Pelage long, en dessus d’un brun roux très foncé, en dessous d’un gris

roussâtre. Oreilles de la longueur de la tête ou un peu plus courtes,

ondulées à leur bord externe; oreillon, de la moitié de l’oreille,

étroit, assez pointu, à peu près droit. Les oreilles, le nez et les

membranes noirâtres; toute la coloration, du reste, assez variable.

Ailes insérées à la base des doigts.

Envergure 0^{m}22; corps 0^{m}040; queue 0^{m}035.

Les deux sexes semblables, les jeunes plus sombres, avec la base des

ailes noire.

Petite espèce qui habite toute l’Europe centrale, ne craint pas de

s’élever dans les montagnes et se trouve communément partout en Suisse,

en Belgique et en France. Elle est même très répandue dans l’Indre et

autres départements du centre.

On la voit, de bonne heure en été, voltiger à une faible hauteur, sur

les rivières et les étangs, saisissant les trichoptères et les diptères

à la surface de l’eau. Pendant la journée, elle se case un peu partout,

dans les trous d’arbres et de murs, dans les greniers et les cavernes.

En hiver, elle dort d’un sommeil léger, isolée ou par compagnies, dans

les carrières, cavernes et souterrains, tantôt suspendue, tantôt au fond

d’une fissure.

Les Chauves-Souris semblent n’avoir guère d’ennemis; cependant les

Rapaces, surtout les nocturnes, en saisissent quelques-unes et nous

avons trouvé dans l’estomac d’une pie un Vespertilion à moustaches

intact. L’oiseau avait dû le prendre dans une cavité d’arbre et l’avait

avalé tout entier.

GENRE =Minioptère=.--=Miniopterus= Bonaparte.

Museau large, dessus de la tête très bombé; nez sans aucun repli;

narines ouvertes au bout du museau. Oreilles bien séparées, très

courtes, triangulaires, oreillon analogue à celui des Vespériens. Ailes

très longues, étroites et très sinueuses. La première phalange du

deuxième doigt de l’aile très courte. Jambes plutôt longues.

[Illustration: Fig. 14.--Tête du Minioptère de Schreibers.

Fig. 15.--Crâne du Minioptère de Schreibers.]

Queue au moins aussi longue que tout le corps, complètement prise dans

la membrane interfémorale. En tout 36 dents, les incisives supérieures

séparées des canines et séparées entre elles.

=Minioptère de Schreibers.=

MINIOPTERUS SCHREIBERSI Natterer.

Pelage court, brun cendré ou gris dessus; grisâtre en dessous. Oreilles

beaucoup plus courtes que la tête; oreillon, de moitié de l’oreille,

étroit, penché en dedans. Aile insérée au tibia.

Envergure: 0^{m}28 à 0^{m}30; corps 0^{m}050; queue 0^{m}056.

Habite la Suisse, habite aussi en France les Pyrénées, la Provence et

plusieurs départements du midi et du sud-est, où elle n’est pas

commune. Excessivement rare ou inconnue ailleurs.

Elle semble préférer aux villes et aux habitations les endroits sauvages

et elle circule, d’un vol élevé et très rapide, autour des bois, dans

les clairières et sur les chemins des campagnes, dès que la nuit est

venue. Au matin, elle rentre par petites troupes dans les souterrains et

les grottes les plus profondes, où elle vit, l’hiver aussi bien que

l’été.

FAMILLE DES =EMBALLONURIDÉS=

GENRE =Molosse=.--=Nyctinomus= E. Geoffroy.

[Illustration: Fig. 16.--Aile de Molosse.]

Museau épais, tronqué; le nez dépassant la lèvre inférieure; narines

ouvertes au bout du museau. Oreilles soudées du coté interne; oreillon

très court, très large, presque carré. Ailes très longues et très

étroites. Queue épaisse, prise dans sa première moitié dans la membrane

interfémorale, libre dans sa seconde moitié. En tout 32 dents.

