À son retour il est rencontré par un gueux d'ivrogne qui le poursuit
en le menaçant de le dénoncer au conseil de révision comme n'étant pas
boiteux. Il lui échappe et rentre chez M. Goulden qu'il trouva
consterné du 29e bulletin après la retraite de Moscou, annonçant
l'anéantissement des 750,000 hommes de l'armée de Russie. M. Goulden
charge son apprenti d'aller à sa place chez ses pratiques remonter les
horloges. Joseph y va et trouve les rues et les églises encombrées de
phalsbouriens et de paysans inquiets du sort de leurs pauvres enfants.
Il monte au clocher pour revoir de loin la maison de sa tante _Grédel_
aux _Quatre-Vents_, où il a été si heureux la veille avec Catherine.
Puis tout à coup la pensée lui vint que s'il était parti l'année
d'avant, Catherine serait aussi là pour prier et le redemander à Dieu.
Il sentit son corps grelotter.
«Allons-nous-en, allons-nous-en, dit-il au sonneur; c'est
épouvantable!
--Quoi? dit le sonneur.
--La guerre!»
V
Il assiste plus loin à la proclamation du sénatus-consulte et à la
lecture du 29e bulletin. L'empereur Napoléon y racontait que chaque
nuit les chevaux périssaient par milliers.
Il ne disait rien des hommes!
Trois femmes tombent à terre.
On les emmène en les soutenant par le bras.
Je me sauvai; j'aurais voulu ne rien savoir de tout cela.