du corps est brun, la gorge, le dessous du cou et la partie antérieure
de la poitrine d’un blanc pur, la queue, garnie de longs poils, est d’un
brun foncé. Sa longueur est de 0^{m}68 à 0^{m}73; sa queue seule est
longue de 0^{m}25.
Très commune presque partout, la Fouine vit isolée ou par couples dans
les bois et, à certains moments, dans les granges, les bâtiments
abandonnés et jusque dans les greniers des petites villes. Elle chasse
la nuit et se nourrit de toutes sortes d’oiseaux, de petits mammifères,
de volailles, de fruits et d’œufs. Quand elle a enlevé des œufs dans un
poulailler, elle les cache soigneusement, souvent dans des endroits
inaccessibles et va ensuite les manger quand elle a faim. Elle est d’une
extrême agilité et grimpe aux arbres et le long des murailles avec une
prestesse remarquable.
Le chasseur aux chiens courants lève souvent dans les forêts une Fouine
qui se fait battre sans quitter les fourrés les plus épais et qui, trop
vivement poussée, grimpe au sommet d’un arbre où elle se dissimule dans
une cavité ou dans un vieux nid de pie. Mais c’est surtout l’hiver qu’on
détruit les Fouines en grandes quantités, en les cherchant dans les
granges et bâtiments des campagnes remplis de bois, de paille ou de
foin. En certains départements, des gens font métier, pendant quatre
mois d’hiver, de rechercher ainsi les Fouines; ils ont avec eux
plusieurs petits chiens sans race qui, une fois dressés, suivent
intrépidement avec ardeur leur gibier sous les fagots, sur les poutres,
même sur les toits. Le tireur a souvent alors l’occasion d’apercevoir la
bête qui pourtant se défend avec habileté. Ces chasseurs vendent
généralement la peau d’une Fouine de 15 à 25 francs, et plusieurs se
font, de cette manière, un revenu important. On la prend aussi à l’aide
de pièges amorcés d’un œuf ou d’une pomme.
La Fouine n’a guère d’autre ennemi que l’homme; aussi, elle pullule là
où on ne la détruit pas.
C’est en avril, mai et juin que, après une gestation de neuf semaines,
elle met bas deux à cinq petits sur un lit de mousse, de feuilles et
d’herbes, établi dans un grenier, et plus souvent dans un tas de fagots
ou dans un arbre creux.
On rencontre de loin en loin des Fouines dont le pelage est en partie
blanc ou de couleur isabelle.
[Illustration:
Marte fouine
Martes foina
_Foin_, _Madrai_
Famille des MUSTELIDÉS]
[Illustration:
Marte des sapins
Martes abietum
Famille des MUSTELIDÉS]
MARTE DES SAPINS
Comme la Fouine, la Marte a la tête assez large avec le museau un peu
pointu, les oreilles arrondies assez courtes, les yeux moyens, le corps
long et souple, la queue longue, la marche semi-plantigrade, presque
digitigrade, c’est-à-dire qu’elle marche en partie sur les doigts et en
partie sur la plante des pieds. Elle a le dessus du corps brun foncé, la
gorge, le dessus du cou et la partie antérieure de la poitrine d’un
jaune clair orangé. Les poils de la queue sont plus longs que chez la
Fouine, les pieds plus velus en dessous, les membres plus robustes.
Sa longueur est de 0^{m}70 à 0^{m}74, celle de la queue seule est de
0^{m}25.
La Marte se trouve presque partout en France, dans les grandes forêts,
mais elle n’est commune nulle part et peut même être dite tout à fait
rare dans les départements du Midi. En Belgique, elle n’habite que dans
l’Ardenne et n’est pas trop rare en Suisse. Elle ne pénètre à peu près
jamais dans les bâtiments et habitations et demeure dans les endroits
les plus sauvages où elle passe la journée, cachée dans une cavité
d’arbre ou dans un fourré impénétrable. La nuit, elle chasse aux
oiseaux, à tous les petits mammifères et ne dédaigne pas les fruits et
le miel. Elle cache même, comme fait aussi la Fouine, des œufs d’animaux
dans des troncs d’arbres ou de rochers pour les manger plus tard. Elle
est d’une agilité merveilleuse et passe sur les arbres une partie de sa
vie.
Levée par les chiens, elle file dans les coulées feuillues des bois et
grimpe rapidement au sommet d’un grand arbre où elle se cache le mieux
possible. Lorsqu’elle s’arrête pour écouter, elle aime à s’asseoir sur
son train de derrière, à l’instar de l’écureuil.
