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Une cour suit un monarque; celle du nouvel empereur se presse

confusément autour de son trône. M. Thiers s'en console en disant: «Mais

ces institutions (les cours) étaient loin de mériter le mépris qu'on a

souvent affiché pour elles; elles composaient une république

aristocratique détournée de son but par une main puissante, convertie

temporairement en monarchie absolue, et destinée plus tard à redevenir

monarchie constitutionnelle, fortement aristocratique, il est vrai, mais

fondée sur la base de l'égalité.»

Comprenne qui pourra cette république devenue en même temps monarchie

absolue, cette monarchie absolue destinée à redevenir monarchie

constitutionnelle, cette aristocratie et cette égalité se démentant par

leurs seuls noms l'une et l'autre!

On n'y comprend en réalité qu'une chose: c'est que l'historien, qui veut

rester à la fois révolutionnaire et monarchique, en dépit de la

contradiction des deux rôles, cherche à excuser maintenant la fondation

de l'empire comme il a cherché à excuser le renversement de la

république et l'institution dictatoriale du consulat à vie. Dans cet

effort d'esprit la raison faiblit comme la langue, et il tombe, pour

cacher l'inconséquence, dans des subtilités de définitions qui

rappellent les subtilités des sophistes grecs ou des sophistes de

l'École dans le moyen âge. Voilà le malheur des historiens qui n'ont pas

assez perdu la mémoire des partis auxquels ils ont appartenu dans leur

vie politique: pour ne pas fausser leur situation ils sont forcés de

fausser leur logique. Il faut se détacher de terre quand on veut écrire

la vérité sur les hommes; la philosophie de l'histoire est à la hauteur

des observatoires d'où l'on contemple les astres. M. Thiers y monte

quand il veut; pourquoi pas toujours?

Cours familier de Littérature - Volume 08 · 第 69 / 163 题