souterraines, en toute saison. La nuit venue, il sort et vole assez bas
et lentement dans les campagnes, à la recherche des petits insectes. Dès
l’aube, il est rentré dans son repaire où il dort, accroché à la voûte.
Au mois de juillet, on trouve des rassemblements de femelles, les unes
encore pleines, les autres avec leurs petits, tandis que les mâles sont
assez souvent solitaires. Lorsque ces femelles sont accolées les unes
près des autres, le petit quitte volontiers sa mère pour passer sous une
autre femelle qui l’accueille parfaitement. Pendant le vol, le jeune
reste accroché à l’abdomen de la femelle.
Dès les premiers froids, ce Rhinolophe s’engourdit, mais au printemps,
il apparaît d’assez bonne heure.
Il est commun presque partout en France, en Belgique et en Suisse.
FAMILLE DES =VESPERTILIONIDÉS=
GENRE =Oreillard=.--=Plecotus= E. Geoffroy.
Une seule espèce, =Plecotus auritus= Geoffroy, déjà figurée et décrite
(voir Planche 2).
[Illustration: Fig. 7. Tête d’Oreillard (face).]
[Illustration: Fig. 8. Tête d’Oreillard (profil).]
GENRE =Barbastelle=.--=Synotus= Keys. et Blasius.
Museau large, avec apparence de repli en feuilles; narines ouvertes sur
la face dorsale du nez, au fond d’une rainure. Deux incisives de chaque
côté à la mâchoire supérieure, trois incisives à l’inférieure. Oreilles
réunies par le bas, à peine de la longueur de la tête, très dentelées
extérieurement; oreillons aussi dentelés, larges en bas, amincis en
haut. Ailes plutôt moyennes; jambes longues; 34 dents.
=Barbastelle commune.=
SYNOTUS BARBASTELLUS Keys. et Blasius.
Pelage brun foncé ou noirâtre dessus, brunâtre en dessous, souvent
presque blanchâtre vers l’anus. Bouche large, yeux très petits. Oreillon
de moitié de l’oreille. Aile insérée à la base des doigts.
[Illustration: Fig. 9. Tête de Barbastelle.]
Envergure 0^{m}28, corps 0^{m}048, queue 0^{m}044.
Les deux sexes semblables, les jeunes avec des teintes plus sombres.
Espèce très rare en Belgique et dans le nord de la France, assez commune
en Suisse et dans la plupart des départements français, indiquée
toutefois comme rare en Bretagne, dans la Sarthe et quelques autres
endroits.
Pendant le jour, elle est retirée dans les greniers et les clochers,
suspendue aux voûtes. De bonne heure, le soir elle sort et parcourt,
d’un vol rapide, élevé et irrégulier, les rues des villes, les jardins
et la lisière des bois.
Aux approches de l’hiver, elle se cache dans les cavernes et les
souterrains ou s’enfonce dans les fissures, mais son sommeil hibernal
est peu profond et parfois elle s’envole, malgré le froid.
Elle est peu frileuse, car on a remarqué que, au contraire des autres
espèces, elle se place souvent dans un courant d’air.
On la trouve souvent isolée.
GENRE =Vespérien=.--=Vesperugo= Keys. et Blasius.
Museau court, nez sans aucun repli; narines ouvertes au bout du museau.
Deux incisives à la mâchoire supérieure de chaque côté, trois incisives
à l’inférieure. Oreilles très séparées, assez larges; oreillon courbé en
dedans ou droit. Ailes longues et étroites. Jambes plutôt courtes et
fortes. En tout 32 ou 34 dents, par suite de la présence ou de l’absence
au maxillaire supérieur d’une petite prémolaire.
1º =Vespérien noctule.=
VESPERUGO NOCTULA Keys. et Blasius.
Pelage court, brun roux dessus, presque semblable ou un peu plus clair
en dessous. Oreille très large, assez courte, presque arrondie au
sommet, oreillon très court, en forme de croissant, courbé en dedans.
Ailes très longues et très étroites, insérées au talon; 34 dents.
Envergure 0^{m}35 à 0^{m}45, corps 0^{m}072, queue 0^{m}042 à 0^{m}050.
Mâles et femelles semblables, les jeunes d’un brun noirâtre.