Ordinairement, elle vit par couples et fait ses petits au nombre de
trois à cinq dans un tronc d’arbre, une anfractuosité de rocher ou un
tas de fagots, au mois d’avril ou de mai. La gestation est de neuf
semaines.
On en trouve de couleur isabelle. Sa fourrure est encore plus estimée
que celle de la Fouine. Comme cette dernière, c’est une bête très
nuisible qui détruit beaucoup de gibier, mais comme elle est très rare,
sa destruction s’impose moins que celle de la Fouine qui, très commune,
tue aussi le petit gibier et de plus dévaste les poulaillers.
BELETTE COMMUNE
Ce petit animal a la tête assez courte, les oreilles petites et
arrondies, les yeux moyens, la queue fauve courte ou assez courte, le
corps très allongé; sa marche est presque digitigrade. Son pelage est
roux ou fauve, parfois plus ou moins brun, sa gorge et ses parties
inférieures blanches. Elle mesure de 0^{m}17 à 0^{m}20 de longueur, la
queue seule est longue de 0^{m}04 à 0^{m}06.
Très commune partout, elle habite les haies épaisses, les ronciers, la
lisière des bois, les tas de pierres, entre au besoin dans les fermes à
la recherche des petits rongeurs, attaque les lièvres et les lapins, les
perdrix et les oiseaux, pille les nids, visite les terriers des
campagnols et des mulots qu’elle tue en un clin d’œil, et emporte
souvent sa proie dans son terrier, un trou de mulot qu’elle a choisi
pour s’y retirer et dans lequel elle amasse parfois jusqu’à huit à dix
cadavres frais de petits rongeurs. Elle s’introduit même dans les
galeries des taupes, saisit les alouettes prises dans les lacets des
tendeurs et, quand elle a faim, ne dédaigne pas les grenouilles, les
lézards et les orvets. En un mot, elle dévore toutes espèces de petites
bêtes vivantes, parfois beaucoup plus grosses qu’elle-même.
Elle est certainement utile, parce qu’elle détruit une énorme quantité
de campagnols et petits animaux malfaisants, mais elle est encore plus
nuisible à cause de la masse de gibier, de petits oiseaux et de lézards
qu’elle tue.
Elle court vite par suite de petits bonds, pénètre partout grâce à sa
petite taille et à son agilité, mais elle ne grimpe pas aux arbres.
L’appariage a lieu en mars et après une gestation de cinq semaines, la
femelle fait dans le pied d’un arbre creux ou sous de grosses pierres
trois à six petits.
On observe de temps à autre des Belettes albinos; et en Suisse, on
trouve, pendant l’hiver, des individus ayant pris une livrée grisâtre
sans cependant être jamais blanche.
Sa fourrure ne sert à rien.
[Illustration:
Belette commune
Mustela vulgaris
_Marcotte Mussoèle_
Famille des MUSTELIDÉS]
[Illustration:
Belette hermine
Mustela herminea
Famille des MUSTELIDÉS]
BELETTE HERMINE
L’Hermine notablement plus grande que la Belette (longueur du corps
0^{m}25 à 0^{m}28, avec la queue de 0^{m}12 à 0^{m}13) est plutôt très
répandue partout et cependant mal connue. Son pelage varie beaucoup
selon les saisons: En été, il est d’un brun roux avec le bout de la
queue noir et toutes les parties inférieures blanches; en hiver, il
devient d’un blanc pur, sauf le bout de la queue qui reste noir, mais
beaucoup de sujets, en France et en Belgique, ne deviennent pas
entièrement blancs et gardent un pelage légèrement marbré ou tapiré de
roux. Dans le Nord, au contraire, elle devient entièrement blanche, sauf
l’extrémité de la queue.
L’Hermine habite presque toute la France, elle est commune dans le Nord
et une partie du Centre, plus rare dans l’Ouest et le Midi, assez
répandue en Suisse et inconnue en Provence.
Bien moins connue que la Belette avec laquelle on la confond, elle vit
dans les bois, les taillis rocailleux, les haies touffues, s’introduit
dans les greniers et donne la chasse à tous les petits rongeurs jusqu’au
lièvre, aux oiseaux, aux lézards, mange les œufs, mais attaque rarement
les volailles. Elle fait une telle guerre aux lapins qu’elle pourchasse
au fond de leurs terriers qu’en certaines garennes elle les détruit
jusqu’au dernier en peu de temps. On trouve souvent des œufs de poule
bien cachés dans quelque endroit retiré. C’est l’Hermine ou la Fouine
qui les ont ainsi transportés et dissimulés pour les retrouver en cas de
besoin; et on se demande comment un si petit animal peut porter si loin,
sans le briser, un objet aussi difficile à saisir qu’un gros œuf de
poule.
