On la trouve partout, elle pénètre dans les appartements habités, dans

les armoires les mieux fermées, soit par un tout petit interstice, soit

en rongeant elle-même le bois. Elle sort de son trou assez souvent le

jour et toujours vers le soir, vivant de tous les reliefs qu’elle peut

trouver dans les maisons. Tout lui est bon, soit pour manger, soit pour

préparer une couchette à ses petits. C’est ainsi qu’elle rongera et

réduira en miettes les papiers, le linge, les vêtements et touchera à

toutes les provisions, grains et fruits. Malgré l’énorme destruction

qu’en font les chats, tous les petits carnassiers, les oiseaux de proie

et l’homme, au moyen de pièges variés, elle pullule partout.

Elle fait par an quatre à cinq portées, de chacune six à neuf petits qui

grandissent en peu de jours et peuvent se reproduire un ou deux mois

après leur naissance.

En Suisse, où elle est aussi commune qu’en France et en Belgique, on la

rencontre encore à une grande hauteur sur les Alpes. Comme le remarque

Fatio, elle n’est pas rare dans les chalets et les auberges à 2.700

mètres d’élévation, et elle y demeure toute l’année.

On trouve des Souris à pelage presque noir, ou isabelle, ou fauve, ou

pie ou entièrement blanches. On a voulu voir une variété chez certains

individus souvent de coloration gris fauve qui quitteraient les

habitations plus volontiers que les autres pour fréquenter les champs du

voisinage et les tas de paille des fermes, mais ces Souris sont bien

analogues au type, et si, en tous cas, elles ressemblent un peu au

Mulot, on les distinguera toujours à leur taille plus petite et parce

qu’elles n’ont jamais au talon une tache foncée qui existe toujours chez

le Mulot.

RAT MULOT

Le Mulot, dont la longueur atteint 0^{m}22 à 0^{m}25 a le pelage d’un

brun plus ou moins foncé, ou d’un beau fauve roux sur le dos, plus clair

sur les flancs, blanc ou grisâtre en dessous; une tache noirâtre au

talon. Les jambes de derrière sont allongées, les oreilles grandes, les

yeux très gros, la queue à peu près de la longueur du corps, d’un brun

noirâtre en dessus, blanchâtre en dessous.

C’est certainement un joli petit animal dont la coloration varie

beaucoup, suivant les individus, l’âge et les saisons; très commun,

surtout dans les années sèches, dans les bois, les haies, les champs, où

il se creuse des terriers peu profonds dans lesquels il amasse, à

l’automne, une petite provision de grains. C’est aussi un pillard

nuisible qui coupe sur pied les blés et les avoines, dévore les grains,

déterre les glands et les châtaignes semés par les forestiers, attaque

tous les fruits, recherche les insectes et les grenouilles, même les

œufs et les petits des passereaux. Il détruit les nids des bourdons et

comme ces insectes servent beaucoup à la fécondation de certaines

plantes en transportant le pollen d’une fleur à l’autre, il cause ainsi

un réel préjudice à l’agriculteur. Les Mulots se mangent même entre

eux.

On constate qu’il circule beaucoup, aussi bien en hiver qu’en été, car

il laisse sur la neige une empreinte très reconnaissable indiquant que,

au contraire des autres espèces, il court par bonds en laissant traîner

sa queue. Quand la gelée est persistante, il quitte son terrier et se

retire sous les meules de paille, et même dans les écuries et les

granges des fermes.

Du printemps à l’automne, la femelle fait trois à cinq portées, chacune

de quatre à six petits, soit au fond de son terrier, soit sous un tas de

fagots ou de fumier, dans un nid arrondi, assorti de paille et de foin.

Souvent, elle s’accouple aussitòt la naissance des petits et pendant

qu’elle allaite encore.

Ses ennemis sont nombreux, chiens, renards, chats, oiseaux de proie,

serpents. Bien souvent, nous l’avons vu attaqué par une belette. Le

petit carnassier le saisit brusquement au cou, quelques gouttes de sang

paraissent et le Mulot agonise à l’instant.

[Illustration:

Rat mulot

Mus sylvaticus

_Mulot_

Famille des MURIDÉS]

[Illustration:

Rat des moissons

Mus minutus

Famille des MURIDÉS]

RAT DES MOISSONS ou RAT NAIN

Sa longueur est à peine de 0^{m}12 à 0^{m}14, il est fauve sur le dos et

blanc en dessous, avec les pieds fauve brunâtre, les oreilles assez

courtes, la queue brune presque aussi longue que le surplus du corps,

blanchâtre en dessous, les yeux moyens, les pieds allongés et

blanchâtres.