=Molosse de Cestoni.=

NYCTINOMUS CESTONII Savi.

(Dynops Cestonii Savi--Dysopes Cestonii Wagner).

Pelage brun roux, ou jaunâtre, ou gris noirâtre. Oreilles larges,

triangulaires, réunies à la base, leur centre rabattu sur les yeux.

Lèvres plissées. Museau rappelant celui d’un bouledogue. Queue libre sur

un long espace.

Envergure 0^{m}364; corps 0^{m}078; queue 0^{m}046.

Espèce répandue dans le monde sur un très vaste territoire, puisqu’on la

trouve dans la plus grande partie de l’Asie, dans une partie de

l’Afrique, dans l’Europe centrale et méridionale, mais assez peu

observée en France où on l’a capturée à diverses reprises, seulement

dans le Var, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, et plutôt rare

partout. Du reste, facilement reconnaissable à son facies très

particulier.

[Illustration: Fig. 17.--Tête du Molosse de Cestoni.]

Elle habite les cavernes où elle se suspend aux voûtes.

Un individu, capturé dans une chambre où il s’était introduit, a donné

lieu à quelques observations: très hargneux et méchant au début, il

s’habitua assez vite et devint familier; il se nourrissait d’insectes

et, pour boire, trempait dans l’eau tout son museau, comme fait le

Murin; il courait relativement vite avec ses pieds bien dégagés, et sa

voix était une sorte de grincement clair et métallique.

Clé synoptique pour la détermination des espèces.

Un grand repli membraneux en

forme de feuille sur la face. Pas

d’oreillons. Ailes courtes et larges.

Toujours 32 dents (Rhinolophidés). 1

Pas de grand repli membraneux

en forme de feuille sur la face. Des

oreillons très courts et carrés. Queue

très épaisse, dépassant de la moitié

de sa longueur la membrane interfémorale.

Toujours 32 dents. Ailes

très longues et très étroites. (Emballonuridés). =Cestonii=

Pas de grand repli membraneux

en forme de feuille sur la face. Des

oreillons plus ou moins allongés.

Queue longue et étroite prise dans

la membrane interfémorale et ne

dépassant cette membrane que de

un à trois millimètres. De 32 à

38 dents. 4

1. Grande taille (envergure:

0^{m}36), première prémolaire en dehors

de la ligne des dents, la deuxième

accolée à la canine. Aile insérée au

talon. =ferrum equinum=

1. Taille moyenne ou petite

(envergure 0^{m}22 à 0^{m}28) première

prémolaire sur la ligne des dents, la

deuxième séparée de la canine par

la première. 2

2. Taille petite (envergure: 0^{m}22

à 0^{m}23). Membrane interfémorale

anguleuse, laissant à peine libre

l’extrême pointe de la queue. =hipposideros=

2. Taille moyenne (envergure:

0^{m}28), membrane interfémorale carrée,

légèrement dépassée par la

queue. 3

3. Aile insérée au talon. Côtés de

la selle convergeant vers le haut. =Blasii=

3. Aile insérée au tibia, au-dessus

du talon. Côtés de la selle droits,

parallèles. =euryale=

4. Sommet de la tête très bombé,

très élevé au-dessus du museau.

Incisives supérieures séparées entre

elles et séparées des canines. =Schreibersi=

4. Sommet de la tête plat, peu

élevé au-dessus du museau. Incisives

supérieures accolées deux par deux

de chaque côté à la canine correspondante. 5

5. Narines s’ouvrant sur la partie

dorsale du museau, au fond d’une

rainure. Oreilles soudées ensemble à

leur base. 6

5. Narines s’ouvrant normalement

au bout du museau. Oreilles

séparées. 7

6. Oreilles beaucoup plus longues

que la tête, dont le bord externe

s’insère latéralement à l’angle de la

bouche. Ailes larges; 36 dents. =auritus=

6. Oreilles à peine de la longueur

de la tête, moyenne, leur bord

externe s’insérant en avant, entre les

yeux et la bouche. Ailes moyennes;

34 dents. =barbastellus=

7. Bord externe de l’oreille inséré

beaucoup plus bas que le bord interne,

vers le coin des lèvres. Oreilles

ordinairement plus courtes que la

tête, plus ou moins triangulaires.

