Le 25 août, nous nous trouvions sur la route de Louvain. Nous marchions
allègrement à travers une riche campagne verte et jaune, exubérante
d'arbres, de prés et de froment. La troupe chantait de beaux _lieder_ du
pays natal, tandis que des ruines fumaient aux horizons et que des
bandes errantes de fugitifs se dispersaient à notre approche pour se
jeter dans les champs, mains levées. On leur envoyait tranquillement
quelques coups de fusil, sans autrement se déranger. Une odeur
pénétrante de moissons fraîches et de chairs brûlées flottait dans
l'atmosphère tiède. La canonnade roucoulait. Sous le soleil ruisselant,
c'était un magnifique paysage de guerre et de nature.
Nous commençâmes par découvrir, dans le sud-sud-ouest, émergeant de la
végétation et comme suspendue dans l'azur, la pointe fine d'une flèche
denticulée. S'élevant de plus en plus, elle dégagea bientôt quatre
jolies tourelles d'angle, dont on distinguait très bien à la jumelle le
délicieux ouvragement. Puis la tour apparut, puis la longue arête du
toit, portant, comme un joujou en équilibre, un clocheton. A mesure que
nous avancions, se dévoilaient et se précisaient d'autres tours,
d'autres tourelles, d'autres toits aigus, des clochers ajourés, des
dômes, des frontons, des lanternes, des façades guillochées, des
dentelles et des girouettes. Tout le centre de la ville était occupé par
une splendide masse gothique, qui, dans l'épanouissement de ses
arcatures, de ses pinacles, de ses ogives, de ses campaniles et de ses
roses, fleurissait comme une fastueuse corbeille de pierres disposée sur
le parterre des maisons, devant un fond léger de frondaisons et la
perspective harmonieuse d'une colline. C'était Louvain.
--Louvain! Louvain! répétions-nous remplis d'enthousiasme.
--_Loewen! Loewen!_ frémissaient joyeusement les soldats.
Je me réjouissais de visiter cette ville fameuse, pleine de merveilles
d'architecture. Je me rappelais les leçons de l'érudit Anton Glücken,
professeur d'histoire de l'art à l'université de Halle. Il nous en avait
fait une, précisément, sur Louvain et j'en avais noirci plusieurs pages
de mon cahier de notes. J'étais impatient de pénétrer sous les voûtes
majestueuses de Saint-Pierre, d'admirer les façades ornementées du
célèbre Hôtel de Ville, d'inspecter l'attique de Saint-Michel, les
stalles de Sainte-Gertrude, le tabernacle de Saint-Jacques, la tour
Jansénius, l'église du Grand Béguinage, les vénérables salles de
l'antique Université et son vestibule gothique. Peut-être même, si notre
séjour dans la vieille capitale des ducs de Brabant se prolongeait plus
de quelques heures, peut-être aurais-je le temps d'aller m'asseoir à un
pupitre de son illustre Bibliothèque et là, oubliant pour de trop courts
instants la guerre et le bruit des armes, d'y feuilleter pieusement
quelques-uns de ses précieux manuscrits et de ses exemplaires uniques.
Colonel et musique en tête, le régiment fit son entrée dans la ville par
la porte de Malines. De droite et de gauche s'infléchissaient les
jardins tenant la place des anciens remparts. Là se mamelonnait le
Mont-César, portant encore les restes du château féodal où s'était
disciplinée la jeunesse de Charles-Quint, sous la direction de son
précepteur Floriszoon, qui fut pape. Nos tambours réveillèrent les échos
de la longue rue, où s'alignaient de vétustes et nobles hôtels, aux
fenêtres endormies, aux manières graves. Des groupes de soldats
allemands, le calot sur le front, les mains dans les poches, flânaient
au long des trottoirs, regardant d'un air apathique les immeubles. L'un
de ceux-ci, plus moderne, à deux étages, portait cette enseigne brossée
en initiales noires sur la largeur de sa muraille: MAISON AMÉRICAINE.
