[3] Herrera, _Hist. Gen._ decad. 1, lib. VI, cap. VII. Les montagnes

de _Caria_ sont celles qui s’appellent aujourd’hui _el Gallinero_, qui

s’élèvent entre les _llanos de Santa-Rosa_ et la vallée de Copan. Le

nom de _Caria_ que leur donne Herrera leur vient des _Cares_, nation

puissante entre celles que l’on appela depuis _Choles_ et dont _Copan_

paraîtrait avoir été la capitale. Leur nom se retrouve encore aujourd’hui

dans le mont _Cari_ et dans quelques petites localités au nord-ouest de

Copan.

[4] Cette lettre, dit Humboldt (_Examen critique de l’histoire de la

géographie du nouveau continent_, tom. 1ᵉ, note 1, page 4), qui peint

si bien les plaisirs de l’intelligence, a été écrite, selon l’opinion

commune, à la fin de décembre 1493. (_Opus Epistolarum Petri Martyris

Anglerii Mediolanensis, Protonotarii Apostolici, Prioris Archiepiscopatus

Granatensis, atque à consiliis rerum Indicarum Hispanicis_. Amstelodami,

1670. Ep. CLII, page 84.)

[5] Pomponius Lœtus, le célèbre propagateur de la littérature classique

romaine, généralement assez mal vu d’une portion du clergé romain, à

cause de la liberté de ses opinions religieuses. (Voir Humboldt, _loc.

cit._)

[6] Popol-Vuh.—_Le Livre sacré et les mythes de l’antiquité américaine_,

dans l’Introduction.

[7] Humboldt, _Hist. de la géogr. du Nouv. Continent_, section première,

_passim_.

[8] _Katun_, mot de la langue maya composé de _kat_, interroger, et de

_tun_, pierre, c’est-à-dire pierre qu’on interroge, à qui on demande

l’histoire du pays. C’est le nom qu’on donnait anciennement au Yucatan

aux pierres gravées, portant des dates et des inscriptions relatives aux

événements historiques et qu’on incrustait dans les murs des édifices

publics. Voir plus loin, page 53.

[9] _Vues des Cordillières et monuments des peuples indigènes de

l’Amérique_, tom. II, pl. XXVI.

[10] Humboldt, _Examen de l’hist. de la géogr. du nouv. continent_, tom.

I, page 177.

[11] _Sur les sources de la Cosmogonie du Sanchoniathon_, Paris, 1860,

page 227.

[12] Brasseur de Bourbourg, Popol-Vuh. _Le Livre sacré, et les mythes de

l’antiquité américaine_, etc. Introd., page LXV.

[13] _Sur les sources de la Cosmogonie du Sanchoniathon_, page 127.

[14] Le _Codex américain_ de la bibliothèque royale de Dresde, reproduit

dans la collection de Kingsborough, est écrit de caractères analogues à

ceux dont nous donnons l’alphabet d’après Landa (voir page 320): il y

en a quelques-uns, toutefois, que nous ne sommes pas encore parvenus à

identifier, bien que tous les autres signes des jours et des mois soient

les mêmes. Le _Codex de Dresde_, autant qu’il nous a été donné d’en

juger actuellement, d’après le court examen que nous en avons fait dans

Kingsborough, est un _Tonalamatl_ ou Rituel religieux et astrologique,

dont la langue se rapproche de celle du Yucatan.

[15] «Nous avons vu, dit Humboldt, que les astrologues mexicains ont

donné à la tradition des destructions et des régénérations du monde un

caractère historique, en désignant les jours et les années des grandes

catastrophes, d’après le calendrier dont ils se servaient au seizième

siècle. Un calcul très-simple pouvait leur faire trouver l’hiéroglyphe

de l’année qui précédait de 5206 ou de 4804 ans une époque donnée.

C’est ainsi que les astrologues chaldéens et égyptiens indiquaient,

selon Macrobe et Nonnus, jusqu’à la position des planètes à l’époque

de la création du monde et à celle de l’inondation générale. (_Vue des

Cordillières_, etc. tom. II, page 132.)

[16] _Conquista de Mexico, 2ª parte de la Cronica de las Indias._

[17] MS. De la coll. de Boturini, sous le titre de _Historia de los reyes

de Culhuacan y Mexico_. Copie de ma collection.

