C'est le jeudi 29 janvier dernier, à 11 heures du matin, en l'église
collégiale des Saints Michel et Gudule, qu'ont été célébrées les
obsèques solennelles du prince Baudouin de Belgique, dont nous avons
publié le portrait dans notre précédent numéro. Une foule énorme et
profondément recueillie a encadré le cortège funèbre depuis le palais du
comte de Flandre jusqu'à l'église de la résidence royale de Laeken, dans
la crypte de laquelle la dépouille mortelle a été descendue.
A 10 heures et demie, le cortège funèbre a franchi le seuil du palais du
comte de Flandre, plusieurs escadrons de gendarmes et de gardes civiques
à cheval précèdent le cercueil. Celui-ci est recouvert de l'uniforme de
capitaine des carabiniers et des décorations du prince, et porté par dix
sous-officiers. Les ministres et les présidents de la Chambre et du
Sénat tiennent les cordons du poêle. Devant marchent le colonel Donny,
aide-de-camp du prince Baudouin, le capitaine Terlinden, son officier
d'ordonnance, et M. Bosmans, secrétaire des commandements. Immédiatement
derrière la bière viennent, à pied, le roi Léopold II ayant à sa droite
le frère de l'empereur d'Allemagne, le prince Henri de Prusse, en grand
uniforme de contre-amiral, et à sa gauche le comte de Flandre aux côtés
duquel marche le prince Albert, frère du prince défunt. Puis les princes
étrangers, le duc Philippe de Saxe-Cobourg, gendre du roi Léopold II, le
prince de Battenberg, prince de Hohenzollern, etc., et aussi les
représentants des souverains étrangers et des puissances. Immédiatement
après suivent les sénateurs et les députés de Belgique. Enfin les
équipages de la cour, en deuil, et le char funèbre, de forme pyramidale,
drapé entièrement d'étoffes noires, surmonté du catafalque et presque
littéralement recouvert par des fleurs et des couronnes. Notre dessin
représente le passage du cortège sur la place Royale, au moment où il
vient de quitter le palais du comte de Flandre, devant la haie formée
par le régiment des carabiniers, le drapeau voilé de crêpe.
Georges du Bosch.