le Porc. Même, à l’état sauvage, ces accouplements ne sont pas rares
entre Sangliers et Porcs errants dans les bois, et les chasseurs
rencontrent de temps en temps des métis généralement blanchâtres, qui se
font chasser exactement comme des Sangliers, mais qui, moins durs à la
fatigue, font plus rapidement tête aux chiens.
NOTIONS GÉNÉRALES
Classification.--Description des espèces.
Les animaux vertébrés sont ceux qui ont un squelette osseux et par
conséquent des vertèbres; ce sont les Mammifères, les Oiseaux, les
Reptiles, les Batraciens et les Poissons.
Parmi eux, les Mammifères sont les animaux qui ont des mamelles au
moyen desquelles les femelles allaitent leurs petits, qui ont le sang
chaud, des dents, des poils et qui sont vivipares. Ils forment une
classe spéciale en tête de laquelle est l’homme. Les autres Mammifères
ont été partagés en plusieurs ordres: l’ordre des =Quadrumanes=,
qui comprend les singes et les lémuriens, celui des =Chéiroptères=
ou chauves-souris, qui sont les seuls mammifères pourvus d’ailes,
celui des =Insectivores=, celui des =Rongeurs= renfermant des animaux
ayant une dentition très spéciale, celui des =Carnivores=, celui
des =Pinnipèdes= ou phoques, celui des =Ongulés= ou mammifères
dont les pieds sont en forme de sabots, ordre qui peut lui-même se
remplacer par trois ordres ou se subdiviser en trois sous-ordres,
les =Solipèdes=, les =Ruminants= et les =Pachydermes=, celui des
=Siréniens= et celui des =Cétacés=, mammifères marins ayant plus ou
moins la forme de poissons, les =Édentés= dépourvus d’incisives, les
=Marsupiaux= et les =Monotrêmes=.
Aucun animal ne représente en France, en Belgique et en Suisse les
ordres des Quadrumanes, des Édentés, des Siréniens, des Marsupiaux et
des Monotrêmes; on pourrait dire qu’il en est de même de toute l’Europe,
si l’ordre des Quadrumanes n’était représenté sur un seul point, à
Gibraltar, par une unique espèce de Singe.
Quant aux animaux des autres ordres, ils sont répartis chez nous d’une
façon très peu uniforme; alors qu’il y a en France 25 espèces de
Chéiroptères, il y a seulement 11 Insectivores, 21 Rongeurs indigènes et
1 domestique, 18 Carnivores dont 3 domestiques, 5 Pinnipèdes, 1
Pachyderme sauvage et 1 domestique, 6 Ruminants indigènes et 3
domestiques, pas de Solipède sauvage, le Cheval et l’Ane domestiques
représentant cet ordre à eux seuls, enfin 24 Cétacés.
Mais si, actuellement, on fixe à 108 espèces vivant à l’état libre et à
9 ou 10 espèces domestiquées le nombre des formes qui habitent la
France, il faut ajouter que de nombreuses espèces, aujourd’hui éteintes
et trouvées à l’état fossile, ont vécu dans notre pays. De ces espèces
fossiles, les unes ont disparu dans le cours des temps d’une manière
définitive, les autres sont représentées par une descendance retirée
aujourd’hui dans les contrées du nord ou dans les régions chaudes;
d’autres sont les ancêtres de nos espèces sauvages actuelles, peu, pas
ou beaucoup modifiées, d’autres enfin, comme les Bœufs et les Chevaux
fossiles ont donné naissance, au moins en partie, à nos espèces
domestiques actuelles.
Il y eut, en effet, une époque où vivaient en France, pour ne citer que
ceux-là, des Singes, des Lémuriens, des Édentés, des Siréniens, des
Marsupiaux et des Éléphants.
La plupart de nos mammifères actuels français, belges ou suisses sont
des espèces nées sur notre sol; cependant deux espèces de Rats, le
Surmulot et le Rat noir, sont d’origine étrangère et ont envahi nos pays
depuis des époques relativement récentes; et trois ou quatre espèces de
Phoques ne sont réellement pas françaises puisqu’elles n’apparaissent
sur nos côtes que d’une façon tout à fait exceptionnelle. Il en est de
même de certains Cétacés.
