussi comme une des six constellations qui tombèrent du ciel
au temps du déluge, lesquelles étaient enfants de _Citlallicué_ et de
_Citlallatonac_, images de la voûte céleste. Elle est identifiée avec
_Xochiquetzal_, déesse des fleurs et de l’amour, l’habitante du paradis
terrestre. «Esta fingen, dit le _Codex Letellier_, que estando en aquel
huerto, que comia de aquellas rosas, que esto duro poco, que luego se
quebro el arbol.» Après cela vient l’image d’un tronc d’arbre couvert de
fleurs, rompu par le milieu et dont les racines sont des ruisseaux de
sang. En tête, il y a ces mots: «_Tamoanchan_ o _Xuchitlycacan_; quiere
dezir en romance (langue vulgaire): Alli es su casa, donde abaxaron y
donde estan sus rosas levantadas.» Au bas, il continue d’une autre main:
«Para dar a entender »que esta fiesta no era buena y lo que hazian era
de temor, pintan este arbol ensangrentado y quebrado por medio, como
quien dize fiesta de travajos por aquel pecado.»—«Este lugar que se dize
Tamoanchan,» continue la première main, «y Xuchitlycacan es el lugar
donde fueron criados estos dioses que ellos tenian, que asi estando como
dezir en el parayso terrenal, y asi dizen que estando estos dioses eh
aquel lugar, se desmandaron en cortar rosas y ramas de los arboles, y que
por esto se enojo mucho el _Tonacaleuctli_ y la muger _Tonacaciuatl_, y
que los hecho dalla de aquel lugar, y asi vinieron unos a la tierra y
otros al infierno y estos son los que a ellos ponen los temores.» L’arbre
couvert de fleurs paraît être l’image d’un pays magnifique, détruit par
quelque catastrophe; les dieux qui descendent aux enfers, sont ceux qui
périssent, et ceux qui vont sur la terre, ceux qui échappent à la mort.
[315] Eckstein, _Sur les sources de la cosmogonie de Sanchoniathon_,
pages 216-217 et 227.
[316] _Biblioth. hist._, lib. V, 19-20.
[317] _Essai sur l’hist. de la géogr. du N. Continent_, tome I, page 34.
[318] _Hist._, lib. IV, cap. CLII, ed. Steph., 1618, pag. 273. Voss, en
se fondant sur l’époque de la colonisation de Cyrène, place l’expédition
de Colœus, avant la dix-huitième olympiade, plus de 708 ans avant notre
ère (_Krit. Blätter_, tom. II, p. 335 et 344). D’après les recherches de
Letronne, l’expédition des Samiens tombe dans la première année de la
trente-cinquième olympiade.
[319] Un travail moderne d’un grand intérêt archéologique et géographique
a prouvé que le Thulé, où aborda Pythéas, et qu’il décrit, ne peut être
que l’Islande (Nilsson, _Die ureinwohner des Scandinavischen Nordens_,
Hamburg, 1863, pag. 102 et 109.)
[320] Voir le _Popol Vuh_, introd., page XCIX et suiv.
[321] «Quelle est cette île, dit le savant annotateur de notre traduction
de Diodore; quelle est cette île dont parle ici Diodore? Est-ce
l’Atlantide de Platon, ou même l’Amérique? Quoi qu’il en soit, je ne
saurais partager l’opinion de Miot, d’après laquelle le récit de Diodore
ne serait qu’une tradition fabuleuse, embellie par l’imagination des
historiens et des poëtes. Il me semble que la description que Diodore
fait du climat et du sol de cette île inconnue peut, sous plusieurs
rapports, s’appliquer aux îles Canaries ou aux îles Açores (mais ni les
Canaries, ni les Açores n’ont de grandes rivières navigables).» Diod.
_Biblioth. hist._, trad. de M. Ferd. Hoefer, lib. V, 19-20.
[322] Ceci peut être légèrement exagéré: les Phéniciens n’étaient pas si
bavards.
[323] Dans le discours que Quetzalcohuatl adresse à ses compagnons, en
les laissant, il semble faire allusion à l’idée émise ici par Diodore.
Cf. _Popol Vuh_, Intr. p. LXXXV et suiv.
[324] Aristot., _De Mirab. Auscult._, cap. LXXXIV, pag. 836. Bœkk.
[325] Letronne, dans le _Journal des Savants_, février-mai 1825, p. 236.
[326] Plutar., _In vita Sertor._, cap. VIII.—Sallust., _Fragm._, 489.
[327] Mannert, _Geogr. der Alten_, part. I, pag. 44, 77.
[328] Voici, entre autres passages curieux, celui où Silène raconte à
Midas (Ælian. III, _Histor._): «Europam, Asiam, Lybiam, insulas Oceano
circumfusas esse; extra eas continentem quamdam infinitæ magnitudinis quæ
nutriat grandia animalia et homines duplo majores et longæviores quam
nostri sint Ibidem esse magnas civitates, diversa vitæ instituts et leges
nostris contrarias.» Et plus loin: «Hanc terram possidere grandem vim
auri et argenti, ita ut inter illos populos minoris pretii sit quam apud
nos ferrum.»—De son côté, Marcellin disait: «In Atlantico mari Europæo
orbe potior insula,» et Avienus: «Fertiles in Oceano jacere terras,
ultraque eum rursus alia littora alium jacere orbem.»
RELATION DES CHOSES
DE YUCATAN
TIRÉE DES ÉCRITS DU
PÈRE DIEGO DE LANDA
de l’ordre de Saint François.
MDLXVI.
RELACION DE LAS COSAS DE YUCATAN
RELATION DES CHOSES DE YUCATAN.
§ I.—_Descripcion de Yucatan. Estaciones varias._