Notre arrivée bruyante faisait sensation. Durant que nous nous
enfoncions, derrière nos cuivres, dans le coeur de la cité, la foule
allemande ne cessait de croître et nous acclamait. Il semblait que la
ville fût déjà pleine de troupes. Les _Feldgrauen_ entraient, sortaient
par les portes voussurées des maisons où ils avaient leurs
cantonnements, bambochaient ou fumaient aux fenêtres, remplissaient les
boutiques et les pintes, commerçaient ou se querellaient avec les
petits trafiquants de la rue. Parfois on voyait passer un otage encadré
de baïonnettes ou quelque soutane affolée poursuivie par les lazzi de la
soldatesque.
Taratata! tanrantamplan!... Nous contournions l'énorme vaisseau ogival
de la Collégiale, flanqué comme au moyen âge de ses maisons basses, et
nous débouchions à toute fanfare et au pas de parade sur la Grand'Place,
où la surprenante vision de l'Hôtel de Ville nous apparut tout à coup,
orfévrée comme un immense reliquaire, dans l'éblouissement marmoréen de
ses trois étages et de ses trente-neuf fenêtres fleuries, de ses
galeries, de ses balcons à réseaux, de ses quarante lucarnes, de ses six
tourelles surmontées de leurs six flèches, et sous l'éploiement
orgueilleusement noir, blanc, rouge de l'étendard allemand planté à son
sommet. A toutes les baies de l'admirable édifice se montraient des
grappes de têtes casquées. Un peloton de garde était rangé sur les
marches de l'escalier d'entrée, au perron duquel se tenait
l'_Etappen-Kommandant_, le major von Manteuffel, qui nous saluait de
l'épée.
La dislocation se fit un peu plus loin, au Vieux-Marché. Revolver au
poing, sergents et feldwebels couraient de tous côtés pour assurer des
locaux. On nous logea, le capitaine Kaiserkopf et moi, avec une
vingtaine d'hommes, dans une belle maison XVIIe siècle de la rue des
Moutons, appartenant à un professeur de l'Université. Notre premier soin
fut de nous y restaurer copieusement, mettant à contribution l'office,
la cave, la cuisine, la cuisinière et le professeur lui-même, qui fut
contraint de nous servir de sommelier.
Aussitôt que je fus libre, je sortis faire un tour en ville. Nos soldats
étaient déjà répandus par bandes dans les rues. Il y en avait aussi
beaucoup du 165e hanovrien, dont le régiment paraissait être au complet
à Louvain, comme le nôtre. De nouvelles troupes ne cessaient d'ailleurs
d'affluer. Il en venait de partout, du sud, du nord, de l'est, par la
rue de Namur, par la rue de Diest, par la rue de Tirlemont et par celle
des Joyeuses-Entrées. Les parcs et les boulevards foisonnaient de
campements. Sur les pelouses et les plates-bandes, le train avait tiré
ses chariots et les artilleurs leurs canons. Les chevaux étaient
attachés aux platanes centenaires dont ils rongeaient l'écorce. Les
chaussées, les trottoirs, les places, les gazons piétinés et creusés
d'ornières croupissaient sous des couches de fumier. Toute la sentine de
l'armée pourrissait sur la ville.