Ce petit Rat nain, répandu partout en France et en Belgique, mais très

rare en Suisse, habite les champs et les taillis où il est très peu ou

assez commun, suivant les localités. Il se creuse un trou, mais souvent

aussi passe sa vie dans les épais buissons, sous les tas de paille et au

milieu des champs de blé, mangeant des graines et des insectes. Il

grimpe avec une adresse extrême sur les arbustes et les tiges des

céréales, et comme sa queue est un peu prenante, il s’en aide pour

monter le long des brins de seigle et de froment.

Au commencement de l’été, il se construit un petit nid arrondi avec des

brins d’herbes sèches entrelacés, à 40 ou 50 centimètres de hauteur,

suspendu à un brin de taillis, à une branche d’aubépine ou à plusieurs

tiges de seigle et de blé. Ce nid excite souvent l’étonnement de ceux

qui ne connaissent pas le constructeur. La femelle y dépose quatre à

huit petits et fait par an trois ou quatre portées.

L’hiver venu, il ne s’engourdit pas, mais se retire dans les meules de

paille, ou même dans les granges et les écuries.

Ses ennemis sont les mêmes que ceux des autres Rats; nous l’avons même

vu, surpris à terre par des poules et tué par elles à coups de bec.

CAMPAGNOL RAT D’EAU

Les Campagnols peuvent être appelés les Rats à queue courte; six espèces

habitent la France, quatre ou cinq seulement se trouvent en Belgique et

en Suisse.

Le Rat d’eau, le plus grand des Campagnols, est de taille relativement

très forte, atteignant à l’état adulte une longueur d’au moins 0^{m}225.

Il est brun noirâtre en dessus, gris roux assez foncé en dessous, ses

yeux sont moyens, ses oreilles courtes et assez larges, sa queue dépasse

à peine la moitié de la longueur du corps.

Il habite toute l’Europe et est généralement commun en France, en

Belgique et en Suisse, où on l’observe à 1.400 mètres d’altitude. Il se

tient presque toujours le long des rivières, des ruisseaux, des étangs

et des mares. Il s’y creuse, au niveau de l’eau, des garennes assez

profondes reliées entre elles par des sentiers battus et des tunnels et

vit de grenouilles, d’insectes, d’écrevisses, de poissons et surtout de

racines et de tiges de plantes aquatiques, même de racines de légumes.

Peu farouche, il est prudent et se retire vite dans son trou, s’il est

inquiété, ou bien plonge et nage avec une certaine rapidité.

La femelle, de deux à quatre fois l’an, met bas dans son terrier de deux

à sept petits, le plus souvent de six à sept.

Cette espèce est variable de taille, de coloration et d’habitude. La

race dite «Musignani ou destructor» est de couleur plus jaunâtre et

remplace le type en Provence et en Italie. On lui a donné le nom de

Campagnol destructeur parce que, à certaines époques, en Italie, cette

race, chassée du bord des eaux par les inondations, a envahi les champs

et saccagé les récoltes, les vignes et les jardins. Une autre forme

appelée «Campagnol terrestre» est plus petite, plus claire, plus grise

et a la queue plus courte que le type, mais elle appartient certainement

à l’espèce ordinaire.

[Illustration:

Campagnol Rat-d’eau

Arvicola amphibius

Famille des MURIDÉS]

[Illustration:

Campagnol agreste

Arvicola agrestis

Famille des MURIDÉS]

CAMPAGNOL AGRESTE

Le Campagnol agreste mesure de 0^{m}14 à 0^{m}16 de longueur. Sa robe

est d’un brun fauve ou brun clair en dessus, d’un gris clair en dessous,

avec la queue d’environ le tiers du corps, franchement bicolore,

noirâtre en dessus, blanchâtre en dessous. On le trouve partout en

France, en Belgique et en Suisse, plus ou moins répandu suivant les

années, parfois excessivement abondant, et alors il peut commettre

d’énormes dégâts dans les récoltes. Une autre espèce très voisine,

également très nuisible, le Campagnol des champs, «Arvicola arvalis

Pallas» est plus petite (longueur du corps 0^{m}12 à 0^{m}15), plus

fauve en dessus avec une ligne jaune aux flancs, avec la queue à peu

près unicolore, jaunâtre, d’environ un quart de la longueur du corps.

