CHAPITRE SEIZIÈME

Les difficultés d'argent augmentaient tous les jours: Riquet était

harcelé par l'intendant du Languedoc qui exigeait qu'il payât au trésor

les redevances des gabelles.

Les États de Toulouse fournissaient aussi de l'argent, mais avec quelle

peine on obtenait d'en toucher le montant. Cependant Riquet avait à

ses ordres dix mille ouvriers qu'il devait payer chaque semaine, somme

énorme à débourser, sans parler des outils, des fers, des matériaux

de toutes sortes à acheter ou entretenir en bon état, et des chevaux

nécessaires à l'entreprise.

Lorsque les sommes promises n'arrivaient pas à temps, Riquet empruntait

à gros intérêts sur sa propriété, c'est-à-dire le canal même, et

insensiblement sa dette augmentait sans remédier aux difficultés sans

cesse renaissantes.

Deux ans s'étaient écoulés depuis la visite de M. de Seignelay, et

Riquet avait entrepris la création du port de Cette et des deux jetées

qui le ferment, telles qu'elles existent encore.

Tandis que le canal, achevé depuis Toulouse jusqu'à Trèbes, et livré au

roi, se poursuivait dans sa seconde partie de Trèbes à l'étang de Thau

par Béziers et Agde, lui, il construisait le port, et faisait établir

une chaussée au milieu de l'étang pour le passage de ses ouvriers.

Cet étang de Thau était alors et est encore une petite mer intérieure

d'une étendue de soixante kilomètres, qui n'est séparée de la

Méditerranée que par une langue de dunes sablonneuses, sur lesquelles

est bâtie la ville de Cette, et qui s'étendent depuis le cap de Cette

jusqu'aux environs de la ville d'Agde.

Les barques ne pouvaient traverser l'étang qu'à la voile, souvent non

sans danger à cause des vents violents qui le sillonnaient en tous sens.

Riquet avait d'abord pensé à laisser son canal à son entrée dans

l'Hérault, près d'Agde, mais il voulut éviter les dangers d'une

navigation sur l'étang, et il le continua directement jusqu'au port

de Cette, à travers la dune, sur une longueur de sept cent cinquante

toises (1500 mètres) et sur une largeur de vingt toises (40 mètres).

Il avait à lutter là, non seulement contre le manque d'argent, contre

les mauvais vouloirs des hommes, mais encore contre les éléments.

En effet, presque chaque jour, l'œuvre de la veille était à recommencer.

Les terrassements sortaient à peine de terre qu'il survenait un ouragan

qui, soulevant des montagnes de sables enlevés aux dunes voisines, les

précipitait en tourbillons sur les ouvrages, et le lendemain il fallait

dégager les fondations de cette fine poussière qui les ensevelissait.

Mais rien ne décourageait ce vaillant; il allait lui-même, encourageant

les travailleurs, ne se laissant rebuter par aucune mauvaise chance et

disant:

—On triomphe de tout avec de la volonté et du courage.

Comme les dépenses nécessitées par la création de ce port étaient

énormes, M. de la Feuille était venu surveiller et contrôler les devis

et M. de Clerville faisait les plans et dessins des jetées.

Fréquemment avaient lieu des incursions de Marocains, qui se

hasardaient sur les côtes de France et essayaient d'enlever les

travailleurs pour les emmener en esclavage.

Riquet se rendait souvent dans les chantiers, montrant par sa présence

qu'il ne fallait pas craindre ces forbans écumeurs de côtes.

A ce propos Riquet écrivait plaisamment à Colbert, après une tempête

qui avait failli tout détruire dans le port.

«Je m'en console, parce que, tant qu'il fera un pareil temps, je

n'aurai rien à craindre des Marocains; s'ils viennent à m'enlever

lorsque je serai avec messieurs de Clerville, et de la Feuille, je

crois que tous trois joints ensemble nous nous trouverions avec

assez de bonnes qualités pour être employés par eux à de meilleures

occupations que la rame. M. de Clerville ferait des dessins, M. de la

Feuille les polirait ou les contredirait, et moi j'en ferais de ma

part, et les exécuterais en personne. Enfin tous trois nous sommes

bons à quelque chose.»