D’un autre coté, le nombre de nos mammifères se trouvera tôt ou tard
diminué de plusieurs espèces, qui vont inévitablement disparaître de la
terre française aussi bien que de la Belgique et de la Suisse. Tels
sont, sans parler des Phoques et des Cétacés, le Lynx qui n’est plus
représenté chez nous que par quelques rares individus, le Loup, le
Castor, l’Ours, le Bouquetin, qui, à coup sûr, auront cessé d’exister
dans un demi-siècle. D’autres, comme le Cerf, le Chamois, le Mouflon et
peut-être le Chevreuil et le Lièvre ne pourront subsister que s’ils sont
protégés.
Si on veut classer nos mammifères en animaux utiles ou nuisibles à
l’homme, on peut dire que toutes les Chauves-Souris sont des bêtes
franchement utiles, que le Lièvre, le Chevreuil, le Chamois, le
Bouquetin, le Mouflon ne commettent pas de dégâts appréciables et
doivent être considérés comme des gibiers servant à l’alimentation.
Un certain nombre d’espèces doivent être dites à la fois utiles et
nuisibles parce qu’elles nous rendent des services compensés par des
inconvénients: ce sont le Cerf, le Sanglier, le Lapin, le Castor, la
Taupe, le Hérisson et même les six ou sept Musaraignes.
Sont plutôt indifférents la Marmotte, le Loir, le Muscardin et le Rat
des moissons. Doivent être considérés comme nuisibles l’Ours, le Loup,
le Renard, le Blaireau, les Phoques, le Chat, le Lynx, tous les
Mustelidés, les Rats et Campagnols, le Hamster, le Lérot, l’Écureuil et
le Desman; l’Ours, le Lynx et le Loup, parce qu’ils s’attaquent à nos
troupeaux et peuvent même être dangereux pour l’homme; le Renard, parce
qu’il détruit les volailles et le gibier, ce que font aussi les Chats,
les Fouines, les Putois et les Belettes; le Blaireau, parce qu’il
saccage certaines récoltes; les Phoques et d’autre part le Desman et la
Loutre, parce qu’ils chassent, tuent et consomment les poissons au
détriment des pêcheurs; le Hamster et les Campagnols parce qu’ils
causent un grand tort aux récoltes, le Lérot dévastant de son côté nos
vergers; l’Écureuil, parce qu’il mange les jeunes oiseaux et les œufs
ainsi que les pousses des conifères. Est-il nécessaire de parler des
Rats et des Souris qui dévorent les provisions et les grains, le linge
et une foule d’objets utiles à l’homme.
Il en est, parmi nos mammifères, dont le type n’a pas ou n’a guère
varié, d’autres au contraire ont produit des variétés ou des races un
peu différentes de l’espèce typique qui subsiste quand même, de sorte
que ces animaux, bien que d’une espèce unique, offrent deux ou plusieurs
formes légèrement divergentes. Le cas se présente lorsqu’une même espèce
a été reléguée sur des points éloignés sans communication possible
durant de longs siècles, ce qui est arrivé par exemple pour le
Bouquetin qui, depuis bien longtemps, n’habite plus que les sommets des
Alpes et des Pyrénées; les deux formes sont devenues un peu différentes,
tout en conservant entre elles les plus grandes affinités. Chez d’autres
espèces, comme chez le Rat ordinaire, on rencontre des individus n’ayant
plus tout à fait la coloration de l’espèce-type, et comme ces individus
reproduisent identiquement la même forme, les observateurs ont, après
avoir donné les caractères de l’espèce, décrit ces variétés comme
simples races en indiquant les différences. Mais d’autres zoologistes
ont franchement classé comme espèces propres ces formes particulières.
On peut approuver ou blâmer cette manière de faire d’après le point de
vue auquel on se place, puisqu’une pareille race peut en définitive
disparaître en se fondant dans le type, ou toujours subsister comme
variété, ou devenir à un moment donné, par ses caractères de plus en
plus tranchés, une espèce naissante.
Il est en effet indispensable, pour la classification, de considérer
comme espèce et de nommer comme telle, toute forme ayant des caractères
spéciaux assez nets, mais on sait aussi combien, en certains cas, ce
terme «espèce» peut être vague, et on se demande parfois si une deuxième
forme assez semblable ou très semblable à une autre doit être dite
espèce voisine, simple race ou variété de la première.
Pour bien connaître les animaux, il faut les observer quand c’est
possible, vivants et agissants, ou au moins les examiner dans les musées
et dans les collections. On se fait ainsi une idée des formes et
couleurs spéciales à chaque espèce et des différences existant avec les
espèces alliées ou voisines.
