Quelques jours après, Brutus, éloigné de Rome par un exil déguisé sous
un gouvernement de Macédoine, passa par Athènes; il fut reçu comme un
vengeur divin de la liberté romaine; il y connut Horace dans la société
des jeunes Bibulus, Cicéron, Messala, ses amis. Il y distingua ce fils
d'affranchi déjà célèbre par son talent poétique, il l'enflamma aisément
pour sa cause, qui était aux yeux d'Horace la cause même de la gloire,
du patriotisme, de la philosophie, de la vertu stoïque.
Brutus emmena avec lui le jeune poëte en Macédoine avec les fils de
Caton, de Cicéron, de Messala et de plusieurs autres. Ces jeunes gens
formèrent autour de Brutus la légion sacrée des derniers Romains. Brutus
en fit les capitaines de l'armée qu'il formait alors pour résister aux
partisans de César. Horace avait vingt-deux ans et le feu de cet âge; il
se distingua dans les premières campagnes de Brutus et de Cassius contre
les villes de Macédoine qui regrettaient le joug de César.