En partant pour Cette, Riquet avait ordonné que l'on remplît le

réservoir de Saint-Fériol aussitôt son achèvement qui ne pouvait tarder.

Il s'était plusieurs fois informé de l'opération et s'inquiétait un peu

de savoir comment fonctionnaient les robinets, si les écluses sur la

rigole de la montagne s'ouvraient régulièrement, et si le rendement des

rivières et ruisseaux était abondant.

Il ne recevait aucune réponse à tous ses messages; aussi prit-il la

résolution, ne pouvant maîtriser son impatience, de se rendre sur les

lieux et de juger par lui-même de la mise en état complète du bassin.

M. de Clerville et de la Feuille restaient à Cette pour suivre et faire

exécuter les plans du port; Riquet pouvait donc s'absenter sans crainte.

Depuis quelques jours, Riquet se sentait souffrant, mal à l'aise;

de nombreux cas de fièvres paludéennes s'étaient déclarés parmi les

travailleurs, qui, tout le jour, sous un soleil torride, remuaient

cette terre autour d'un étang d'où sortait au coucher du soleil, une

buée chaude, lourde, enveloppante et énervante. Riquet lui-même avait

eu quelques accès légers de fièvre; il voulut cependant se mettre en

route malgré tout.

L'été était brûlant; partout la sécheresse la plus épouvantable, les

sources taries, et les paysans obligés souvent de faire de longues

lieues pour trouver de quoi désaltérer eux et leurs bêtes de somme.

Les chemins étaient rendus impraticables par une poussière blanche

aveuglante qui s'élevait en tourbillons sous l'action du vent du

midi, enveloppait les voyageurs et leurs chevaux d'un nuage épais, et

suffoquait bêtes et gens, sans qu'il fût possible de s'en garantir.

Riquet souffrit beaucoup durant ce voyage; il eut, dans le trajet,

deux atteintes de fièvre assez fortes pour l'obliger à descendre de sa

monture et à passer, couché, inerte, au pied d'un arbre, tout le temps

des accès. Aussi arriva-t-il brisé à Bonrepos où sa famille venait de

rentrer.

A peine y fut-il, qu'il s'enquit avec anxiété, fit venir Roux et

Andréossy.

—Eh bien, le canal? l'eau y entre-t-elle bien? les robinets

fonctionnent? le bassin s'emplit? demanda-t-il fiévreusement.

—Le canal est bien, lui répondirent les deux ingénieurs; nous l'avons

reconnu à sec, les robinets s'ouvrent facilement; mais il n'y a pas

d'eau dans le canal, parce que le bassin n'en a pas, pas plus que la

rivière du Sor qui doit lui en fournir directement, pas plus que les

rigoles.

La sécheresse est exceptionnelle, il faut attendre maintenant, pour

emplir le bassin, les pluies d'automne.

—Pas d'eau! pas d'eau! s'écria Riquet, attendre les pluies! Impossible!

ne sentez-vous pas que cette attente est désastreuse pour moi, ne

sentez-vous pas que les calomniateurs et les méchants vont avoir beau

jeu pour écrire au ministre, me railler et me perdre.

Il continuait, se promenant à grands pas dans son cabinet.

—Jamais, depuis de longues années, les gens du pays affirment n'avoir

vu semblable sécheresse, monsieur, dit Andréossy. Les eaux du Lampy,

si abondantes toujours et parfois terribles, même en été, ont cessé de

couler; sa source est tarie.

—Pas d'eau! répétait toujours Riquet.

—M. de Colbert est trop juste, monsieur, continua le jeune ingénieur,

pour ne pas démêler la vérité, si les calomniateurs osaient vous

attaquer. Vous n'avez rien à craindre et...