Oreillon droit ou courbé en dedans.

Museau presque nu. Ailes longues

et étroites; 32 ou 34 dents (genre

Vesperugo). 8

7. Bord externe de l’oreille inséré

plus ou moins en face du bord interne,

vers la base de l’oreillon. Oreilles

ordinairement aussi longues ou plus

longues que la tête, ovales. Oreillon

long, pointu, plus ou moins courbé

en dehors. Museau poilu. Ailes

larges et courtes; 38 dents (genre

Vespertilio). 14

8. Seulement 32 dents, soit seulement

deux prémolaires supérieures.

8. 34 dents, soit quatre prémolaires

supérieures. 10

9. Grande taille (envergure 0^{m}35).

Oreillon moyennement long ayant

sa plus grande largeur immédiatement

au-dessus de la base de son

bord interne. Les deux dernières

vertèbres caudales libres. =serotinus=

9. Taille assez petite (envergure

0^{m}27). Oreillon court ayant sa plus

grande largeur immédiatement au-dessus

du milieu de son bord

interne. Seulement la dernière vertèbre

caudale libre. =discolor=

9. Taille assez petite (envergure

0^{m}26). Oreillon court ayant sa plus

grande largeur vers le milieu de son

bord interne. Les deux dernières

vertèbres caudales libres. =borealis=

10. Membrane de l’aile s’insérant

au talon ou au-dessus. Oreillon dilaté

en haut. 11

10. Membrane de l’aile s’insérant

à la base des orteils, oreillon non

dilaté en haut. 12

11. Grande taille (envergure 0^{m}35

à 0^{m}45), pelage à peu près unicolore.

Incisives inférieures formant

un angle droit avec la mâchoire. =noctula=

11. Taille assez petite (envergure

0^{m}27), pelage bicolore. Incisives

inférieures dans la direction de la

mâchoire. =Leisleri=

12. Oreillon ayant sa plus grande

largeur vers son milieu. Bord externe

de l’oreille convexe en bas, convexe

en haut. Pelage noir. =Savii=

12. Oreillon ayant sa plus grande

largeur immédiatement au-dessus

de la base de son bord interne.

Pelage non coloré en noir. 13

13. Les deux bords de l’oreillon

parallèles. Bord externe de l’oreille

échancré à son tiers supérieur.

Membrane interfémorale non bordée

de blanc. =pipistrellus=

13. Les deux bords de l’oreillon

parallèles. Bord externe de l’oreille

droit. Membrane interfémorale non

bordée de blanc. =abramus=

13. Le bord externe de l’oreillon

convexe, son bord interne droit.

Bord externe de l’oreille un peu

concave dans son tiers supérieur.

Membrane interfémorale bordée de

blanc. =Kuhlii=

14. Pied très grand. Les deux

dernières vertèbres de la queue

dépassant la membrane interfémorale. 15

14. Pieds moyens. La queue ne

dépassant pas la membrane interfémorale

ou la dépassant d’une façon

à peine visible. 16

15. Membrane insérée au talon.

Oreillon très aigu à sa partie supérieure

recourbée en dehors; son

bord interne convexe. =megapodius=

15. Membrane insérée au talon.

Oreillon obtus à sa partie supérieure

recourbée en dedans; son bord

interne un peu concave. =dasycneme=

15. Membrane insérée aux métatarsiens.

Oreillon droit. =Daubentoni=

16. Oreillon effilé en haut, à

pointe aiguë et recourbée en dehors.