La femelle met bas, en avril et mai, cinq à six petits, le plus souvent
dans une cavité basse d’arbre, car elle grimpe mal.
Cette espèce varie beaucoup de taille; les individus du Nord sont
beaucoup plus grands que ceux du Centre.
Sa fourrure d’été ne peut servir à rien, mais celle d’hiver a une valeur
importante.
BELETTE PUTOIS
Le Putois, long de 0^{m}40 (queue 0^{m}17), a le pelage brun noirâtre en
apparence, mais ce pelage est composé d’une épaisse fourrure jaunâtre
surmontée de longs poils noirâtres; les oreilles sont petites, bordées
de blanc; entre l’œil et l’oreille une grande tache blanchâtre; une
bande blanchâtre entourant les lèvres et s’élargissant un peu de chaque
côté du nez et sous le menton; la queue noire. Des glandes placées près
de l’anus répandent une odeur pénétrante.
C’est une espèce commune partout en France, en Belgique et en Suisse,
dans les bois, les lieux couverts de rochers et de carrières
abandonnées, et même exceptionnellement dans les greniers des fermes. Le
mâle et la femelle vivent ensemble pendant la plus grande partie de
l’année.
Surtout à la nuit, le Putois sort de l’arbre creux, du trou de rocher,
du tas de pierres ou du terrier de lapin qui lui sert de demeure pour
aller à la recherche des rongeurs, oiseaux, grenouilles, serpents ou
mollusques qui composent sa nourriture. Quand il est dans le voisinage
de fermes, il s’introduit dans les poulaillers pour y manger les œufs,
et dans les garennes il est la terreur des lapins.
Vers le mois de mai, la femelle, après deux mois de gestation, dépose
dans un nid grossièrement fait, sous un tas de fagots, dans un arbre
creux ou un terrier approprié par elle, quatre à sept petits qu’elle
mène bientôt avec elle pourchasser les lapins jusqu’au fond de leurs
galeries.
On le prend assez facilement aux pièges et les chasseurs le tuent
lorsque assez souvent ils le rencontrent dans les bois ou les buissons.
Sa fourrure n’a qu’une très mince valeur.
En captivité il est toujours très farouche et nous ne connaissons pas
d’exemple qu’on ait pu l’apprivoiser. Et pourtant le Furet domestique
n’est évidemment qu’un Putois!
Un Putois à tête blanche a été tué dans le département de l’Indre.
[Illustration:
Belette putois
Mustela putorius
_Putias_, _Ficheux_, _Chat pitois_
Famille des MUSTELIDÉS]
[Illustration:
Furet commun
Mustela furo
Famille des MUSTELIDÉS]
FURET COMMUN
Le Furet n’est certainement pas une espèce distincte du Putois (_Mustela
putorius_ L.); ce n’est pas autre chose que le Putois élevé par l’homme
en captivité et dressé par lui à chasser les lapins au fond de leurs
terriers. Il lui ressemble, du reste, presque absolument, s’accouple
avec lui et produit des métis féconds, tantôt ayant une coloration à peu
près identique à celle du Putois, tantôt une couleur plus claire, tantôt
ayant le pelage blanchâtre ou jaunâtre des animaux albinos, d’autant
mieux que le pelage se modifie très facilement chez les animaux
domestiques.
On a dit qu’il pouvait provenir d’une espèce éteinte, ce qui n’est pas
probable, ou d’une espèce de Putois d’Afrique, mais comme cette
prétendue espèce n’existe pas et que rien ne prouve qu’elle ait existé
autrefois, on doit le considérer simplement comme la race domestique du
Putois.
Le Furet passe sa vie à dormir et à manger. On le nourrit de lait, de
pain trempé, de viande; il dévore avidement les petits oiseaux. Il se
laisse manier facilement et est généralement assez doux. S’il s’échappe
et recouvre la liberté, à laquelle il n’est pas habitué, il languit et
périt vite victime d’un accident. Nous en avons vu plusieurs, égarés
dans les champs, harcelés et même tués par les pies et les corbeaux
qu’ils ne savaient pas éviter.
