LXIV

_Denise à Philippe._

Nimerck, 15 novembre.

Vous n'avez pas répondu à ma dernière lettre et cela m'a fait un peu de

peine. Je devrais pourtant faire grâce à votre paresse... pour ce qui

nous doit lier et ce que j'attends de vous, vous êtes bien tel que vous

êtes. Je vous demande seulement de ne pas trop m'oublier, vous

soupçonnant une tendance à aimer particulièrement, comme le chat, ceux

avec qui vous êtes toujours.

Je viens de passer par de grandes inquiétudes à propos d'Hélène, et suis

encore toute endolorie des pensées qui m'ont étreint le cerveau ces

jours-ci. Je comptais revenir à la fin du mois à Paris; mon départ est

reculé, et Dieu sait quand j'y rentrerai maintenant.

Espérez-moi un peu et écrivez afin que ma grande solitude se peuple de

souvenirs amis.

N'oubliez pas surtout que je chemine assez tristement dans la vie, et

que le moindre signe de vous me causera une grande joie.

Amitié amoureuse · 第 145 / 469 题