Oreilles de la longueur de la tête. 17

16. Oreillon droit, à pointe subaiguë

ou obtuse. Oreilles de la longueur

de la tête ou beaucoup plus

longues. 18

17. Oreille presque aussi longue

que la tête, avec le bord externe

profondément échancré. =emarginatus=

17. Oreille plus longue que la

tête, avec le bord externe à peine

échancré. Bord libre de la membrane

interfémorale frangé de poils

raides. Queue aussi longue que la

tête et le corps. =Nattereri=

17. Oreille plus longue que la

tête, avec le bord externe à peine

échancré. Bord libre de la membrane

interfémorale sans poils.

Queue plus courte que la tête et le

corps. =Bechsteinii=

18. Oreille de la longueur de la

tête, très échancrée au bord externe. =mystacinus=

18. Oreille beaucoup plus longue

que la tête, à peine échancrée au bord

externe. =murinus=

Ordre II.--=Insectivores.=

Les Insectivores, répartis en France, en Belgique et en Suisse en trois

familles, celle des Hérissons, celle des Musaraignes et celle des Taupes

et des Desmans, sont des Mammifères terrestres, plantigrades, ayant une

clavicule, tous de taille assez petite ou très petite, ayant quatre

pattes à cinq doigts pourvus d’ongles, les oreilles et les yeux petits,

le museau plus ou moins allongé; la queue variable, tantôt longue,

tantôt très courte. Leurs mamelles sont placées différemment, suivant

les genres.

Ils ont de 28 à 44 dents: toujours à chaque mâchoire plus de deux

incisives, des canines plus ou moins développées, des molaires en

tubercules aigus rappelant celles des Chauves-Souris, et jamais de

barre, c’est-à-dire cette séparation qui existe entre les dents des

Rongeurs.

Ils sont tous plus ou moins nocturnes; quelques-uns ont, comme les

Chauves-Souris, un sommeil hibernal.

Les petits naissent nus, sourds et aveugles, mais se développent très

rapidement.

Les Insectivores de nos contrées sont classés en trois familles:

Les Erinaceidés, caractérisés par leur forme normale, les quatre pattes

organisées pour la marche, les yeux moyens, le museau en forme de groin,

les poils transformés sur la plus grande partie du corps en piquants

acérés; la queue courte et dix mamelles.

Les représentants français, belges et suisses de cette famille

s’engourdissent pendant l’hiver et sont omnivores. On trouve des

Erinaceidés dans beaucoup de parties de l’ancien monde, mais une seule

espèce en France. Notons cependant que le D^{r} Siépi a signalé

l’existence dans le Var du Hérisson d’Algérie, une espèce un peu

différente du Hérisson européen.

Les Talpidés, caractérisés par le cou très court, les pieds de forme

très particulière, les ongles très forts organisés pour fouir et creuser

la terre, les yeux extrêmement petits et 44 dents. Ils ne se nourrissent

que de proies vivantes. Ils se divisent eux-mêmes en deux sous-familles:

Celle des Taupes, avec deux espèces françaises, adaptée à la vie

exclusivement souterraine, ayant le museau en forme de boutoir, six

incisives à la mâchoire supérieure et huit à la mâchoire inférieure, les

canines fortes, le pied de devant court transformé en une très large

palette, admirablement organisée pour creuser des galeries souterraines

et marcher dans ces galeries, le pied de derrière à peu près normal, la

queue courte et velue.

Celle des Desmans, avec une espèce française, adaptée à la vie aquatique

et à demi souterraine, ayant le museau en forme d’une longue trompe,

quatre incisives à la mâchoire supérieure et autant à l’inférieure, les

canines très petites, le pied de devant petit et palmé, le pied de

derrière très grand et palmé, la queue très longue.

Les Soricidés, caractérisés par les membres organisés pour la marche

normale, le museau très allongé, 28 à 32 dents, les yeux petits, le

corps couvert de poils ordinaires, la forme de petites souris. Ils sont

exclusivement carnivores et insectivores.