Cette espèce, commune partout, habite les arbres creux, les clochers et
les greniers où elle se cache de préférence dans des trous; on ne la
rencontre jamais dans les cavernes. A peine le soleil couché, on
aperçoit ordinairement à une hauteur prodigieuse, de grandes
Chauves-Souris qui planent lentement. Ce sont des Noctules qui, à mesure
que l’obscurité se fait plus épaisse, se rapprochent de terre pour
suivre, d’un vol rapide, le bord des rivières, la lisière des bois, les
avenues, les rues des villes. Souvent, elles pénètrent dans les
appartements et lorsqu’on les saisit, elles poussent de petits cris et
des stridulations rauques.
[Illustration: Fig. 10.--Tête du Vespérien noctule.]
Elle mange toutes sortes d’insectes, notamment des phalènes, des
hannetons, des géotrupes stercoraires. Il semble prouvé que,
probablement comme les autres Chauves-Souris, la Noctule chasse au
crépuscule du soir pendant quelques heures, puis se repose au milieu de
la nuit pour chasser de nouveau avant l’aube. Au jour, elle rentre dans
sa retraite et s’y établit, seule ou par petites troupes.
Au printemps, la femelle met bas un petit, parfois deux.
Elle émet une assez forte odeur de musc.
2º =Vespérien de Leisler.=
VESPERUGO LEISLERI Kull.
Pelage brun-rougeâtre dessus, brun-jaunâtre en dessous. Oreilles larges
et courtes, un peu plus allongées que celles de la Noctule; oreillon
court, un peu en forme de croissant, courbé en dedans. Aile longue et
étroite, insérée au talon. 34 dents.
Quelques auteurs forment pour les deux Vespériens, Noctule et Leisler,
un sous-genre spécial caractérisé par la présence de quatre prémolaires
supérieures et l’insertion de l’aile au talon.
Envergure 0^{m}27, corps 0^{m}055, queue 0^{m}045.
Les deux sexes semblables.
Cette espèce non signalée en Belgique, très rare en France et dans la
Suisse Romande, ressemble à la Noctule, mais elle est plus petite, a les
incisives placées dans la direction de la mâchoire, tandis que, chez la
Noctule, elles sont placées obliquement, et a l’incisive supérieure
externe égale à l’interne en diamètre à la hauteur du collet, tandis que
ce diamètre est double chez la Noctule.
Elle vit en petites troupes dans les greniers et les vieux bâtiments,
ainsi que dans les cavités d’arbres. Elle sort dès le crépuscule et
parcourt, d’un vol élevé et capricieux, les abords des villages et la
bordure des bois. L’hiver, elle s’endort d’un sommeil long et profond.
Elle habite l’Europe moyenne et a été observée notamment dans les Alpes
et en Lorraine.
3º =Vespérien de Savi.=
VESPERUGO SAVII Bonaparte.
(Vespertilio Maurus Blasius, V. Bonapartii Savi, Vespérien alpestre
Fatio.)
Pelage très long et épais, noirâtre dessus et dessous, avec une nuance
grise ou argentée. Oreilles courtes, arrondies en haut; oreillon court,
ayant sa plus grande largeur vers son milieu. Ailes insérées à la base
des orteils. 34 dents.
Envergure 0^{m}22, corps 0^{m}050, queue 0^{m}030.
Espèce rare trouvée seulement dans les Alpes, les départements français
du sud-est et la Corse, vivant pendant l’été sur les montagnes et
descendant dans les pays moins élevés pour passer l’hiver.
Elle se case, durant la journée, sous les toits des chalets et des
bâtiments par petites troupes, et s’envole de bonne heure, en quête
d’insectes. Son vol est rapide et élevé.
4º =Vespérien pipistrelle.=
VESPERUGO PIPISTRELLUS Keys et Blasius.
(Vespertilio brachyotus Baillon.)
Pelage variable, en général brun noir dessus, brunâtre en dessous.
Oreilles presque nues, plus courtes au bord interne qu’au bord externe,
très peu longues et assez larges; oreillons en forme de couteau obtus,
presque droits, ayant leur plus grande largeur au-dessus de leur base.
Ailes longues, insérées à la base des doigts. 34 dents.
[Illustration: Fig. 11.--Membrane alaire et lobe porte calcanéen du
Vespérien pipistrelle.]
(Voir description Planche 3).
5º =Vespérien de Kuhl.=
VESPERUGO KUHLII Natterer.
Pelage brun noirâtre dessus, gris foncé en dessous. Oreille plus courte
que la tête, de forme allongée ou triangulaire; oreillons plus petits
que la moitié de l’oreille, à bord externe convexe et bord interne
presque droit, par suite recourbé en dedans, aminci à son extrémité.
