CHAPITRE LXIV.

_Les trous de serrure._

A l'heure même où mon père écrivoit son instruction fraternelle, mon

oncle Tobie et le caporal de leur côté disposoient tout pour l'attaque.

Comme ils avoient renoncé à faire retourner les culottes d'écarlate, au

moins pour le moment, rien ne pouvoit les engager à remettre leur visite

plus tard qu'au lendemain matin. La résolution fut prise en conséquence,

et le départ fixé à onze heures.

«Allons, ma chère, dit mon père à ma mère, il convient, qu'en bon frère

et en bonne sœur, nous nous rendions chez mon frère Tobie, pour protéger

et favoriser son attaque.»

Il y avoit déjà quelque temps que le caporal et lui étoient habillés,

quand mon père et ma mère arrivèrent; et l'horloge venant à sonner onze

heures, c'étoit le moment de se mettre en marche. Mon père n'eut que le

temps de glisser sa lettre d'instruction dans la poche d'habit de mon

oncle Tobie, et il se joignit à ma mère pour lui souhaiter un heureux

succès.

«Je voudrois, dit ma mère, les voir par le trou de la serrure.--Mais

uniquement par curiosité.»--

«Appelez chaque chose par son nom, dit mon père;--et regardez ensuite

par le trou de la serrure tant qu'il vous plaira.»

Oeuvres complètes, tome 4 · 第 95 / 134 题