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Mais soyons juste nous-même envers l'historien; ce mot n'est qu'une

faiblesse de sa partialité pour la guerre. À dater de ce retour

lamentable de Napoléon à Paris, où il entre seul avec le fantôme de son

armée ensevelie, M. Thiers devient sinon sévère, du moins exigeant

envers son héros.

Les désastres et l'évacuation de l'Espagne; la campagne de Saxe,

dernière étreinte des bras qui veulent retenir en vain le monde tout

entier quand chacune de ses conquêtes lui échappe; les faux retours de

gloire à Dresde, à Lutzen, à Bautzen; les négociations de mauvaise foi

avec l'Autriche, négociations aussi exigeantes après les revers qu'après

les victoires; le tombeau de la dernière armée française à Leipsick; la

retraite sur le Rhin; le second retour de Napoléon sans armée à Paris,

pour demander le dernier soldat à la terre qui lui a donné en trois ans

trois armées de six cent mille soldats à jouer et à perdre, sont les

dernières scènes de ce magnifique drame entre un homme et l'univers.

Arrêtons-nous ici, et voyons si l'écrivain aura la constance de conduire

son héros jusqu'à Waterloo, où il tombe enfin dans le sang de ses

derniers compagnons d'armes pour ne plus se relever que dans

l'imagination sans mémoire des peuples. Nous le suivrons jusqu'où il

voudra aller, car l'historien, pendant ces quinze volumes, est aussi

entraînant que le héros.

Cours familier de Littérature - Volume 08 · 第 95 / 163 题