AVANT-PROPOS
1 Histoire des révolutions de Gênes, 3 vol. in 12, 1753, de M. de
Brequigny, de l'académie des inscriptions et belles-lettres.
2 Dell'istoria del trattato di Worms fin' alla pace d'Aquigrana, libri
quattro. Leida, 1750.
3 Compendio delle istorie di Genova dalla sua fondazione fin'all'anno
1750.., dedicato a Maria sempre vergine, di Genova e de' suoi popoli
augustissima protettrice. Lipsia, 1750.
4 La storia dell'antica Liguria e di Genova scritta dal marchese Girolamo
Serra. Torino, 1834; 3 vol. et un volume de dissertations.
5 Lettere ligustiche... dell'abate Gasparo Luigi Oderico, patrizio
genovese. Bassano, 1792.
6 Dissertazioni quattro del P. Prospero Semini, professore di etica
all'università di Genova, sopra l'antico commercio della Rep. Ligure nel
Levante, 1803, ms. Voir le rapport de M. Silvestre de Sacy, mentionné ci-
après.
7 Della colonia di Genova in Galata, libri sei. Torino, 1831; 2 vol.
8 Rapport sur les recherches faites dans les archives du gouvernement de
Gênes et autres dépôts publics de Gênes, par M. Silvestre de Sacy:
Mémoires de l'académie des inscriptions et belles-lettres, tome III. -
Suit la Notice des pièces tirées des archives secrètes de Gênes. - M. de
Sacy avait eu l'extrême obligeance de me laisser prendre des notes sur
les feuilles imprimées, mais non publiées encore, des pièces qu'il a
insérées dans le tome IX des Mémoires de l'académie.
9 On trouve des copies de ces actes à la bibliothèque royale, dans les
collections ms. de Dupuy, Brienne, etc.
10 C'est la première date à laquelle la correspondance a été recueillie
et mise en ordre annuellement. Les Mémoires du cardinal de Richelieu
comprennent les détails d'une époque antérieure, résumés évidemment sur
les correspondances de son temps.
11 Recherches historiques et statistiques sur la Corse, par M. Robiquet,
ancien ingénieur en chef des ponts et chaussées.
LIVRE I. - PREMIER GOUVERNEMENT CONNU JUSQU'A L'ÉTABLISSEMENT DE LA
NOBLESSE VERS 1157.
CHAPITRE I. - Temps anciens. Première guerre avec les Pisans; Sardaigne;
Corse; état intérieur.
1 Tit. Liv., liv. 18, 22; liv. 18, 46; liv. 30, 1.
2 Tite-Live, 28, 46.
3 L. Cécilius et Q. Mucius Scévola, ann. 637.
4 L'archevêque était un excellent citoyen, un pasteur plein de zèle pour
son troupeau; mais les écrivains nationaux reconnaissent que son origine
de Gênes est fabuleuse, et qu'il n'était savant qu'en histoire
ecclésiastique. Or, il est l'auteur de la légende dorée! La cathédrale
est de 1307. (Stella.)
5 Cassiodore, liv. 1, 27; liv. 4, 33.
6 Procope, liv. 3,10. M. de Sismondi suppose que Gênes appartint
longtemps aux Grecs de l'empire d'Orient et en ressentit quelque
influence. Il n'y a ni monument ni tradition qui appuie cette croyance,
hors ce que Procope a dit du gouverneur Bonus.
7 Gibbon, ch. 41.
8 Sismondi, Hist. des Français, 1re part., ch. 6, page 278. Gesta regum
Francorum, cap. 26, et Chron. de Moissac.
9 Fredegaire, cité par Muratori, Annales d'Italie, tome IV, 86.
10 Une chronique rapportée par D. Bouquet, tome VI, pages 55, 333,
appelle ce chef simplement un des nôtres: elle ne dit pas que
l'expédition partit de Gênes, mais d'Italie. L'abbé Oderigo, Lett.
Ligust, demande pourquoi Adhémar ne serait pas comte de Genève aussi
bien que de Gênes: le nom latin a fréquemment confondu ces deux villes.
Muratori, Dissert. 6, page 40, suppose bien que le littoral de Gênes
était devenu à cette époque une marche permanente. Mais les autorités
dont il s'appuie ne sont ni contemporaines ni précises; on y a opposé de
grands doutes. Muratori, au reste, ne fait aucune mention d'Adhémar ni de
son expédition de 806. Il en signale une plus heureuse en 803, conduite
par Ermengarde, comte d'Ampuria, mentionnée par Eginhard.
11 Pièces tirées des archives de Gênes par M. Silvestre de Sacy.
12 M. Serra, tome I, page 286, suppose que cet Hébert, qu'il nomme Eborio
ou Ébron, était un ambassadeur génois, mais il n'en indique aucune
preuve.
13 Liuthprand raconte l'invasion des Mores et les ravages qu'ils
exercèrent; et comme cet historien était diacre à Pavie, on peut accorder
confiance à un témoin si voisin. Il est vrai qu'il mêle à son récit le
fabuleux présage qu'une fontaine avait donné aux Génois peu de temps
auparavant. Au lieu d'eau il en était coulé du sang un jour entier. Les
annalistes de Gênes postérieurs ont adopté ce miracle et le ravage de
leur ville. Mais ils y ont ajouté ce retour imprévu de la flotte génoise,
cette poursuite des vaisseaux, la rencontre en Corse et la recousse des
prisonniers et du butin; aucune autorité n'appuie cette addition à la
narration de Liuthprand.
M. Serra cite sur ce point principal un détail circonstancié qui se
trouve dans Airoldi, Codice diplomatico di Sicilia sotto il governo degli
Arabi. Rien ne serait plus positif. On aurait les rapports officiels des
commandants de l'expédition; le bulletin ample des opérations, des
captures et du butin, qui véritablement donnerait de la population et de
la richesse des Génois en 936 une idée beaucoup plus avantageuse que nous
ne pensons leur en attribuer d'après les documents que nous en avons. M.
Serra reconnaît qu'on a soupçonné l'authenticité de ce code; on a
supposé, dit-il, qu'il était le fruit d'une fraude littéraire; mais il
semble en douter. Or, tout doute a été levé. L'ouvrage publié par Airoldi
a été reconnu réellement supposé; et comme il avait été imprimé à grands
frais aux dépens du roi de Naples, la falsification due à un abbé Vella a
été l'objet d'un jugement criminel et d'une punition exemplaire. Voir
l'article Vella de la Bibliographie universelle. - Il est évident que ce
faussaire a fait des bulletins de l'expédition de Gênes avec le passage
de Liuthprand qu'il a eu soin de citer par manière de concordance: aussi
n'admettait-il pas la tradition génoise sur la prétendue revanche obtenue
par eux si à propos.
14 Mimaut, Hist. de Sardaigne, tome I, pages 94 et suiv.
15 Hist. de la Corse, attribuée à M. de Pommercuil, pages 39 et suiv.
16 Michaud, Hist. des croisades, tome I, page 78, et preuves, 536.
17 Il paraît que la ville n'occupait dans ce temps que la face orientale
du promontoire qui termine vers le levant le bel arc de cercle sur lequel
elle s'est depuis étendue. Elle rampait du midi à l'orient sur les flancs
de la colline de Sarsan. Au pied, les galères jetaient l'ancre ou étaient
tirées sur le sable d'une plage étroite et sans môle. La ravine qui
sépare la hauteur de Sarsan de celle de Carignan, borna longtemps la
ville de ce côté. Du nord au couchant, elle s'étendait seulement jusqu'à
la place où depuis fut bâti le palais public, et jusqu'au pourtour de
l'église de Saint-Laurent, d'où elle redescendait vers la mer. L'église
de Saint-Pierre (à Banchi) en formait l'extrémité la plus occidentale, et
se nommait Saint-Pierre de la Porte. Quelques édifices religieux épars au
delà attestent peut-être que les habitations avaient reculé par le
malheur des temps. Ainsi l'église à laquelle l'évêque saint Cyr avait
laissé son nom et ses reliques, avait été le premier siège épiscopal de
Gênes, mais elle était restée hors de l'enceinte. Il fallut, dans des
temps difficiles, mettre en sûreté le corps du saint évêque, et Saint-
Laurent devint la cathédrale. Avec les progrès de la prospérité dont nous
allons voir la naissance, la première enceinte fut promptement dépassée.
Un môle abrita les navires en deçà de la hauteur de Sarsan. Le port se
forma tel que nous le voyons. Les habitations se répandirent vers le
couchant, et le bourg occidental de Pré rejoignit la ville.
18 M. Serra, ayant adopté la tradition de la subversion de toute la
Ligurie, à l'occasion de la descente des Sarrasins en 933, et de la
retraite des habitants dans les montagnes, suppose (tome Ier, page 258),
qu'après le péril passé, les fugitifs se partagèrent en trois divisions.
Les uns, restes sur les hauteurs et imitant les institutions féodales des
Lombards, leurs voisins, reconnurent pour chef le plus puissant dans
chaque tribu, et laissèrent établir dans sa famille un pouvoir
héréditaire. D'autres prirent leur évêque pour seigneur. A Gênes, à
Savone, à Noli, l'égalité démocratique prévalut. On s'y associa en
compagnies dirigées par des consuls. Le trafic maritime et la course
contre les ennemis, pour la défense et le profit commun, étaient le but
et le lien de la société. Après chaque expédition, elle se dissolvait
pour en recommencer une autre.
Les chroniques n'offrent rien qui justifie cette répartition
hypothétique; elle se rapporte, au reste, à des temps antérieurs à ceux
qu'elles embrassent.
CHAPITRE II.- Les Génois aux croisades. - Prise de Jérusalem.
1 An historical and critical deduction of the origin of commerce 1787.
2 Voyez Michaud, Croisades, tome I, 38.
3 Guillaume de Tyr, 4, L.
4 Jacques de Vitry, page 127.
5 Guill. Tyr. 1, 6.
6 Un traducteur de Guillaume de Tyr fait de ce nom un surnom fâcheux; il
l'appelle Ubriaco: Guillaume l'Ivrogne.