[18] Dans certains documents, il est parlé de quatre catastrophes, dans

d’autres de cinq, et ces catastrophes, à l’exception de celle du feu, de

celle de l’eau et de celle de l’ouragan, ne paraissent pas toujours bien

s’accorder l’une avec l’autre.

[19] «_Izcalli_, Enero, est-il dit dans ce document, la fiesta del fuego,

porque en tal tiempo les calentaban los arboles para brotar.—Fiesta de

_Pilquixtia_, la natura humana que nunca se perdio en las vezes que se

perdio el mundo.—De cuatro en cuatro años, ayunaban otros ocho dias, en

memoria de las tres vezes que se a perdido el mundo, y asi lo llaman a

este cuatro vezes señor, porque siempre que se perdia, esto no se perdia,

y azi dizen la fiesta, de la Renovacion, y asi dizen que acabado este

ayuno y fiesta, se volvian los hombres como niños los cuerpos, y asi

para representar esta fiesta en el vayle trayan unos niños de las manos»

(_Cod. Tell. Rem. Mex._ N. I, fol. 6. v).

[20] Ce sont aussi les idées de quelques philosophes anciens. Saint

Augustin les reproduit, tantôt en les combattant, tantôt inclinant à

l’opinion que «la désolation partielle de la terre par des déluges et des

embrasements laisse quelques hommes survivre pour réparer les pertes du

genre humain.» (_De Civit. Dei_, lib. XII, 10-11.)

[21] _Popol Vuh_, etc. chap. III.

[22] Ne serait-ce pas à des souvenirs de ce genre que feraient allusion

les fêtes des Renaissances dont il est question dans la légende du VIIIᵉ

tableau de la grande salle du temple d’Ammon à Karnac, dont parle Lepsius

et, avec lui, Brugsch? _Histoire de l’Égypte, dès les premiers temps de

son existence jusqu’à nos jours._ Leipzig, 1859—I part., page 131.

[23] Le _tetzontli_ est une amygdaloïde poreuse qui a servi à bâtir la

plupart des édifices de Mexico. Suivant Bustamante, le commentateur de

Sahagun, ce seraient les petits volcans qui environnent au sud-est la

vallée de Mexico, qui auraient formé le _tetzontli_, et le Quauhnexac,

dit volcan d’Axuzco, suivant Betancurt (_Teatro Mexicano_, part. I,

trat. 2, cap. IV), appuyé sur les traditions de quelques Indiens, aurait

donné naissance à la célèbre couche de lave, appelée _el Pedregal de

San-Augustin_ et vomi les vastes torrents de lave qui s’étendent jusqu’à

Acapulco.

[24] Le texte ajoute ailleurs, dans le même document, que tous les

seigneurs périrent dans cette circonstance. Une preuve singulière de

l’existence des villes antiques, ensevelies alors sous la lave, se trouva

au Pedregal de San-Augustin, ainsi nommé de la villa de ce nom, auprès

de Mexico: car, de dessous la lave qui l’entoure, sort un large ruisseau

qui roule avec ses eaux des débris de poteries antiques, provenant

indubitablement des habitations, ensevelies sous les masses de laves qui

coulèrent dans la vallée. Combien d’Herculanum et de Pompeii ont été

recouverts des laves des volcans mexicains!

[25] Ce fait est mentionné dans le _Codex Chimalpopoca_ et dans la

plupart des traditions du Mexique.

[26] Voir l’_Ecrit du frère Romain Pane_, à la fin de ce volume, page 440

et note (2).

[27] Codazzi, _Resumen de la geografia de Venezuela_, Paris, 1841, pag.

46 y 47.

[28] Lehmann, _Œuvres physiques_, dans la préface du tom. III.—De la

Borde, _Voyages_, etc. pages 6 et 7.

[29] Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, lib. IV, cap. 6.—Voir Landa, page 61.

[30] _Incidents of travel in Yucatan_, vol. I, chap. 6.

[31] Voir le _Livre Sacré_, page 35 et suiv.

[32] C’est l’étymologie qu’en donne Ordoñez, _Hist. del Cielo y de la

Tierra_, etc., MS. Le bon chanoine en fait Lucifer brûlant sept fois au

fond de l’enfer. _Vukub-Caquix_, dans son acception ordinaire, signifie,

comme je l’ai dit ailleurs, _Sept-Aras_.