Plusieurs zoologistes ne font des deux types qu’une seule espèce.

Habitant les champs, il devient par moments excessivement commun et on

voit à chaque pas ses terriers à plusieurs ouvertures, où il passe en

partie la journée. Le soir venu, mais souvent aussi pendant le jour, il

sort en quête de nourriture et ronge avec avidité les céréales dans les

champs, les plantes potagères dans les jardins, les racines dans les

prairies, ramassant sur le tard des provisions pour l’hiver. En certains

cas, il est une véritable plaie pour l’agriculture.

Après une gestation de vingt jours, la femelle fait dans ses trous ou

même dans un nid simplement caché sous les herbes, quatre à sept petits,

puis recommence de nouvelles portées quatre à six fois. Au moment des

gelées, il se retire sous les meules de paille et dans les bâtiments,

mais il ne s’engourdit jamais, comme le prouvent ses traces très

reconnaissables par les temps de neige, sa piste étant uniforme et non

interrompue par des bonds, comme par exemple celle du Mulot.

On le prend facilement aux pièges. Beaucoup d’oiseaux de proie diurnes

et nocturnes, la vipère, certaines couleuvres, les belettes, les chiens

de berger qui les déterrent, en détruisent une énorme quantité, mais il

est tellement prolifique que l’espèce est toujours commune.

On a essayé dans le Nord, l’Est et l’Ouest de la France, toutes sortes

de moyens pour empêcher ses déprédations: pièges, trappes, poison; on a

même répandu des boulettes contenant un bacille cultivé exprès, et les

expériences ont prouvé qu’on pouvait ainsi en tuer d’énormes quantités.

CAMPAGNOL SOUTERRAIN

Le Campagnol souterrain, long de 0^{m}12, est brun ou brun grisâtre en

dessus, gris cendré en dessous, les oreilles nues et tellement courtes

qu’on ne les distingue pas au-dessus des poils, les yeux très petits. De

plus, alors que chez les autres Campagnols il y a toujours huit

mamelles, le souterrain n’en a que quatre.

Cette espèce qu’on ne voit guère parce qu’elle est continuellement sous

terre dans ses galeries nombreuses et profondes, est en réalité assez

répandue, bien que localisée, en France et en Belgique. Fatio ne

l’indique pas dans sa faune de la Suisse, mais elle s’y trouve très

probablement. Elle vit dans les prés humides et les jardins où elle

trouve sa nourriture consistant en racines potagères, céleri, carottes

et autres, aussi dans les marécages et au bord des étangs, où elle

dévore les racines des plantes aquatiques.

Après vingt jours de gestation, la femelle fait sa portée de deux à

quatre petits, ce qui se renouvelle cinq à six fois par an.

Bien que ses habitudes souterraines mettent ce Campagnol à l’abri des

attaques des animaux de proie et des hérons, il n’est jamais très

répandu, détruit par les taupes qui le rencontrent sous terre, par les

serpents qui vont le chercher dans son trou, par les belettes et aussi

par les inondations qui envahissent souvent ses terriers.

Ses formes lourdes et ramassées, la brièveté des oreilles et de sa

queue, la petitesse de ses yeux, le nombre des mamelles, ont décidé les

zoologistes à le classer dans un genre différent de celui des autres

Campagnols, le genre «Microtus Selys». On a également décrit sous les

noms de Campagnol incertain et Campagnol des Pyrénées des formes très

voisines, habitant les montagnes, qui appartiennent évidemment à cette

espèce; aussi, sous les noms de «Arvicola gerbei Del’isle», «Selysii

Gerbe», «Savii Silys», des variétés très légèrement différentes, surtout

par leur coloration.

[Illustration:

Campagnol souterrain

Arvicola subterraneus

Famille des MURIDÉS]

[Illustration:

Lièvre commun

Lepus timidus

Famille des LÉPORIDÉS]

LIÈVRE COMMUN

Tout le monde connaît le Lièvre avec son pelage fauve variant du gris au

brun, ses flancs fauves ainsi que la gorge, le dessous du corps blanc,

le bout des oreilles noir, la queue très courte et très velue, noire

dessus, blanche dessous. Le mâle est ordinairement plus blanchâtre et

plus roux, la femelle plus grise. La longueur moyenne d’un adulte

français est de 0^{m}70, et son poids de 7 à 8 livres; les Lièvres

suisses sont plus grands et atteignent 9 et même 12 livres.