7 Guill. de Tyr, 1, 8.
8 Jacques de Vitry, page 127.
9 Ce récit des écrivains des croisades est conforme à celui d'Anne
Comnène, Godefroy à Constantinople avait promis à l'empereur Alexis de
lui rendre les villes dépendantes de l'empire qu'il reprendrait sur les
Sarrasins. Bohémond, requis de prêter le même serment, le fit sans
difficulté, dit Anne Comnène, mais aussi sans aucune intention de le
tenir. On avait occupé Laodicée, et le comte de Toulouse avait fidèlement
remis cette place aux lieutenants de l'empereur. Bohémond, au contraire,
la fit assiéger par son neveu Tancrède. L'évêque de Pise vend à Bohémond
le secours des Pisans à pris d'argent; ce qui met l'empereur en guerre
avec la république pisane. Ici Anne ne parle pas des Génois, qu'elle
confond sans doute avec les Pisans dans cette occasion, mais elle raconte
que l'année d'après on annonça une Hotte génoise. L'empereur arma pour la
combattre; mais son amiral l'ayant rencontrée ne jugea pas à propos de
l'attaquer.
Un traité de paix survient entre Bohémond et l'empereur grec: il est
rapporté tout au long. Bohémond promet de rendre les villes à l'empereur,
et d'obliger Tancrède à restituer Laodicée dont il avait fini par
s'emparer. Mais Bohémond mourut, et Tancrède ne voulut rien rendre. Anne
Comnène, Hist. d'Alexis, liv. 10, ch. 9, 11; liv. 11, ch. 5, 6, 8, 9, 11;
liv. 13, ch. 7, et 14, ch. 2.
10 Albert d'Aix, liv. 12, page 405.
CHAPITRE III. - Les Génois à Césarée.
1 Albert d'Aix, liv. 7, 439 et suiv.
2 Albert d'Aix, liv. 7, 443.
3 Guill. de Tyr, liv. 10, 72.
4 Guill. de Tyr, liv. 10, 75.
5 Cette distribution mérite quelques remarques. Les hommes qui ont couru
le danger partagent personnellement le produit: mais on en retient une
portion au profit des galères, c'est-à-dire, du corps de l'entreprise, de
la compagnie qui a fait les frais de l'armement; de la compagnie, car il
n'est pas encore question de mettre la commune en partage des bénéfices.
Cette portion n'est que d'un quinzième sur les valeurs mobilières, mais
ce n'est qu'un supplément à l'importante acquisition en propriété d'un
quartier de la ville qu'on ne voit pas entrer dans ce partage. La
répartition du surplus se fait par tête. Il n'y a de distinction de
classes ou de grades, qu'en faveur du consul et des capitaines. C'est, à
cela près, un partage démocratique et social.
Du poivre est donné en nature; cette marchandise était assez précieuse
pour intéresser chaque copartageant, et assez abondante dans les magasins
de Césarée pour fournir à tant de contingents. C'est une indication à
noter des objets et des voies du commerce de l'Inde à la Méditerranée en
ce temps.
6 Guill. de Tyr, liv. 10, 77. Depuis Guillaume de Tyr jusqu'à nos jours,
rien n'a changé dans cette prétention et dans cet usage. A ce qu'on a
supposé d'éminemment précieux dans la matière, la crédulité et les
traditions ont ajouté bien d'autres prérogatives. Le Catino est le bassin
qui a porté la tête de saint Jean-Baptiste. C'est le plat de la Cène
auquel mirent la main à la fois Jésus et Judas. L'archevêque Varagine
ajoute que dans ce vase Nicodème reçut le sang de notre Seigneur à la
descente de la croix. Il prouve que le Catino fut fait de main divine au
commencement du monde, aussi est-il unique. Enfin il assure qu'au sac de
Césarée on fit trois lots de valeur égale, la ville, ses richesses, et le
Catino, et celui-ci échut heureusement aux Génois. Nous avons vu que ce
ne fut pas tout à fait ainsi que se firent les partages. Le Catino, tiré
de nos jours du trésor de la cathédrale de Gênes, après un séjour de 700
ans, a figuré dans notre musée impérial. Il est retourné à Gênes pour s'y
dérober aux regards des profanes.
CHAPITRE IV. - Établissements des Génois dans la terre sainte.
1 Albert d'Aix (collect. des mémoires sur l'hist. de France), liv. 7,
page 64.
2 Archives secrètes de Gênes. - Mémoires manuscrits du père Semino.
3 Guill. de Tyr, liv. 1, page 103.
4 Manusc. de Semino.
5 Federico Federici, dans une lettre à Scipius, cite ainsi ce décret: «
Solinum autem Gibellum, Coesaream et Arsur per se ceperunt et
Hierosolymitano imperio addiderunt.»
6 Guill. de Tyr, liv. 11, 130 et suiv. On a vu plus haut que, dans une
expédition précédente, ils avaient pris pour leur compte l'autre ville du
même nom (le petit Gibel).
7 On assure qu'il se trouverait dans les archives de cette cathédrale des
comptes du revenu de Gibel, qui était, dit-on, fort considérable. Ces
documents nous révéleraient plusieurs usages de la navigation et du
commerce, et nous feraient connaître le système d'impôts d'une ville de
Syrie au XIIe siècle.
8 Hist. du Languedoc, tome II, page 337, preuves 360, 1103, 16 février;
inter Tripolim et Berytum. C'est bien là Byblos. L'autre Gibel (le petit)
est entre Laodicée et Tortose.
9 Ibid., page 355, preuve 374. L'instrument est aussi aux archives de
Gênes; il porte: «Insuper, concessi eis, ut nullus Januensium sive
Saonensis, sive Naulensis, aut Albingenensis, a Nizza usque ad Portum-
Veneris, nec etiam quilibet Lombardus eis in sociÉtate adjunctus ullum
tributum donet in terra mea praeter illos, etc.»
Les historiens du Languedoc ne se sont pas aperçus que c'est une
concession faite à tous les habitants de la Ligurie suivant les limites
de la domination génoise. Trompés par la ressemblance de noms, ils ont
entendu de Nice à Port-Vendre (du levant au couchant) au lieu de Nice à
Porto-Venere (du couchant au levant), et ils ont conclu que Bertrand
dominait sur toute la côte de la Provence, du Languedoc et du Roussillon.
Il est évident cependant, par la construction de la phrase, que les
limites qui y sont indiquées se rapportent aux Génois admis au privilège,
et non pas au territoire sur lequel ils l'exerceront.
Si le comte n'a pas borné sa concession à ses possessions de la terre
sainte, on peut mettre en doute quelle était l'étendue du pays sur lequel
il privilégiait les Génois. La charte dit simplement in terra mea; et
Bertrand ne s'intitule que Comes sancti Egidii.
10 Ici les deux Gibel sont nettement distingués. Celui-ci est appelé,
dans l'acte, Gibelletum; c'est bien exprimer le petit Gibel quand on se
sert du mot Gibellum pour désigner Byblos.
CHAPITRE V. - Agrandissements en Ligurie.
1 Plus de régularité supposant peut-être moins de bonne foi, les
historiens ont noté, peu après, le temps ou les témoins commencèrent à
apposer leurs seings sur les actes passés en leur présence. Il est
remarquable que jusqu'à la réunion à la France, et depuis un temps
immémorial, les notaires de Gênes s'étaient fait rendre ce droit
exorbitant, de signer seuls leurs actes, à l'exclusion des parties et des
témoins appelés.
2 On ne peut entendre ici par ce mot que l'assemblée générale des
citoyens, du peuple, comme il est dit quelques lignes plus haut, en
parlant de l'invitation a jurer la compagnie.
3 La formule de ce serment paraît avoir été ignorée des anciens
historiens. M. Serra le fait connaître tome 1, page 277. Il le possédait
manuscrit, sorti, à ce qu'il paraît, des archives de Gênes; il le donne
comme une copie de statuts plus antiques; au reste, il ne le rapporte que
par extrait. Il pense qu'on ne peut clairement assigner l'époque où a
commencé la constitution municipale à laquelle ce document se rapporte.
Mais il l'insère dans son récit dès qu'il a atteint l'an 950, et il
avance que du moins le gouvernement était constitué à Gênes dans le Xe
siècle, puisqu'il expédiait des ambassadeurs aux rois lombards: car il
voit, on ne sait sur quel fondement, un ambassadeur dans cet Hébert qu'il
nomme Eberio ou Evone, ce fidèle à la prière de qui Bérenger et Adalbert
ont accordé aux Génois un diplôme dont nous avons parlé au chapitre Ier.
Mais nous avons pu remarquer que cette sauvegarde accordée aux
possessions génoises est un monument de servitude duquel on ne peut tirer
la moindre preuve d'indépendance ou de constitution politique pour nos
Génois.
L'historien Giustiniani croyait avoir trouvé des traces du consulat
remontant à 1087. Caffaro nous le montre en 1101, ce consulat encore
confondu avec le syndicat d'une société maritime. Il nous apprend qu'il
n'y eut une organisation régulière, un chancelier, des officiers de
justice, qu'en 1121.
Quant à la date du formulaire de serment produit par M. Serra, elle doit
être fixée entre 1121 et 1130. Car à la première de ses dates commence le
consulat annuel que ce serment suppose. D'autre part, on voit que les
consuls qui le prêtaient exerçaient encore les fonctions judiciaires. Or,
en 1130 elles passèrent aux consuls des plaids. Il est vrai que M. Serra
suppose que les consuls de la commune et ceux des plaids formaient un
seul corps; que les derniers participaient au gouvernement politique, et
que le même serment leur devait être commun. Nous ne connaissons aucune
preuve de cette confusion, et, dans tous les cas, il paraît qu'à cette
époque les consuls de la commune cessèrent d'exercer la justice
distributive. Le serment tel qu'il nous est donné ne peut être postérieur
à ce changement. Nous avons ici une preuve encore plus directe. Le
serment parle de l'évêché de Gênes; l'archevêché fui érigé en 1130. Le
serment est donc antérieur à cette année.
4 Ces compagnies étaient les sous-divisions de la commune. On lit, dans
un passage des annales, que dans les causes dont les parties
appartenaient à des divisions différentes, c'est au tribunal des
demandeurs qu'elles allaient plaider. Ce serait une singularité,
contraire au principe de droit que les Génois avaient fait prévaloir dans
leurs colonies, au principe qui attribue les juridictions au juge du
défendeur; mais il est plus que vraisemblable qu'il n'y a qu'une erreur
de copiste.
CHAPITRE VI. - Expéditions maritimes.