[33] Voir le _Livre Sacré_, prem. part., aux chapitres IV et V.

[34] _Zipacna_ est composé de _zip_ ou _zipoh_, verbe qui signifie

gonfler, et de _na_, demeure, maison, en langue mame et vieux quiché.

[35] Ces montagnes appartiennent aux contrées guatémaliennes: le

_Chi-Kak-Hunahpu_, c’est-à-dire Au feu de Hunahpu ou d’un tireur de

Sarbacane, est le même que le volcan dit _del Fuego_ qui domine à

peu de distance la _Antigua-Guatémala_. Le _Yaxcanul_, appelé par

les Cakchiquels _Gagxanul_, est le volcan de _Santa-Maria_, près de

Quezaltenango; les autres paraissent être les mêmes que l’on voit dans la

cordillère entre ce dernier et les volcans de _Soconusco_.

[36] Voir le _Livre Sacré_, deuxième partie.

[37] _Hun-ahpu_ se compose de _hun_, un ou le premier, et de _ahpu_,

tireur de Sarbacane, mot composé lui-même de la particule possessive

_ah_, celui de, et de _pu_, _pub_ ou _ub_, souffle, tuyau qui souffle.

[38] Avila, _Tratado y Relacion de los errores, falsos dioses y otras

supersticiones y ritos diabolicos en que vivian antiguamente los Indios

de las provincias de Huarocheri, Mama y Chacllo_, etc. MS. de la Bibl.

nat. de Madrid, Copie de ma collection. Suivant ce document le monde

d’avant le déluge est appelé _Purun-pacha_, c’est-à-dire monde faux ou

différent de celui d’aujourd’hui, et les hommes d’alors _Yanañamca_.

[39] Id. _ibid._ Ce document est le seul en espagnol, où il soit parlé

de _Coniraya-Viracocha_; il paraît être la plus ancienne divinité du

Pérou, et son histoire est racontée au long dans le document en langue

qquichua qui vient à la suite de ce manuscrit et que j’ai copié à Madrid.

Le bambou dont il est question ici, à l’aide duquel Coniraya soulève ou

aplanit les montagnes, rappelle la sarbacane de Hunahpu.

[40] _Pachacamac_, lieu célèbre autrefois par le fameux temple consacré à

cette divinité, le créateur du monde, à 4 l. de Lima et à peu de distance

de l’Océan Pacifique.

[41] Avila, _Tratado y Relation_, etc. Le fleuve de _Pachacamac_ est le

même appelé aujourd’hui _Rio de Lurin_, dans la province du même nom,

près de Lima, où se trouvait le temple de _Pachacamac_.

[42] Molina, _Relacion de las fabulas y ritos de los Ingas_, etc. MS. des

archives de Madrid, copie de ma collection.

[43] Ce groupe d’étoiles rappelle les six _tzontemocque_, ou étoiles qui

tombèrent du ciel, au temps du déluge, d’après les traditions mexicaines.

[44] _Ancasmarca_ est à 5 lieues du Cuzco, d’après le document d’où

cette histoire est tirée. Le document cité avant celui-ci, _Tratado y

Relacion_, les rapporte également, avec une légère variante, et met le

lieu de la scène dans les montagnes de Huarocheri, beaucoup plus près de

l’Océan.

[45] C’est la province des _Cañaris_ où se trouvent les ruines de la

célèbre forteresse de _Cañar_, citée par Humboldt (_Vues des Cordillères

et monuments des peuples indigènes de l’Amérique_, pl. 20, édit. in-fol.)

[46] Ou plutôt deux femmes, portant le nom d’Ara.

[47] Voir, au sujet du culte de l’ara, le chapitre de Lizana, à la suite

de Landa, page 361.

[48] Le docteur Avila, curé de Huarocheri, qui recueillit ces faits, les

discuta en théologien de son époque, et tout en convenant de la véracité

des Indiens qui les lui donnaient, ne trouva moyen ni de les rejeter,

ni de les admettre. La géologie avait fait fort peu de progrès à cette

époque, et le soulèvement des terres _yunga_ ou chaudes, devenues dans

l’espace de cinq jours une _puna_ glacée, lui paraissait une chose

impossible.