Le Lièvre est devenu rare dans beaucoup de départements, excessivement

rare dans plusieurs du midi, commun dans certains autres et dans

plusieurs provinces belges, mais là où il n’est pas protégé au moyen des

chasses gardées, il diminue promptement de nombre, étant donné la chasse

acharnée que lui font l’homme avec le fusil et les collets, les chiens,

les renards, tous les mustelidés, les chats, les oiseaux de proie

diurnes et nocturnes.

Il habite les champs et les bois et, suivant la saison, la température

et des habitudes individuelles, se gîte en des endroits variés. Il aime

les terrains secs et pourtant il se cache parfois en des places

tellement marécageuses qu’il est presque couché dans l’eau. Son gîte est

un petit emplacement battu, plus ou moins recouvert par des mottes de

terre, des plantes vertes ou des ronces, quelquefois tout à découvert.

D’ordinaire, il demeure en repos pendant toute la journée, tapis et gîté

dans un sillon ou dans les broussailles, et se met en mouvement, au

crépuscule, pour brouter toutes sortes de végétaux. S’il n’est pas

dérangé, il retourne, dès les premières lueurs du jour, à son ancien

gîte ou en fait un nouveau à peu de distance, fréquente toujours la même

contrée, où si les mâles s’éloignent pendant quelques jours, ils ne

tardent pas à y revenir.

La chasse du Lièvre aux chiens courants est particulièrement

intéressante, l’animal essayant, au moyen d’une foule de ruses

instinctives, de dépister les chiens. Il a l’ouïe excessivement fine,

mais la vue mauvaise en ce sens qu’il voit mal devant lui et qu’il

viendra, par exemple, tout droit jusqu’aux pieds du chasseur, si

celui-ci demeure immobile.

Il est polygame et les mâles se livrent de violents combats; le rut

durant toute l’année, on trouve des femelles pleines en toutes saisons

et souvent une hase, nom de la femelle, s’accouple quand elle nourrit

encore ses petits. Le nombre des portées est de deux à quatre, de

chacune deux ou trois petits, très rarement quatre. Les jeunes qui

croissent vite sont déjà aptes à reproduire au bout de huit ou neuf

mois.

La gestation dure un mois. Les petits sont déposés dans un fourré, sous

d’épaisses ronces, au fond d’un fossé, sous des bruyères, tandis que la

mère ne reste pas avec eux et se gîte à peu de distance. Dès qu’ils

peuvent courir, les levraults se cachent aux environs et accourent

lorsque la femelle fait entendre un cri d’appel très particulier.

Autrement, le Lièvre est une bête muette qui pousse son cri de détresse

seulement lorsqu’il est saisi par un ennemi.

On trouve des cas d’albinisme plus ou moins complet.

LIÈVRE CHANGEANT

Cette espèce diffère de l’espèce commune en ce que la taille est un peu

inférieure, les oreilles plus courtes et la coloration variable,

l’animal étant, en été, d’un gris fauve ou roux avec la queue grise ou

blanche, et devenant, en hiver, entièrement blanc, le bout des oreilles

demeurant noir en toutes saisons. La livrée d’hiver commence à se

montrer à la fin de septembre au moyen de la croissance de nouveaux

poils; la livrée d’été reparaît à la fin de mars. Dans l’état de

transition, l’animal paraît comme saupoudré de gris.

Il se rapproche plus du Lapin que ne fait le Lièvre ordinaire.

Cette forme, inconnue en Belgique et dans la plus grande partie de la

France, se trouve seulement dans les montagnes des Alpes et des

Pyrénées; encore, dit-on, ce qui n’est pas prouvé, que les Lièvres des

Alpes sont un peu différents de ceux des Pyrénées.

Le Lièvre variable a tout à fait les habitudes et les mœurs de notre

Lièvre; il ne quitte jamais les endroits montagneux et monte jusqu’à

3.200^{m} d’altitude en Suisse. La femelle fait, au mois d’avril, une

première portée de deux à quatre petits, suivie d’une seconde, rarement

d’une troisième.

Sa chair ne vaut pas celle du Lièvre ordinaire, mais il est, comme son

congénère, pourchassé par l’homme, les renards et les aigles. Pourtant,

la variation de son pelage lui est évidemment très utile pour se

dissimuler aux yeux de ses ennemis. En effet, au moment où la neige

commence à couvrir la terre, son pelage s’est moucheté de blanc et

bientôt après il est d’un blanc pur, sauf le bout des oreilles, si bien

qu’il est très malaisé de l’apercevoir gîté sous une pierre ou sous des

racines.