1 Hist. du Languedoc, tome II, page 435.
2 Hist. du Languedoc, tome II, page 442.
3 Suivant M. Serra, sept marabotins d'or pesaient alors une once; un
marabotin d'or en valait vingt-quatre d'argent. Tome I, page 360, en
note. Le marabotin est devenu, dit-il, le maravédis.
4 Hist. du Languedoc, liv. 17, tome II, 422.
5 Sylv. De Sacy, dans le tome XI des Mémoires de l'académie des
inscriptions et belles-lettres.
6 Probablement Gatilusio.
CHAPITRE VII. - Progrès, tendance au gouvernement aristocratique.
Noblesse.
1 Nicétas, lib. 7, ch. 1er.
2 Cette monnaie répondait à 15 sous d'or, ou aux trois quarts d'une once.
M. Serra, en se bornant à la comparaison de la valeur du métal sans
rapport avec le prix comparé de la monnaie aux choses vénales, trouve que
500 perperi de ce temps correspondent à 37,500 liv. de la monnaie génoise
moderne (31,250 fr.). Il note à cette occasion, que, suivant les cotes
des notaires à cette époque, un vaisseau marchand coûtait 16 livres ou
génuines, et une galère 5 liv. Tome I, page 385.
3 Le traite est imprimé parmi les documents du 2e vol. de l'histoire de
la colonie de Galata, de M. Louis Sauli, page 181, et l'engagement
corrélatif des Génois, pris en plein parlement, page 182. Le document est
fait au nom des consuls et de tout le peuple, et juré en plein parlement
par les consuls, et pour le peuple, par le crieur public (cintracus).
4 Mém. de Semino.
5 «Tunc non erant nobiles et de populo divisi: imo omnes erant de uno
nomine. Sed qui progeniti sunt ex ipsis magistratibus, nobiles postea
nuncupati sunt.»
M. de Sismondi a cru voir des seigneurs féodaux parmi les premiers
consuls de Gênes. Mais il n'en a d'autres preuves que les dénominations
de vicecomes (Visconti) et de marchio, qui dans les fastes consulaires
sont accolés à deux ou trois noms. Il en a conclu des comtes, des
vicomtes et des marquis. Mais tout dément cette supposition; comme tant
d'autres prénoms ou surnoms bizarres et sans rapports avec les saints du
calendrier, qu'on a si longtemps affectés en Italie, ces appellations
accompagnant des noms d'individus, on ne les retrouve pas deux fois dans
les mêmes familles et jamais elles ne se lient à des noms de lieux. De
toutes les familles génoises encore illustres, celle de Spinola est la
plus anciennement signalée dans les chroniques; et son nom n'est pas
celui d'une terre, d'un bourg ou village, qui, comme il est arrivé si
souvent, ait servi de désignation à une race, parce qu'elle en était
originaire. Jamais, dans ces temps anciens, les Spinola n'ont porté un
titre de seigneurie. Dans le cours de leur plus grande importance, ils
sont nommés Spinola de Lucoli et, Spinola de Saint-Luc; ce sont
simplement les noms des rues ou les deux branches de la famille avaient
rassemblé leurs palais.
M. Serra se contente de remarquer que si l'on n'a pas de preuve directe
que les consuls fussent pris dans un ordre de noblesse distingué, deux
fortes inductions le lui persuadent. 1° Les premiers mémoires génois
donnent le titre de noble et même de très-nobles, à divers consuls et
autres personnages considérables du temps. Nous avons exactement indiqué
les passages où ces épithètes honorables se rencontraient, et nous
persistons à croire qu'avant 1157 elles ne peuvent donner l'idée d'une
caste noble reconnue. 2o Tous les anciens gouvernements de Gênes, même
populaires, ont reconnu pour nobles les familles consulaires. Ce dernier
point est incontestable; mais faut-il conclure qu'une noblesse a précédé
le consulat, ou que la noblesse n'est venue qu'après le consulat, et
qu'elle en est née? Le noble historien moderne semblerait pencher pour la
préexistence de la noblesse. Par les motifs que nous venons de puiser
dans les chroniques contemporaines, nous croyons que la noblesse ne
dérive que du consulat et qu'elle n'a pas d'autre origine que celle que
lui assigne Stella.
Nous ferons mention, au 10e livre, ch. 7, d'un écrit de la jeunesse de
l'historien Foglietta, publié en 1559 au milieu d'une violente querelle,
et qui était comme le manifeste d'un parti. Le but peut avoir influé sur
les assertions de l'écrivain; mais son point de départ se rapportant à
l'objet de la présente note, il convient de le discuter ici.
Foglietta prétend que le nom de noble a été pris à Gênes seulement
lorsque ayant appelé des étrangers pour gouverneurs annuels sous le nom
de podestats, on leur donna des adjoints génois: on voulut que ceux-ci
eussent un titre honorifique qui les mît au moins de pair avec les
chevaliers que le podestat amenait comme ses lieutenants. Le titre aurait
donc été simplement personnel ou inhérent aux fonctions. Il est vrai que
peu à peu les enfants prirent l'habitude de se décorer de la distinction
acquise à leurs pères. Quand, après une révolution arrivée en 1270 et que
l'auteur déplore, la séparation entre le peuple et la noblesse fut
arrivée, chaque magistrat, à son entrée en charge, déclara s'il acceptait
ou refusait la noblesse pour sa postérité; et c'est ainsi que l'on
retrouve, dans les rangs des plébéiens, des races aussi illustres que les
plus nobles familles.
Les monuments et les dates démentent ce système. L'établissement du
podestat est de 1190. Il n'y a eu d'adjoints qu'à partir de 1196. Or,
avant cette époque, en 1174, le chancelier de la république dédiait ses
chroniques à l'émulation des nobles: et déjà, en 1162, les Génois, dans
une lettre de défiance adressée aux Pisans, leur reprochaient
l'assassinat non de gens obscurs, mais de nos nobles. Certainement à ces
dates la noblesse était fondée et reconnue.
Le fait de 1270, employé pour établir la séparation de la noblesse et du
peuple, est mal choisi. Nous verrons qu'alors le peuple se souleva contre
l'usurpation déjà consommée par la noblesse depuis plusieurs années; et
nous verrons aussi que le concours populaire ne servit qu'à mettre le
pouvoir entre les mains de deux capitaines de la plus éminente noblesse,
à la place d'autres nobles leurs émules. Ce fut une intrigue dont le
peuple fut l'aveugle instrument; ce ne fut pas une révolution.
Enfin Foglietta n'a pu voir nulle part que tout nouveau magistrat eût le
choix d'appartenir à la noblesse, ou ne restât plébéien qu'en vertu de sa
déclaration: il n'y en a point de traces, tandis qu'on trouve des
options officielles pour être guelfe ou gibelin.
6 Il y a pourtant une phrase pour 1152: «Sous ce consulat, il se fit
plusieurs boucheries dans la ville; une près du môle, l'autre au quartier
de Sussiglia.» Il faut faire comme les historiens génois postérieurs qui
n'ont vu de ce récit que l'expression au propre, et qui, ne faisant que
traduire Caffaro en style rajeuni, n'ont pas trouvé extraordinaire qu'en
quatre ans, que les récits suivants nous donnent comme de temps de
crise, il ne se soit rien passé dans Gênes de plus notable, de plus digne
d'être transmis à la postérité, que l'ouverture de deux étaux de
bouchers. C'est peut-être dans un sens beaucoup plus sinistre qu'on
pourrait entendre ces tristes paroles et ce mot de boucherie
7 Tout n'a pas été dit, quand nous avons constaté l'existence de la
noblesse et son avènement au pouvoir. Il nous manque la solution de
plusieurs questions importantes.
Comment les meilleurs se réparèrent-ils du vulgaire? Comment une
supériorité, qui ne dut être d'abord que dans l'opinion et dans les
habitudes, est-elle devenue un fait légal et reconnu? A quelles
conditions cette reconnaissance a-t-elle constitué un ordre de l'État?
Les nobles avaient envahi le consulat, mais le possédaient-ils
exclusivement? Les populaires restèrent-ils réduits à leurs votes dans le
parlement public, sans plus avoir de part au maniement des affaires?
Comment s'est dressée la liste primitive des nobles? comment a-t-elle été
close? Les magistratures, les consulats ont-ils continué à ajouter au
patriciat de nouvelles races, et jusqu'à quelle époque?
Nous ne pouvons lever tous ces doutes; voici ce que nous savons:
Nous trouvons qu'en 1270 les plébéiens voulaient avoir, pour les
défendre, un tribun sous le nom d'abbé du peuple. Cette précaution, ce
remède nouveau prouve qu'alors les nobles tenaient seuls le gouvernement.
En 1339, un plébéien fut élever à l'improviste à la tête de la république;
ce qui fut considéré comme une révolution d'une portée immense, et
c'est à la noblesse qu'on disputa d'abord et qu'enfin on arracha le
pouvoir.
A la suite de cette révolution un décret très-solennel, en 1356, exclut
les nobles des conseils et spécialement de la première place du
gouvernement: exclusion souvent modifiée, mais inflexiblement maintenue
pour rendre tout noble incapable de présider l'État. Il est évident
qu'alors non-seulement la noblesse était un ordre dans cet État; un
corps compacte et circonscrit qui se maintenait sans pouvoir plus
s'accroître; car si l'exercice des hautes magistratures y avait donné
accès, soit par le passé, soit jusqu'à ce moment, du jour où le titre de
noble devenait incompatible avec le pouvoir, il n'y avait plus ni de
moyen d'acquérir ce titre ni d'ambitieux pour le rechercher. Nous voyons,
au contraire, quelques familles très-illustres déclarer alors, afin de se
soustraire à la prohibition antinobiliaire, qu'elles n'entendaient point
être nobles. En un mot, il n'y a point d'anoblissement qui ait pu être
postérieur à 1356 au plus tard; et les choses ont duré ainsi jusqu'à
1528, année d'une réorganisation de tout l'État.
LIVRE II. - FRÉDÉRIC BARBEROUSSE. - GUERREPISANE. - BARISONE. - AFFAIRES
DE SYRIE. - COMMERCE ET TRAITÉS. - FINANCES. (1157 - 1190)
CHAPITRE I. - Frédéric Barberousse.
1 Alexandre III le leur ordonnait par ses lettres, afin de pouvoir venir
se mettre en sûreté parmi eux. Serra, tome I, page 392.