—Je ne crains rien, ni personne, monsieur, s'écria Riquet; je ne

voudrais pas fournir d'armes aux méchants, voilà tout.

S'apercevant alors qu'Andréossy confus baissait la tête, croyant que

les vives paroles de Riquet s'adressaient à lui et lui reprochaient son

action: il reprit plus doucement.

—Je sais, messieurs, que je n'ai pas à me défendre en ce pays; mais

qui sait ce que diront ceux qui ne peuvent pas juger de près de cette

sécheresse terrible que nous subissons. Ils diront que mon bassin

est mal construit, qu'il ne retient pas l'eau, que mes robinets ne

s'ouvrent pas; que sais-je ce qu'ils inventeront?

Je suis persuadé que la calomnie qui s'attaquera à mon œuvre tombera

d'elle-même devant sa grandeur; mais je crois néanmoins que voici une

calamité qui peut prêter à la malveillance des armes puissantes. Ne

pouvons-nous combattre ce fléau?

[Illustration: DIGUE DU RÉSERVOIR DE SAINT-FERRÉOL.]

—Et comment serait-ce possible? firent ensemble les deux ingénieurs.

—N'importe, je veux aller moi-même aux sources, voir ce que nous

pouvons faire, s'écria Riquet.

Alors, sans vouloir rien entendre, il décida son excursion dans la

montagne, fit seller des chevaux et partit une heure après, accompagné

par Pierre, Andréossy et suivi de quelques valets.

Il était excité, nerveux, fort pâle, les yeux creux, les dents serrées,

il ne parlait pas. Il tourmentait la bride de son cheval et le poussait

en avant comme s'il avait hâte d'arriver.

Andréossy, Pierre le regardaient d'un air surpris et inquiet.

—Bien sûr, M. Riquet a quelque chose, murmurait Pierre, ce n'est plus

le même homme.

Quand on atteignit, après une longue course, les premières rampes de la

montagne et qu'on entra sous bois, Riquet sentit un long frisson.

—J'ai froid, dit-il à Pierre, prête-moi ton manteau.

Et Pierre qui marchait à son côté, son manteau de laine sur l'épaule,

le lui tendit.

On continua de gravir.

—Pas d'eau! pas d'eau! disait Riquet entre ses dents serrées.

Tout à coup on le vit étendre les mains devant lui comme s'il se

croyait devant un abîme, et se renverser violemment en arrière.

Andréossy et Pierre se précipitèrent à ses côtés et n'eurent que juste

le temps de le soutenir au moment où il s'affaissa inerte entre leurs

bras.

—Mon Dieu! mon maître! cria Pierre éperdu.

Avec mille précautions, ils le descendirent de cheval, et l'étendirent

sur l'herbe; Andréossy vivement ouvrit sur sa poitrine son justaucorps

et défit sa cravate.

—Est-il mort? demanda Andréossy anxieux.

—Il vit! grâce à Dieu, répondit Pierre, qui touchait le cœur, ce n'est

qu'un évanouissement.

—La fatigue de ce long voyage, peut-être? dit l'ingénieur.

—Cette fièvre de marais plutôt, reprit Pierre, tâtant le pouls de

Riquet qui battait à grands coups irréguliers. Il en a eu déjà

plusieurs accès.

—Il faut le transporter de suite à Bonrepos. Allons, commanda Andréossy

aux laquais, coupez les branches les plus flexibles avec leurs

feuilles, puis avec de jeunes arbres nous ferons un brancard.

Les valets confectionnèrent tant bien que mal, aidés par Pierre, une

espèce de lit de feuillages sur lequel on étendit Riquet toujours sans

connaissance, enveloppé dans le manteau de Pierre; et la petite troupe

redescendit la rampe.

Les valets portaient leur maître.

Andréossy ainsi que Pierre le soutenaient sur les côtés.