Revenu sur la Grand'Place, je m'absorbai longuement dans la
contemplation de la riche joaillerie de l'Hôtel de Ville. Tout blanc,
entièrement sculpté, fouillé comme un rétable d'ivoire, le somptueux
monument était couvert du haut en bas de statues et de hauts-reliefs, de
niches géminées, de dais et de consoles. Toute l'histoire de la cité s'y
trouvait figurée dans le costume de l'époque, sous les traits de
personnages du temps ou la fable de scènes bibliques. Princes, seigneurs
chanoines, théologiens, bourgmestres, échevins et marchands y mêlaient
leurs effigies héroïques ou grotesques, sévères ou hilares en toutes
sortes de postures solennelles ou gaillardes, pieuses ou lubriques. Se
doutaient-ils, tous ces joyeux compères, tous ces braves bourgeois de
Louvain, qu'un jour viendrait où le général von Kluck, en route pour
Bruxelles et Paris, coucherait cavalièrement chez eux, où la botte
éperonnée et la cravache altière du major von Manteuffel régneraient à
la prussienne sur leur fastueuse demeure? Sous les trois couleurs de
notre drapeau impérial, le magique Hôtel de Ville, l'orgueilleux palais
communal, n'était plus maintenant que la _Kommandantur_.
En face se trouvait la collégiale de Saint-Pierre. Lorsque je pénétrai
dans sa vaste enceinte, le calme grandiose qui m'accueillit, au sortir
du tohu-bohu de la place, me fit une profonde impression. Entre ses
vingt-huit faisceaux de colonnettes et dans la lumière de ses vitraux,
la nef s'ouvrait, s'envolait et se prolongeait avec une mystérieuse
splendeur. Des groupes de femmes et de béguines priaient, affalées sur
les dalles ou aux dossiers des agenouilloirs, et leurs marmottements
confus, s'exhalant comme un encens, s'unissaient peut-être en une même
et vaine imploration pour leurs morts, pour leurs combattants, pour la
Belgique. Dans une chapelle, un office bas se célébrait au son d'une
clochette aigrelette. Mais ces manifestations d'un culte qui n'était pas
le mien m'intéressaient peu. Toute mon attention se trouvait requise par
les merveilles artistiques dont regorgeait la basilique. D'admirables
panneaux de maîtres flamands, des fonts baptismaux de Metsys, des orgues
de Golphus, un banc de communion de Papenhoven, un tabernacle, des bois
peints, des marbres, des ferronneries, des tombeaux composaient un
véritable musée allant du gothique au dix-huitième. Une chaire de
vérité, compliquée et touffue, représentait sous un baldaquin de
palmiers le reniement de saint Pierre et la conversion de saint Paul.
Deux chefs-d'oeuvre de Bouts ornaient la chapelle des Chirurgiens et
celle des Brasseurs. L'un figurait le martyre de saint Erasme,
désentraillé par deux bourreaux en présence de l'empereur. Le second,
qui peignait la Cène, était le panneau de milieu d'un triptyque dont les
volets appartenaient l'un au musée de Berlin, l'autre à la Pinacothèque
de Munich. Nous possédions maintenant l'ensemble, avec la partie
centrale qui nous manquait.
Mais le morceau le plus remarquable était peut-être le jubé. Il ouvrait
sur le choeur trois merveilleuses arcades du plus riche style flamboyant,
festonnées, enguirlandées, enchevêtrées de feuillages et peuplées de
statuettes d'apôtres. Eclairé par un lustre à douze branches et surmonté
d'une croix immense, il mettait dans l'austérité du milieu, et malgré le
luxe de son ornementation, une touche d'une rare élégance et d'un art
parfait.
Au sortir de cette visite minutieuse, que mon goût pour les belles
choses et le souvenir de mon cours universitaire avaient prolongée je
sentis le besoin de reposer un peu mes jambes fatiguées, tout en
humectant mon gosier altéré d'une chope ou deux de bière de Louvain.
J'entrai à cette fin, rue de Bruxelles, au café Sody. Le tenancier, aidé
de ses deux filles, servait de son mieux de nombreux soldats. On
tapageait, on se débraillait, on lutinait les donzelles qui,
rougissantes, regardaient leur père, ne sachant si elles pouvaient
résister ou s'il leur fallait se laisser tripoter. Des landwehriens, qui
assuraient avoir traversé le territoire hollandais, tiraient de leurs
poches des poignées de cents et montraient des paquets de cigarettes de
Maestricht.