Ailes noirâtres, bordées d’un filet blanchâtre; caractère qui la fait de
suite reconnaître. 34 dents.
Envergure 0^{m}218, corps 0^{m}043, queue 0^{m}035.
Espèce voisine de la Pipistrelle avec laquelle elle a été parfois
confondue, très commune en Provence et dans tout le midi de la France,
non observée dans le Centre et le Nord, non plus qu’en Belgique.
Signalée en Suisse seulement dans le canton du Tessin.
Elle a les mœurs de la Pipistrelle, choisit les mêmes retraites, part en
chasse de bonne heure et parcourt d’un vol rapide, capricieux et assez
élevé, les abords des villes et des villages.
Aux approches de l’hiver, elle s’endort en petites compagnies, sous les
toits des bâtiments et dans les endroits obscurs des greniers. Elle
entre volontiers dans les appartements éclairés.
6º =Vespérien abrame.=
VESPERUGO ABRAMUS Temminck.
(Vesperugo Nathusii Keys et Blasius.)
Pelage brun de suie en dessus, brun roussâtre ou grisâtre en dessous.
Oreilles courtes, très peu échancrées au milieu de leur bord externe,
arrondies à leur sommet, oreillon court, à bord interne légèrement
concave, guère plus étroit en haut qu’en bas. 34 dents.
Très voisine de la Pipistrelle, dont elle se distingue par les
caractères ci-dessus, sa taille un peu plus forte et son museau avec les
côtés de la face dénudés, tandis que, chez la Pipistrelle, la tête et la
face sont très poilues.
Envergure 0^{m}24, corps 0^{m}048, queue 0^{m}035.
Espèce d’Asie qui ne paraît pas avoir été observée en France pendant
l’hiver. Pendant l’été, elle se montre assez fréquemment en Provence,
dans les Alpes françaises et suisses et dans tout le midi de la France.
Elle chasse dès le crépuscule et vole rapidement, à une faible hauteur,
puis, au matin, se cache dans les greniers et les vieux bâtiments.
On a voulu former des sous-genres pour les Vespériens maure,
Pipistrelle, Kuhl et Abrame, caractérisés par la présence de quatre
prémolaires supérieures et l’insertion de l’aile à la base des orteils,
comme on a formé un sous-genre pour les Vespériens noctule et Leisler
caractérisé par l’insertion de l’aile au talon, et pour les espèces
suivantes un sous-genre caractérisé par seulement deux prémolaires
supérieures. Nous mentionnons seulement ces distinctions.
7º =Vespérien sérotine.=
VESPERUGO SEROTINUS Blasius.
Pelage long et doux, brun cendré dessus, brun jaunâtre en dessous.
Oreilles à peine plus courtes que la tête, à sommet un peu triangulaire
arrondi; oreillons assez longs, assez étroits, un peu convexes en
dehors, un peu acuminés. Ailes longues, médiocrement larges, insérées
près de la base des doigts. 32 dents.
[Illustration: Fig. 12.--Tête du Vespérien sérotine.]
Envergure 0^{m}35, corps 0^{m}07, queue 0^{m}05, dépassant un peu la
membrane interfémorale.--Les deux sexes semblables, les jeunes plus
foncés.
Rare dans le nord de la France, en Belgique et en Suisse, elle est assez
commune et même très commune dans les autres provinces françaises.
On la découvre, le jour, solitaire ou par deux, dans les clochers et les
granges, aussi dans les cavités d’arbres. Au crépuscule, elle se met à
voler, d’abord haut et lentement, puis plus bas et capricieusement, dans
les jardins, les rues des villes, les bois, sur les rivières et les
étangs.
En mai, la femelle met bas un petit qui grandit si vite qu’on trouve à
la fin de juillet des jeunes déjà très forts.
L’hiver, elle se retire dans les combles des clochers et des édifices ou
dans les souterrains. Cette Chauve-Souris est très frileuse et redoute
le mauvais temps; elle est néanmoins très vigoureuse et batailleuse; on
l’a vue se défendre énergiquement contre des chats, et les mâles se
livrent des combats en l’air.
Son cri est menu et strident et elle répand une odeur fade et
désagréable.
8º =Vespérien discolore.=
VESPERUGO DISCOLOR Natterer.