On l’emploie uniquement à la chasse du lapin. Placé à l’entrée du trou,
il s’y glisse et pénètre jusqu’au fond des galeries. Là, il saisit le
lapin ou le force à sortir pour se présenter au filet ou au fusil du
chasseur.
BELETTE VISON
Formes à peu près comme celles du Putois. Pelage entièrement brun foncé,
plus sombre sur les parties supérieures, sans bourre jaunâtre; queue
noirâtre proportionnellement moins touffue et plus longue que chez
l’espèce précédente, le corps un peu plus allongé; la couleur blanche
s’étendant seulement autour des lèvres, de chaque côté du museau et au
menton, les pieds à demi palmés. Il a, de même que le Putois, une odeur
très forte et très persistante. On l’en distinguera à sa tête un peu
plus fine, un peu plus courte, à son pelage plus égal et à la
demi-palmure de ses doigts.
Son corps mesure 0^{m}35 à 0^{m}37 de longueur, sa queue de 0^{m}15 à
0^{m}19.
Le Vison, appelé aussi Minck ou Norek, est un Putois adapté à la vie
aquatique. On l’a observé en France dans le Centre et presque partout
dans l’Ouest, dans la Gironde, en Bretagne, où il est même commun en
Ille-et-Vilaine, en Normandie, dans l’Oise, dans les Vosges. Comme, du
reste, il se plaît dans les pays d’étangs, il ne se trouve guère que
dans les contrées plus ou moins marécageuses et on le chercherait en
vain dans les localités sèches. C’est pourquoi on le voit seulement là
où coulent des rivières lentes et où s’étendent des eaux stagnantes. Il
se creuse un terrier dans les berges des étangs entourés de bois, nage
et plonge à la perfection et poursuit dans l’eau les poissons, les
grenouilles, les rats d’eau ou essaie sur les rives de capturer des
oiseaux ou des lapins. Quand il est surpris à terre, il se jette
immédiatement à l’eau, à la manière de la Loutre, tandis que le Putois
cherchera toujours un refuge dans les buissons voisins.
En avril-mai, la femelle met bas trois à six petits.
Un Vison captif est demeuré toujours farouche, refusait la viande et se
nourrissait seulement de poissons.
En fait, cette espèce est, par ses formes, tout à fait près du Putois,
tandis que, par ses mœurs et sa coloration, elle est très voisine de la
Loutre.
[Illustration:
Belette vison
Mustela lutreola
Famille des MUSTELIDÉS]
[Illustration:
Loutre vulgaire
Lutra vulgaris
Famille des MUSTELIDÉS]
LOUTRE VULGAIRE
La Loutre a la tête large, le museau très large et assez court, les yeux
petits, les oreilles très petites et arrondies, les pieds palmés, la
queue très large à sa base, très robuste, longue et amincie peu à peu au
bout. Sa marche est à peu près plantigrade. Le pelage fourré est brun,
sauf la poitrine et le ventre qui sont brun-grisâtre, la gorge, les
joues et le museau qui sont plus ou moins gris; la taille est de 0^{m}80
de longueur, la queue mesurant 0^{m}40.
La Loutre habite l’Europe entière et une partie de l’Asie. C’est une
bête qu’on ne voit guère et qui est pourtant assez commune sur beaucoup
de rivières, de ruisseaux et d’étangs. Elle est, du reste, assez nomade
et apparaît dans les localités où on ne la voyait pas auparavant.
Les Loutres de rivière se creusent dans les berges des terriers profonds
à plusieurs ouvertures dont une au moins donne sous l’eau. Elles sortent
peu dans le jour et se mettent en chasse à la nuit close; elles
s’aventurent alors, en suivant le fil de l’eau, jusqu’au milieu des
villes puisqu’on en trouve parfois dans les nasses à poisson où elles
sont entrées et se sont noyées.
Celles qui habitent de vastes marais sauvages n’ont pas de trou. Elles
chassent surtout la nuit et font, durant la journée, la sieste, couchées
sur une motte herbue où le chasseur peut les surprendre par un temps
chaud. Quelques-unes se cachent, le jour, dans les bois épais à
proximité d’un étang et aussitôt dérangées filent avec rapidité
directement vers l’eau. Il existe en France quelques équipages de chiens
courants spéciaux qui la lèvent et la suivent sur les petites rivières;
c’est une chasse difficile et intéressante qui ne peut avoir lieu que de
loin en loin, parce que l’animal est assez rare et malaisé à rencontrer.