2 Partant, au levant, du pied de l'élévation de Sarsan et du même point
où le mur primitif touchait à la mer, la nouvelle muraille serpentait sur
les hauteurs au delà des églises et des monastères de Saint-André, Saint-
Dominique, Sainte-Catherine et Saint-François. Elle redescendait de
l'église Sainte-Agnès à l'église de Sainte-Sabine. C'était un
accroissement immense. Les belles églises des Vignes et de Saint-Cyr
cessaient d'être reléguées hors de la ville. Au bord de la mer, la limite
au couchant était jadis attenante à Saint-Pierre de Banchi; elle était
reculée près de l'emplacement où est aujourd'hui la Darse, au lieu où est
conservé le nom de porte des Vacca. Encore voyons-nous qu'au delà de
cette nouvelle circonscription, le bord de la mer, occupé par des
chantiers et peuplé de familles de matelots et de pêcheurs sous le nom de
Bourg du Pré, commençait à former un prolongement extérieur de la ville.
Le mur achevé eut en tout cinq mille cinq cent et vingt pieds: il fut
couronné de mille soixante et dix créneaux. L'année suivante on compléta
l'oeuvre en élevant des tours de distance en distance. Tout fut bâti en
pierres de taille cubiques; et les parties qu'on en voit encore
attestent la régularité et la solidité de l'ouvrage.
CHAPITRE II. - Guerre pisane. - Barisone.
1 M. Serra, d'après quelques annalistes du XIIe siècle, égale le marc à
une livre d'argent. (On entend toujours à Gênes la livre de 12 onces,
très-près d'un tiers de kilogramme.)
CHAPITRE III. - Suite de la guerre pisane.
1 Hist. gén. du Languedoc.
2 Albaron, Ce lieu est encore nommé le Baron.
3 Bouche, tome II, page 158. Guillaume de Sobran alla quérir la paix à
Gênes.
4 Papon, tome II, page 18. Preuve 19.
5 Nostradamus, 141. Une famille Doria est restée aussi en Provence.
6 On a retrouvé un diplôme par lequel, après la paix, Frédéric donne la
seigneurie de Milan et de Gênes à Obbizzo d'Este. Mais cet acte resta
secret, et rien ne fut essayé pour le mettre à exécution. Serra, page
418.
7 Semino, trompé par le nom de Césarée, avait rapporté ce traité aux
affaires du Levant.
CHAPITRE IV. - Suite des affaires de la terre sainte. - Relations
extérieures et traités. - Administration des finances.
1 Bertrand, trésorier, pages 135 et suiv.
2 Il paraît que le commandement supérieur de la flotte fut tiré au sort
et échut aux Pisans. Serra, 424.
3 Archives de Gênes. Ier mémoire de Semino. 1190-1191.
4 Ibid. 1190-1192.
5 Ibid. Il y a, en 1187, un privilège donné par le corps des barons du
royaume.
6 Liv. 1, ch. 4.
7 Sylv. de Sacy. Mém. de l'acad. des inscr, et bell.-lett., tome XI.
8 Sylv. de Sacy. - Saint-Martin, XI. Semino, trompé par une fausse date,
avait cru que ce traité, qui existe aux archives de Gênes, remontait à
1002.
9 M. Louis Sauli (Colon. di Galata, tome I, page 23, et tome II, doc. 4,
5, p. 188) a donné le traité négocié par Morta (oct. 1178), et celui qui
y fut substitue au second voyage du même ambassadeur. Il fait remarquer
que quoiqu'on déclare que l'empereur ne fait pas un nouveau traité, mais
confirme purement et simplement celui qu'il avait fait, les deux actes ne
sont pas absolument semblables. Le deuxième omet une clause du premier,
où l'alliance était déclarée perpétuelle nonobstant toute excommunication
ecclésiastique, ou toute défense d'homme couronné ou non couronné. M.
Sauli croit, avec une grande apparence de raison, que la république n'osa
pas braver si ouvertement les excommunications. M. Serra, tome I, page
461, croit à son tour qu'on aurait craint d'offenser Frédéric en
s'exposant ostensiblement à mépriser les défenses de tout homme couronné
ou non couronné. Mais il suppose que les Grecs avaient glisse
frauduleusement la clause dans la rédaction: ceci est bien peu probable.
10 Sauli, II, 183, donne aussi les instructions d'un Grimaldi, également
envoyé à Constantinople en 1175, pour réclamer les subsides qui
n'arrivaient pas, et pour obtenir justice d'un grand nombre de torts
faits à des particuliers. On le charge de solliciter un secours pour
achever la construction de la cathédrale de Gênes. L'ambassadeur est
soumis à rendre compte de tout ce qu'il recevra sans en rien retenir; il
ne pourra expédier ni rapporter des présents pour une valeur de plus de
10 livres.
LIVRE III. - DISSENSIONS DES NOBLES ENTRE EUX. - INSTITUTION DU PODESTAT.
- FRÉDÉRIC II. (1160 - 1237)
CHAPITRE I. - Établissement du podestat.
1 En latin potestas. On voit quelle idée d'autorité renferme ce nom.
2 M. Serra a retrouvé dans les archives des notaires de Gênes le
règlement des podestats. Il est certain cependant qu'il ne fut pas rédigé
tel qu'il le donne dès le premier moment de l'institution.
3 En 1216 les consuls des plaids furent supprimés et, par les mêmes
raisons d'impartialité qui avaient fait appeler un podestat de dehors, le
jugement des procès civils fut délégué à des juges étrangers amenés par
le podestat. Cet usage a dure jusqu'en 1797.
CHAPITRE II. - Henri VI.
1 Il était Milanais.
2 Il en subsiste des restes curieux, particulièrement la tour des
Embriachi.
CHAPITRE III. - Guerre en Sicile. - Le comte de Malte. - Finances.
1 M. Serra dit qu'Allaman della Costa était un émigré de Candie. Tome II,
p. 14. On trouve entre les nobles, signataires ou jureurs d'un traîté
d'alliance avec Arles, Nicolas comte de Malte, et Jean Allaman, parent
sans doute d'Allaman della Costa.
2 Voici en quels termes Nicétas parle de la conquête de Candie: «
Certains corsaires génois qui n'étaient qu'un vil excrément de la terre,
ayant mis ensemble cinq vaisseaux ronds et vingt-quatre galères,
arrivèrent à un port de l'île de Candie, où, ayant été reçus en
marchands, ils agirent bientôt après en soldats. (Hist. de Baudouin, ch.
11, 2, traduction du P. Cousin.)»
3 Après l'établissement des Latins à Constantinople, le marquis de
Montferrat obtint Candie dans son partage. Il traita avec les Génois de
la vente de cette île: mais ils se laissèrent gagner de vitesse par les
Vénitiens, qui couvrirent leurs offres et restèrent maîtres de l'île.
Serra, tome II, page 10.
4 Baluze. Lettres d'Innocent III, tome II, page 329. Il dit avoir ordonné
aux Pisans, pour préalable de l'arbitrage, d'indemniser les Génois des
derniers préjudices dont ceux-ci ont à se plaindre ou de donner caution
idoine d'y satisfaire.
5 On nous donne l'énumération suivante de ces droits: péage de Gavi, de
Voltaggio, de Porto-Venere; gabelles de Chiavari et de Voltri, revenus
des droits de pesage et de vente du pain.
6 On changea du moins la proportion des destinations primitives. On ne
réserva qu'un demi-denier pour les travaux du port; cinq et demi furent
employés à rendre libre l'impôt du sel.
CHAPITRE IV. - Frédéric II. - Guelfes et gibelins. - Guerres avec les
voisins.
1 Bernard, trésorier, et les chroniques génoises donnent les détails
qu'on va lire.
CHAPITRE V. - Entreprise de Guillaume Mari.
1 Papon, Hist. de Provence, tome II, preuve 51, donne ce traité tel qu'il
est conservé à Arles. Il le rapporte à l'an 1232; c'est une erreur:
l'acte est fait au nom du podestat de Gênes Oldrati, qui exerça en 1237.
Cette année est donc la véritable date. On trouve aussi (ibid.) preuve
31, le traité d'alliance des communes de Gênes et de Grasse en 1198,
renouvelé plusieurs fois jusqu'en 1420.
2 Le traité avec Arles (1237) dont on vient de parler, parait le
renouvellement d'un traité de Baldini.
CHAPITRE VI. - Frédéric II. - Expédition de Ceuta.
1 Les Milanais prirent à leur tour pour leur podestat Pierre Vento.
Serra, 62.
2 Ad brevia seu ad sortem. Ch. de Bartolomeo. On alléguait cette forme à
l'empereur comme une excuse de plus. On peut croire que c'était une
élection où l'on tirait au sort sur des noms choisis et mis dans l'urne,
comme on l'a fait longtemps à Gênes pour choisir les juges des rotes, et
même les sénateurs depuis 1528.
3 Fréd. Raumer, Hist. (en allemand) de la maison de Hohen-Staufen, tome
IV, page 14. Il renvoie à la lettre même de Frédéric, recueillie par
Hahn, Collectio veterum monumentorum et litteroe principum, tome II, lett.
21.
CHAPITRE VII. - Concile convoqué à Rome.
1 Nous avons vu les Avocati en guerre avec les Volta (liv. 2), nous les
trouvons maintenant ensemble dans le parti gibelin.
CHAPITRE IX. - Saint Louis à la terre sainte.
1 Bernard trésorier: il parle aussi fréquemment des événements d'Europe.
2 Joinville, page 304, éd. Petitot.
LIVRE IV. - PREMIÈRE RÉVOLUTION POPULAIRE. - GUILLAUME BOCCANEGRA
CAPITAINE DU PEUPLE. - CAPITAINES NOBLES. - GUELFES ANGEVINS. - GUERRE
PISANE, GUERRE AVEC VENISE. - GUERRE CIVILE. - SEIGNEURIE DE L'EMPEREUR
HENRI VI; - DE ROBERT, ROI DE NAPLES. - LE GOUVERNEMENT GUELFE DEVIENT
GIBELIN. - SIMON BOCCANEGRA, DOGE. (1257 - 1339)
CHAPITRE I. - Guillaume Boccanegra, capitaine du peuple. - Guerre avec
les Vénitiens. -Rétablissement des empereurs grecs à Constantinople.