Certains animaux, sans parler des animaux domestiques, sont connus de
tous parce qu’on les voit souvent, au cours de la vie usuelle, et dans
les campagnes, le nombre de ces animaux est assez considérable. D’autres
figurent dans les musées publics, chacun les reconnaît par leurs formes
très spéciales, mais il en est d’autres, et c’est le plus grand nombre,
qui, par leur petite taille et par la ressemblance que les diverses
espèces ont entre elles, sont plus difficiles à connaître exactement.
C’est alors qu’il est indispensable de pouvoir examiner de près et à
loisir une collection de ces bêtes, et même de les récolter et de les
classer soi-même. Il est réellement très malaisé, sans agir ainsi, de
parvenir à déterminer les différentes Chauves-Souris, les Musaraignes,
les Rats, les Campagnols.
Se les procurer n’est pas, sauf pour certaines espèces rares, d’une
grande difficulté. En sachant leur habitat et leurs mœurs, on les
trouvera et on les prendra au moyen de pièges ou autrement. Les
Chauves-Souris qu’on peut, du reste, tuer au fusil lorsqu’elles
circulent le soir, sont faciles à récolter dans leurs retraites, quand
on peut visiter des cavernes, des souterrains, des carrières, de vieux
bâtiments, des greniers, des arbres creux. Là, on les trouve, souvent en
grand nombre, et il est facile de s’en emparer.
Une fois les bêtes prises, on les fait monter par un naturaliste, si on
ne sait le faire soi-même ou on les fait simplement mettre en peau,
suivant l’expression consacrée, ou on les conserve entières dans
l’alcool; ou enfin on emploie un procédé recommandé par le D^{r}
Trouessart, professeur au Muséum de Paris, dans son excellent livre sur
les Mammifères de France et qui consiste à ouvrir le dos des
Chauves-Souris ou le ventre des autres petits mammifères pour en retirer
les viscères, puis à dessécher la cavité ainsi produite en y jetant de
la poudre d’alun; cela fait, on remplace les viscères enlevés par un
tampon de coton imbibé d’un liquide préservateur, puis on rapproche les
bords de l’ouverture et on mouille le museau, les yeux, les oreilles,
les pattes et la queue avec un pinceau trempé dans une solution éthérée
d’acide phénique. On place alors l’animal dans un endroit sec et aéré,
toujours à l’ombre et on le laisse sécher pendant huit ou quinze jours.
Si la bête ainsi préparée et sèche est enfermée ensuite dans un tiroir
bien clos, en prenant les précautions ordinaires contre les insectes et
l’humidité, elle se conserve parfaitement.
Pour les Chauves-Souris, on les place sur une planche avec les ailes
bien étendues et on les fait ainsi sécher. Procédé commode à cause de sa
rapidité.
Pour les petits mammifères, une collection de crânes est également utile
et intéressante, puisque leur classification est basée principalement
sur leur système dentaire.
Il est toujours intéressant d’élever en captivité les mammifères dont on
observe alors facilement les mœurs et certaines habitudes. Chez les
grands animaux, Cerfs, Chevreuils, Sangliers et autres, le mâle devenu
adulte se montre presque toujours très méchant et dangereux; le Loup, le
Renard, le Blaireau s’apprivoisent en général très bien; la Loutre peut
même se dresser et chasser aux poissons pour son maître. Certaines
Chauves-Souris s’habituent bien à la captivité, alors que quelques
espèces, comme les Rhinolophes, y sont toujours réfractaires.
Le Hérisson vit parfaitement dans un petit jardin; la Marmotte est
souvent à peu près domestiquée par les montagnards des Alpes; les
Phoques s’habituent très bien à la captivité et, comme ils sont
intelligents, on les dresse facilement à toutes sortes d’exercices. Par
contre, le Lièvre ne prospère pas lorsqu’il est renfermé même dans un
enclos d’une certaine étendue.
Parmi les autres Rongeurs, le Rat noir, la Souris, le Mulot s’élèvent
aisément, tandis que le Surmulot se fait difficilement à la captivité,
sans qu’on puisse s’expliquer la raison de cette différence.
Clé pour la détermination par Ordres des Mammifères de France, Belgique
et Suisse.