[49] Velasco, _Hist. du roy. de Quito_, liv. II, § 2, n. 1, et § 4, n. 4.

[50] Bunsen, _Egypt’s place in universal history_, vol. 1, page 392.

[51] Zamora, _Hist. de la prov. de Nueva Grenada_, lib. II, cap. 16.—De

_Suha Con_, _Cun_, _Chun_, ou _Chum_, noms identiques, vient probablement

celui de _Cundinamarca_ ou _Cun-li-na-marca_, qui est donné à cet

ensemble de provinces, comprenant Bogota, Velez, Pamplona, la Grita,

Merida, Muso, Ebate, Panches, Neyba, Marquetones, Sutagaos, Ubague,

Tensa, Lengupa, Sogamoso et Chita. (Piedrahita, _Hist. Gen. de las

Conquistas del reyno de Nueva-Grenada_, Part. I, lib. 1, cap. 1.)

[52] Simon, _Hist. de Tierra-Firm_, Part. II, noticia IV, cap. 4.

[53] «Un tremblement de terre se présente à l’homme comme un danger

indéfinissable, mais partout menaçant. On peut s’éloigner d’un volcan,

on peut éviter un torrent de lave, mais que la terre tremble, où fuir?

Partout on croit marcher sur un foyer de destruction.» (Humboldt,

_Cosmos, essai d’une description physique du monde_, trad. de Faye, tom.

I, pag. 168.)

[54] C’est ainsi que la tradition rapportait que la pyramide de Cholula

avait été construite par Xelhua, un des géants antédiluviens, en mémoire

de la montagne de Tlaloc où il s’était réfugié avec ses frères, au moment

de l’inondation. (Rios, _Cod. Mex. Vatican_.)

[55] _Tepeyolotl_ signifie le cœur des montagnes, en langue

nahuatl.—«Dicese deste nombre á reverencia de como quedo la tierra

despues del diluvio.—Este Tepeyolotl es lo mesmo que el retumbo de la

voz, cuando retumba en un valle de un cerro á otro.—Ponenle este nombre

á la tierra de tiguere (_tigre_, traduction figurée de _Tepeyolotl_) por

ser el tiguere el animal mas bravo y aquel retumbido que dan las vozes en

los cerros dizen que quedo del diluvio.» (_Cod. Tell. Rem. Mex._ fol. 9.

v. et 10. r.)

[56] _Ru Qux huyu_, le cœur des monts, en langue cakchiquèle et quichée,

le même que le _Tepeyolotl_ en mexicain. (_Manuscrit cakchiqel_, etc.)

[57] Guevara. _Historia del Paraguay, Rio de la Plata y Tucuman_, etc. en

la Colec. de la _Hist. Argentina_, Buenos-Ayres, 1854, tom. I, page 210.

[58] A. d’Orbigny, _Voyage dans l’Amérique mérid._ tom. III, part. 1,

page 107.

[59] Le _Codex Chimalpopoca_ en parle d’une manière particulière, et

c’est là qu’on trouve la mention d’une nuit de vingt-cinq ans; il en est

parlé également dans le _Popol Vuh_ ou Livre Sacré, bien qu’il semble

souvent que ce ne soit, dans cet ouvrage, qu’une image d’un temps de

ténèbres intellectuelles.

[60] _Cosmos_, etc. tom. I, page 165.

[61] Solin. _de situ et mirabilibus orbis_, cap. XVII.

[62] _De Civitate Dei_, lib. XXI, § 8.

[63] _Tzontemocque_, pluriel de _tzontemoc_, mot à mot chevelure

qui descend ou qui tombe; c’est le nom donné généralement dans les

histoires mexicaines aux dieux déchus du ciel au fond de la terre avec

_Mictlanteuctli_, le dieu des morts ou du séjour infernal. «_Quecholli_.

