VI

Épicure, Platon, Zénon se disputaient l'intelligence de cette jeunesse;

les épicuriens étaient les matérialistes du temps, les stoïciens étaient

les spiritualistes, les platoniciens étaient les illuminés, les

académiciens étaient les sceptiques. Horace, à cette époque, penchait

par imagination vers les sceptiques, par vertu vers les stoïciens; les

derniers républicains étaient stoïciens; c'est par vertu qu'ils

voulaient mourir pour conserver l'ancienne liberté romaine, mère des

vertus. Brutus, qu'on se peint comme un féroce et fanatique meurtrier,

n'était que le plus aristocrate, le plus élégant et le plus lettré des

stoïciens aristocrates. Caton était le chef de cette école à Rome; les

ennemis et les assassins de César n'étaient que des philosophes qui

avaient changé le livre contre le poignard; Horace brûlait alors de

républicanisme par amour pour l'idéal antique des honnêtes gens.

Aussi, dès qu'il eut terminé ses études à Athènes et qu'il y eut appris

par les lettres de Cicéron à son fils le meurtre de César et la

renaissance de la liberté, Horace s'enflamma d'ardeur pour cette

renaissance de la république, et il s'attacha corps et âme à la cause de

Brutus. La jeunesse studieuse d'Athènes, à la lecture de ces lettres de

Cicéron, approbatives du meurtre du tyran, proclama Brutus et Cassius

les héros du siècle, promena leurs bustes dans les rues, et les plaça à

côté des statues des libérateurs d'Athènes, Harmodius et Aristogiton.

Cours familier de Littérature - Volume 08 · 第 110 / 163 题