§ I^{er}.--_Mammifères n’ayant pas la forme des Poissons._
1. Membres antérieurs munis de grandes membranes
entourant le corps, servant d’ailes et
permettant le vol. =Chéiroptères.=
1. Membres antérieurs normaux,
en forme de jambes et de pieds,
organisés pour la marche, le creusement
du sol ou la natation. 2
2. Doigts onguiculés, c’est-à-dire
munis d’ongles. 3
2. Doigts ongulés, c’est-à-dire réunis
en forme de sabots cornés. 6
3. Pas de dents canines; à leur
place, un large intervalle existant
entre les incisives qui sont très
fortes et les dents molaires. =Rongeurs.=
3. Toujours des dents canines;
pas de grand intervalle entre les
incisives et les molaires 4
4. Membres organisés pour la
natation, ceux de derrière allongés
en arrière parallèlement à la queue.
Dents molaires tranchantes. =Pinnipèdes.=
4. Membres organisés pour la
locomotion terrestre, c’est-à-dire les
quatre pattes permettant la marche
et en certains cas les pieds de devant
taillés pour creuser le sol 5
5. Dents molaires tranchantes.
Taille moyenne ou grande. =Carnivores.=
5. Dents molaires, au lieu d’être
tranchantes, hérissées de pointes coniques.
Taille assez petite ou très
petite. =Insectivores.=
6. Un seul sabot corné à chaque
membre. =Solipèdes.=
6. Les doigts séparés ou divisés
en plusieurs sabots cornés 7
7. Seulement deux doigts cornés
bien distincts. Estomac divisé en
quatre loges et organisé pour la rumination.
Pas d’incisives à la mâchoire
supérieure. =Ruminants.=
7. Quatre doigts distincts. Estomac
non conformé pour la rumination.
Des incisives à la mâchoire supérieure. =Pachydermes.=
§ II.--_Mammifères ayant la forme de poissons_.
Les membres transformés en
sortes de nageoires. =Cétacés.=
ORDRE I.--=Chéiroptères.=
[Illustration: Fig. 1.--Chauve-Souris.]
Les Chéiroptères, appelés ordinairement Chauves-Souris, sont des
mammifères organisés pour le vol. Les doigts de leurs membres
antérieurs, sauf le pouce, sont très allongés et réunis par une grande
membrane mince et souple qui se continue ensuite jusqu’aux flancs et
jusqu’aux membres postérieurs. C’est la membrane alaire qu’on peut
désigner sous le nom vulgaire d’aile. A cette membrane alaire fait suite
une autre membrane, dite interfémorale, joignant entre eux les deux
membres postérieurs et englobant la queue dans son milieu.
Les ailes des Chauves-Souris sont tantôt longues et effilées, tantôt
larges et assez courtes. Si elles volent parfaitement, elles marchent
peu et mal, mais, bien qu’elles ne soient pas conformées pour la
marche, elles peuvent, en s’aidant de leurs quatre membres, se mouvoir
assez facilement à terre.
Les pieds de derrière qui ont cinq doigts ont, de plus, en arrière du
talon, un petit os allongé qui tend la membrane interfémorale et qu’on
appelle l’éperon.
Elles ont des canines développées, des incisives et des molaires
surmontées de tubercules aigus qui leur permettent de broyer aisément
les insectes, base de leur nourriture; en tout, suivant les espèces, 32
à 38 dents.
Leurs yeux sont très petits et leur vue n’est probablement pas très
perçante, mais leurs oreilles sont plus ou moins grandes et leur ouïe
paraît excellente. Les oreilles sont doubles ou simples, réunies à leur
base ou séparées, droites ou penchées, elles sont doublées, chez
beaucoup d’espèces, par un petit appendice de forme variable, dit
oreillon (Tragus).
Elles portent deux mamelles pectorales; les petits naissent nus avec les
oreilles et les yeux fermés; ils s’accrochent à leur mère qui, tant
qu’elle les nourrit, les emporte avec elle dans ses évolutions
aériennes. Leur voix se compose de petits cris aigus et de
stridulations.
Toutes sont nocturnes. Durant le jour, elles se tiennent dans les
endroits obscurs et se suspendent au moyen des ongles de leurs membres
postérieurs, la tête en bas. Le soir venu, elles sortent et se mettent
en chasse. Vers la fin de l’automne, elles tombent dans un
engourdissement ou sommeil plus ou moins profond et passent une partie
de l’hiver sans prendre de nourriture, accrochées aux parois des grottes
et des cavernes ou blotties dans les fissures et anfractuosités,
souvent à une assez grande profondeur.