Entra la fiesta de la bajada del Miquitlantecotli y del Tzontemocque y

los demas, y por este le pintan con los adereços de guerra, porque la

truxo al mundo.—Propiamente se a de dezir la cayda de los demonios que

dizen que eran estrellas y asi ay aora estrellas en el cielo que se dizen

del nombre que ellos tenian que son estos, que se dizen Yyacatecuytli,

_Tlahuizcalpantecoyntli_, Ce-Yacatl, Achitumetl, Xacupantal...,

Mixcohuatl, Tezcatlipoca, Çontemoctli. Como estos llamavanse deste nombre

antes que cayesen del cielo, y aora se llaman... tzitzimitli, como quiere

dezir cosa mostruosa o temerosa.» (_Cod. Tell. Rem. Mex._ fol. 4. V.)

[64] «_Tlahuizcalpantecutli_ o la estrella Venus (c’est-à-dire le

Seigneur qui éclaire le haut des maisons). Este Tlahuizcalpan-tecutli

estrella Venus es el Queçalcovatl... Dizen que es aquella estrella que

llamamos Luzero del alva y asi lo pintan con una caña, que era su dia.»

(_Cod. Tell. Rem. Mex._ _loc. cit._)

[65] Platon, _Timée_, trad. de M. Victor Cousin, tome XII, page 3.

[66] _Œuvres morales_, trad. de Ricard. Tom. XVI.

[67] Les mots _atlas_ et _atlantique_ n’ont d’étymologie satisfaisante

dans aucune langue connue en Europe. Dans la langue nahuatl nous trouvons

tout d’abord le radical _a_, _atl_, qui signifie eau, guerre et le

sommet de la tête. (Molina, _Vocab. en lengua mexicana y castellana_,

etc.) De là une série de mots, tels qu’_atlan_, au bord ou au milieu de

l’eau, dont on fait l’adjectif _atlantic_. Nous avons encore _atlaça_,

combattre ou être en agonie; il peut signifier également lancer de l’eau

et le prétérit fait _atlaz_. Une ville d’_Atlan_ existait au temps de la

découverte de l’Amérique, à l’entrée du golfe d’Urabà au Darien, avec un

bon port: elle est réduite aujourd’hui à un pueblo sans importance, nommé

_Acla_.

[68] Ce qu’on appelait l’Asie à cette époque ne comprenait que l’Asie

Mineure.

[69] Ces autres îles auraient-elles été les Antilles et la mer

intérieure, bordée par ce continent, l’Océan Pacifique, puisque cette mer

seule (sans doute à cause de son étendue) pouvait s’appeler une véritable

mer, et ce continent un véritable continent?

[70] Cette mer en deçà du détroit était la Méditerranée.

[71] D’après cette description, l’île Atlantide aurait été beaucoup plus

rapprochée de l’Europe et de l’Afrique que de l’Amérique, et le lac

_Triton_ dont parle Diodore, disparu depuis par suite d’un tremblement

de terre, et qui se trouvait à l’extrémité occidentale de l’Afrique,

n’aurait été que l’étendue de mer intérieure entre l’Atlantide et la

Libye.

[72] C’est précisément dans cette circonscription, comprenant la Libye,

l’Égypte et l’Europe jusqu’à la Tyrrhénie, qu’on trouve les débris des

races les plus différentes des races indo-européennes, celles dont

la constitution physique, les antiques coutumes et les langues se

rapprochent le plus de la constitution, des mœurs et des langues des

peuples de l’Amérique.

[73] Cette grande invasion de peuples, sortis des mers de l’Ouest et dont

on retrouve déjà tant de traces en Afrique et en Europe, dans les races

et les langues qui ne sont pas d’origine âryane ou sémitique, devrait, ce

nous semble, donner quelque peu à réfléchir aux savants qui prétendent

réduire la philologie, comparée à l’hébreu et au sanscrit. C’est dans

cette invasion qu’on sera forcé peut-être un jour de chercher l’origine

des _Hycsos_, qui en étaient probablement le dernier flot.

[74] N’est-ce pas à une des grandes invasions âryanes que Platon

pouvait faire allusion, quand il oppose cette armée athénienne, venant

de l’Est, pour combattre l’invasion atlantique, que les Athéniens,

d’origine âryane, repoussèrent, et dont ils conservèrent le souvenir

dans la célébration des petites Panathénées? De là probablement date

la prépondérance de la race blanche âryane sur les races plus ou moins

brunes qu’elle trouva en Europe.

[75] Platon, _Timée_, traduct. de M. Victor Cousin, tom. XII, page 3 et

suiv.