FAMILLE DES =ERINACEIDÉS=

Tête large à sa base, conique; oreilles arrondies, petites, dépassant

les poils. Incisives médianes longues, les inférieures peu recourbées,

les canines petites; en tout 36 dents.

=Hérisson d’Europe.= ERINACEUS EUROPÆUS Linné.

(Voir la planche 4).

FAMILLE DES =TALPIDÉS=

GENRE =Taupe=.--=Talpa= Linné.

[Illustration: Fig. 18.--Crâne de la Taupe commune.]

Tête large à la base, sans oreilles visibles; museau allongé, terminé

par une espèce de boutoir; canines supérieures fortes; yeux très petits

ou même cachés sous une peau; corps allongé et cylindrique avec les

membres courts, les antérieurs en forme de larges mains, les postérieurs

étroits. Queue courte. 44 dents.

=1. Taupe commune.= TALPA EUROPÆA Linné.

(Voir la planche 5).

=2. Taupe aveugle.= TALPA CŒCA Savi.

La Taupe aveugle qui habite certains départements des bords de la

Méditerranée et celui de la Gironde n’est probablement qu’une variété de

la Taupe commune, une forme en train de subir des modifications.

GENRE =Desman=.--=Myogalea= Fischer.

Museau prolongé en une petite trompe très longue et très flexible; queue

longue, écailleuse, aplatie aux côtés; 22 dents à chaque mâchoire.

[Illustration: Fig. 19.--Museau du Desman des Pyrénées.]

=Desman des Pyrénées.= MYOGALEA PYRENAICA Geoffroy.

(Voir la planche 6).

FAMILLE DES =SORICIDÉS=

GENRE =Crocidure=.--=Crocidura= Wagler.

Dents blanches, les incisives supérieures médianes recourbées en hameçon

avec un talon pointu, les médianes inférieures entières, non dentelées;

canines petites; molaires surmontées de tubercules aigus. Yeux très

petits; oreilles arrondies, petites, mais dépassant les poils. Museau

long et mobile. Corps allongé, membres courts, queue arrondie, aussi

longue que le corps. 28 et 30 dents.

1º =Crocidure aranivore.= CROCIDURA ARANEUS Schreber.

(Voir la planche 7).

[Illustration: Fig. 20.--Crâne du Crocidure aranivore.]

2º =Crocidure leucode.= CROCIDURA LEUCODON Hermann.

(Leucodon micrurus Fatio).

Pelage brun foncé en dessus, blanc en dessous, les deux teintes

nettement séparées; oreilles peu velues; queue plus courte que la moitié

du corps, couverte de poils courts avec quelques longs poils épars,

brune dessus, blanche dessous. La tête plus longue que celle de

l’Aranivore. 28 dents.

Longueur du corps 0^{m}075, de la queue 0^{m}029.

Les deux sexes et les jeunes semblables, ces derniers parfois plus gris.

Cette espèce a tout à fait les mœurs de la Musette et s’attaque, comme

elle, à tous les insectes, aux vers, aux petits mammifères et aux

oiseaux, à toutes sortes de larves et aux chenilles, mais elle

s’approche moins des habitations et rôde plutôt dans les endroits

broussailleux, les buissons autour des champs et la lisière des bois.

Elle fait, comme l’autre, de février à octobre, de deux à quatre

portées, chacune de 3 à 4 petits.

La Crocidure leucode, très rare en Belgique, assez rare en Suisse, est

plus commune que l’Aranivore dans le nord-est et l’est de la France,

mais dans le sud, l’ouest et le centre, elle est beaucoup plus rare.

3º =Crocidure étrusque.= CROCIDURA ETRUSCA Savi.

Pelage gris cendré roussâtre en dessus, les flancs et le dessous du

corps d’un gris blanchâtre, les teintes se fondant l’une dans l’autre.