1 Navageri, Hist. veniz.; Muratori script. tome XXIII, page 999.
2 Gregoras, lib. 4, 5, page 97. Éd. de Bonn. 1829.
3 Les Génois furent d'abord envoyés à Héraclée, puis transférés à Galata.
Pachymère, liv. 1, ch. 32, 35.
4 Gibbon, ch. 62, page 402. Éd. Philadelph. 1802.
5 Dans la ratification du traité fait à Gênes le 10 juillet 1260, nous
trouvons le nom des puissances que les Génois déclarent amies: savoir,
les rois de France, de Castille, d'Aragon, d'Angleterre, les princes,
barons chrétiens et les ordres religieux de la terre sainte, les rois de
Chypre et d'Arménie; mais en outre ils déclarent leurs alliances avec le
soudan d'Egypte, de Damas, d'Alep, avec le soudan des Turcs et avec le
roi de Tana, souverain des Palus Méotides. L'on voit qu'à la faveur de
ses établissements dans les villes chrétiennes de la côte en Syrie, Gênes
n'avait pas néglige le commerce des mahométans, bravant les
excommunications qui l'avaient défendu si souvent.
6 Gregoras, de Zaccaria a fait Icarus. Plus tard sous Andronic, Zaccaria
perdit l'Eubée et obtint Chio.
7 Ducas, ch. 25.
8 Gregoras, lib. 13, 12, page 683.
9 Stella.
10 Gregoras, lib. 13, 12, page 683.
CHAPITRE II. - Capitaines nobles. - Charles d'Anjou, roi de Naples.
1 Continuation de Guill. de Tyr, 558.
2 Les historiens grecs n'ont pas parlé de cet incident.
3 Foglietta en parlant des nobles, promoteurs de ce soulèvement
populaire, dit: «Regimen civitatis universo populo asserentes;» et il
met contre eux ce reproche dans la bouche des guelfes: «Regimen
populare appellent quod, civibus ablatum, in se ipsi privatim verterint.
» Lib. 5, page 197. Niehbur (Instit. Rom., tome II, pages 141, l52), dit
en passant que dans le moyen âge, le mot peuple s'entendait de l'union
d'une aristocratie avec une commune, celle-ci ne contenant que le
populaire. Conformément à cette définition, il y aurait ici réunion de
tous les ordres de citoyens, du moins en apparence. Mais comme
l'aristocratie avait usurpé sur la démocratie, faire le peuple était,
dans cette occasion, rendre au peuple les droits dont on l'avait privé,
bien entendu que l'usage de ces droits ne consiste qu'à changer de
maîtres parmi les nobles.
CHAPITRE III. - Démêlés avec Charles d'Anjou.
1 La publication récente d'un premier volume de Documents inédits de la
collection du gouvernement nous donne le moyen d'éclaircir ce passage.
Dans les Documents maintenant publiés, on voit 26 pièces relatives aux
affrètements ou aux achats de navires que saint Louis fit faire à Gênes
de 1268 à 1270, quand il préparait son second pèlerinage. Ces actes,
réunis en un recueil oublié, ont été retrouvés par M. Michelet aux
archives du royaume. Il les a communiqués à M. Jal, qui les a annotés, et
M. Champollion-Figeac les a admis dans la collection dont la direction
lui est confiée.
Le saint roi n'affréta pas de galères à Gênes; il y acheta des vaisseaux
de plusieurs particuliers. On en construisit un certain nombre sur ses
ordres; la république se chargea de la construction de deux de ceux-ci,
et intervint comme garant dans les contrats passés avec d'autres
constructeurs. Les dimensions furent exactement fixées; et
essentiellement, on s'attacha à rendre ces navires propres à
l'embarquement des chevaux. La description des bâtiments et l'inventaire
exact de l'armement inséré dans chaque contrat rendent ces pièces très-
curieuses sous le rapport technique de la navigation du XIIIe siècle.
Il y a des affrètements simples; mais souvent le roi s'y réserve
l'option d'acheter les navires. Tous devaient être rendus à Aigues-
Mortes (quelques-uns seulement à Toulon) le 8 mai 1270; le voyage
ultérieur n'était pas déclaré. Il est stipulé que le roi pourra, dans le
lieu où il les aura conduits, les garder un mois, et durant ce temps s'en
servir pour passer ailleurs. Le prix du fret est réglé à forfait pour ce
voyage, tout incertaine qu'en est la durée; seulement ce prix sera
augmenté si le roi fait hiverner les vaisseaux.
Parmi les 26 actes, il y a des quittances des frets payés: les marchés
ont donc eu leur effet.
(Note de l'auteur, placée en tête du second volume de l'édition de
Paris.)
2 Guillaume Vento était un des nobles génois dévoués aux Angevins. Il
avait suivi Béatrix, femme de Charles, à la prise de possession de
Naples. Au reste, il apparaît comme possesseur de Menton sous la
seigneurie de la république génoise, dans un traité fait en 1260 avec le
comte de Provence (Charles). Par ce traité on partage le comté de
Vintimille. Charles a la Briga; Gênes a Vintimille, Menton, Roquebrune.
On convient que les Génois ne pourront faire aucune acquisition du Rhône
à la Trébie, ni Charles sur le territoire génois. Nostradamus, pages 226,
230, 238.
3 On trouve des élections d'archevêque à Gênes par délégués (1163), par
12 électeurs (1188); la confirmation du pape est exprimée en 1233: elle
était probablement toujours réservée: on a vu que le pape la refusa à
l'élection de saint Bernard pour le destiner à de plus grandes choses.
Les chroniques en général donnent peu de détails sur les procédés
électoraux.
4 Gibbon, ch. 62, page 412.
CHAPITRE IV. - Guerre pisane.
1 On éleva les revenus de l'État, au moyen de nouvelles taxes, à 140,000
livres, M. Serra croit qu'alors la livre valait un quart d'once d'or,
somme qui (toujours sans rapport avec sa puissance vénale) répond à
3,300,000 livres de la monnaie moderne de la république de Gênes
(2,750,000 francs). Tome II, page 179.
2 Suivant M. Serra, au contraire, les prisonniers pisans imitaient le
dévouement de Régulus et écrivaient à Pise de ne pas céder. Tome II, page
203.
3 A côté de cet effroyable tableau, Dante s'écrie: «O Génois! hommes
étrangers à tout bien, charges de tous méfaits, que n'êtes-vous dispersés
parmi le monde!» C'est à l'occasion d'une infernale invention poétique.
Le poete voit aux enfers le Génois Branca Doria, damné parmi les traîtres
au plus profond du gouffre. Il se récrie, car il a laissé ce perfide sur
la terre en pleine santé. On lui explique que Branca est réellement mort
et damné, celui qui est sur la terre est un démon qui tient la place du
défunt. Guelfe blanc, exilé de Florence par les guelfes noirs, Dante ne
pouvait être favorable à Gênes, tantôt gibeline, tantôt guelfe angevine.
4 M. Serra (page 204) place cette résignation au 13 juillet 1293. Mais
(pages 205, 206) il raconte les événements du 1er janvier 1289 (1290) et
il attribue les troubles de cette époque à ce changement même. Il
introduit Hubert arrivant de la campagne et parlant au peuple en qualité
de simple particulier. Il faut que la date de 1293 donnée à la
subrogation du fils au père, soit erronée.
5 M. Serra dit 160,000 livres: il ajoute que la livre était alors à peu
près le sixième d'une once d'or.
CHAPITRE V. - Perte de la terre sainte. - Caffa. - Commerce des Génois du
XIIIe au XIVe siècle.
1 Publié par M. Silvestre de Sacy: il remarque que la double rédaction
des engagements réciproques était fort usitée chez les négociateurs de
ces temps. (Mém. de l'acad. des inscrip. et belles-lettres, tome VI, page
94.) - Nous en avons cité un exemple, liv. 3.
2 M. Depping, tome II, page 133, prend le traité de 1250 pour le plus
ancien de ceux entre Gênes et Tunis; tandis qu'il cite, page 133, un
traité des Pisans, de 1239, qui fait mention des privilèges accordés aux
Génois par les Tunisiens.
3 On trouve la même concession dans un traité fait à Péra, en 1387, par
l'ambassadeur d'un prince bulgare nommé Juanco, qui désirait attirer les
Génois à commercer dans ses États; et pour exprimer cette idée le
rédacteur du traité a emprunté ces mots du prophète Ézéchiel, ch. 18, v.
1: «Les dents des enfants ne seront pas agacées des raisins verts que
leurs pères auront mangés.» Ce traité a été publié par M. Silvestre de
Sacy (Mémoires de l'acad. des inscr. et belles-lettres, tome VII, page
294). Ce Bulgare était chrétien grec, ainsi qu'une partie de ses sujets.
Au reste, on ne trouve aucun détail sur le commerce auquel le traité se
rapporte. Il n'a dû être cultivé que par les colons de Péra; et la
métropole n'en aura pas conservé de traces.
4 La commune de Gênes avait alors 670 voiles indépendamment des armements
privés. Sauli, tome I, p. 145. Pegolotti nous apprend qu'on payait le
fret des marchandises sur les galères non armées, moitié moins que sur
les galères armées.
5 Le bois rouge de l'Inde était nommé brésil, bien avant la découverte de
l'Amérique. C'est ce bois qui a donné son nom à la contrée américaine
remarquable par ses forêts de cette espèce.
6 On peut remarquer, dès les premières pages de la Pratica della
mercatura de François Balducci Pegolotti, qu'il fait partir de Caffa et
de Tana l'itinéraire pour aller en Chine à l'achat des soies. C'est aussi
au poids de Gênes et de Tana qu'il rapporte les poids des soies achetées
en Chine. Il s'occupe beaucoup des usages du commerce des colonies
génoises; il indique les routes et les transits qui l'alimentent et le
propagent de tous côtés. Il fixe à huit mois au moins la durée du voyage
de Tana à Cambalu, soit par les caravanes, soit pour le commerçant qui
part avec son interprète et un domestique. Pegolotti était associé ou
voyageur de la fameuse maison Bardi de Florence. Il était dans le Levant
en 1335.
7 Gregoras, liv. 4, ch. 7.
8 Rymers, passim.
9 Nous savons que plus tard, au mariage de Charles le Téméraire (1468),
cent six Génois établis à Bruges parurent dans le cortège, uniformément
vêtus de velours violet, portant sur leurs habits la représentation de
saint George. Olivier de lu Marche, page 309. Éd. Petitot.