[76] _Egypt’s place in universal history_, etc., vol. IV, pag. 421.

[77] _Lettres sur l’Atlantide_, p. 43.

[78] _Odyssée_, trad. de Mme Dacier, tome I, page 5; tome II, page 7.

Remarques; tome I, page 65; tome II, pages 45 et 47.

[79] _Examen critique de l’hist. de la géogr. du N. Continent_, tom. I,

page 167 et suiv.

[80] Plutarque, _De facie in orbe lunæ_, page 941, 2. Voir mon ouvrage

_Popol Vuh_ ou Livre Sacré, dans l’introduction, page XCIX.

[81] Ce nom de Méropis, ajoute en note Humboldt, faisait-il allusion, en

se liant au Titan _Atlas_, à la seule de ses filles, qui s’était unie

à un mortel, et qui, dans les Pléiades, restait _voilée_ (obscurcie),

presque cachée au regard des hommes? (Apollod. Bibl., III, 10, 1, page

83, éd. Heyne.)

[82] Vers. 1274-1281. Sur un passage analogue de Callimaque. Voyez Ukert,

_Geogr. der Romer und Griech._, tome I, _Abth._ 2, pag. 246-348, et tom.

II, _Abth._ 1, pag. 194.

[83] Voyez Kleine, _Quæst. quædam de Solonis vita et fragmentis_.

Duitsb., 1832, pag. 8. D’un autre côté, M. Bach (_Solonis Athen. carmina

quæ supersunt_, Bonnæ ad Rhen., 1825, page. 35-56 et 113) croit que la

famille de Platon avait conservé, non comme traduction, mais comme poëme,

un écrit désigné par les mots λογός Ἀτλαντικὀς.

[84] «Cette objection élevée contre le récit de Platon, et les noms des

deux prêtres égyptiens que les dialogues ne désignent pas, me paraît

indiquer que Plutarque, malgré l’éloignement du temps, puisait à des

sources qui nous sont inconnues.» (Humboldt, _Examen_, etc., tom. I, page

174.)

[85] Bekkeri, _Comment. in Plat._, tom. II, pag. 395.—_Schol. in

Rempubl._, I, 3, 1. Voir aussi les mêmes renseignements dans Proclus _in

Tim._, pag. 26. Humboldt, _ibid._

[86] _Comment._, tom. II, pag. 427.

[87] _Examen crit. de l’hist. de la géogr. du N. Continent_, tom. I, page

176.

[88] Diod., _Bibl. hist._, trad. de M. Ferd. Hoefer, lib. II, § 55-60.—M.

de Sainte-Croix (_Examen des historiens d’Alexandre_, page 737) croyait

cependant que la Gulliveriade d’Iambulus avait quelque fond de vérité.

Un écrivain, profondément versé dans les langues et les alphabets de

l’Asie méridionale et orientale, M. Jacquet, a récemment fixé l’attention

(_Nouveau journal asiatique_, tom. VIII, page 30; tom. IX, page 308)

sur ce peuple qui «se servait de lettres d’après la valeur des signes

indicateurs, au nombre de vingt-sept, qui, d’après les figures qu’elles

affectent seulement au nombre de sept, éprouvent chacune quatre

modifications,» comme dans les alphabets syllabiques des Indiens. Ne

peut-on pas admettre que dans ces _Voyages imaginaires_, on se plaisait

à mêler aux fictions des descriptions locales, quelques traits de mœurs

et d’usage que l’on connaissait vaguement par les relations incohérentes

d’anciens navigateurs? Le mélange de vérité et de fiction paraît avoir

existé surtout dans la Panchaia d’Evhemere, malignement traitée de

Bergæen, par Eratosthène (Gosselin, tom. II, pag. 138). Cette note est

de Humboldt et pourrait s’appliquer à une foule de relations modernes

de voyages, où les auteurs ne se gênent guère pour mêler le roman à la

réalité. Combien de lecteurs ne connaissent le Pérou que par les _Incas_,

de Marmontel, et le Mexique par les récits de Gabriel Ferry? Est-ce une

raison pour nier l’existence de ces deux pays?