Pelage brun noirâtre ou jaunâtre en dessus, brun cendré ou blanchâtre en
dessous. Oreilles à peine plus courtes que la tête, à sommet un peu
triangulaire arrondi, oreillon court, assez large au-dessus du milieu,
convexe extérieurement. Ailes longues, insérées à la base des doigts. 32
dents.
Envergure 0^{m}27, corps 0^{m}048, queue 0^{m}045.
Les deux sexes semblables, les jeunes plus sombres.
Espèce montagnarde qu’on trouve seulement dans les Alpes, le Jura, les
Vosges et jusqu’à environ 1.300 m. d’altitude, du reste toujours rare.
Elle habite l’Europe moyenne. M. de Selys ne la signale pas en Belgique.
A la nuit tombante, on la voit passer rapidement au-dessus des maisons,
jardins et taillis. Au jour, elle se retire dans les trous des arbres ou
des murailles et dans les combles des bâtiments.
Durant l’hiver, elle se choisit un réduit obscur de bâtiment ou le coin
retiré d’un grenier, et s’y cache, soit seule, soit en compagnie de
quelques autres.
9º =Vespérien boréal.=
VESPERUGO BOREALIS Nilsson.
(Vesperugo Nilssonii Keys et Blasius.)
Pelage brun noirâtre dessus avec des mèches de poils claires, gris
brunâtre en dessous. Oreilles à peine plus courtes que la tête, à sommet
ovale; oreillon court, à bord interne droit et bord externe un peu
convexe, ayant sa plus grande largeur vers son milieu. Ailes assez
longues, insérées à la base des doigts. 32 dents.
Ressemblant beaucoup à V. discolor, s’en distinguant par son oreillon
plus court, le bout de la queue libre sur au moins 4 millimètres
(discolor: 3 millimètres) et par une frange de poils fins et raides
entourant la lèvre supérieure.
Envergure 0^{m}26, corps 0^{m}050, queue 0^{m}045.
Espèce des montagnes qui habite le nord et le centre de l’Europe et dont
la présence en France et en Belgique n’a pas été positivement constatée,
mais qu’on a observée sur nos frontières en Allemagne et en Suisse; qui,
de plus, est essentiellement voyageuse.
Son vol est rapide et élevé. Elle part de sa retraite au crépuscule et
se retire, au matin, dans les clochers et les combles des édifices.
Si l’espèce V. leucippe Bonap. est identique à celle-ci, elle habiterait
l’Italie.
GENRE =Vespertilion=.--=Vespertilio= Keys. et Blasius.
Museau assez long, nez sans aucun repli. Narines s’ouvrant au bout du
museau. Oreilles séparées, plutôt minces; oreillon long; pointu, dressé
ou courbé en dehors. Ailes courtes et larges. Jambes longues et menues.
38 dents.
On a fait des Vespertilions des marais, Capaccini et Daubenton un
sous-genre caractérisé surtout par les pieds très grands, la membrane
interfémorale formant angle aigu, dépassée par la queue sur un certain
espace et un autre sous-genre pour le reste des espèces, caractérisé
surtout par les pieds moins grands, la membrane interfémorale formant
angle obtus, dépassée seulement par l’extrême pointe de la queue ou
enveloppant entièrement la queue.
1º =Vespertilion des marais.=
VESPERTILIO DASYCNEMUS Boie.
(Vespertilio limnophilus Temminck).
Coloration brune, parfois rougeâtre ou noirâtre en dessus, d’un gris
jaunâtre ou blanchâtre en dessous. Oreilles plus courtes que la tête,
très échancrées et repliées en avant vers le milieu du bord externe,
oreillon, de la moitié de l’oreille, en lame de couteau. Jambes longues.
Aile insérée au bas du tibia.
Envergure variable: 0^{m}20 à 0^{m}28, corps 0^{m}06, queue 0^{m}05.
Les deux sexes semblables, les jeunes plus sombres.
Espèce assez commune dans l’Europe centrale, toujours assez rare en
Belgique et dans les départements français septentrionaux, très rare ou
inconnue dans les autres, non signalée en Suisse.
Elle sort dès le crépuscule et, d’un vol assez élevé, assez rapide et
saccadé, parcourt la lisière des bois, les jardins et le pourtour des
bâtiments, très souvent aussi rase la surface des eaux, ce qui lui a
fait donner son nom. Le matin venu, elle rentre dans les greniers, les
clochers ou les cavités d’arbres où elle se réunit en compagnies plus ou
moins nombreuses.
Son sommeil hibernal est court et léger. Elle craindrait moins le froid
et la pluie que la plupart des Chauves-souris du même genre.