Fatio dit qu’en Suisse cette espèce s’accouple de temps en temps avec

l’espèce commune et il a vu des hybrides sauvages. Elle serait moins

solitaire que notre Lièvre et se réunirait parfois en petites compagnies

pendant la mauvaise saison.

[Illustration:

Lièvre changeant

Lepus variabilis

_Lièvre blanc_

Famille des LÉPORIDÉS]

[Illustration:

Lièvre lapin

Lepus cuniculus

_Lapin_

Famille des LÉPORIDÉS]

LIÈVRE LAPIN

Le Lapin sauvage est de coloration grise plus ou moins brune en dessus,

fauve rousse à l’occiput et sur le cou; ses oreilles plus courtes que la

tête sont entièrement grises; la queue noirâtre en dessus est blanche en

dessous. La longueur du corps d’un adulte est d’environ 0^{m}46.

Le Lapin est répandu partout, mais tandis qu’il pullule en beaucoup de

localités, il est rare dans d’autres et ne réussit pas toujours là où on

essaie de l’acclimater. On sait qu’il se creuse des terriers profonds;

pourtant, quand il n’est pas trop inquiété par les renards et par les

chiens et quand les belettes et les putois qui visitent ses terriers

sont nombreux dans la contrée, il prend l’habitude de vivre sans trou et

se défend en vivant au milieu des buissons ou en se jetant dans un trou

de hasard, même dans un arbre creux.

Il est essentiellement polygame et les mâles se battent à chaque

instant. Lorsque, après un mois de gestation, la femelle veut mettre

bas, elle creuse un trou peu profond, dit rabouillère, dans lequel elle

entasse des herbes qu’elle revêt d’une épaisse couche de ses poils et y

dépose de trois à sept petits. Elle fait, suivant son âge, de quatre à

six portées par an. Si elle s’éloigne de son nid, elle le recouvre de

poils et bouche l’entrée. Jamais elle ne fait ses petits dans son

terrier ordinaire, car le mâle qui les trouverait les tuerait

immédiatement.

Dans certaines chasses gardées, on tue les lapins par milliers;

ailleurs, on les chasse au chien d’arrêt, aux chiens courants et, quand

ils sont terrés, on essaie de les faire sortir avec un furet.

La variété noire du Lapin sauvage n’est pas très rare, les variétés

isabelle et blanche sont beaucoup moins communes.

Le Lapin a été domestiqué depuis longtemps et l’homme, au moyen de la

sélection, a créé de nombreuses races bien fixées, remarquables par leur

coloration ou par leur taille qui peut devenir énorme.

Un fait certain, c’est que le Lièvre et le Lapin ne se sont jamais

croisés à l’état libre, mais on a prétendu être parvenu à faire

accoupler le lièvre mâle avec la lapine et avoir ainsi obtenu des

hybrides dits «Léporides». Il semblerait qu’on dût admettre

l’affirmation d’éleveurs qui disent avoir obtenu ces produits, mais

d’autre part le fait est nié énergiquement par la plupart des

zoologistes et il a toujours été prouvé que les animaux présentés comme

léporides n’étaient, après examen des os et des viscères, que des

lapins. On doit donc, jusqu’à présent, mettre en doute l’existence du

croisement des deux espèces.

CHAT SAUVAGE

Le Chat sauvage est revêtu d’un pelage épais et soyeux, gris un peu

fauve marqué de bandes noirâtres, avec une raie noire sur le dos; le

menton, la gorge et les côtés du nez blanchâtres; la queue de grosseur

uniforme annelée et terminée de noir. La longueur de son corps est de

0^{m}70, celle de la queue de 0^{m}35: la hauteur au garrot de 0^{m}35 à

0^{m}40. On a vu des mâles adultes peser jusqu’à 12 kilog., tandis que

les femelles, toujours plus petites et plus fauves, ne dépassent guère

la moitié de ce poids.

Commun en France, en Belgique, en Suisse, il y a un siècle et moins, il

est devenu beaucoup plus rare. Il se tient dans les bois et se loge dans

les cavités des rochers, les gros arbres creux ou les vieux trous de

blaireaux et de renards. Rarement il sort pendant le jour, mais il se

met en chasse dès le crépuscule, poursuit et guette alors les lièvres,

lapins, rats, écureuils, oiseaux de toutes sortes et attaque même les

jeunes chevreuils: on ne le voit jamais près des fermes parce qu’il

n’ose pas s’aventurer hors des fourrés, au contraire de nos chats

devenus à demi-sauvages.