--Nous sommes de braves gens, disaient-ils en répandant leur monnaie. Il
n'y a pas de meilleurs bougres que les Allemands.
Quel que fût l'agrément du lieu, je m'y attardai moins qu'à la
Collégiale, car je voulais voir l'Université. Elle se trouvait rue de
Namur. Il était à peu près quatre heures quand j'y entrai. La
Bibliothèque, comme je l'ai dit, m'attirait surtout. J'espérais pouvoir
en examiner à mon aise les anciennes salles, avec leurs superbes
boiseries et leurs portiques à colonnes, celle des Promotions, celle des
Portraits, les statues de philosophes et d'écrivains, les vieilles
toiles retraçant les traits de Juste Lipse, d'Erasme, de Jansénius. Je
désirais vivement voir et tenir entre mes mains certains des joyaux de
ses collections, le petit manuscrit de Thomas à Kempis ou le fameux
exemplaire sur vélin d'André Vésale, présent de Charles-Quint. Sans
prétendre à l'érudition d'un médiéviste ou d'un docteur en droit canon,
le modeste étudiant que j'étais pouvait cependant trouver dans ce docte
sanctuaire de quoi intéresser sa curiosité.
Je m'arrêtai d'abord, plein d'émerveillement et de respect dans le grand
vestibule du rez de chaussée. L'admirable crypte s'approfondissait,
régulière et hypostyle, sous les poutres énormes de son plafond, entre
de larges arcades à cannelures que supportaient de gros piliers ronds à
chapiteaux feuillus. Construite pour servir de Halle aux Drapiers, elle
avait longtemps retenti du bruit des échanges, avant de résonner du choc
des discussions scolastiques et d'être balayée par les robes des
professeurs. La poussière en était savante et l'ombre tutélaire.
J'allais m'engager sur les marches de l'escalier à double rampe qui
montait aux étages, lorsqu'une fusillade insolite, éclatant au dehors,
vint m'arracher à ma méditation. Le piétinement précipité de gens qui
couraient, des cris, d'inquiétantes rumeurs parvenaient de la rue. Je
sortis. Des portes se fermaient brusquement, des volets se closaient,
des soldats en alerte, l'oeil sur le qui-vive et la gâchette au doigt,
obliquaient ou rasaient les murs avec circonspection.
--Qu'y a-t-il? demandai-je à un sous-officier qui se hâtait.
--Vous n'entendez pas, _Herr Fæhnrich_?... La bataille se rapproche...
C'est là-bas...
Son bras se tendait en direction du nord-ouest. Il disparut.
La canonnade, en effet, s'entendait à peu de distance et avec une
intensité singulière. Dans le zèle de mon exploration je n'avais pas
prêté attention à son accroissement. J'en percevais maintenant très fort
le grondement sinistre, et je me sentis subitement plein d'appréhension.
Que se passait-il exactement? Je m'élançai dans la direction indiquée.
Le centre de la ville bourdonnait comme une ruche en délire. Partout
régnait le plus grand désordre. Des officiers, hors d'eux, clamaient
des injures en brandissant des revolvers. Des cavaliers galopaient dans
les rues, en criant: «_Alarm! Alarm!_» Les estafettes se succédaient à
la Kommandantur. Une tourbe de soldats confluait de toutes parts,
ahuris, furieux armés ou non, quelques-uns le pot en main ou une garce
dans le coude, d'autres belliqueux et harnachés jusqu'aux dents. Des
automobiles pétaradaient en tous sens, montaient sur les trottoirs et
les gazons. Fouaillés jusqu'au sang, les chevaux, par quatre, roidissant
leurs muscles, entraînaient dans un vacarme de ferraille et de jurements
leurs canons et leurs caissons. Des bataillons précipitamment rassemblés
prenaient le pas de course vers le nord.
--_Alarm!_... _Alarm!_...