Elles nagent admirablement et peuvent demeurer sous l’eau au moins une
minute. Leur nourriture consiste surtout en poisson, mais au besoin
elles attaqueront les oiseaux et les lièvres. Elles détruisent une très
grande quantité de gros poissons, aussi sont-elles considérées comme
très nuisibles par les pêcheurs et propriétaires d’étangs.
La femelle porte neuf semaines, fait probablement deux portées par an de
chacune deux ou trois petits et met bas en toutes les saisons, car on
trouve, en décembre et janvier, sur la surface glacée des étangs, de
gros nids d’herbes aquatiques dans lesquels reposent les petits
nouvellement nés. Près du nid est un trou dans la glace par où plonge la
mère.
En captivité la Loutre s’apprivoise bien et peut même être dressée à
chasser le poisson pour son maître.
On a observé des Loutres albinos ou tapirées de blanc.
BLAIREAU COMMUN
Le Blaireau, animal de 0^{m}76 de longueur avec 0^{m}17 de queue, a la
tête blanche surmontée de deux bandes d’un brun noir partant du museau
et rejoignant l’occiput en couvrant chacune un œil, cette tête assez
petite relativement au corps qui est gros, trapu, assez allongé, couvert
de longs poils durs, blancs à la base, noirs dans leur tiers supérieur
et blancs à l’extrémité, avec, dessous, une fourrure blanchâtre. Les
membres, le dessous de la gorge, du cou et de la poitrine sont noirs ou
d’un brun noir, les yeux assez petits, les oreilles petites et rondes,
la marche presque plantigrade.
Le Blaireau, rare en certaines contrées, est très commun en d’autres; on
le rencontre d’une façon générale presque partout en France, en
Belgique, en Suisse. Il habite les bois, les vignes où se trouvent des
carrières et les coteaux rocheux. Fouisseur de premier ordre, il se
creuse de longs terriers, le plus souvent sous des rochers et y vit seul
ou en famille. Il est certainement monogame, car le mâle et la femelle
vivent ensemble en toute saison.
Il est omnivore et mange tout ce qu’il trouve: cerises, fraises,
raisins, noix, glands, miel des bourdons, insectes de toutes sortes,
notamment les grillons, lézards, serpents, même les vipères,
grenouilles, petits mammifères et petits oiseaux; il est nuisible parce
qu’il détruit beaucoup de jeunes lièvres, lapins et perdreaux et cause
dans les vignes de grands dégâts.
Les chasseurs le tuent rarement parce qu’il demeure ordinairement au
fond de son terrier pour n’en sortir qu’à la nuit tombante avec des
précautions extrêmes. Il semble redouter le piège ou l’affûteur autour
de sa retraite; aussi est-il difficile de le tirer au sortir de son
trou, tandis que, une fois en quête de nourriture, il est beaucoup moins
soupçonneux, et si, parcourant un bois, au clair de lune, il aperçoit un
homme, il s’arrête à peu de distance en flairant d’un air étonné.
Lorsque par un beau temps il ne rentre pas au terrier, il se cache pour
la journée au plus épais d’un fourré ou sous un aqueduc à sec, mais s’il
est dérangé, il file droit sur son logis. En général, il rentre chez lui
au petit jour. L’hiver, il sort très peu.
On le chasse aussi avec des petits chiens très mordants qui vont le
chercher sous terre et indiquent par leurs aboiements la place qu’il
occupe aux chasseurs qui piochent le sol pour arriver jusqu’à lui. Mais
c’est pour les hommes un dur travail et pour les chiens une besogne
dangereuse, car le trou est profond et le Blaireau qui a la mâchoire
d’une grande puissance, se défend courageusement et mord avec une
extrême ténacité.
La femelle porte dix à douze semaines, et de décembre à mars, met bas
dans son trou, de trois à cinq petits.
Les chasseurs et les paysans distinguent les Blaireaux à tête de chien
et ceux à tête de cochon, cette distinction ne repose que sur l’état de
maigreur ou d’embonpoint de l’animal.
Sur la planche, lire «Taisson» et non «Faisson».