10 Il y a aux archives du royaume des réclamations du gouvernement de
Gênes contre ces vexations, contre l'augmentation des impôts sur le
commerce, etc. On envoya même des ambassadeurs pour porter plainte au
roi. Ces démarches sont de 1333 et 1337. La première est faite au nom du
sénéchal de Sicile, gouverneur de Gênes pour le roi Robert, et au nom de
l'abbé du peuple et des douzes sages. La seconde est au nom du podestat,
de l'abbé du peuple, et des capitaines Raphael Doria et Galeotto Spinola.
11 Il fut décapité à Nîmes pour avoir comploté, avec Baldo Doria, de
livrer la ville au sénéchal de Provence qui faisait alors des excursions
de brigandage. Histoire de Nîmes, tome II, page 200.
12 Hist. de Languedoc et Hist. de Nîmes passim, surtout aux preuves.
13 Voyez ci-dessus, liv. 2. Suivant l'histoire de Languedoc, la lettre du
doge Boccanegra est aux archives de Nîmes. Cependant l'historien de cette
ville ne la rapporte pas.
14 Hist. de Languedoc, tome IV, page 517.
15 Pétrarque, qui se vante dans sa correspondance d'avoir été deux ans
l'hôte des Génois, écrit dans une autre lettre: «Transiebis Apenninum,
visurus Januam nec immerito: nulla enim animosior, nulla hodie verius
regum civitas dici posset, si civilis inde concordia non abesset.» Var.
Epist. 33.
CHAPITRE VI. - Guerre avec Venise. - Intrigues des guelfes angevins. -
Variations dans le gouvernement de Gênes.
1 Il avait succédé à Michel son père.
2 Pachymère, liv. 9, chap. 20, 21; Gregoras, liv. 6, chap. 11.
3 Serra, tome II, page 228. Navagera apud Muratori, Script. ital. tome
XXII, page 1011.
4 M. Serra indique un manuscrit conservé a Gênes dans lequel Nicolas
Castiglione, en idiome et en vers génois, adresse au capitaine Conrad
Doria des reproches et des leçons: il l'avertit de la défaveur populaire
qu'il s'attire; tome II, page 221. Lamba était capitaine du peuple à
l'époque de son triomphe à Cursolo.
CHAPITRE VII. - Le gouvernement pris par les Spinola et disputé entre eux
et les Doria.- Seigneurie de l'empereur Henri VII. - Nouveau gouvernement
des nobles guelfes. - Les émigrés gibelins assiègent la ville.
1 Gregoras, VII, c. 5.
CHAPITRE VIII. - Seigneurie de Robert, roi de Naples. - Guerre civile.
1 Gregoras VIII, tome I, p. 286.
2 Sauli suppose que c'est Gazi-Celebi et attribue cette trahison au désir
de faire des choses agréables à Andronic. Tome I, page 229.
CHAPITRE IX. - Nouveau gouverneur. - Capitaines gibelins. - Boccanegra
premier doge.- Nobles et guelfes exclus du gouvernement.
1 Stella.
2 Déjà sous Philippe le Bel, on trouve au nombre des amiraux francs
Reinier Grimaldi, 1306. Sainte-Marthe, Hist. généalog. de la maison de
France, tome II, page 978.
3 On trouve, aux archives du royaume, le contrat d'affrètement des vingt
galères de Gênes demandées pour le service du roi, concurremment avec
vingt galères de Monaco. Ce contrat est passé par-devant notaire à Paris
le 25 octobre 1337. Antoine Doria stipule pour les propriétaires de
Gênes. Les galères partiront le 1er avril 1338 au plus tard, et le 1er
février, si le roi le demande. On payera pour chaque galère armée 900
florins d'or par mois; l'engagement est pour trois mois de service et un
mois de retour, calculé à raison de vingt jours pour aller du cap de
Finistère à Aigues-Mortes, et dix jours de là à Gênes. Le service sera
contre tous ennemis, et en conséquence, si à l'expiration du terme, les
galères se trouvaient en Romanie ou en Syrie, le mois alloué pour le
retour compterait jusqu'en Sicile, et il y serait ajouté dix jours pour
revenir de Sicile ou de Naples à Gênes.
Sur les 3,600 florins que chaque galère gagnera dans les quatre mois que
le traité embrasse, le roi avancera 1,000 florins dès le 1er décembre, et
si avant le 1er février il contremandait l'expédition, 500 florins lui
seraient rendus: les autres 500 resteraient aux armateurs en indemnité.
Outre le fret, le roi abandonne la moitié des profits qui se feront sur
ses ennemis, sauf les châteaux, héritages et prisonniers qui lui
appartiendront exclusivement. Il s'engage à ne faire ni paix ni trêve
avec l'Angleterre, sans y comprendre Doria, les galères et la commune de
Gênes.
Doria se fait allouer 100 florins par mois: il y aura sur la flotte un
chirurgien génois qui recevra 10 florins mensuellement. Sur la liste des
noms des capitaines des vingt galères, il y en a neuf du nom de Doria,
quatre Spinola, deux Squarciafico, etc., y compris un Grimaldi. Ce
dernier nom prédomine, au contraire, parmi les capitaines de Monaco.
4 C'est par le récit de Froissard, et par les chroniques que cite Dacier,
que nous connaissons le commandement de Barbavera dans ces compagnes
maritimes.
5 Froissard, ch. 80.
6 Ibid., ch. 122, et note de M. Dacier; Éd. de Buchon, pages 339, 340.
7 Barbavera est qualifié de sergent d'armes dans un compte, arrêté en
1346, du désarmement d'une autre flotte où se trouvaient des galères
génoises. (Voyez liv. 5, ch. 2.) Il paraît qu'alors il avait au-dessus de
lui un amiral et deux vice-amiraux français.
8 Malgré une remarque de M. Buchon, page 338, ce reproche de Froissard
n'est pas en contradiction avec celui de la grande chronique de France,
qui accuse les capitaines génois de n'avoir sur leurs galères que des
poissonniers au lieu de gentilshommes, c'est-à-dire des marins et non des
guerriers. Mais on lit dans un règlement sur les finances et sur les gens
de guerre du 6 décembre 1376, article 20 (Ordonnances de France, tome V);
«Nous avons entendu que les capitaines et les arbalestriers génevois
(génois) étant à présent à notre service, n'ont pas tenu dans le temps
passé et ne tiennent pas à présent le nombre d'hommes dont ils ont eu les
gages, et aussi en ont eu en leurs compagnies qui n'étoient pas Génois,
comme autres qui n'étoient pas arbalestriers, mais gens de petit état et
de petite valeur, lesquels ils avoient par petit profit: et avec ce, la
moitié et plus d'iceulx qui avoient été reçus comme arbalestriers ne le
sont mie.» En conséquence, afin de pourvoir aux cautèles et malices des
dessusdits, le roi nomme Marc Grimaldi, écuyer, capitaine général de tous
les arbalétriers. Il en choisira huit cents des meilleurs et cassera tous
les autres: il divisera les huit cents en compagnies; il les baillera
aux capitaines, et ils passeront en revue tous les mois.
9 Niceph. Gregoras, dans le style méprisant dos Grecs de Constantinople,
ne manque pas de dire que les Génois, pour se donner un doge, allèrent
prendre Boccanegra (il l'appelle Tuzus) ab ligone, à la bêche, à la
charrue. Liv. 13, ch. 13.
LIVRE V. - LE DOGE BOCCANEGRA DÉPOSSÉDÉ. - UN DOGE NOBLE. - ACQUISITION
DE CHIO. - GUERRE VÉNITIENNE. - SEIGNEURIE DE L'ARCHEVÊQUE VISCONTI ET DE
SES NEVEUX.- BOCCANEGRA REPREND SA PLACE. - 1er ADORNO ET 1er FREGOSE,
DOGES. - GUERREDE CHYPRE. - CAMPAGNE DE CHIOZZA. (1339 - 1381)
CHAPITRE I. - Premier gouvernement du doge Boccanegra. - Jean de Morta,
doge noble.
1 En 1488 on voit des actes où l'office dont il s'agit est appelé Dit des
huit, et on y trouve des noms populaires. Serment au duc de Milan, Bibl.
R., ms. Collection Dupuis, 159. Dans le système de Foglietta, quand il
écrivait contre la noblesse dans sa jeunesse, le nom de Noble était
attaché à la magistrature des finances sans impliquer une distinction de
race parmi ceux qui l'exerçaient temporairement.
2 Quatuor gentes, expression consacrée pour désigner Spinola, Doria,
chefs des gibelins; Grimaldi, Fieschi, chefs des guelfes.
3 On dit que le peuple s'obstina à voir des chaînes et des carcans
préparés dans la maison de Boccanegra: c'étaient les colliers de ses
chiens et les anneaux auxquels ses chevaux étaient attachés. Serra, tome
II, page 316.
4 Expression de Stella.
CHAPITRE II. - Génois en France à la bataille de Crécy. - Acquisition de
Chio.
1 Froissart, ch. 287.
2 Ducas, ch. 25. Pachymère, ch. 26. Cantacuzène, ch. 10, 11, 12 et 13. La
concession à l'amiral répond environ à l'an 1275. L'expulsion de ses fils
est de 1329.
3 Cantac, liv. 3, ch. 95. - Nic. Greg., liv. 15, ch. 6.
4 Ibid., liv. 2, ch. 29, 30, 31.
5 Suivant M. Serra, c'est à Chio que cette affaire fut réglée par
l'amiral Vignoso en vertu de ses pleins pouvoirs: il dit que les
officiers de la flotte achetèrent des possessions dans l'île ou s'y
marièrent, et qu'après les 29 années les familles, à qui restaient acquis
à perpétuité les revenus de Chio, se réunirent en une seule, et prirent
le nom commun de Giustiniani. Tome II, page 325.
CHAPITRE III. - Valente doge. - Guerre avec Venise. - Seigneurie de
l'archevêque Visconti, duc de Milan.
1 Nic. Grég., liv. 5, ch. 6.
2 Idem, liv. 15, ch. 8.
3 Greg., 17, ch. 1; Pachymère, 12, 9.
4 Greg. 17, 1. M. Sauli l'entend autrement. Les douanes de Constantinople
ne rendaient que 30,000 pièces d'or, celles de Galata en produisaient
200,000 aux Génois. Tome I, page 293.