Le tonnerre de l'artillerie semblait maintenant crouler aux abords mêmes
de la ville. Des essaims d'habitants massés sous les portes ou aux
encoignures des rues haletaient d'émotion et ne cachaient pas leur joie.
--Ce sont les Belges! criaient-ils. Ce sont les Anglais!... Ils arrivent
de Malines!
Une harde de hussards essoufflés, poussiéreux, sordides, venant du
combat, rentraient dans Louvain, tirant leurs bêtes par la bride. Ils
sentaient la défaite. Des vagues de fuyards, des chariots aux traits
rompus, des débris de convois, tout un ressac de champ de bataille
refluait à gros bouillons sales vers l'arrière en roulant ses épaves.
Les troupes qui sortaient se heurtaient, comme en un mascaret, au flot
qui remontait. Dans la confusion dans l'incertitude où l'on était si
l'ennemi ne se trouvait pas déjà aux portes, les fusils partirent; des
corps allemands tombèrent des deux côtés. Ce fut un instant
d'inexprimable bagarre. Je vis même, au carrefour de la rue du Poirier,
près de la Dyle, un officier du 165e descendu net d'un coup de feu par
un soldat de son régiment: une vengeance, sans doute. J'allais courir
sus au misérable, car j'avais aperçu son geste; mais l'assassin se
perdit dans la cohue.
Les déflagrations devenaient maintenant générales, se répercutant avec
une rapidité foudroyante dans tous les quartiers. On tirait dans la rue
de Bruxelles, dans la rue du Canal, dans la rue de la Station, du côté
du boulevard de Tirlemont, de la rue Léopold, de la rue Marie-Thérèse,
du Grand Béguinage, de la porte de Namur. Les hordes en débandade mêlées
aux troupes qui restaient ou à celles qui arrivaient encore de l'est ou
du sud étaient dans un état d'exaspération indescriptible. On hurlait de
partout:
--_Man hat geschossen!... Die Civilisten haben geschossen!..._
De nombreux cadavres d'habitants de Louvain parsemaient déjà les rues.
On épaulait sur tout ce qui se montrait aux fenêtres ou sur les toits.
La chasse à l'homme était ouverte. Au crépitement de la fusillade se
joignit bientôt la crécelle des mitrailleuses. Les carreaux et les
vitrages volaient en éclats. Les tuiles retentissaient sous la grêle. On
enfonçait les portes. On plaçait des pétards sous les murs. On se ruait
férocement dans les maisons, crosses ou baïonnettes levées. On
poursuivait les gens de chambre en chambre. On en sortait des caves où
ils s'étaient réfugiés et on les massacrait sur les pavés. Il en fuyait
par-ci, par-là, au dehors, affolés et tourbillonnants, qu'on abattait
comme du gibier.
--_Schweinehunde! Schweinehunde!_ aboyaient les massacreurs en traquant
leurs victimes.
J'essayai de regagner tant bien que mal la Grand'Place. Il était huit
heures du soir. En passant devant le café Sody, où j'avais bu de la
bière, je vis le patron étendu la gorge tranchée sur son comptoir. Une
de ses filles râlait et rendait le sang. L'autre avait disparu.
Sur la Grand'Place, c'était à la fois le tumulte et la fête. Les cafés
et tavernes débordaient de monde. Au Lyrique, au Gambrinus, on
s'écrasait. J'entrai au café Rubens, où des officiers ripaillaient au
milieu d'un déferlement de drôlesses, de filles en cheveux, de putains
allemandes venues d'Anvers, de Bruxelles ou d'Ostende, qui hurlaient à
la mort ou excitaient au pillage. Kaiserkopf, à moitié ivre, se
déchaînait entre deux pouffiasses.
--J'ai vu le major von Manteuffel, braillait-il. Toute la ville sera
punie. Jusqu'ici nous n'avons brûlé que des villages. Maintenant,
_Donnerwetter!_ nous commençons avec les grandes villes. Louvain sera la
première qu'on détruira.