2º =Vespertilion= à grands pieds.
VESPERTILIO MEGAPODIUS Temminck.
(Vespertilio Capaccinii Bonaparte).
(Vespertilio pellucens Crespon).
Pelage brun clair dessus, blanchâtre en dessous. Oreilles presque aussi
longues que la tête, larges à la base, triangulaires au bout; oreillon
long, large en bas, très menu au bout, sa partie supérieure recourbée en
dehors. (Cette partie supérieure recourbée en dedans chez Dasycneme).
Jambes longues. Aile insérée au tibia, un peu au-dessus du talon.
Envergure 0^{m}24, corps 0^{m}05, queue 0^{m}038.
Espèce méridionale assez commune dans le sud et le sud-est de la France
où elle remplace sa voisine Dasycneme, dont elle a les mœurs, non
indiquée de Belgique et de Suisse.
Elle se cache, le jour, dans les greniers et les clochers, a le vol
assez rapide et capricieux, aime à raser la surface des rivières, et,
l’hiver, se retire dans les cavernes et les souterrains.
3º =Vespertilion de Daubenton.=
VESPERTILIO DAUBENTONII Leisler.
(Vespertilio lanatus Crespon).
Pelage gris noirâtre ou brunâtre foncé en dessus, gris roussâtre foncé
en dessous. Oreilles un peu plus courtes que la tête, coudées au bord
externe; oreillon droit, pointu, un peu plus court que la moitié de
l’oreille, convexe en dehors à sa base. Pieds très grands. Aile insérée
au métatarse.
Envergure 0^{m}24, corps 0^{m}05, queue 0^{m}04.
Les deux sexes semblables, les jeunes plus sombres.
Espèce commune dans toute l’Europe moyenne, répandue en Suisse, en
Belgique aussi en France, assez rare pourtant dans le centre et dans
l’ouest.
Cachée pendant le jour dans une caverne, un clocher ou un trou d’arbre,
elle ne sort en général que si le temps est beau, et aime à chasser à la
surface des eaux, le plus souvent en troupes. Là, elle attrape toutes
sortes d’insectes, notamment les trichoptères et les cousins. Certains
auteurs disent qu’elle se montre seulement lorsque l’obscurité est
profonde; d’autre part, M. Réguis l’a vue, en Provence, chasser les
libellules qui sont pourtant, sauf deux espèces un peu crépusculaires,
des insectes ne volant qu’au soleil.
Au printemps, la femelle met bas un petit qu’elle emporte avec elle,
comme les autres Vespertilions, bien que son vol soit rapide et très
irrégulier.
L’hiver, elle s’endort profondément dans les caves et les cavernes, où
elle se suspend aux voûtes et se blottit dans une fissure.
4º =Vespertilion= échancré.
VESPERTILIO EMARGINATUS Geoffroy.
(V. rufescens Crespon--V. ciliatus Blasius).
Pelage légèrement laineux, roux dessus, roussâtre clair en dessous.
Oreilles à peu près de la longueur de la tête, échancrées à leur bord
supérieur externe; oreillon très long, pointu, en forme de couteau un
peu recourbé en dehors au bout; les oreilles et les membranes d’un brun
rougeâtre. Pieds moyens. Aile insérée à la base des doigts.
Envergure 0^{m}22, corps 0^{m}045, queue 0^{m}037 à 0^{m}040.
Assez commun en Belgique et en France, notamment dans le centre, très
rare en Suisse, il habite, l’été, les greniers, clochers, caves et
souterrains, fréquente les rivières et les étangs d’un vol bas et assez
rapide. L’hiver, il se retire dans les souterrains et les grottes où il
s’accroche aux voûtes ou s’enfonce profondément dans les fissures.
Il ressemble beaucoup au Vespertilion de Natterer ci-après, mais on l’en
distinguera toujours par l’absence de poils raides au bord de sa
membrane interfémorale, par la couleur rousse de son dos et la
coloration roussâtre de son ventre.
5º =Vespertilion de Natterer.=
VESPERTILIO NATTERERI Kuhl.
Pelage brun clair ou cendré en dessus, blanchâtre, grisâtre ou même
blanc en dessous. Oreilles grandes, assez étroites, aussi longues au
moins que la tête, très peu échancrées au bord externe; oreillon long,
étroit, à pointe fine, un peu recourbé en dehors; les oreilles et
membranes brunâtres, la membrane interfémorale frangée de courts poils
raides. Pieds moyens. Aile insérée à la base des doigts.