5 Greg. 17, 2.
6 Cantac, liv. 4, ch. 11.
7 Nicéph, Gregoras, 17, ch. 7, à la fin.
8 Ce qui inquiétait les Génois, c'est qu'on ne pouvait plus tirer les
marchandises de l'Inde, de la mer Caspienne par la mer d'Azof. Ils ne
pouvaient soutenir la concurrence de celles que les Vénitiens allaient
chercher par cette route. (Matt. Villani, liv. 1, ch. 83.) A la rupture,
Pétrarque adressa au doge de Venise André Dandolo une lettre pleine
d'érudition et de rhétorique pour détourner Venise de la guerre. Le doge
lui répond en louant son éloquence et l'engage à lui continuer le charme
de sa correspondance quand il en trouvera la matière. Quant à la guerre
contre les Génois, elle est juste et on la fera. Lettres famil. varior.
N. 1 et 2.
9 Matt. Villani met ce fait à Candie. Les chroniques génoises et
vénitiennes (Daru, liv. 8, page 545) parlent de Négrepont. On croirait
que ce nom a été commun en ce temps aux deux îles, à voir combien de fois
Villani les confond.
10 Il paraît que l'amiral génois avait prévu la tempête et pris ses
précautions (Sauli, liv. 1, page 352).
11 «Ce ne serait pas une tâche facile que de se charger de concilier les
récits des Grecs, des Vénitiens et des Génois.» Gilbert, ch. 63. Il a
raison. Cantacuzène accuse Pisani de lâcheté et d'incapacité avec une
violence inouïe. Mais son récit (il parle de lui-même) finit par ces mots
remarquables: «Il crut qu'on ne pourrait rien lui reprocher si après
avoir été abandonné par ses alliés il s'accordait avec ses ennemis. Bien
qu'ils fussent alors plus puissants que lui sur mer, ils ne laissèrent,
pas que de consentir à la paix.» Liv. 4, ch. 31.
12 Sauli, tome XI, page 216.
13 Sauli. tome I, page 346.
14 Pétrarque assista à Milan à la réception des ambassadeurs génois. Il
les trouva d'une contenance digne, où perçait la douleur du sacrifice de
la liberté génoise. Il leur témoigna son regret de voir Gênes
s'abandonner ainsi elle-même. Les ambassadeurs gibelins rejetèrent tout
le mal sur l'amiral guelfe qui s'était laissé vaincre et qui, à Carthage,
aurait été mis en croix.
CHAPITRE IV. - Boccanegra redevenu doge.
1 Les trois neveux de l'archevêque partagèrent ses seigneuries, mais
celle de Gênes resta indivise «per non potersi dividere commodamente.»
Benvenuto San Giorgio, page 522.
2 Navagera dit simplement que la navigation de la mer Noire fut libre aux
deux nations, et qu'on se rendit les prisonniers, page 1042. N. B. Marino
Faliero dans sa conspiration avait compté sur l'aide des prisonniers
génois.
3 Matteo Villani, liv. l, ch. 5.
4 M. Sauli a donné, à la tête de son 2e volume de l'histoire de la
colonie de Galata, un excellent précis du régime de cette colonie à la
fin du XIVe siècle. A la suite de la restauration de Paléologue, les
Génois eurent un château à la pointe du Bosphore d'Asie; ils possédaient
Chio et Mételin et convoitaient Ténédos. Mais, sous prétexte que les
Vénitiens exigeaient qu'on leur rendit cette île, l'empereur se défendit
de la céder aux uns ni aux autres. Sauli, tome II, pages 42, 43.Ducas,
ch. 12.
5 Foglietta, liv. 7, page 143, dit expressément qu'on priva «nobilitatem
omnem, non modo publicis muneribus et honoribus, omnique procuratione
reipublicae, ac facultate naves ad bellum armandi, sed etiam privatae
negociationis causa comparandi.»
M. Serra soutient que les nobles ne furent pas exclus alors des places de
conseillers, et il cite textuellement, à ce qu'il semble, le décret même
de 1357 qui les exclut de la dignité de doge, de celle de vice-doge
(place qui ne fut pas remplie) et de suprêmes syndicateurs, et des
fonctions de podestat ayant droit de sang: et comme on ajoutait, par
forme d'ironie (ainsi dit M. Serra), que si, en les admettant aux
emplois, on a fait quelques exceptions, c'est autant pour leur bien que
par zèle populaire: puisque le décret se tait sur les places du conseil,
on doit conclure (c'est toujours M. Serra qui parle) qu'elles ne leur
étaient pas interdites. Le décret, si M. Serra l'a bien lu, doit
l'emporter sur le témoignage postérieur de Foglietta. Mais M. Serra, sur
ce même document, reconnaît que les douze conseillers devaient être six
marchands et six artisans des meilleurs. Il n'y a pas là place pour les
nobles. Dirait-on que les nobles étaient marchands eux aussi? Les
étrangers les confondent souvent sous cette dénomination; mais chez les
écrivains et les annalistes du pays, les marchands, ce sont toujours les
gros populaires par opposition aux nobles et aux artisans. Serra, tome
II, page 385.
6 Le marquis de Montferrat, ayant emprunté 17,000 ducats de la commune de
Gênes, lui livra pour gage, le 29 janvier 1359, la ville et le territoire
de Novi, pour les garder jusqu'à restitution de la créance. Benvenuti San
Giorgio, page 540.
7 L'impression de cet ouvrage en était ici quand nous avons tardivement
connu l'existence d'une nouvelle histoire de Gênes en huit volumes dont
les deux derniers imprimés en 1838 ne nous sont pas encore parvenus. Elle
a été élégamment écrite en italien par M. Charles Varese de Tortone.
Comme nous, il a fait usage des matériaux connus fournis par les anciens
écrivains génois. Seulement il paraît avoir pensé que la dignité de
l'historien ne permettait pas de rien emprunter aux naïvetés des vieilles
chroniques.
Nous regrettons qu'en alléguant l'insuffisance des documents antiques, il
ait évité de s'étendre sur certaines circonstances importantes. Il semble
avoir peine à avouer l'extrême faiblesse des commencements de la
république. Il ne s'explique pas sur l'origine de la noblesse génoise.
Enfin, cette histoire si étendue est presque exclusivement militaire et
politique; aussi s'y livre-t-on à de très-grandes excursions dans
l'histoire générale de l'Italie. Le point de vue en est donc bien éloigné
du nôtre. Au temps où nous avons vu un peuple navigateur et marchand même
quand il a les armes à la main, que l'intérêt commercial fait prospérer
et grandir, l'auteur italien signale déjà (ce sont ses termes) des
Achilles pour le combat, des Nestors pour le conseil, des Ulysses aux
paroles emmiellées pour les traités.
Nous ignorons encore dans quel esprit il a rendu compte des événements
récents. Mais il est juste de reconnaître qu'à l'occasion des combats que
les Génois, au dix-septième siècle, ont eus à soutenir contre l'ambition
des princes de la maison de Savoie, M. Varese s'exprime avec une libérale
impartialité.
CHAPITRE VI. - Guerre de Chypre. - Nouvelle guerre avec les Vénitiens. -
Guarco, doge.
1 M. Serra égale à cette époque le florin d'or (monnaie qui est restée
toujours assez uniforme) à une livre et un quart de la monnaie de Gênes:
à ce compte le florin répondant aujourd'hui à 12 francs environ, la livre
de Gênes de 1370 équivaudrait à 10 francs de notre monnaie actuelle. La
somme accordée pour les frais de la guerre me paraît excessive. Mais M.
Serra cite textuellement la convention recueillie, dit-il, par Carlo
Speroni. Serra, tome II, pages 379 et 403.
2 On a remarqué que c'est dans l'expédition de Ténédos qu'on trouve la
première notion certaine de l'emploi des bombardes sur les galères de
Gênes, 1377.
3 André Gattaro, Ist. Padovan. apud Murat. Script. Ital., tome XVII, page
214.
CHAPITRE VII. - Campagne de Chioggia. - Prise de la ville.
1 M. Sauli a imprimé un traité du 2 nov. 1382 dans lequel l'empereur Jean
fait avec les deux Andronic un nouveau traité de paix et de partage de
l'empire, dont le podestat et le conseil de Péra se portent pour garants
au nom de la république de Gênes. Ils promettent de prendre les armes
contre celui des trois princes qui envahirait le lot des autres ou leur
susciterait l'inimitié des Turcs.
Et à la suite de la copie découverte de ce traité, on voit une
déclaration de l'empereur Jean. Il proteste contre les infractions que
les Génois ont laissé faire à ces pactes par les deux Andronic: ceux-ci
ont pris des châteaux qui ne leur appartenaient pas, négocié avec les
Turcs, etc. La colonie de Péra leur a fait accueil, loin de tenir la
promesse de réprimer ces voies de fait. L'empereur Jean, au contraire,
passant à Péra, n'y a pas reçu les honneurs accoutumés. Della colonia de'
Genovesi in Galata. Tome II, pages 260 à 267; doc. 15.
2 M. Serra veut espérer que les historiens ont calomnié le gouvernement
de Gênes en supposant des instructions si violentes. Il se refuse à
croire aux réponses hautaines attribuées à Doria envers les députés de
Venise. Tome II, pages 442-458. Gattari, historien de Padoue, et un
écrivain trévisan affirment ces faits. Quelques Vénitiens prêtent ces
réponses à Carrara: mais l'entêtement indubitable de Doria rend
vraisemblable son arrogance.
3 M. Serra, d'après Sanuto, dit que Zeno, faisant une croisière
lucrative, ne voulait pas la quitter et éludait les ordres qui le
rappelaient à Venise. Il avait relâché en Candie et il n'en partait pas.
Le gouverneur de l'île envoya prendre la hache du bourreau et déclara
que, passé une certaine heure, cet instrument en finirait de quiconque
des équipages de la flotte, amiral ou matelot, se trouverait encore à
terre. P. 474.
CHAPITRE VIII. - Désastre de Chioggia.
1 Le sel de Chioggia, dit M. Serra, fut pour les Génois ce qu'avaient été
pour les Carthaginois les délices de Capoue. Tome II, page 469.