Chassé par des chiens courants, il se fait ordinairement battre pendant

une demi-heure, puis grimpe sur un arbre pour s’y cacher derrière une

grosse branche, dans une cavité du tronc ou sur un vieux nid de pie. Il

sait alors se ramasser et se dissimuler si bien que, malgré sa grande

taille, il est assez difficile de l’apercevoir. Blessé, il devient

redoutable et se défend avec énergie.

Des chasseurs ayant, au mois de décembre, lancé un renard, le firent

terrer dans un trou où se trouvait déjà un chat d’environ 6 kilos. A la

suite d’une bataille, le renard finit par étrangler le chat, mais il est

certain qu’un renard doit rarement venir à bout d’un adversaire aussi

vigoureux.

Parfois, lorsqu’il chasse pendant le jour, les pies, corbeaux et geais

le poursuivent de leurs cris, ce qui éveille l’attention des chasseurs

et devient souvent la cause de sa perte.

Il est polygame et les mâles sont plus nombreux que les femelles,

puisque, sur vingt animaux, nous avons trouvé dix-sept mâles, et

d’autres constatations ont donné le même résultat.

Neuf semaines après l’accouplement qui a lieu à la fin de l’hiver, la

femelle fait, vers le mois d’avril, trois ou quatre petits dans un vieil

arbre creux, dans une cavité de rocher ou à terre, dans un fourré

impénétrable.

Le Chat sauvage s’accouple quelquefois avec les chats domestiques qui

ont repris dans les bois la vie errante, mais ces derniers, qui savent

moins bien se défendre, périssent toujours rapidement de male mort.

Toutefois, on trouve de loin en loin des chats qui sont évidemment des

métis.

[Illustration:

Chat sauvage

Felis catus

Famille des FÉLIDÉS]

[Illustration:

Genette vulgaire

Genetta vulgaris

Famille des VIVERRIDÉS]

GENETTE VULGAIRE

La Genette, qui seule représente chez nous la famille des Viverridés, a

la tête longue et fine, les oreilles longues, le corps long et souple,

les membres assez hauts avec des ongles à demi rétractiles pointus. Son

pelage est gris cendré, marqueté de nombreuses taches noires, sauf à la

gorge, à la poitrine et au ventre; le dos porte une raie noire; la queue

est annelée de noir: le menton et le museau sont noirs. Deux glandes

placées près de l’anus répandent une odeur musquée, plutôt très

agréable.

Le corps sans la queue mesure 0^{m}47, la queue 0^{m}41; la hauteur au

garrot est de 0^{m}19.

La Genette est une bête extrêmement gracieuse, vive, légère et

vigoureuse qui, d’apparence, tient le milieu entre les chats et les

mustelidés. Elle se trouve en France, surtout au sud de la Loire

jusqu’en Espagne, et à l’Est ne dépasse pas le Rhône. On l’a cependant

observée dans plusieurs départements au nord de la Loire. Elle n’existe

ni en Suisse ni en Belgique. Elle est rare dans la plupart des

départements où on la trouve, sauf dans quelques localités du Centre et

de l’Ouest où on l’observe assez fréquemment, tandis qu’en Vendée elle

paraît très commune, puisque, en 1909, un même envoi fait de ce

département à Paris contenait 14 Genettes.

Elle vit dans les grandes forêts et n’en sort guère pour se rapprocher

des habitations. Elle chasse la nuit, se glisse dans les fourrés, grimpe

parfaitement aux arbres et se nourrit de toutes sortes d’oiseaux et de

petits mammifères.

Surprise par les chiens ou par l’homme, elle se perche immédiatement et

cherche à se dissimuler dans le feuillage; ce qui lui est facile à cause

de sa coloration. Parfois, elle se laisse chasser un instant et

s’introduit dans la cavité d’un vieux chêne. Elle se prend facilement

dans les assommoirs tendus par les gardes.

Sa portée est de deux petits, rarement trois, qu’elle dépose sur un lit

de feuillage dans un gros tronc d’arbre ou dans un trou de blaireau.

MARTE FOUINE

Atlas de poche des mammifères de la France, de la Suisse romane et de la Belgique avec leur description, moeurs et organisation · 第 2 / 10 段