Queue grosse, de la longueur du corps sans la tête, couverte de poils

courts et de quelques longs poils, carrée et diminuant peu à peu de

grosseur. Tête longue, oreilles assez grandes. 30 dents.

Longueur du corps 0^{m}035, de la queue 0^{m}025.

Les deux sexes semblables, les jeunes de couleur plus foncée.

Cette espèce dont certains auteurs ont fait un genre séparé (Pachyura

Selys) n’a pas de glande odorante et est beaucoup plus petite que les

autres.

Elle habite les départements du midi de la France et remonte vers l’est

et le centre jusqu’au département de l’Allier, où elle doit être rare,

tandis qu’à l’ouest, elle ne remonte pas jusqu’à la Gironde.

Comme les autres Crocidures, elle est très carnassière, et malgré sa

petitesse, attaque tous les insectes, même les oisillons et les petits

mammifères. Elle vit dans les haies et les broussailles et, durant

l’hiver, pénètre quelquefois dans les granges et les habitations.

GENRE =Musaraigne=.--Sorex Linné.

Dents rouges au bout, les incisives supérieures très recourbées, ayant

le talon aussi saillant que la pointe, les médianes inférieures très

dentelées; canines petites, molaires surmontées de tubercules aigus.

Yeux très petits, oreilles petites disparaissant sous les poils. Museau

long et mobile. Corps allongé; membres courts. Queue cylindrique ou

carrée. 32 dents.

1º =Musaraigne carrelet.= SOREX VULGARIS Linné.

(Sorex tetragonurus Hermann. Sorex coronatus Millet.)

(Voir la planche 8).

=2º Musaraigne pygmée.= SOREX PYGMŒUS Laxmann et

Pallas.

Pelage gris brunâtre ou marron dessus, blanchâtre ou cendré en dessous.

Pieds blanchâtres. Oreilles dépassant un peu les poils. Queue fauve, un

peu plus longue que le corps sans la tête, poilue, épaisse, avec pinceau

de poils à l’extrémité. Museau très long. Ressemblant beaucoup au

Carrelet, mais d’un tiers plus petite, avec la queue plus longue et plus

grosse.

Longueur du corps 0^{m}048, de la queue 0^{m}037.

Les deux sexes et les jeunes semblables.

Cette espèce est généralement rare et très localisée, mais elle a dû

être confondue avec des jeunes de l’espèce précédente. Habitant surtout

l’Europe moyenne et septentrionale, elle est indiquée notamment comme

rare en Belgique, dans la Manche, dans la Sarthe, en Anjou, en Bretagne

et dans l’est de la France, comme commune dans les Alpes et le Var. Les

auteurs des faunes locales du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de la

Lorraine, du Jura, du Doubs, de l’Aube, de la Gironde, de l’Ardèche, ne

la mentionnent pas. Elle n’a pas non plus été observée dans les

départements du centre.

Comme le Carrelet, dont elle a les mœurs, elle vit dans les endroits

couverts de broussailles et humides ou sur la lisière des taillis, se

nourrissant surtout de vers et d’insectes. Elle s’introduirait

volontiers dans les ruches pour détruire les abeilles.

3º =Musaraigne des Alpes.= SOREX ALPINUS Schinz.

Pelage fourré, cendré ou gris ardoisé en dessus, plus clair en dessous.

Pieds gris. Oreilles ne dépassant guère les poils. Queue noirâtre, à peu

près de la longueur du corps, couverte de poils avec pinceau au bout.

Chez cette espèce, le talon des incisives supérieures est moins saillant

que chez les autres espèces, et un peu plus bas que la dent suivante. La

taille varie beaucoup.

Longueur du corps 0^{m}066 à 0^{m}075, de la queue 0^{m}06 à 0^{m}07.