2 Suivant M. Serra de 7200 prisonniers, il n'en restait que 3856. P. 504.
LIVRE VI. - ANTONIOTTO ADORNO, TROIS FOIS DOGE. - GÊNES SOUS LA
SEIGNEURIE DU ROI DE FRANCE; - DU MARQUIS DE MONTFERRAT. - GEORGE ADORNO
DEVENU DOGE. (1382 - 1413)
CHAPITRE I. - Léonard Montaldo, doge. - Antoniotto Adorno, doge pour la
première fois.
1 Suivant M. Serra, ce seraient les huit qui auraient porté leur
dénonciation au parlement, et Guarco, dans sa maladroite justification,
n'aurait fait que se défendre. En général, M. Serra est favorable à
Guarco. Tome III, page 8.
2 Suivant M. Serra, les Fregose étaient aussi inscrits dans la
corporation des notaires; Adorno dans celle des tanneurs. Tome III, page
7.
CHAPITRE II. - Le pape Urbain VI à Gênes. - Expédition d'Afrique.
1 L'un d'eux était archevêque à Gênes.
2 Chronique de Saint-Denis (Documents inédits), tome I, page 149.
CHAPITRE IV. - Adorno met Gênes sous la seigneurie de Charles VI, roi de
France.
1 Enguerrand de Coucy était à Asti avec quelques troupes. Savone l'appela
pour se mettre sous la protection du roi de France. Chronique de Saint-
Denis, tome II, page 393.
2 Sismondi, Rép. it., ch. 12.
3 Archives du royaume et MS de la Bibl. du Roi. Collect. Dupuy, vol. 359.
L'instrument est du mois de février 1392 (1393). On a omis de déclarer en
quel lieu il est souscrit, mais les signataires étaient probablement à
Gênes, et, suivant l'original, ils étaient du moins présents en un même
lieu. Ce sont Raymond de Fieschi, docteur en droit et comte de Lavagna;
Jean Luc Grimaldi (deux chefs guelfes); Adam Spinola (un chef gibelin),
et avec eux Charles et Antoine Malocelli père et fils, et Joseph
Lomellini. Ils stipulent pour eux et aux noms des autres nobles ou
marchands tant des quatre familles que de plusieurs autres citoyens et
habitants de Gênes. On sait que, dans leur langage, citoyen veut dire
noble. Il y a aux archives une adhésion de Charles de Fieschi (1393).
Pour rendre le gouvernement à ces confédérés le roi fournirait un secours
de mille hommes d'armes et de cinq cents arbalétriers qu'il solderait de
ses deniers pour deux mois; il pourvoirait à leur transport par mer.
L'occupation étant opérée le roi sera reconnu seigneur supérieur et
perpétuel de Gênes. Le serment de fidélité lui sera prêté, et, en signe
de la suprématie, il recevra tous les ans quatre mille florins d'or de
cens ou redevance. Le roi protégera et défendra Gênes comme il défendrait
une de ses villes; néanmoins les Génois supporteront les frais de la
défense. A leur tour, ils auront pour amis les amis du roi, et pour
ennemis ses ennemis. Tant que durera la guerre de la France avec
l'Angleterre, aucun Génois ne pourra, sous peine de la vie, commercer
avec les Anglais. Gênes se réserve seulement le droit de tirer vengeance
des offenses qui lui seraient faites, et en ce cas elle pourra requérir
l'assistance de la France.
Le roi pourra en tout temps et dans toutes ses guerres armer à ses dépens
dans le port de Gênes, galères et vaisseaux, enrôler des arbalétriers sur
le territoire. S'il allait combattre les infidèles outre-mer, ou s'il y
envoyait un prince de sa famille, la ville, à ses propres frais,
fournirait le dixième des galères.
Les actes publics seront faits au nom du roi et du gouvernement de Gênes.
Les gouverneurs seront ceux qui lui seront présentés à la majorité des
suffrages des contractants ou de leurs constituants. Si l'on venait à
s'accorder sur le choix d'un seul individu, il serait unique gouverneur.
Si ceux qu'on aurait choisis manquaient à la fidélité due à la couronne
de France, le roi pourrait les révoquer et leur donner des successeurs,
toutefois avec le consentement et sur une nouvelle présentation des
confédérés. Ceux-ci semblent ainsi se créer des droits personnels et
permanents. Seulement, ils se réservent d'associer à leur gouvernement
d'autres nobles s'ils le jugent à propos. Enfin, on n'oublie pas de
stipuler que si, l'entreprise manquant, les biens des contractants sont
exposés aux rigueurs du peuple de Gênes et de son gouvernement, le roi
fera saisir en France les biens des Génois populaires pour servir à
l'indemnité des nobles dépouillés.
4 Chron. de Saint-Denis, liv. 16, ch. 19, tome II, page 401.
5 Les intrigues de Jean-Galéas pour faire rompre la négociation entre
Gênes et la cour de France sont indiquées dans la chronique de Saint-
Denis, liv. 17, ch. 3 et 10.
6 Les actes mentionnés relativement à la seigneurie de Charles VI
existent aux archives du royaume. On en voit les copies à la Bibliothèque
royale, collection Dupuy, 159.
CHAPITRE V. - Gouvernement français. - Mouvements populaires.
1 Hénault (abrégé chronologique) rapporte cette accusation a Saint-Pol.
CHAPITRE VI. - Gouvernement de Boucicault. - Expédition au Levant.
1 Le Génois Gatilusio, prince de Métellin, fut caution de la rançon du
duc de Bourgogne. Ducas, ch. 13.
2 M. Serra dit que Boucicault fit couper la tête au bourreau qui avait
laissé fuir sa victime. Tome III, page 60.
3 Suivant M. Serra, tome III, page 59, Boucicault congédia les anciens du
conseil qu'il trouva en place, et en nomma d'autres à son gré.
4 M. Serra dit que le principal ministre de Tamerlan, Ascala, était né à
Caffa d'origine génoise. Tome III, page 187. M. Silvestre de Sacy a donné
(Mémoires de l'acad. des inscr. et belles-lettres, tome VI, p. 410) la
correspondance de Tamerlan avec Charles VI, en 1403. On y voit que le
conquérant avait écrit avant ce temps aux républiques de Venise et de
Gênes pour les inciter contre Bajazet, leur ennemi commun.
5 Ducas, ch. 16, 17.
6 Ibid., 14.
7 Le traducteur de la chronique de Saint-Denis paraît avoir fait erreur
en confondant cette ville avec Alexandrette de Syrie (Chron. de Saint-
Denis, tome III, page 83). Collection de documents inédits. Il remarque,
au reste, avec raison que le récit de tout ce voyage dans la chronique
diffère assez de ce qui en est dit dans le livre des faits et gestes de
Boucicault, collection de Petitot.
8 Beyrouth.
CHAPITRE VII. - Derniers temps du gouvernement de Boucicault.
1 Il appella a Gênes saint Vincent Ferrier pour y prêcher en faveur du
pape reconnu par la France et par l'Espagne. Serra, tome III, page 69.
2 Les écrivains génois le nomment Luc de Gilbert. Monstrelet, ch. 62,
l'appelle Cholette de la Choletterie. La biographie du maréchal n'arrive
pas jusqu'à cette époque fâcheuse de la vie de son héros; mais elle nomme
fréquemment parmi les chevaliers les plus affidés du maréchal, le
seigneur de la Choletterie, liv. 2, ch. 15, et elle l'appelle Choleton,
liv. 3, ch. 21. Les Génois, habitués à désigner les hommes par leur nom
de baptême, ont sans doute suivi ici cet usage.
3 Monstrelet, ch. 42.
4 Ibid., 154.
CHAPITRE VIII. - Banque de Saint-George.
1 Relazione esattissima del governo antico e moderno della R. di Genova,
1626. MS Bib. R., 10439. M. Serra a vu depuis dans les archives de Saint-
George le décret original sur parchemin dont les historiens n'ont rien
dit. Il est du 23 avril 1407. Boucicault, les anciens, et l'office de la
Provision, avec le consentement de l'office de la monnaie, des
Procurateurs et des Pères de la commune, nomment George Lomellini,
Frédéric Promontorio, Barthélémy de Pagani, Raphaël Vivaldi, Antoine
Giustiniani, Lucien Spinola, et Cosme Tarigo, et les chargent de racheter
et libérer les revenus de la commune, de liquider et éteindre les actions
auxquelles ces revenus étaient affectés, avec pleine faculté de revoir
les comptes, faire toutes réductions, et assigner les produits nouveaux,
sans tort ni dommage de qui que ce soit, pour autant que cela se trouvera
possible. Ce travail des commissaires dura un an. M. Serra ajoute qu'ils
s'attachaient à ce que les dividendes communs répondissent à 7 pour cent
d'intérêt sur les capitaux.
2 Stella.
3 Les actions de la banque ne pouvaient être transférées que par la
signature de leur propriétaire titulaire, sauf pour héritage, disposition
testamentaire ou dot constituée. Elles étaient insaisissables.
CHAPITRE IX. - Gouvernement du marquis de Montferrat. - George Adorno
devient doge.
1 Leges antiquae Januens. MS des archives de Gênes, cité par M. Serra,
tome III, page 88.
2 Le doge a, dans les actes seulement, les titres de Magnifico illustre
et Eccelso; partout ailleurs il ne doit être appelé que Messer Doge. Dans
les cérémonies il marche seul: le doyen des anciens et le podestat
viennent après lui en même rang entre eux.
3 Le décret énumère les magistrats inférieurs: les proviseurs, les
magistrats de Romanie, de la marchandise, de la guerre et de la paix, et
les consuls de la raison. Les proviseurs sont des magistrats de haute
police tels que devinrent depuis les inquisiteurs d'État. Ils sont
chargés aussi de faire le budget des dépenses publiques. L'office de
Romanie était l'administration des colonies de Péra et de la mer Noire.
L'office de la marchandise était un tribunal de commerce. Les consuls de
la raison jugeaient les différends de moins de 100 liv.
Le budget est fixé pour 1413 à 72,324 livres génuines, indépendamment de
la dette publique soldée par les revenus abandonnés à la banque de Saint-
George. M. Serra estime la somme ci-dessus égale à 1,119,770 livres de
Gênes modernes (933,142 francs); évaluation qui, comme toutes celles que
j'ai citées, ne se rapporte qu'au poids des espèces et au prix vénal des
métaux de chaque époque comparé à leur cours actuel.