[89] Letronne, _Idées cosmogoniques_, pages 8 et 9. (Heeren, tome I,

1, pag. 206-240; tom. II, 2, pag. 438) croit, d’après la route des

caravanes, indiquée par Hérodote au delà des Garamantes, devoir placer

les Atlantes de cet historien entre le Fezzan et le Bornou. C’était là

peut-être un reste de ces populations, confondues depuis sous le nom de

Berbères, et desquels peuvent être sortis les _Hycsos_ ou rois pasteurs

qui envahirent l’Égypte et élevèrent si haut les arts dans cette contrée,

quoi qu’en dise Manethon.

[90] Hérodote, _Histoire_, etc. liv. IV, 191.

[91] Les Gorgones, dont le masque hideux se retrouve en Europe et

en Asie, dans une foule de monuments anciens et modernes, existe en

Amérique, dans un grand nombre de sculptures, de plusieurs siècles

antérieures à Christophe Colomb.

[92] Diodor., _Bibliot. Hist._ lib. III, § 52-56.

[93] Id. _ibid._—C’est là peut-être ce qui explique le silence de Diodore

sur la disparition de l’Atlantide.

[94] Herodot., _Hist._, lib. IV, 179.

[95] Sallust., _Bell. Jugur._, cap. 18.—Plin., lib. V, 8.—Strab., lib.

XVII, pag. 828, cas.—Ces Perses dont parle Salluste ne pourraient-ils

pas être identifiés avec quelques-unes des tribus âryanes qui envahirent

l’Europe et chassèrent ou soumirent à leur domination les populations

d’origine brune ou atlantique?

[96] Plutarque, _Traité d’Isis et d’Osiris_, passim.

[97] «A part les principaux livres de l’Ancien Testament, à part les

Kings des Chinois, le Véda, quelques Gâthas du Zend-Avesta, et le

_soi-disant Livre des Morts_ de la vieille Égypte, dont le texte a été

publié par Lepsius, mais dont nul égyplologue n’a encore brisé le sceau,

nous ne possédons de toute l’antiquité que les œuvres d’une muse épique,

dont la forme actuelle ne remonte pas très-haut, à commencer par Homère

(Eckstein, _Sur les sources de la cosmogonie de Sanchoniathon_, page 136).

[98] _Bassin de l’Ouest._ Ainsi doivent s’interpréter les mots _Amen oli_

de l’hiéroglyphe.

[99] _Men_, est le nom du douzième signe ou personnage du calendrier

maya, l’un des vingt chefs primitifs suivant Nuñez de la Vega, et son

nom, en maya comme en égyptien, signifie fondateur, édificateur.

[100] _Iliad._, lib. XIV, etc.—Homère ou celui qui écrivit sous son nom,

était parfaitement instruit de la géographie de son temps; il distingue

parfaitement l’_Océan_ du _Nil_, que la vanité égyptienne cherchait

toujours à confondre. Voir Diod., _Biblioth. hist._, lib. I.

[101] _Hist. d’Égypte, dès les premiers temps de son existence jusqu’à

nos jours_, etc. Leipzig, 1859, prem. part., chap. 1.

[102] Brugsch, _ibid._, page 25, texte et note.

[103] Id. _ibid._, page 2.

[104] Id. _ibid._, page 3.

[105] Il existe au Guatémala un cours d’eau considérable, du nom de

_Nil_, qui descend de la Cordillère de Soconusco à l’Océan Pacifique. Ce

nom, dons le vocabulaire quiché de Ximenez, est traduit par ces mots,

_cosa sosegada, que está en paz_, tranquille, paisible. Deux documents

anciens en font mention: le _Titulo de los señores de Totonicapan_ et le

_Titulo de los señores de Quezaltenango_. Un Vocabulaire quiché donne

au Couchant, c’est-à-dire au côté du Pacifique, le nom de _Pa-Nile_, la

région du Nil.

Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa Texte espagnol et traduction française en regard, comprenant les signes du calendrier et de l'alphabet hiéroglyphique de la langue maya; accompagné de documents divers historiques et chronologiques, avec une grammaire et un vocabulaire abrégés français-maya, précédés d'un essai sur les sources de l'histoire primitive du Mexique et de l'Amérique Centrale, etc., d'après les monuments égyptiens, et de l'histoire primitive de l'égypte d'après les monuments américains par l'abbé Brasseur de Bourbourg · 第 9 / 47 段