—Ne vaudrait-il pas mieux nous arrêter ici? demanda le jeune

ingénieur, lorsqu'ils atteignirent les premières maisons de

Mont-Ferrand.

—Non, non! s'écria Pierre, nous n'aurions ici rien de ce qui serait

nécessaire à un malade.

Cet accès me paraît grave; il peut être le prélude d'une maladie; je

vais courir à Revel, chercher le médecin. Vous monsieur, poursuivez

votre route jusqu'à Bonrepos.

Andréossy envoya prévenir au château le laquais qui ramenait les

chevaux et le triste cortège continua sa marche.

Riquet ne reprit ses sens que sous l'effet des dérivatifs à la mode

de ce temps là. On lui baigna les tempes avec de l'eau de la reine de

Hongrie, Mme Riquet désolée lui faisait respirer de la poudre de corne

de cerf; enfin il ouvrit les yeux, mais il ne reconnut personne et

retomba bientôt dans une prostration qui n'était pas un évanouissement

et dont rien ne pouvait le tirer.

Pierre arriva enfin avec le médecin qui hocha la tête sous son immense

perruque noire et s'empressa de saigner Riquet au pied, selon l'usage

du XVIIe siècle, usage qui s'appliquait généralement à toutes les

maladies, que ce fût la fièvre ou une fluxion de poitrine, une chute ou

un coup d'épée, dont souffrît le patient.

Les médecins d'alors étaient d'avis que saigner et surtout au pied ne

pouvait, en tous cas, que soulager.

Les réactifs énergiques tirèrent Riquet de sa prostration; mais un

délire violent s'empara de ses sens et ne le quitta plus durant un

mois, le laissant entre la vie et la mort, criant, se débattant; une

idée fixe semblait revenir sans cesse à travers l'incohérence de ses

pensées.

—Il faut de l'eau! criait-il, de la pluie! de la pluie! mon bassin est

à sec, je veux de l'eau.

Sa robuste constitution le soutenait et l'empêchait de succomber sous

le mal et la fièvre ardente qui le minaient.

Mme Riquet, dès le début de cette terrible maladie, avait envoyé un

exprès à son fils aîné, Jean-Mathias, le conseiller au parlement, qui

était accouru avec sa femme et ses enfants, et, tous réunis autour

de ce lit, désespérés, attendant une issue funeste qui paraissait

inévitable, ils sentaient que cette vie qui allait s'éteindre emportait

avec elle la fortune et la gloire que cet homme de génie devait leur

conquérir.

Depuis quelques jours le médecin, qui ne quittait pas son malade,

trouvait qu'il se calmait, la fièvre diminuait, le délire cédait

parfois pendant quelques heures; alors Riquet regardait autour de lui

languissamment et demandait d'une voix à peine distincte:

—Pleut-il? oh de l'eau! qu'il pleuve!

Qu'il fût agité par le délire ou que son esprit fût plus calme,

toujours cette idée fixe l'obsédait.

—Ah! s'il pouvait pleuvoir! s'écria le médecin, si nous pouvions agir

sur son imagination, s'il pouvait croire qu'il pleut, murmura-t-il,

nous le sauverions.

Mademoiselle Marie de Riquet, était seule en ce moment avec Pierre

auprès du lit de son père. La même pensée les frappa en même temps, ils

se regardèrent.

—Il faut qu'il pleuve, dit Pierre.

Mademoiselle Riquet s'élança vers le médecin.

—S'il pouvait croire qu'il pleut, dit-elle tout bas, haletante, vous

croyez qu'il serait sauvé?

—Oui, mademoiselle, je le crois,—et examinant Riquet qui était retombé

affaissé sur ses oreillers, les yeux à demi clos, perdu dans sa

rêverie délirante.—L'imagination souffre surtout en ce moment, s'il

voyait la pluie tomber, je réponds de sa vie; mais hélas! regardez,

mademoiselle,—et il lui montra du doigt le ciel bleu, implacablement

bleu, depuis deux mois.