Espèce plutôt rare qui habite les départements montagneux de la France,

le Jura, les Pyrénées, les Alpes françaises et suisses; observée aussi

dans le Doubs. On l’y rencontre jusqu’à une altitude de 2.500 mètres.

Elle se nourrit d’insectes et de petits mammifères et oisillons qu’elle

trouve en chassant dans les bois, les endroits herbeux et le bord des

torrents. Elle entre dans les chalets et se noie parfois dans les

baquets de laitage, en essayant d’y boire.

GENRE =Crossope=.--=Crossopus= Wagler.

[Illustration: Fig. 21.--Crâne du Crossope aquatique.]

Dents rouge orangé au bout, les incisives supérieures très recourbées en

hameçons, sans dentelures, les inférieures longues et un peu recourbées;

canines petites, molaires surmontées de tubercules aigus. Yeux très

petits; oreilles arrondies, à peu près cachées sous le poil. Museau long

et mobile. Corps allongé, membres courts. Queue quadrangulaire, presque

aussi longue que le corps sans la tête, ciliée en dessous. Pieds forts,

larges, pourvus de soies raides. 30 dents.

=Crossope aquatique.= CROSSOPUS FODIENS.

(Voir la planche 9.)

ORDRE III.--=Rongeurs.=

Les Rongeurs sont des Mammifères terrestres, tous de taille petite ou

moyenne, ayant quatre pattes pourvues d’ongles, avec le pouce parfois

rudimentaire, les oreilles et les yeux variables, ainsi que le nombre

des mamelles: la queue tantôt très longue, tantôt courte ou très courte.

Leur caractère principal réside dans la dentition; leurs incisives sont

très développées et arquées, leurs molaires à tubercules plus ou moins

aplatis ou à proéminences formant des lignes brisées, et ils n’ont pas

de canines. La place des canines est occupée par un grand espace vide

auquel on a donné le nom de barre. Leurs incisives croissent sans cesse

et s’usent en proportion.

[Illustration: Fig. 22.--Crâne du Castor ordinaire.]

Ils vivent de substances végétales ou sont omnivores, sont tantôt

diurnes et tantôt nocturnes; quelques-uns ont un sommeil hibernal. Chez

eux, la gestation est particulièrement courte, car elle dure seulement

de trois à six semaines; les petits, sauf exception, naissent nus,

sourds et aveugles. Plusieurs ont l’instinct d’amasser des provisions,

d’autres de voyager et au besoin de faire une longue émigration.

La plupart ont une clavicule destinée à maintenir écartés les membres de

devant, et ils se servent de leurs pattes antérieures pour porter leur

nourriture à la bouche; d’autres n’ont qu’une clavicule rudimentaire.

Cinq familles de cet ordre ont en France des représentants indigènes,

quatre seulement en Belgique et en Suisse.

[Illustration: Fig. 23.--Crâne de l’Écureuil commun.]

Les Castoridés, avec une clavicule, deux incisives supérieures, quatre

molaires par mâchoire, non tuberculées, mais présentant des replis

inversement contournés en haut et en bas, en tout 20 dents; le crâne

fort, large et court, cinq doigts à tous les pieds; la queue en large

palette écailleuse.

[Illustration: Fig. 24.--Crâne de la Marmotte vulgaire.]

Les Sciuridés, qui ont une clavicule, deux incisives supérieures, quatre

molaires simples en bas et quatre ou cinq en haut par mâchoire, soit 20

ou 22 dents; le crâne fort, large et court; quatre doigts avec un pouce

rudimentaire aux pieds; la queue touffue de la longueur du corps dans

le groupe des Écureuils, ou courte dans le groupe des Marmottes.

[Illustration: Fig. 25.--Crâne du Rat surmulot.]

[Illustration: Fig. 26.--Crâne du Campagnol Rat d’eau.]

Atlas de poche des mammifères de la France, de la Suisse romane et de la Belgique avec leur description, moeurs et organisation · 第 7 / 10 段