[Illustration:
Blaireau commun
Meles taxus
_Faisson_, _Grisard_
Famille des MUSTELIDÉS]
[Illustration:
Ours brun
Ursus arctos
Famille des URSIDÉS]
OURS BRUN
L’Ours brun a la tête voûtée et grosse, les yeux petits, les oreilles
courtes et velues, le museau allongé, le corps lourd et massif, les
membres épais, les postérieurs un peu plus courts, les ongles forts, non
rétractiles, la queue presque nulle. Sa marche est plantigrade. Le
pelage long et fourré est d’un brun plus ou moins jaunâtre ou noirâtre,
parfois grisâtre. La longueur du corps d’un adulte est de 1^{m}50 à
1^{m}85; son poids varie de 350 à 500 livres.
L’Ours brun habite encore certaines contrées de l’Europe et vit confiné
dans les montagnes où il se peut mieux défendre; il tend, du reste, à
disparaître. Il n’existe plus en Belgique, il est très rare en Suisse;
en France, on trouve encore quelques individus dans les Alpes et les
Pyrénées, l’Ours des Pyrénées étant un peu plus petit que l’autre.
Il passe sa vie dans une tanière établie dans une large anfractuosité de
rocher ou au fond d’une grotte, dans les sites les plus sauvages de la
montagne, et sort la nuit à la recherche des fruits, des grains et
racines et des insectes, ainsi que des mammifères. Il mange des
bourgeons, des champignons, des fourmis et, quand il le peut, du miel.
Pressé par la faim, il s’attaque aux moutons, aux veaux et même aux
vaches, mais il n’affronte pas l’homme, à moins qu’il ne soit blessé ou
pour défendre sa progéniture.
Malgré sa lourdeur, il court vite et grimpe parfaitement aux arbres
fruitiers. Assailli ou assaillant, il se dresse debout et attaque avec
ses pattes de devant.
L’accouplement a lieu en août-septembre et, six mois après, la femelle
fait dans sa tanière un ou deux jeunes qui naissent extrêmement petits
et faibles, mais grossissent ensuite assez vite. En hiver, époque où il
est devenu très gras, il sort rarement et dort presque toujours.
LOUP COMMUN
Le Loup est d’un fauve noirâtre en dessus, fauve en dessous, il a la
gorge blanchâtre, les pattes fauves, celles de devant avec une raie
noire antérieure, la queue longue, touffue, fournie de longs poils d’un
fauve noirâtre dessus, fauve clair dessous jusqu’aux deux tiers de sa
longueur, puis noirâtre jusqu’à l’extrémité. Le pelage blanchit lorsque
l’animal est vieux et devient souvent tout gris. Il a la tête large, le
cou gros et les mâchoires très puissantes. La longueur du corps est de
1^{m}15, celle de la queue de 0^{m}35, la hauteur au garrot de 0^{m}60.
L’empreinte de ses pieds est plus allongée que celle du chien.
Le Loup, autrefois si commun, devient extrêmement rare en Belgique, en
Suisse, si tant est qu’il y existe encore, et même en France où il ne
séjourne plus que dans quelques départements. Il vit solitaire ou par
deux ou trois dans les grandes forêts et par moments s’arrête dans les
petits bois épais. Il se nourrit de lièvres, chevreuils, petits
mammifères et, en cas de disette, mange les colimaçons, les grenouilles
et les fruits, mais ses victimes les plus ordinaires sont les chiens,
les moutons, les oies et les dindons. La nuit, il s’attaque aussi aux
ânes, aux veaux et aux poulains, mais il ne se jette pas sur l’homme, à
moins qu’il ne soit enragé; il se contente de suivre, à une certaine
distance, le voyageur isolé.
Il est polygame. Après une gestation de deux mois ou un peu plus, la
Louve, en avril ou mai, choisit un fourré impénétrable, parfois un vaste
champ de seigle et dépose sur une couchette appelée «liteau», quatre à
six petits qu’elle allaite pendant plus d’un mois, puis auxquels elle
commence ensuite à apporter des proies qu’elle va presque toujours
chercher au loin.
Extrêmement méfiant et rusé, le Loup est difficile à tuer devant des
chiens courants. Il n’a pas plutôt entendu un bruit insolite qu’il est
sur pied et se dérobe, débûche et entraîne la meute à des distances
considérables. Le louveteau, c’est-à-dire le jeune jusqu’à cinq mois, et
le louvard, jeune de six à dix mois, se font au contraire battre dans
l’enceinte de bois qu’ils habitent. Sa voix qu’on entend, le soir, dans
les forêts, est un hurlement plaintif et lugubre.
Pris jeune, il s’apprivoise facilement. En captivité, même mais très
rarement à l’état sauvage, le Loup s’accouple avec le Chien et les métis
sont féconds.