Les Chéiroptères sont des animaux utiles qui détruisent une énorme
quantité de coléoptères, de papillons nocturnes, de mouches et de
cousins, bêtes généralement malfaisantes, et des névroptères, insectes
indifférents. A l’état sauvage, on n’a jamais constaté qu’elles se
fissent la guerre entre elles, mais lorsqu’on les garde en captivité, il
arriverait parfois, dit-on, que, si on les laisse manquer d’insectes,
elles se dévoreraient les unes les autres.
Nos Chauves-Souris de France ont été réparties en trois familles, les
=RHINOLOPHIDÉS=, les =VESPERTILIONIDÉS= et les =EMBALLONURIDÉS=.
Les Rhinolophidés, nommés aussi Phyllorhinidés (ce qui veut dire:
feuille sur le nez) ont, pour caractère, comme l’indique leur nom, de
porter sur le nez un repli membraneux, plus ou moins en forme de
feuilles plissées, d’un aspect très singulier; il n’y a pas d’oreillon
chez les espèces d’Europe et les oreilles sont nettement séparées. Les
narines s’ouvrent au fond d’un repli cutané ayant un peu l’apparence
d’un fer à cheval.
Les Vespertilionidés n’ont pas sur le nez le repli cutané en forme de
feuilles et ils ont un oreillon. Leur queue longue et étroite est prise
dans la membrane interfémorale dont le bord forme un angle aigu avec
elle, et elle ne dépasse cette membrane que de un à trois millimètres;
les oreilles sont séparées, rarement réunies à leur base par leur bord
interne et ne portant jamais un repli rabattu sur le front; l’oreillon
est toujours allongé, bien que de formes variables.
Les Emballonuridés n’ont pas, eux aussi, sur le nez le repli cutané en
forme de feuilles et ils ont un oreillon. Mais leur queue très épaisse
dépasse de la moitié de sa longueur la membrane interfémorale, dont le
bord forme un angle droit avec elle. Les oreilles sont très réunies par
leur bord interne qui forme un repli rabattu sur le devant du front;
l’oreillon est court et carré.
[Illustration: Fig. 2.--Oreille de profil d’un Rhinolophe.]
[Illustration: Fig. 3.--Oreille de profil d’un Oreillard.]
[Illustration: Fig. 4.--Oreille de profil du Vespérien Pipistrelle.]
FAMILLE DES =RHINOLOPHIDÉS=
GENRE =Rhinolophe=.--=Rhinolophus= E. Geoffroy.
Museau surmonté d’un repli cutané garni de quelques poils; narines
ouvertes au fond d’une cavité bordée d’une membrane ayant un peu la
forme d’un fer à cheval. Au milieu, au-dessus de ce fer à cheval, se
dresse, au-dessus du nez, une corne verticale dite «selle»; enfin de
chaque côté, des sortes de feuilles membraneuses avec une pointe
centrale entre les yeux.
Deux incisives à la mâchoire supérieure, quatre à la mâchoire
inférieure. Oreilles non réunies, sans oreillons, mais très échancrées
sur leur bord externe. Ailes courtes et larges. Pieds grands, minces,
libres. En tout 32 dents.
[Illustration: Fig. 5.--Nez et oreilles d’un Rhinolophe (face).]
[Illustration: Fig. 6.--Nez et oreilles d’un Rhinolophe (profil).]
Les Rhinolophes sont des habitants des cavernes où ils se réunissent en
bandes plus ou moins nombreuses et se suspendent, la tête en bas,
enveloppés de leurs ailes comme d’un manteau, avec la queue rejetée sur
le dos. Ils semblent plus frileux que les autres Chauves-Souris, volent
généralement à la nuit noire, plutôt lentement et redoutent le mauvais
temps.
Quand on veut les prendre pendant leur sommeil d’hiver, ils ouvrent leur
bouche et agitent vivement les oreilles. Ils sont, du reste, hargneux et
batailleurs.
Quatre espèces se trouvent en France, deux seulement en Belgique et en
Suisse.
1º =Rhinolophe grand fer-à-cheval=
RHINOLOPHUS FERRUM EQUINUM Schreber.
(Rhinolophus unihastatus Geoffroy.)
(Voir planche I, figure et description.)