Envergure 0^{m}26; corps 0^{m}043; queue 0^{m}040 presque aussi longue
que le corps.
Les deux sexes semblables, les jeunes d’une teinte plus sale.
Espèce rare dans la Suisse Romande, assez rare en Belgique, assez
commune presque partout en France; indiquée cependant comme rare dans
certains départements du nord et de l’ouest, Somme, Sarthe, etc. On la
trouve dans toute l’Europe moyenne.
Elle habite, durant l’été, les arbres creux, les greniers, les clochers
et vole, le soir, plutôt lentement, à une hauteur moyenne. Elle aime
aussi raser la surface des étangs et y chasser les trichoptères.
[Illustration: Fig. 13.--Tête du Vespertilion de Natterer.]
L’hiver, elle gagne les caves et cavernes où elle se suspend parfois,
mais, le plus souvent, s’enfonce dans une fente assez profondément.
6º =Vespertilion de Bechstein.=
VESPERTILIO BECHSTEINI Leisler.
Pelage brun roux en dessus, grisâtre en dessous. Oreilles nues, très
grandes, plus longues que la tête, un peu échancrées à leur bord
supérieur externe; oreillon assez long, pointu, plus court que la moitié
de l’oreille, un peu recourbé en dehors; les oreilles et les membranes
brunâtres. Bord de la membrane interfémorale dépourvu de poils et sans
aucun feston. Pieds moyens. Ailes insérées à la base des doigts.
Envergure 0^{m}28; corps 0^{m}050; queue 0^{m}037, beaucoup plus courte
que le corps.
Les deux sexes semblables. Il ressemble d’apparence au V. de Natterer
ci-dessus, sa coloration est presque identique, ses oreillons et sa
dentition sont absolument les mêmes, mais la marge de sa membrane
interfémorale est entière, ses oreilles sont beaucoup plus larges et
elle a une plus grande envergure.
Espèce non signalée en Suisse, très rare en Belgique, rare partout et
cependant assez uniformément observée en France. On n’a guère parlé de
son vol. Les individus capturés en divers endroits l’ont été, pendant la
belle saison, dans des troncs d’arbres creux, et pendant l’hiver, dans
des carrières, des fissures de chambres souterraines ou des fentes dans
les voûtes de caves.
On la rencontre de temps en temps dans le département de l’Indre.
Quand on la saisit, elle jette des cris plaintifs assez analogues à ceux
d’un tout petit enfant.
7º =Vespertilion murin.=
VESPERTILIO MURINUS Linné.
(Vespertilio myotis Bechstein).
Pelage brun roux en dessus, gris pâle en dessous. Oreilles nues, plus
longues que la tête, à peine échancrées au bord externe. Oreillon droit,
long, étroit, pointu, de moitié de l’oreille. Aile insérée près de la
base des doigts, au métatarse.
Envergure 0^{m}38; corps 0^{m}09; queue 0^{m}045.
Les deux sexes semblables, les jeunes semblables ou d’un gris plus
cendré.
Grande espèce commune partout, qui se loge, pour la journée, dans les
greniers, les clochers, les arbres creux et très volontiers dans les
puits où elle s’introduit par la moindre fissure. La nuit venue, elle
parcourt tantôt lentement, tantôt assez vite, à une faible hauteur, les
rues, avenues, lisières de bois, et entre, au besoin, dans les chambres
où se trouve de la lumière.
Dès la fin de septembre, elle choisit sa retraite d’hiver, sauf à sortir
quelquefois par les belles soirées d’octobre, et se loge dans les
fissures des cavernes par troupes souvent nombreuses. Elle se suspend
très rarement. Son sommeil est profond.
Les femelles font ordinairement leurs petits en mai.
Cette Chauve-Souris s’habitue aisément à la captivité. M. R. Rollinat,
qui l’a élevée en cage, a constaté que son appétit était énorme; elle
dévorait sans peine des milliers de mouches ou des centaines de criquets
dans la même journée, et pour boire, elle trempait dans l’eau son
museau, puis relevait vivement la tête, à la manière des poulets.
Son cri strident est assez fort, comparable, suivant M. Rollinat, aux
cris des moineaux qui se battent; à d’autres moments, elle fait entendre
un grésillement ou un bourdonnement semblable à celui d’une grosse
mouche.
8º =Vespertilion à moustaches.=
VESPERTILIO MYSTACINUS Leisler.