À ce titre le meurtre et l'anthropophagie sont donc divins, car ces
monstruosités sont une loi du monde. Il n'y a pas un mot dans ce
dialogue qui révèle un philosophe évangélique. M. de Maistre semble
n'avoir lu que la Bible: c'était un prophète de la loi de sang. La loi
de grâce lui aurait appris, comme la philosophie véritable, que la
guerre était, non pas nécessaire et divine, comme il le dit, mais
vertueuse et obligatoire quand la perversité humaine fait à l'homme
constitué en nation un devoir de défendre sa vie, sa famille, sa nation
contre ce meurtre en masse. La saine philosophie lui aurait enseigné que
la guerre est si peu divine que le plus divin progrès de l'humanité est
de la tempérer et de la diminuer jusqu'à sa complète extinction (si cela
devient jamais possible) chez les hommes.