C’est en juin et juillet que les familles se rassemblent en troupes plus
ou moins nombreuses pour faire et élever leurs petits en commun. Chacune
d’elles met bas un seul petit qui grossit très vite et atteint souvent,
dès le mois de septembre, la taille des adultes. Pendant l’allaitement,
les mères chassent comme d’habitude en portant, dans leurs évolutions,
le petit cramponné à leur corps et le plus souvent fixé à l’un des faux
tétons du pubis qu’on observe chez les Rhinolophes, faux tétons ne
communiquant avec aucune glande mammaire et par conséquent ne pouvant
donner du lait, et en ce cas le petit est obligé de se retourner quand
il veut téter à l’une des vraies mamelles de la poitrine de sa mère.
2º =Rhinolophe euryale=.
RHINOLOPHUS EURYALE Blasius.
Pelage brun roux dessus, brun pâle en dessous; feuilles nasales
ressemblant, vues de face, à celles de l’espèce précédente. Côtés de la
selle parallèles; son extrémité postérieure en pointe relevée aiguë.
Lobe antérieur de l’oreille séparé du reste par une échancrure pointue.
Deuxième prémolaire supérieure séparée de la canine par la première
prémolaire. Aile insérée au tibia.
Taille moyenne, envergure 0^{m}28, corps 0^{m}054, queue 0^{m}25.
Les deux sexes semblables, ainsi que les jeunes.
Vit, probablement durant toute l’année, dans les caves et souterrains,
parcourt à la nuit sombre les avenues, les routes et le tour des
maisons, en chassant les insectes.
Ses mœurs semblent être celles du Fer-à-cheval, mais il est beaucoup
plus rare et plus localisé. On le trouve dans le sud et le centre de la
France; il habite aussi l’Algérie. Il a été observé notamment dans le
département d’Indre-et-Loire où, durant plusieurs années, en
juillet-août, une colonie d’environ trois cents sujets s’était établie
dans une cave. Ces Rhinolophes, à la vue d’une lumière, partaient en
groupe serré pour s’accrocher tous, à côté les uns des autres, à un
endroit peu éloigné, et définitivement chassés, prenaient leur vol au
grand soleil. Un cas identique s’est présenté à Chabenet, dans le
département de l’Indre. En général, on le trouve dans la France centrale
seulement de juin à octobre et on se demande si l’espèce n’émigre pas en
hiver.
Le petit naît à la fin de juin ou au commencement de juillet et grandit
avec une extrême rapidité.
3º =Rhinolophe de Blasius=.
RHINOLOPHUS BLASII Peters.
(Rhinolophus clivosus Blasius.)
Pelage brun dessus, cendré en dessous. Feuilles nasales ressemblant à
celles de Rh. hipposideros ci-après. Il ressemble du reste, pour le
tout, à cette dernière espèce, mais il est plus grand, a les oreilles
noires pointues et la partie postérieure de la selle en pointe plus
aiguë. Côtés de la selle convergents vers le haut. Lobe antérieur de
l’oreille séparé du reste par une échancrure obtuse. Deuxième prémolaire
supérieure séparée de la canine par la première prémolaire. Aile
insérée au talon.
Taille moyenne, envergure 0^{m}28, corps 0^{m}053, queue 0^{m}025.
Cette espèce a les mœurs du Petit fer-à-cheval, avec qui on a dû la
confondre souvent. Elle habite l’Europe méridionale, l’Algérie, la
Sardaigne et très probablement la Corse. D’après le professeur
Trouëssart, il est à peu près certain qu’elle se trouve dans certains
départements français des bords de la Méditerranée, mais on n’a pu
encore citer aucune capture bien authentique.
4º =Rhinolophe petit fer-à-cheval=
RHINOLOPHUS HIPPOSIDEROS Bechstein.
(Rhinolophus bihastatus Geoffroy.)
Pelage doux et fourré, brun dessus, brun clair ou cendré en dessous.
Feuilles nasales lancéolées. Côtés de la selle convergeant vers le haut.
Oreilles larges, un peu plus courtes que la tête, très échancrées à la
base en angle aigu. Deuxième prémolaire supérieure séparée de la canine
par la première prémolaire. Aile insérée au talon.
Taille très petite. Envergure 0^{m}22 à 0^{m}23, corps 0^{m}40, queue
0^{m}20.
Les deux sexes et les jeunes sont semblables.