Marie ne répondit pas au médecin.

—Pierre, appela-t-elle, et tout bas, lui parlant avec animation, elle

sembla expliquer quelque chose.

—Cela se peut, n'est-ce pas? dit-elle en finissant.

—Si cela ne se peut pas, ça se fera tout de même, répondit Pierre en

s'élançant dehors.

Alors mademoiselle Marie, aidée par le médecin qui ne comprenait rien à

cette fantaisie, fit rouler le lit de son père vers la fenêtre qu'elle

entrouvrit, elle tira les rideaux de manière à cacher une partie du

ciel, tout en laissant un léger écartement entre eux afin que son père

pût voir au dehors.

Elle attendit anxieuse, sortant à chaque instant sur le balcon; sa

mère, sa sœur entrèrent.

—Parlez à papa, leur dit-elle, empêchez qu'il ne s'endorme; vous,

monsieur, soulevez-le un peu sur son lit.

—Mais, ma fille, pourquoi cela? dit Mme Riquet.

Cette somnolence est bonne, au contraire, dit le médecin.

Il ne put continuer ce qu'il allait dire:

Tout à coup, comme si une trombe se fût abattue sur la maison, une

colonne d'eau dégringola du toit avec un bruit de cascade jusque sur le

balcon, et éclaboussa même la chambre.

—Ah, comme il pleut! s'écria Marie. Elle s'élança vers le lit de son

père, s'agenouilla, lui prit la tête, le força à se tourner vers le

balcon.

—Voyez donc, mon papa, disait-elle, voyez donc!

L'eau tombait toujours à grand fracas.

—Qu'est ceci? s'écria Mme Riquet; mais il ne...

Le médecin avait compris.

—Chut! madame, dit-il tout bas; si votre mari croit qu'il pleut il est

sauvé.

—Papa, regardez donc comme il pleut! disait Marie.

—Ah! comme il pleut, répétaient Mme Riquet et sa seconde fille.

Riquet parut comprendre ce qui se disait: il se souleva péniblement,

regarda l'eau qui tombait toujours à grands flots du toit sur le

balcon, ses traits se détendirent comme si cette eau eut apporté un peu

de fraîcheur à son front brûlant, un sourire vague se dessina sur ses

lèvres sèches.

—Un orage! de l'eau enfin! murmura-t-il. Comme cela me fait du bien.

Et accoudé, il regarda avidement cette eau qui semblait le faire

renaître.

Elle descendit ainsi longtemps; à la fin Riquet, lassé mais rafraîchi,

s'endormit d'un sommeil paisible.

—Mademoiselle, déclara le médecin, après avoir tâté le bras de Riquet

et considéré attentivement sa physionomie reposée, une détente s'est

opérée, le pouls est calme, il est sauvé!

—Dieu soit loué! répondit Marie avec ferveur. Fermez la fenêtre,

monsieur. Maintenant expliquez ce qui vient de se passer à maman qui

nous regarde avec des yeux agrandis par l'étonnement, continua la jeune

fille riant de joie. Et dans un envolement, elle sortit disant:—Moi je

vais relever ce brave Pierre de son rôle de cataracte.

Pierre, sur l'ordre de Marie, avait mis à la chaîne tous les valets,

les uns tirant de l'eau au puits, les autres se passant les seaux de

mains en mains à travers l'escalier et les lui tendant par les lucarnes

des mansardes, pendant que, juché sur le toit, il versait sur les

ardoises cette eau bienfaisante qui se précipitait, jaillissant sur le

balcon, et procurait ainsi à son maître l'illusion de cette pluie que,

dans son délire, il appelait avec anxiété.

Une idée ingénieuse venait de sauver Riquet.

Un grand français du XVIIme siècle : Pierre Paul Riquet et le canal du Midi · 第 20 / 46 题